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ESCAPADE

Balade dans les pas de Van Gogh en 7 étapes à Auvers-Sur-Oise

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Publié le , mis à jour le
À Auvers-sur-Oise, joli village de 6 800 âmes aujourd’hui, niché entre la rivière, les falaises de calcaire et les champs de blé, tout respire le souvenir du peintre incompris, qui s’est donné la mort le 27 juillet 1890. Marchons dans ses pas, retournons sur les lieux qui lui ont inspiré tant de toiles et dont le charme authentique est préservé.

Été 1890. Après la douloureuse épreuve de son internement à Saint-Rémy, Vincent Van Gogh  trouve refuge à Auvers-sur-Oise. Ce paisible village représente une véritable bouffée d’air frais pour l’artiste. Comme pris d’une fièvre créatrice, il y peint 74 tableaux en seulement 70 jours, avant de brutalement mettre fin à ses jours le 29 juillet 1890.

Aujourd’hui encore, chaque coin de rue reste marqué par le souvenir de l’artiste. De la célèbre auberge Ravoux à l’église Notre-Dame de l’Assomption, en passant par la mairie : voici notre itinéraire sur-mesure pour à la découverte d’Auvers-sur-Oise, qui n’est situé qu’à une vingtaine de kilomètre de Paris et est accessible depuis la Gare du Nord (directement en train pendant la période estivale, ou en RER puis en bus le reste de l’année).

1. Départ au pied de l’église

Sur les hauteurs du village, l’église Notre-Dame de l’Assomption d’Auvers-sur-Oise datée du XIe siècle, offre un mélange de deux styles architecturaux, le roman tardif et le gothique. Fondé par Philippe Ier, roi des Francs et reconstruite au XIIe siècle par Adélaïde de Savoie, l’édifice va traverser les siècles sans subir les ravages des guerres. Elle sera classée monument historique en 1856, déclassée en 1874 à cause de certaines restaurations maladroites et reclassée par la suite en 1915. Vincent Van Gogh la peint en 1890 depuis la place devant le chevet – aménagé en 1875 –, ce qui lui donne un angle particulier.

À gauche, l’Église Notre-Dame-de-l’Assomption d’Auvers-sur-Oise, datée du XI<sup>e</sup> siècle. À droite, le tableau “l’Église d’Auvers-sur-Oise”, vue du chevet, peinte par Vincent van Gogh en 1890
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À gauche, l’Église Notre-Dame-de-l’Assomption d’Auvers-sur-Oise, datée du XIe siècle. À droite, le tableau “l’Église d’Auvers-sur-Oise”, vue du chevet, peinte par Vincent van Gogh en 1890

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Huile sur toile • © DR / © Auvers Tourisme . © Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt / presse

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Église Notre-Dame-de-l'Assomption d'Auvers-sur-Oise

2. Pause déjeuner à l’auberge Ravoux

Le pèlerinage sur les terres de Van Gogh est impossible sans une halte à l’auberge Ravoux, tenue d’une main de maître par Dominique-Charles Janssens, qui réalise son rêve autant que celui de tous les amateurs d’art en réhabilitant en 1993 l’auberge où séjourna Vincent Van Gogh lors de ses soixante-dix jours à Auvers-sur-Oise. Pour 3,50 francs la nuit, le peintre louait la petite chambre no 5, somme toute très spartiate, mais dans laquelle il réalisa et finalisa nombre de ses toiles. C’est aussi dans cette chambre éclairée par une simple lucarne qu’il agonisera et rendra l’âme le 29 juillet 1890.

Aujourd’hui, il est donc possible de la visiter, de se recueillir et de s’immerger dans ce lieu chargé d’histoire. Selon les mots du président de l’Institut Van Gogh, concernant la chambre du peintre, « il n’y a rien à voir, mais tout à ressentir et il n’est nul besoin de créer un événement pour la meubler », c’est là que se situe la promesse. Reconstituer l’atmosphère d’antan, c’est aussi ce que propose la partie restauration de l’auberge Ravoux. Il est possible d’y déjeuner, d’une planche de fromage, d’un verre de vin et de se laisser porter par l’ambiance nostalgique.

À gauche, la façade de l’auberge Ravoux dite maison de Van Gogh. À droite, une vue de la partie restauration au sein de l’auberge Ravoux.
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À gauche, la façade de l’auberge Ravoux dite maison de Van Gogh. À droite, une vue de la partie restauration au sein de l’auberge Ravoux.

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© Institut Van Gogh. © Erik Hesmerg

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Auberge Ravoux

Saison 2023 : du 2 mars au 19 novembre
Ouvert du mercredi au dimanche de 12h à 18h

3. Promenade au détour des chaumières

Leur charme certain nous donnerait envie de nous installer en face avec, nous aussi, un chevalet et quelques pinceaux, un carnet et quelques crayons. Aujourd’hui, ces bâtisses sont nombreuses à avoir été restaurées, reconverties en habitations et en maisons secondaires, mais certaines possèdent encore leurs façades d’origine, immortalisées par Vincent Van Gogh.

