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Jean-Antoine Houdon en 2 minutes

Jean-Antoine Houdon en bref

Influencé par le retour à l’antique mais aussi par le naturalisme au XVIIIe siècle, Jean-Antoine Houdon (1741–1828) incarne un renouveau dans la sculpture française sous le règne de Louis XVI. Ses rivaux, tous plus âgés que lui, portent les noms célèbres de Jean-Baptiste Pigalle, Étienne Maurice Falconet ou Augustin Pajou. Contemporain de Voltaire, qu’il représente, Houdon est un adepte du portrait vivant, un homme éclairé appartenant à la tradition des Lumières. Certains de ses portraits choquent d’ailleurs ses contemporains par leur réalisme. La carrière de Houdon, extrêmement longue, se clôt sous la Restauration.

Rembrandt Peale, Portrait de Jean-Antoine Houdon
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Rembrandt Peale, Portrait de Jean-Antoine Houdon, 1808

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Huile sur toile • 72,2 × 58,4 cm • Coll. Pennsylvania Academy of the Fine Arts, Philadelphie • © Aurimages

On a dit de lui

« Le regard, c’est plus de la moitié de l’expression pour ce statuaire. À travers les yeux, il déchiffrait les âmes. » Auguste Rodin

La vie de Houdon

Sculpteur en culottes courtes

Né à Versailles en 1741 dans une famille servant le roi à la cour, Jean-Antoine Houdon aurait débuté très jeune la pratique de la sculpture, vers neuf ans. Son principal maître, dont il se revendique, est le sculpteur Michel-Ange Slodtz. Ayant obtenu une bourse académique, le jeune homme se rend en Italie et y donne ses premiers chefs-d’œuvre (notamment L’Écorché en 1767).

Un portraitiste à l’Académie royale de peinture et de sculpture

Houdon revient en France en 1768. L’année suivante, il est agréé par l’Académie royale de peinture et de sculpture, puis reçu en 1777. C’est un exposant au Salon, qui est alors le principal événement de l’École française. S’il sculpte des thèmes allégoriques ou mythologiques, Houdon est surtout reconnu pour les portraits qu’il réalise tout au long de sa carrière (Voltaire, Molière, Bonaparte, Benjamin Franklin, Gluck, Sophie Arnould…).

Ami des savants et philosophes

Houdon est réputé pour la droiture de son caractère. Il ne cherche pas à s’emparer de commandes officielles, et est davantage proche des savants et des philosophes que des hommes de pouvoir. Houdon fait la connaissance de Denis Diderot (dont il exécute le portrait), qui admire son talent. Il lui ouvre les portes des cours de Prusse et de Russie. Houdon voyage également en Amérique du Nord, et réalise un portrait de George Washington.

En quête de sincérité

Houdon a de grandes compétences techniques : il modèle la glaise, taille le marbre et maîtrise aussi la fonte et la ciselure du bronze. Il admire autant les maîtres de l’Antiquité que ceux de la Renaissance, mais ne verse pas dans le pastiche. L’artiste développe un style et une approche bien à lui, cherchant à dévoiler l’intime dans ses modèles. La sincérité est pour lui la quête absolue de l’art. Les traits des visages ne sont jamais durs, mais délicats, les chairs et les mouvements rendus avec souplesse. L’artiste, passionné par l’étude de l’anatomie (il fréquente d’ailleurs les leçons de dissection), sait mêler vérisme et idéal. Il est particulièrement admiré pour sa capacité à rendre le regard.

Au sommet de sa gloire

Le sculpteur est très demandé et doit employer des praticiens pour exécuter des répliques de ses originaux. En 1805, Houdon est nommé professeur à l’École des beaux-arts. Mais son état se détériore dans les années 1820. Veuf, il décède dans son atelier, à son domicile en 1828.

Ses œuvres clés

Jean-Antoine Houdon, L’Ecorché bras levé
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Jean-Antoine Houdon, L’Ecorché bras levé, 1767

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Plâtre • H 185 cm • Coll. musée Fabre, Montpellier

L’Écorché bras levé, 1767

Passionné par l’étude de l’anatomie, Houdon entreprend cette figure lors de son séjour à Rome, dans l’idée première de sculpter un saint Jean-Baptiste prêchant. Il réalise plusieurs variantes de ce modèle d’anatomie (une statue d’homme représenté sans la peau, dévoilant ses muscles et ses tendons), qui devient finalement une œuvre à part entière et trouve sa place dans toutes les écoles d’art, afin d’instruire les élèves. De nombreux exemplaires ont été édités, en plâtre comme en bronze.

Jean-Antoine Houdon, Diane chasseresse
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Jean-Antoine Houdon, Diane chasseresse, 1790

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Bronze • 192 × 114 × 90 cm • Coll. musée du Louvre, Paris • © Bridgeman Images

Diane chasseresse, 1790

En 1776, Houdon sculpte cette Diane chasseresse qu’il souhaite exposer au Salon de 1777. L’œuvre est refusée pour indécence. Elle avait pourtant été commandée au sculpteur par le duc de Saxe-Gotha et sera finalement achetée par Catherine II de Russie. Elle offre une image atypique de la déesse de la lune, mêlant deux iconographies : la nudité de Diane au bain et la chasse de Diane, son loisir favori, où elle apparaît habituellement vêtue. Ici, Houdon la représente en chasseuse nue. Ce choix était une nouveauté, une création qui distinguait Houdon des exemples antiques mais aussi de ses contemporains et rivaux comme Christophe-Gabriel Allegrain.

Jean-Antoine Houdon, Portrait de Voltaire assis
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Jean-Antoine Houdon, Portrait de Voltaire assis, 1781

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Marbre • H. 138 cm • Coll. musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg • © Bridgeman Images

Portrait de Voltaire assis, 1781

Houdon a sculpté plusieurs portraits de Voltaire (certains commandés par Catherine II de Russie, fervente lectrice de ses écrits), dont cette version du philosophe assis. Voltaire posa pour Houdon à sa demande. Il le représente la tête ceinte d’un bandeau, dans la posture du grand homme. Le plâtre original se trouve, quant à lui, dans le salon d’honneur de la Bibliothèque nationale. Dans son socle, se trouve le reliquaire contenant le cœur du philosophe des Lumières. Houdon réalisa, en outre, le masque funéraire de Voltaire.

Par • le 10 juin 2024
Retrouvez dans l’Encyclo : Jean-Antoine Houdon

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