SÉRIE – CES FEMMES QUE VOUS DEVRIEZ CONNAÎTRE

Hélène Bertaux, sculptrice grâce à qui les femmes ont pu enfin étudier à l’École des beaux-arts !

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Si les femmes ont pu enfin étudier à l’École des beaux-arts, c’est grâce à elle ! Au XIXe siècle, la sculptrice Hélène Bertaux (1825–1909) a mis sa renommée au service de la reconnaissance des artistes femmes ; avant de sombrer dans l’oubli… En ce mois de mars, Beaux Arts vous raconte le destin de 45 peintres, sculptrices ou encore photographes, que vous devriez absolument connaître.
Hélène Bertaux, Jeune fille au bain
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Hélène Bertaux, Jeune fille au bain, 1876

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Terre cuite • H : 53 cm • Coll. musée de Chalon-sur-Saône • Photo Philip Bernard

Première sculptrice française à connaître la consécration au XIXe siècle, Hélène Bertaux a mis sa renommée au service de la formation et de la reconnaissance des artistes femmes, à une époque où celles-ci n’étaient pas admises à l’École des beaux-arts. Née en 1825 dans une famille d’artisans, Hélène Pilate (qui prendra ensuite le nom de son mari) n’a que douze ans lorsqu’elle se forme dans l’atelier de son beau-père, Pierre Hébert, un sculpteur et réparateur de plâtre. Elle complète ensuite cet enseignement auprès du sculpteur académique Auguste Dumont. Par l’intermédiaire de son mécène, le bronzier Victor Paillard, qui lui passe régulièrement commande, Hélène Bertaux côtoie les grands noms de la sculpture de son temps. Elle cultive aussi des relations étroites avec le couple impérial.

Sa carrière est ponctuée d’importantes commandes publiques et de récompenses au Salon, où elle remporte plusieurs médailles (elle deviendra plus tard la première femme du jury). Forte de ces succès, l’artiste ouvre en 1873 un premier atelier de sculpture. En 1879, elle fait ériger un hôtel particulier pour y loger son École de sculpture pour les femmes.

Étienne Carjat, Hélène Bertaux
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Étienne Carjat, Hélène Bertaux, 1864

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Coll. BnF, Paris

Hélène Bertaux fonde ensuite la première société d’artistes femmes en France, l’Union des femmes peintres et sculpteurs, qui va longuement lutter pour l’ouverture de l’École des beaux-arts aux femmes en 1897 et pour la mixité du prix de Rome en 1903. En 1893, elle prend également part à l’Exposition universelle de Chicago. Malgré son exceptionnelle réussite, Hélène Bertaux voit sa candidature à l’Institut rejetée par deux fois. Son œuvre comme son combat pour la reconnaissance des artistes femmes tombent dans l’oubli après sa mort en 1909, avant d’être remis en lumière ces dernières années.

L’œuvre d’Hélène Bertaux

Hélène Bertaux fait ses armes avec de petits bronzes décoratifs, puis se tourne vers des formats plus imposants, d’inspirations mythologique ou religieuse, qui lui valent d’être repérée au Salon. Elle obtient ainsi sa première médaille en 1864 avec un Jeune Gaulois captif, qui est considéré comme le premier nu masculin héroïque exécuté par une sculptrice.

Hélène Bertaux, Psyché sous l’empire du mystère
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Hélène Bertaux, Psyché sous l’empire du mystère, 1897

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Bronze • H : 180 cm • Coll. Petit Palais, musée des Beaux-arts de la Ville de Paris • CC0 Paris Musées Collections

Grâce à sa notoriété grandissante, elle se voit confier des commandes officielles monumentales, telles que, entres autres, la réalisation d’une fontaine à Amiens (aujourd’hui disparue) ou de bas-reliefs sur la façade du musée du Louvre. Lorsqu’elle présente au Salon sa sensuelle Jeune fille au bain (1876) [ill. en Une], inspirée d’un poème de Victor Hugo, Hélène Bertaux est au faîte de sa gloire. Dans les années 1880, l’artiste opte pour plus de sobriété comme en témoigne sa Psyché sous l’empire du mystère (1889) [ill. ci-dessus], œuvre pour laquelle elle obtient la médaille d’or de première classe à l’Exposition universelle de 1889.

Où la voir ?

On peut admirer de nombreuses œuvres d’Hélène Bertaux dans l’espace public à Paris : deux frontons et deux bas-reliefs sur la façade du Louvre (Grande Galerie et aile de Marsan), une statue en pied de Jean Siméon Chardin sur la façade de l’Hôtel de Ville, deux bustes sur celle de l’Opéra Garnier… Son Jeune Gaulois captif fait partie des trésors du musée d’Arts de Nantes et sa Jeune fille au bain de ceux du musée Vivant-Denon de Chalon-sur-Saône. Quant à sa Psyché sous l’empire du mystère, elle trône dans les salles du Petit Palais.

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