À gauche, une bâtisse dans le quartier de Chaponval. À droite les “Chaumières à Chaponval”, de Vincent van Gogh, conservé au Zurich Künsthaus
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À gauche, une bâtisse dans le quartier de Chaponval. À droite les “Chaumières à Chaponval”, de Vincent van Gogh, conservé au Zurich Künsthaus, 1890

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Huile sur toile • 65 x 81 cm • © Institut Van Gogh . © Peter Barritt / Alamy / Hemis

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Les Chaumières et les Fermes

De Chaponval

4. Prochaine arrêt : la Mairie d’Auvers-Sur-Oise

Peinte par Vincent peu de temps après les célébrations du 14 juillet 1890, dans ses habits de fête, guirlandes et drapeaux suspendus aux arbres qui l’entourent, la mairie d’Auvers-sur-Oise n’a pas « pris une ride ». Coïncidence ? La façade de la mairie de son village natal aux Pays-Bas, Zundert, lui ressemble à s’y méprendre.

À gauche, la mairie d’Auvers-sur-Oise. À droite, le tableau de Vincent van Gogh « La Mairie d’Auvers-sur-Oise, le 14 juillet »
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À gauche, la mairie d’Auvers-sur-Oise. À droite, le tableau de Vincent van Gogh « La Mairie d’Auvers-sur-Oise, le 14 juillet », 1890

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Huile sur toile • H. 72 cm x L. 93 cm • Coll. particulière • © Institut Van Gogh © DR . © AKG images

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Mairie d'Auvers-Sur-Oise

5. Instant suspendu aux côtés des disparus

C’est à la sortie du village d’Auvers-sur-Oise, non loin des incontournables champs de blé, que se situe le cimetière municipal qui accueille les tombes des deux frères. Vincent meurt, après s’être tiré une balle de revolver, le 29 juillet 1890. Son frère Théodore décédera à son tour six mois plus tard. Les deux tombes seront réunies en 1914, recouvertes de lierre comme un coussinet de verdure reliant le duo pour l’éternité. Pour la petite histoire, il faut savoir que le lierre est issu du jardin de la famille du docteur Gachet, qui entretient les lieux. Ce dernier avait promis de prendre soin du peintre, toujours en proie à des crises de démence. On peut alors y voir ici comme une couverture inaltérable et éternelle, symbolisant à jamais l’amitié qui les unissait.

Les tombes de Vincent et Théodore van Gogh au cimetière municipal d’Auvers-sur-Oise
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Les tombes de Vincent et Théodore van Gogh au cimetière municipal d’Auvers-sur-Oise

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© Tripelon-Jarry / Only France / Afp

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Cimetière municipal d’Auvers-sur-Oise

6. Van Gogh en haute-définition au château d’Auvers-sur-Oise

Construit en 1635 par Zanobi Lioni, un financier italien de l’entourage de Marie de Médicis, l’édifice (et son jardin) est aménagé à la mode italienne. En 1662, le château est racheté par Jean de Leyrit, conseiller du roi, qui va le transformer en château à la française. Le domaine est désormais entouré d’un jardin symétrique, de dépendances. Le château subira en 1756 une transformation complète, la façade sud est reconstruite et deux pavillons viennent flanquer le tout. C’est en 1939 qu’il sera abandonné, jusqu’à son acquisition par le conseil général du Val-d’Oise en 1987 et restauré entre 1994 et 2016. À partir du 7 octobre 2023 et jusqu’au 29 septembre 2024, pour la célébration des 170 ans de la naissance de Vincent Van Gogh, le département du Val-d’Oise propose au coeur du château une exposition numérique consacrée aux quatre dernières années de la vie du peintre.

Le château d’Auvers-sur-Oise
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Le château d’Auvers-sur-Oise

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© Auvers Tourisme

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Château d'Auvers-sur-Oise

7. Terminus dans le Jardin de Daubigny

Considérée comme le premier foyer artistique d’Auvers, la maison-atelier (classée monument historique en 1993 et labellisée « Maison des illustres » en 2014) prend vie en 1861 sous l’impulsion du peintre Charles-François Daubigny. Il est aidé dans l’aménagement et la décoration par ses amis Camille Corot, Honoré Daumier et Achille Oudinot ainsi que par ses enfants Karl, Cécile et Bernard. Les pièces de la maison tout comme l’atelier sont les témoins d’oeuvres collectives. Vincent Van Gogh était admiratif de l’oeuvre de Daubigny, il peint en deux versions Le Jardin de Daubigny en 1890, il écrira à son frère à propos de cette oeuvre : « C’est l’une de mes toiles les plus voulues » (lettre à Théo, 23 juillet 1890).

L’atelier de Daubigny, à Auvers-sur-Oise
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L’atelier de Daubigny, à Auvers-sur-Oise

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© Auvers Tourisme

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Maison-Atelier de Daubigny

Retrouvez dans l’Encyclo : Impressionnisme Vincent Van Gogh

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