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Zao Wou-Ki en 2 minutes

En bref

Peintre d’origine chinoise le plus célèbre au monde, Zao Wou-Ki (1920–2013) a pris la nationalité française en 1964. D’abord rattaché à l’École de Paris, il rejoint les rangs de l’abstraction lyrique dans les années 1950. Admirateur de Paul Klee autant que de l’art calligraphique traditionnel, Zao Wou-Ki a développé une œuvre infiniment poétique et originale, rendant hommage à la nature, à la lumière, à la beauté. Le tout en grand format, s’il vous plaît !

Zao Wou-ki dans son atelier à Paris en 1988
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Zao Wou-ki dans son atelier à Paris en 1988

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© Ulf Andersen / Aurimages / © ADAGP, Paris 2021

Il a dit

« Je voulais peindre ce qui ne se voit pas, le souffle, la vie, le vent, le mouvement, la vie des formes, l’éclosion des couleurs et leur fusion. »

Sa vie

Zao Wou-Ki a grandi à Shanghai, auprès d’un père officiant comme banquier. Il appartient à une famille d’intellectuels aux origines très anciennes. Enfant, il est particulièrement marqué par les rites familiaux et par l’image de Mi Fu, peintre du XIe siècle, dont sa famille possède une œuvre.

Ses parents encouragent son goût pour l’art et la calligraphie. Zao Wou-Ki débute sa pratique aux côtés de son grand-père, qui lui enseigne la tradition, lui apprend à dessiner des caractères et à transmettre une émotion. En 1934, le jeune garçon entre à l’École des beaux-arts de Hangzhou et se forme à une culture plus classique, notamment en dessinant d’après l’antique. Il conjugue deux orientations : la vision occidentale et la culture traditionnelle chinoise.

Zao Wou-Ki souhaite se détacher de la tradition chinoise, et commence à s’inspirer des artistes de l’avant-garde française (Paul Cézanne, les impressionnistes, Pablo Picasso et Henri Matisse) qu’il découvre grâce à des cartes postales et des revues rapportées d’Europe. Marié à l’âge de 17 ans, il s’embarque à destination de la France et débarque à Marseille en 1948.

À Paris, Zao Wou-Ki s’installe à Montparnasse et prend des cours à l’Académie de la Grande Chaumière. Il a le sentiment de s’être enfin trouvé et se lie d’amitié avec de nombreux artistes, dont Nicolas de Staël, Pierre Soulages et Henri Michaux. Très vite, son œuvre rencontre le succès. Zao Wou-Ki expose facilement et trouve le soutien du marchand Pierre Loeb. Il s’initie aussi à la gravure.

La découverte de l’œuvre de Paul Klee produit une révélation chez l’artiste : c’est le pouvoir de l’intériorité. Le peintre aborde le monde sans préjugés, en se plaçant au plus proche de la nature ; il peint des paysages (un mot qu’il n’aime guère) dans lesquels il place des idéogrammes. De plus en plus, son œuvre tend vers l’imaginaire, et prend la voie d’une totale abstraction.

À la fin des années 1950, Zao Wou-Ki voyage à travers le monde, découvre les États-Unis, se rend au Japon… Divorcé, il se remarie. De retour à Paris, il travaille dans son atelier et fait la connaissance d’André Malraux, ministre de la Culture, et prend la nationalité française. Il peint, dessine, illustre des ouvrages. L’artiste vit quasiment en reclus, sa femme étant très malade (elle décède en 1972).

En Chine, alors que la demande est au réalisme socialiste, l’œuvre de Zao Wou-Ki est très mal perçue. Là-bas, seul le malheur l’attend : son père s’est suicidé et sa mère est gravement souffrante. Il n’y retourne que trois fois, en 1975, 1983 et 1998.

En 1977, remarié à une Française, Zao Wou-Ki s’installe dans le Loiret et peint des toiles plus monumentales. L’artiste commence à connaître un succès mondial, bénéficie d’expositions dans de grandes institutions, est loué pour sa poétique universelle. Ses œuvres font le tour du monde. Atteint de la maladie d’Alzheimer, il s’éteint en 2013.

Ses œuvres clés

Zao Wou-Ki, Traversée des apparences
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Zao Wou-Ki, Traversée des apparences, 1956

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Huile sur toile • 97 × 195 cm • Coll. particulière • Photo Dennis Bouchard / © ADAGP, Paris 2021

Traversée des apparences, 1956

Est-ce lié à sa connaissance profonde de la calligraphie ? Zao Wou-Ki est un magicien du geste, qu’il maîtrise à la perfection, et des matières. L’artiste s’inspire généralement de la nature, non d’une manière objective et littérale, mais de ses phénomènes : le vent, le flux, les vagues, la lumière. Cette œuvre appartient à la première période abstraite de l’artiste, alors qu’il est sous l’influence de Paul Klee et cherche à développer un nouveau rapport avec le monde qui l’entoure. Peinte dans des tons neutres, Zao Wou-Ki semble laisser parler un instinct dans cette toile.

Zao Wou-Ki, 10.09.72 –  En mémoire de May
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Zao Wou-Ki, 10.09.72 – En mémoire de May, 1972

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Huile sur toile • 200 × 525,7 cm • Coll. Centre Pompidou, MNAM-CCI, Paris • Photo Dennis Bouchard / © ADAGP, Paris 2021

10.09.72 – En mémoire de May, 1972

Cette œuvre a été peinte par Zao Wou-Ki en souvenir de sa deuxième épouse, très fragile psychologiquement et qui venait de décéder. Elle représente une nature âpre et incendiaire, comme un souvenir brûlant. Cette liaison a beaucoup marqué le peintre, qui avait pratiquement cessé de travailler à cette période. La toile est abstraite et recèle une certaine brutalité, elle ne parle pas significativement de la mort mais plutôt d’une traversée du désert, peut-être de la violence de la vie.

Zao Wou-Ki, Hommage à Claude Monet
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Zao Wou-Ki, Hommage à Claude Monet, Février-juin 1991

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Huile sur toile • 194 × 483 cm • Coll. particulière • Photo RMN / © ADAGP, Paris 2021

Hommage à Claude Monet, février-juin 1991

Ce triptyque rend hommage à l’un des artistes qui avait fasciné Zao Wou-Ki dans sa jeunesse. Devant lui, on songe évidemment aux grands nymphéas que Claude Monet a peints pour le musée de l’Orangerie. La couleur bleue domine, comme ce sentiment d’évanescence et de confusion entre le ciel et l’eau. À la différence de Monet, Zao Wou-Ki peignait sur des grandes toiles sans chevalet, directement contre le mur ou à même le sol. Sa gestuelle est plus proche de celle des expressionnistes abstraits américains que des impressionnistes.

Par • le 17 mai 2021
Retrouvez dans l’Encyclo : Abstraction lyrique Zao Wou-ki

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