Le salon ouvert du 3e étage donnant sur la terrasse de la Casa Franca à Paris, 18e arrondissement
© Déchelette Architecture / Greenline Foundation / Photo Matthieu Salvaing
En s’engageant dans une petite rue pavée du 18e arrondissement, rien ne laisse présager la surprise qui s’élève ici. Tout une façade en pisé, de la terre crue… Non, vous n’êtes pas à Marrakech ou à Djenné ! Bienvenue à la Casa Franca, chez l’artiste Sarah Valente (née en 1988), un lieu unique et hybride au sein de la capitale, habité par l’art et l’écologie, entre maison, résidence pour artistes, atelier et bureau de sa fondation.
Entre l’achat de la parcelle, et les travaux entrepris par Déchelette Architecture, six ans se sont écoulés pour achever le rêve de Sarah Valente. « Le nom de Casa Franca est un hommage au prénom de ma grand-mère qui avait quitté l’Italie pour trouver une vie meilleure en France », nous introduit la maîtresse des lieux. Actuellement en résidence à Poush, à Aubervilliers, l’artiste plasticienne franco-italienne, fine collectionneuse et entrepreneuse volontaire, nourrissait depuis dix ans l’idée de créer un lieu d’expérimentation artistique, de rencontre, d’exposition et de résidence, le tout dans un esprit responsable, en accord avec ses valeurs et sa pratique artistique.
« À la base du tronc a été enterré un trésor avant la construction de la maison ».
Sarah Valente
La Casa Franca est une ode à la nature. Partout, du salon aux trois chambres, en passant par la salle de bains, la lumière infuse cet habitat en terre crue, exemple unique au cœur de la jungle parisienne. Comme dans une forêt, tout tourne autour d’un arbre dont la présence sacralisée est matérialisée par un tronc. Ce dernier traverse les quatre étages, sous différentes formes, des marqueteries, une vitre, un plafond lumineux : « À sa base a été enterré un trésor avant la construction de la maison », avance malicieusement Sarah Valente.
À gauche, la salle à manger meublée d’une table dessinée par l’artiste Ugo Schildge d’un tableau de Marcella Barceló. À droite, le couloir du premier étage de la Casa Franca
© Déchelette Architecture / Greenline Foundation / Photo Matthieu Salvaing
Fascinée par les forêts, « les rites », « leur force » et « leur mysticisme », la plasticienne travaille ici avec des fleurs, des bois et des pigments. Elle multiplie les explorations sur la luminescence végétale avec une magie dont elle seule a le secret. Dans une volonté de partage, la dynamique propriétaire ouvre régulièrement la Casa Franca aux artistes de tous horizons en résidence.
« À la suite de voyages en Amazonie en 2019, j’ai eu une révélation », ajoute Sarah Valente qui dirige la Greenline Foundation. Ce fonds de dotation dont les bureaux ont naturellement trouvé leur place à la Casa Franca initie notamment des manifestations artistiques afin de sensibiliser le public à la cause environnementale.
Le salon de l’étage principal de la Casa Franca
© Déchelette Architecture / Greenline Foundation / Photo Salem Mostefaoui
« À la manière des peintres de Barbizon qui ont défendu leur forêt au XIXe siècle, la Greenline Foundation mobilise les artistes et les professionnels du monde de l’art pour œuvrer en faveur de la sauvegarde et de la protection des forêts », détaille Sarah Valente. « L’art permet de financer des rachats de parcelles », égrène aussi l’artiste qui a mis sa propre collection à disposition de la fondation – soit plus de 100 pièces qui peuvent être prêtées lors d’expositions…
Véritable œuvre d’art à vivre, la Casa Franca regorge d’œuvres remarquables de designers, d’artistes et d’artisans. Boire un thé au bord de la splendide table à manger d’Ugo Schildge, avec juste au-dessus un tableau de Marcella Barceló, suffit à s’en convaincre. Pour les bibliothèques, le designer Victor de Rossi a utilisé les placages inspirés d’essences tropicales écoresponsables. Dans l’escalier qui mène au salon, Théo Mercier fait briller les agates chères à Roger Caillois. Dans les chambres, on se love dans les textiles de Pangea qui se marient à merveille au bois marqueté.
L’une des chambres de la Casa Franca, à la tête de lit en marqueterie de bois
© Déchelette Architecture / Greenline Foundation / Photo Matthieu Salvaing
Cet écosystème est un paradis d’artiste où l’on prend son bain en admirant la fresque en céramique de Basile Boon avant d’aller méditer dans la salle dédiée devant une broderie de Louis Barthélémy : « Cette œuvre est inspirée des tifaifai polynésiens, une technique de patchwork en provenance de cette région que j’aime depuis l’enfance », souligne Sarah Valente.
Pièce immersive au sous-sol de la Casa Franca
© Matthieu Salvaing
Parvenu au sous-sol, dans une ambiance boule à facettes, un revêtement en terrazzo imaginé par Sarah Valente devient fluorescent à la lumière violette : Sarah Valente aime créer des univers immersifs et des installations à grande échelle qui vous plongent dans un autre monde. Moment suspendu où l’on se croirait dans une forêt de la péninsule d’Osa au Costa Rica, hypnotisés par des lucioles… Bluffant comme toute cette maison !
Avis aux amateurs d’art ! La Casa Franca sera ouverte à l’occasion des Journées européennes du patrimoine 2024
Dimanche 22 septembre 2024
11h à 17h
Uniquement sur réservation par mail (places limitées) : contact@greenline.foundation
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