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Georges Rouault en 2 minutes

Georges Rouault (1871–1958) en bref

Peintre expressionniste, artiste ouvertement chrétien, Georges Rouault a placé l’humain – dans sa noirceur comme dans sa passion – au centre de son œuvre. Son réalisme parfois morbide, sa palette sombre et ses lignes féroces le positionnent comme un peintre antimoderne, développant un regard critique sur le monde et la comédie humaine. L’artiste est principalement connu pour son œuvre religieuse, en particulier pour ses figures du Christ d’une beauté austère et iconique.

Georges Rouault
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Georges Rouault

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Granger / Bridgeman Images

Il a dit

« L’homme que j’ai devant moi, c’est son âme que je veux voir. »

La vie de Georges Rouault en quelques dates

Dans les pas de Gustave Moreau

Né à Paris en 1871 dans une famille modeste en plein cœur des événements de la Commune, Georges Rouault découvre l’art dès son enfance. À l’âge de quinze ans, il entre en apprentissage chez un maître verrier. Cinq ans plus tard, Rouault est admis à l’École des beaux-arts de Paris et intègre la classe de Gustave Moreau dont il devient, selon Gustave Coquiot, le « disciple de prédilection ». Dans son atelier, Rouault fréquente Henri Matisse, Albert Marquet et Henri Manguin. Moreau étant décédé en 1898, Georges Rouault devient le premier conservateur du musée dédié au peintre, à Paris.

Aux côtés des fauves

Rouault n’obtient pas le prix de Rome tant convoité à cette époque. Mais en 1905, il participe au célèbre Salon d’automne qui donna à découvrir le fauvisme. Son œuvre est perçue comme empreinte d’une certaine crudité, en prise avec la société de son temps dont il rend les travers et les misères. Peignant des juges, des avocats, des prostituées, des clowns, il entend représenter la comédie humaine sous un angle réaliste et satirique. Sa palette est sombre, les formes sont affirmées. En 1906, Rouault se prend d’intérêt pour la peinture sur céramique, ainsi que la gravure. En 1908, il épouse Marthe Le Sidaner avec qui il aura quatre enfants. Le célèbre marchand Ambroise Vollard s’intéresse à son œuvre et achète, en 1917, l’ensemble de son atelier.

Un peintre catholique

Comme ses amis écrivains Joris-Karl Huysmans et Léon Bloy, Georges Rouault est un fervent catholique. Pratiquant, il a une révélation christique à l’âge de 30 ans. Son œuvre se tourne alors vers l’expression de sa spiritualité et de sa foi. Rouault est en quête de vérité et son œuvre se teinte d’une douceur et d’une sérénité nouvelles. De manière récurrente, l’artiste peint le visage du Christ, à la manière d’une icône byzantine, ainsi que le thème de la Passion. En 1948, persuadé qu’il ne pourra mener à terme toute son œuvre, Rouault détruit nombre de ses toiles inachevées ou inabouties. L’artiste cesse de peindre neuf ans plus tard et décède en 1958. Le gouvernement organise, en son hommage, des obsèques nationales.

Ses œuvres clés

Fille au miroir, 1906

Georges Rouault, Fille au miroir
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Georges Rouault, Fille au miroir, 1906

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Aquarelle, encre de Chine et pastel sur carton • 70 × 55,5 cm • Coll. centre Pompidou, Mnam, Paris • © GrandPalais Rmn / Philippe Migeat, Christian Bahier

Dans les années 1900, Georges Rouault trouve ses modèles dans le monde de la prostitution. Ce nu féminin, qui se reflète dans un miroir, s’inscrit en filiation avec les œuvres d’Edgar Degas et d’Henri de Toulouse-Lautrec sur ce même thème. Presque caricatural, le personnage apparaît sans beauté, sans séduction, empreint d’une certaine angoisse que renforcent les couleurs sombres et bleutées. Rouault traduit une triste et grotesque condition humaine. Le peintre abandonne ce thème au cours des années 1930.

Le Clown blessé, 1932

Georges Rouault, Le Clown blessé
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Georges Rouault, Le Clown blessé, 1932

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Huile sur papier marouflé sur toile • 199 × 119,5 cm • Coll. centre Pompidou, Mnam, Paris • © GrandPalais Rmn / Philippe Migeat, Christian Bahier

Projet de tapisserie réalisé à la demande de Marie Cuttoli, cette huile sur papier représente un clown accidenté, assisté de deux compagnons. Il semble sortir de scène après s’être blessé, montrant ainsi une face inattendue du monde du spectacle et de la fête. Le clown inspire la pitié, exprimant toute son humanité et sa fragilité. L’artiste a souvent insisté sur la dimension spirituelle de ses thèmes profanes : « Peut-être Le Clown blessé est-il aussi religieux que certaines compositions de titre biblique », confie-t-il en 1948.

La Sainte Face, 1933

Georges Rouault, La Sainte Face
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Georges Rouault, La Sainte Face, 1933

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© GrandPalais Rmn

S’étant déclaré chrétien, Georges Rouault consacre une partie de son œuvre au thème de la Sainte Face entre 1931 et 1938. Tirant parti de l’art médiéval, mais aussi du vitrail, Rouault fait du visage du Christ son sujet de prédilection. Ses yeux sont largement ouverts, son visage hiératique plein d’une digne humanité. Rouault développe une veine plus expressionniste dans la suite du « Miserere », un ensemble publié en 1948, composé de 58 gravures, dominé par la figure du Christ.

Par • le 25 août 2025
Retrouvez dans l’Encyclo : Fauvisme Georges Rouault

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