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Simone Martini en 2 minutes

Simone Martini (1284–1344) en bref

Artiste de l’école siennoise du Trecento, associé au mouvement européen du gothique international qui précède la Renaissance, Simone Martini conserve sa part de mystère. Ce peintre raffiné ne fut redécouvert qu’au cours du XIXe siècle. Maître de la ligne et de l’arabesque, l’artiste exprime sa croyance en une certaine beauté idéale. Ami de Pétrarque, il est souvent présenté comme un peintre « courtois », peintre-poète et fin interprète de la nature, dans la lignée de ses aînés Giotto et Duccio, son possible mentor. Martini est à la tête d’un important atelier à Sienne, ornant des objets de luxe et commercialisant des œuvres de dévotion. À la frontière entre l’artisan et l’artiste de cour, il occupe une place importante dans l’histoire de la pré-Renaissance italienne.

Jean Baron, Portrait de Simone Martini
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Jean Baron, Portrait de Simone Martini, XVIIe siècle

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Gravure • Coll. Sienne, Biblioteca Comunale Degli Intronati • © Granger / Bridgeman Images

 

On a dit de lui

« Très noble et très célèbre peintre. » Lorenzo Ghiberti

La vie de Simone Martini en quelques dates

Une origine méconnue

Comme pour de nombreux peintres du Trecento, la date de naissance de Simone Martini (1284 selon Giorgio Vasari) n’est pas assurée. Martini est peut-être issu d’une famille d’artistes et se serait sans doute formé dans l’atelier de Duccio di Buoninsegna. Une chose est certaine : le nom de Simone Martini est cité pour la première fois dans un document datant de 1315, alors que le peintre est engagé par la ville de Sienne pour réaliser la fresque de la Maestà du Palazzo Pubblico.

Sienne, un foyer majeur de la peinture italienne

Sienne est, à cette époque, un centre artistique majeur. Le prestige de cette commande témoigne de la notoriété, à cette date, de Martini. L’artiste n’est pas sédentaire car il se rend à Assise, œuvrant dans l’église inférieure de la célèbre basilique Saint-François. Cette réalisation le met en contact avec la cour d’Anjou, installée à Naples, qui lui commande certaines œuvres. Robert d’Anjou nomme d’ailleurs Martini chevalier.

Un atelier avec Lippo Memmi

En 1319, Martini est à Pise et peint un polyptyque pour l’église San Domenico. De retour à Sienne en 1324, il se marie et dirige un atelier au côté de son beau-frère, le peintre Lippo Memmi. Ensemble, ils signent le triptyque de L’Annonciation pour la cathédrale de Sienne. Ces œuvres, réalisées pour des églises, se trouvent aujourd’hui généralement dans des musées. L’atelier de Memmi et de Martini est spécialisé dans la réalisation de retables et d’objets liés au culte. Martini continue à travailler pour la ville de Sienne dans les années 1330.

Au service du pape à Avignon

En 1336, Martini est appelé à Avignon, au service de la cour papale. Liant amitié avec Pétrarque, il orne l’un de ses manuscrits et réalise un portrait de la muse du poète, Laure (aujourd’hui perdu). Malheureusement, les travaux réalisés par Martini pour la cour papale n’ont pas non plus survécu et il n’en reste que quelques fragments. Il est possible que, dans ce contexte avignonnais, Martini se soit intéressé à l’art gothique français qu’il connaissait peut-être par ailleurs. L’artiste meurt à Avignon, en 1344. Il aura une influence majeure sur l’art italien comme français.

Ses œuvres clés

Maestà, 1315

Simone Martini, Maesta
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Simone Martini, Maesta, 1315

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Fresque • 763 × 970 cm • © Raffaello Bencini / Bridgeman Images

Considérée comme l’une des œuvres majeures de Simone Martini, cette Vierge en majesté entourée de saints et d’anges est commandée à l’artiste par la ville de Sienne. Il la réalise probablement en plusieurs phases à partir de 1312. Dans la lignée de l’esthétique de Duccio, Martini manie avec raffinement et délicatesse le rendu des silhouettes allongées mais aussi des mains, particulièrement soignées. La Vierge est d’allure princière. Il n’est pas impossible que Martini subisse aussi l’influence de Giotto, autre maître majeur du Trecento célèbre pour ses réalisations à Assise. En effet, Martini se montre attentif à la représentation du volume dans le rendu des détails, en décalage avec l’art de Duccio.

La Vie de saint Martin, 1315–1320

Simone Martini, La Vie de Saint Martin : Saint Martin en méditation
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Simone Martini, La Vie de Saint Martin : Saint Martin en méditation, 1315–1320

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Fresque • 390 × 200 cm • © Bridgeman Images

Martini est l’auteur du cycle de la vie consacré à ce saint dans l’église inférieure de la célèbre basilique élevée quelques années après la mort de saint François. Ces dix peintures à fresque auraient été financées par le cardinal Gentile Partino da Montefiore. Elles représentent différents thèmes tels que l’apparition du Christ et des anges en rêve à saint Martin ou la mort de saint Martin. Simone Martini exprime ici son goût pour le raffinement, peut-être à la suite de sa découverte de l’art gothique français (et notamment de l’art de l’orfèvrerie). Les personnages, très réalistes, sont toujours représentés avec élégance, les accessoires sont finement travaillés.

L’Annonciation, 1333

Simone Martini, L’Annonciation
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Simone Martini, L’Annonciation, 1333

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Tempera sur panneau de bois • Cathédrale de Sienne • © Bridgeman Images

Conçu pour l’autel de saint Ansan dans le transept de la cathédrale de Sienne, cette Annonciation représente – comme le veut l’usage – l’apparition de l’archange Gabriel à la Vierge qui exprime un mouvement de repli. Il vient lui annoncer la naissance prochaine de l’Enfant Jésus. La scène centrale est entourée et couronnée par la présence d’autres personnages (martyr, sainte et prophètes). Le fond doré et l’espace indéfini de l’action plongent le spectateur dans une contemplation spirituelle. L’usage de la perspective dans le rendu de certains détails éloigne Martini de la tradition des icônes byzantines. Le peintre cultive à la fois précision, finesse et un style linéaire expressif qui traduisent sa quête de perfection et d’harmonie.

Le Christ retrouvé par ses parents ou Le Christ retrouvé au Temple, 1342

Simone Martini, Le Christ retrouvé par ses parents ou Le Christ retrouvé au Temple
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Simone Martini, Le Christ retrouvé par ses parents ou Le Christ retrouvé au Temple, 1342

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Tempera sur bois • 49,5 × 35,1 cm • © National Museums Liverpool / Bridgeman Images

Ce thème s’avère rarissime dans l’histoire de l’art : le retour du Christ retrouvé par ses parents au Temple de Jérusalem. Entre l’enfance et l’adolescence, le Sauveur est représenté avec grâce. Son visage exprime déjà une certaine conviction. Marie figure à gauche, un livre sur les genoux. Joseph se trouve au centre. Cette œuvre aurait été réalisée par Martini à Avignon, deux ans avant sa mort.

Par • le 3 mars 2025
Retrouvez dans l’Encyclo : Gothique international Simone Martini

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