Vue de l’ensemble « La fabrique des icônes » Studio Rodin, 2024
© Agence photographique du musée Rodin / Jérome manoukian
Avec 600 000 visiteurs annuels, le succès du musée Rodin n’est pas à démontrer. Mais depuis l’ère du Covid, l’enjeu a changé, comme l’explique Amélie Simier, directrice de l’établissement : « Il s’agit de regagner le public local, de faire rayonner Rodin en France et d’aller vers tous les publics et notamment les plus défavorisés. »
Dans la continuité de l’Atelier Rodin qui, entre avril et septembre 2024, a permis une découverte ludique et décomplexée de la sculpture pour les jeunes publics, l’institution vise d’autres territoires, à commencer par la Communauté des communes giennoises, dans le Loiret, à partir du 3 décembre prochain. Il ne s’agit pas d’un simple format hors les murs, mais d’expos miniatures clés en mains, prêtes à être installées partout où la collectivité le jugera nécessaire. Dans les écoles, les hôpitaux et EHPAD, mais aussi dans des lieux privés accueillant du public comme un cinéma ou encore un hypermarché.
Concrètement, le dispositif se compose de reproductions de sculptures tirées des moules originaux conservés par le musée à Meudon, dans la maison-atelier de l’artiste. La boîte de transport devient un socle, entouré d’un panneau explicatif avec texte, photographie et reproduction de dessin du maître. En tout, ce sont sept ensembles comptant 21 sculptures, dont deux de Camille Claudel.
Vue de l’ensemble « Les couples » présenté par le Studio Rodin, 2024
Reproductions en résine patinée bronze : La Valse de Camille Claudel (1864–1943), L’Eternel Printemps et L’Eternelle Idole d’Auguste Rodin (1840–1917).
Fac-similé présenté : Couple enlacé debout, de profil (D. 6203), Auguste Rodin (1840–1917).
Photographie reproduite : Eugène Druet, « Le Baiser » dans l’atelier, vers 1896–1897.
© Agence photographique du musée Rodin / Jérome manoukian
Le mini parcours se construit par thèmes, tels « Rodin et la danse » ou « La Porte de l’Enfer ». « Avec quelques éléments, on doit faire espace », explique Amélie Simier. Le Studio Rodin comprend aussi la « Rodinothèque », soit un atelier mobile en forme de chariot avec onze tiroirs pour autant d’activités ludiques autour de la découverte de Rodin.
La Rodinothèque présentée par le Studio Rodin, 2024
© Agence photographique du musée Rodin / Jérome Manoukian
« Il faut aller au spectateur par la surprise et l’inattendu », insiste Augustin Pagenot, chef du service des publics et concepteur du Studio Rodin. La signature graphique forte permet d’identifier les espaces, mais la scénographie intimiste, restreinte tant en nombre d’œuvres qu’en hauteur des supports et en surface (le plus petit des espaces tient sur 2 m²) est là pour rassurer un public peu coutumier des musées. Ce qui vaut également pour les agents territoriaux qui, une fois formés par le personnel du musée, ont la main pour monter, déplacer et valoriser le Studio Rodin. « L’idée est que le dispositif nous échappe », poursuit Augustin Pagenot.
Cette expérience inédite dans le Centre-Val de Loire n’est peut-être que la première d’une politique culturelle plus décentralisée, dans laquelle le patrimoine est une matière vivante, selon les mots d’Amélie Simier : « C’est la force de l’héritage de Rodin, qui a pensé à tout et même à la reproduction, pour le rayonnement de son œuvre plus d’un siècle après sa mort. Le Studio Rodin s’intègre dans ce même testament. »
Vous aimerez aussi
Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...
Visiter la boutique
Reproductions : Le Penseur en résine patinée bronze, Le Baiser en résine patinée marbre et La Cathédrale en résine patinée pierre d’Auguste Rodin (1840–1917).
Fac-similé représenté : Femme nue assise de dos (D. 4827), Auguste Rodin (1840–1917).
Photographie reproduite : Eugène Druet, Rodin dans son atelier au milieu de ses oeuvres, vers 1902.