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Romaine Brooks, Le Printemps, 1911-1913
Collection privée • © Thomas Hennocque
Lucien Lévy-Dhurmer, Nocturne sur le Bosphore, vers 1897
Féérie au clair de Lune
Nymphe ou fée, une femme nue flotte dans la nuit étoilée. Inspiré par la Sonate au Clair de Lune de Beethoven (1801), Lucien Lévy-Dhurmer signe une rêverie nocturne où des filets de lumière dorée semblent se diluer dans l’eau… Pour exprimer ses rêves et sentiments profonds, l’artiste s’est très vite emparé du pastel, technique vaporeuse dont il a fait sa spécialité. Dans ses œuvres bleutées ou embrasées de rouge, les couleurs se décomposent en de subtiles miettes lumineuses…
Collection privée • © Thomas Hennocque
Armand Point, Princesse à la licorne, vers 1896
Au pays des licornes
Orné d’une princesse à la licorne, cet animal imaginaire très prisé du Moyen Âge et de la Renaissance, symbole de la pureté des jeunes filles et de l’amour courtois, ce bas-relief exprime à merveille le goût du refuge des symbolistes dans un passé onirique. C’est au cœur de la forêt de Fontainebleau, dans les ateliers de la confrérie Haute-Claire, une communauté d’artistes qu’Armand Point a fondée, et fréquentée par Odilon Redon, Oscar Wilde et Stéphane Mallarmé, que l’artiste exécute des œuvres inspirées des contes et légendes, de l’artisanat du Moyen Âge et de l’idéal de la Renaissance. Un style qui le rapproche du mouvement Arts & Crafts et des peintres anglais préraphaélites tels Edward Burne-Jones.
Collection privée • Thomas Hennocque
Edgard Maxence, Les Fleurs du Lac, vers 1900
Procession énigmatique
Quel est le but de cette procession ? De quoi parlent les deux hommes sur la gauche ? À quoi pense la femme qui nous dévisage au premier plan ? Malgré de nombreux détails semés comme indices, cette composition d’Edgard Maxence reste volontairement hermétique. « Les regards ne se croisent pas, les personnages sont repliés sur eux-mêmes. Chez les symbolistes, l’incommunicabilité est un thème essentiel », explique la non moins mystérieuse propriétaire du tableau. Fleurs éminemment symbolistes, les arums représentent les profondeurs de l’âme. À l’arrière-plan, le fond d’or accentue l’aspect primitif et mystique du tableau.
Collection privée • © Thomas Hennocque
Alphonse Osbert, Le Mystère de la nuit, 1897
Forêt mystérieuse
Sous un ciel étoilé barré d’arbres sombres, une femme en tunique blanche montre quelque chose du doigt, mais quoi ? Mystère… Inspiré par la forêt de Fontainebleau, le peintre Alphonse Osbert a peint de nombreux tableaux sur ce registre : des femmes habillées à l’antique, jouant de la lyre au clair de lune ou à la lueur du couchant, au bord d’un lac ou plongées dans d’énigmatiques forêts.
Collection privée • © Thomas Hennocque
Fernand Khnopff, Les Lèvres rouges, vers 1897
Brume de séduction
Pour obtenir ce portrait irréel, l’artiste Fernand Khnopff a retravaillé une photographie au crayon et au pastel. L’aspect flou, le gros plan et le cadrage décalé accentuent l’impression de mystère. Légèrement entrouvertes, les lèvres charnelles du modèle expriment une sensualité à la fois douce et prédatrice. Les femmes énigmatiques au regard de sphinx hantent l’œuvre de cet artiste belge qui participa en 1892, comme de nombreux peintres symbolistes, au premier Salon de la Rose-Croix, mouvement proche de l’ésotérisme fin de siècle.
Collection privée • © Thomas Hennocque
Charles-Marie Dulac, Rivière à l’aube à Assise, 1897
Paysage mystique
Des nuages s’étirent dans le ciel comme des ailes d’oiseau, une rivière ondule jusqu’à l’horizon où les montagnes se couvrent d’une douce brume violacée… Plongé dans une transe religieuse, Charles-Marie Dulac peignait chaque paysage comme une prière adressée à Dieu. Souvent rapproché des symbolistes, cet ermite nomade qui vécut un temps chez les moines franciscains voyait dans la nature le reflet du mystère et de l’amour divins.
Collection privée • © Thomas Hennocque
Carlos Schwabe, Les Noces du poète et de la muse / L’idéal, 1902
Spleen et Idéal
Illustrateur des Fleurs du Mal de Baudelaire, Carlos Schwabe est habité par des visions puissantes. L’artiste d’origine allemande signe des images sombres et torturées (telles La Vague, une femme hurlante et échevelée vêtue d’un linceul) mais aussi d’autres peines d’idéalisme… comme ce jeune poète convolant avec une muse ailée, symbole de l’inspiration artistique.
Collection privée • © Thomas Hennocque
Pierre-Amédée Marcel-Beronneau, La Méduse, vers 1906
Méduse vénéneuse
Ses yeux verts acides luisent comme ceux du serpent noir enroulé autour de son cou, prêt à mordre le spectateur. Derrière elle, le paysage s’embrase… Teintée d’érotisme mortifère, cette toile, influencée par le style de Gustave Moreau dont Beronneau fut l’élève, s’inspire du mythe grec de la Méduse : une créature dont le regard pétrifie ceux qui le croisent, symbole de la puissance destructrice de la séduction féminine… Car loin de se limiter aux princesses fragiles, le symbolisme cultivait aussi une part sombre peuplée de visions infernales et de monstres reptiliens.
Collection privée • © Thomas Hennocque
Boleslas Biegas, Chopin, 1902
Hommage à Chopin
Dramaturge, peintre et sculpteur originaire de Varsovie, Boleslas Biegas marqua ses contemporains avec des visions expressives et inquiétantes. Hommage au grand compositeur polonais Frédéric Chopin (1810–1849), ce saisissant relief en bronze exprime l’importance qu’avait la musique pour les artistes symbolistes. Assis, le dos courbé, le musicien joue du piano tandis que des figures hurlantes, comme prises dans des vagues tourbillonnantes ou les flammes d’un incendie, s’échappent de l’instrument.
Collection privée • © Thomas Hennocque
La Porte des rêves, un regard symboliste
Du 7 avril 2018 au 29 juillet 2018
Maison Caillebotte - Yerres • 8, rue de Concy • 91330 Yerres
www.maisoncaillebotte.fr
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Le chemin du rêve
Les symbolistes raffolent des figures féminines au teint pâle et aux cheveux longs, pensives et mystérieuses. Couronnée de fleurs telle une muse poétique ou une princesse préraphaélite, cette jeune femme apparaît drapée dans une profonde mélancolie. Derrière elle, une route serpente vers l’horizon mais la belle s’en écarte. Éprouverait-elle, tout comme les symbolistes, un sentiment de rejet du monde réel ? Les fleurs multicolores qui s’échappent de ses mains, formant un long ruban décoratif sur fond noir (fusion des tapisseries mille-fleurs du Moyen Âge et de l’esthétique Art nouveau) créent leur propre chemin vers un monde de rêve…