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Odilon Redon, Le Christ du Silence, Entre 1890 et 1907
Pastel et fusain sur papier vergé • 58 x 47 cm • Musée des Beaux Arts de la Ville de Paris – Petit Palais • © Roger-Viollet
Odilon Redon, Sphinx ailé accoudé à un rocher, Entre 1892 et 1895
Entre mythologie et spiritualité
Assombri au fusain, matériau que l’artiste associe souvent au pastel, le Sphinx ailé accoudé à un rocher paraît songeur, contemplant au-dessus de lui une masse jaune aux contours abstraits, énigmatique flash informel de couleur. Dans son œuvre coloré, bouquets de fleurs cosmiques et scènes d’éveil spirituel, tel son célèbre Bouddha de 1906, laissent exploser les bleus lapis, les jaunes d’or, les verts turquoise et les roses nacrés.
Fusain et pastel sur papier • 50 x 36 cm • Musée des Beaux Arts de la Ville de Paris – Petit Palais • © Roger-Viollet
Émile Ménard, Vision antique, 1911
Émile René Ménard, visions dorées
Élève de William Bouguereau, Émile René Ménard se détourne rapidement de l’art académique pour peindre tout au long de sa carrière une série de paysages symbolistes au calme olympien. Ces vues d’harmonies lui vaudront de nombreuses commandes officielles de grands décors, mais c’est dans le pastel que se fait le mieux sentir la relation d’intimité entre figure et paysage souhaitée par l’artiste. Ainsi le vaste panorama (3,50 mètres de large !) de Vision antique donne à voir, dans une lumière mordorée, une scène idyllique de pastorale à l’antique, où hommes et animaux s’incluent dans une nature généreuse.
pastel sur toile • 49 x 356 cm • Musée des Beaux Arts de la Ville de Paris – Petit Palais • © Roger-Viollet
Émile Ménard, Idylle antique, 1907
Divine idylle
Sur le même mode, Idylle antique révèle la tendresse d’un dialogue amoureux au soleil couchant.
pastel sur toile • 42 x 73 cm • Musée des Beaux Arts de la Ville de Paris – Petit Palais • © Roger-Viollet
Émile Ménard, Harmonie du soir en vert, XIXe-XXe siècle
Des paysages empreints d’harmonie
Situé, là encore, au même instant finissant du jour, Harmonie du soir en vert déploie en grisaille toute une gamme chaude de tons ocre.
pastel et crayon sur papier marouflé sur toile • 95 x 142 cm • Musée des Beaux Arts de la Ville de Paris – Petit Palais • © Roger-Viollet
Lucien Lévy-Dhurmer, Grand nu de face, XIXe-XXe siècle
Lucien Lévy-Dhurmer, le pastel électrique
Lui aussi à cheval entre académisme et symbolisme, Lucien Lévy-Dhurmer présente ses œuvres en 1896 dans l’exposition « Les Peintres de l’âme », aux côtés, notamment, d’Alphonse Osbert et d’Émile René Ménard, également pastellistes. Alternant peinture à l’huile et pastel, l’artiste fait un usage immodéré des couleurs saturées dans des nus, des portraits (entre autres celui, fameux, de son ami, le poète Georges Rodenbach) et des paysages ne laissant à l’œil aucun repos. Ainsi son Grand nu de face surgit-il, dans un modelé très classique et des tons de chair tendre, d’une nuée de bleu électrique mêlé de terre, à la manière d’une roche semi-précieuse.
pastel sur papier • 48 x 62,9 cm • Musée des Beaux Arts de la Ville de Paris – Petit Palais • © Roger-Viollet
Lucien Lévy-Dhurmer, L’Appassionata, Vers 1906
Roux ardent
Grand mélomane, Lévy-Dhurmer consacre à Beethoven un triptyque au pastel couleur de rouille, dont la figure de L’Appassionata reprend le thème très symboliste de la femme extatique, sombrant dans ses émotions.
crayon et pastel sur papier collé sur bois • 48 x 62,9 cm • Musée des Beaux Arts de la Ville de Paris – Petit Palais • © Roger-Viollet
Alphonse Osbert, La Tombée des feuilles, 1905
Ôde à la méditation
Grand admirateur de l’art calme de Pierre Puvis de Chavannes, Alphonse Osbert, proche de Maurice Denis et de Georges Seurat, et également membre de la Rose-Croix, a réalisé, à l’huile aussi bien qu’au pastel, des centaines de paysages hantés de figures méditatives. Avec pour principaux coloris le jaune et le bleu, son œuvre compose une étourdissante variation sur le thème de la nature idyllique, sublimé notamment dans La Tombée des feuilles.
pastel sur carton • 71,5 x 37,6 cm • Musée des Beaux Arts de la Ville de Paris – Petit Palais • © Roger-Viollet
Alphonse Osbert, Le Lyrisme de la forêt, 1910
Alphonse Osbert, en jaune et bleu
Le Lyrisme de la forêt est un autre exemple emblématique, dans lequel on retrouve les éléments incontournables de ses compositions. De longues figures, vêtues du péplos antique, sont disposées de loin en loin, en écho à des arbres réguliers. Elles créent une architecture vivante, reposant sur une surface plane, célébrant une nature habitée, éternelle.
pastel sur carton • 44 x 61 cm • Musée des Beaux Arts de la Ville de Paris – Petit Palais • © Roger-Viollet
Ker-Xavier Roussel, Pêche bucolique, XIXe-XXe siècle
Ker-Xavier Roussel, le Nabi flamboyant
Plus tard dans le XXe siècle, Ker-Xavier Roussel, membre éphémère du groupe des Nabis, continue à employer le pastel sur le thème du paysage idyllique, cette fois-ci dans un registre coloré aux accents fauves. Sa Pêche bucolique montre une jeune femme nue – l’exégèse dirait une nymphe – s’inclinant dans les hautes herbes au-dessus d’une étrange créature de satyre surgissant des marais. Penchant vers la comédie à la manière d’un autre symboliste, le Suisse Arnold Böcklin, les scènes mythologiques de Ker-Xavier Roussel laissent libre cours à une truculence baroque, à rebours de la tempérance de Ménard et d’Osbert.
Musée des Beaux Arts de la Ville de Paris – Petit Palais • © Roger-Viollet
Ker-Xavier Roussel, Scène antique, Entre 1920 et 1924
Liesse antique
Dans la Scène antique, le pastel permet à l’artiste de réaliser des compositions aux coloris enflammés, où la nature s’embrase dans une lumière irradiant des personnages emportés par la liesse.
pastel sur toile • 84 x 140,5 cm • Musée des Beaux Arts de la Ville de Paris – Petit Palais • © Roger-Viollet
L'Art du pastel, de Degas à Redon
Du 15 septembre 2017 au 8 avril 2018
Petit Palais • Avenue Winston Churchill • 75008 Paris
www.petitpalais.paris.fr
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Odilon Redon, folies de la couleur
Avec une science aiguë de la technique, Odilon Redon laisse en réserve son Christ du Silence aux yeux clos, effacé dans la méditation, tandis qu’un halo jaune et bleu délimite précieusement son contour. Passant du noir à la couleur à la fin de sa carrière, l’électron libre Odilon Redon trouva dans le pastel la matière à poursuivre son évocation nébuleuse du rêve et de thèmes liés à la spiritualité.