Article réservé aux abonnés
Studio TAF, Open Grid, la chaise Atelier réinterprétée par le studio TAF pour l’association La Source-Garouste
©TAF
Elle n’est âgée que de six ans, commercialisée depuis seulement quatre et fait déjà un carton. La chaise Atelier n’a pourtant rien d’extraordinaire, c’est une assise en bois tout ce qu’il y a de plus banal, empilable et droite. Et c’est ce qui fait son succès : les restaurants l’adoptent pour son look hyper contemporain et géométrique, les particuliers pour son élégance nordique. « Son secret, c’est son confort. Le rebord du dossier est incliné et recourbé de manière à soutenir le dos le plus longtemps possible. Il faut l’essayer pour s’en apercevoir », nous explique Mattias Ståhlbom, moitié du duo suédois TAF.
Mattias Ståhlbom et Gabriella Gustafson, les deux designers du studio TAF et leur chaise Atelier
© TAF
Fondé en 2002 avec Gabriella Gustafson, rencontrée sur les bancs de l’école de design Konstfack à Stockholm, le studio puise son inspiration dans les objets familiers produits en série pour créer des pièces singulières de haute qualité. En 2016, le musée national de Stockholm leur demande de meubler son nouveau restaurant évoquant un atelier d’artiste. Le brief : favoriser le design nordique contemporain. Ils créent en tout une dizaine de produits, dont la chaise Atelier fabriquée en Scandinavie. « Nous cherchions à créer une chaise chaleureuse, éviter les traditionnels pieds en métal des assises de collectivité, assez froids. » Résultat : leur pièce résistante, solide et empilable est entièrement faite de hêtre, un bois clair aux nervures apparentes.
Quant à son design, il fait en réalité référence à une assise très populaire en Suède, la chaise d’orchestre dessinée par l’architecte Sven Markelius dans les années 1930. « On la voit dans les environnements publics, les églises, un peu partout », ajoute le designer. À la base, elle avait été conçue pour la salle de concert de Helsingborg. En bois de bouleau, empilable et géométrique, elle se reconnaît grâce à ses deux barres de liaison frôlant le sol. « Nous avons repris des éléments de cette chaise pour chercher à la contemporanéiser ». Ainsi, le duo a passé un temps fou à penser chaque finition et assemblage, à éditer des maquettes en papier pour créer cette version dotée d’une assise légèrement incurvée et d’une barre de dossier arrondie, bien plus ergonomique, tout en conservant bien sûr, les liaisons au niveau des pieds qui font son originalité.
La chaise Atelier du studio TAF empilée
© TAF
En 2016, conscients d’avoir réussi un tour de force, les créateurs envoient leur projet à la marque Artek, détenue par Vitra, qui finalise la chaise et la propose au public en plusieurs finitions, dont le hêtre naturel ou le frêne teinté. Ironie du sort : c’est l’architecte et designer Alvar Aalto (1898–1976) qui avait fondé Artek en 1935, un ami proche de Sven Markelius, l’auteur de la chaise d’orchestre suédoise… « Un retour aux sources », en conclut le créateur de TAF, adepte de la philosophie originale de cette marque finlandaise : « encourager une culture moderne de la vie ».
Elisabeth Garouste, Bourvil, 2022
Chaise Atelier du stufio TAF réinterprétée
© Photo Hugo Miserey / © ADAGP, Paris
Philippe Starck, Fabrice Hyber, Constance Guisset, le peintre Gérard Garouste et sa femme designer Élisabeth Garouste… Le 12 décembre, la vente aux enchères de l’association La Source-Garouste écrira un nouveau chapitre de la chaise Atelier grâce aux cinquante créateurs qui ont pris plaisir à la détourner : l’artiste Olivier Masmonteil l’a affublé de majestueux papillons, Philippe Starck en a fait une œuvre politique de dénonciation de l’esclavage et Élisabeth Garouste lui a forgé un dossier en métal traçant le visage de Bourvil. « Nous sommes comblés de voir autant de variations. Certaines proviennent d’amis comme Inga Sempé ou Jean-Christophe Orthlieb, l’un des fondateurs du studio Nocc, qui avait autrefois fait un stage dans notre studio », s’émeut Mattias Ståhlbom. Lui-même s’est également prêté au jeu avec sa collaboratrice Gabriella Gustafson, en estampant sa chaise iconique d’un motif de grille [ill. en Une].
Studio NOCC, Soustraction Addition, 2022
Chaises Atelier du stufio TAF réinterprétée
© Photo Hugo Miserey
Cela fait maintenant déjà dix ans que chaque année, l’association créée par le couple Garouste, dont le combat vise à éveiller les enfants en situation de fragilité au domaine de l’art, sélectionne une pièce du catalogue Vitra pour la soumettre à réinterprétation – une idée originale et fructueuse. Pour admirer les œuvres uniques de cette vingt-cinquième édition, rendez-vous à l’hôtel de l’Industrie, place Saint-Germain-des-Prés, dès le 10 décembre prochain et lors de la vente aux enchères le 12 décembre, si l’envie vous prend de vous offrir un cadeau de Noël quelques jours en avance… Une bonne action, puisque l’intégralité des bénéfices seront reversés à l’association.
25e vente aux enchères au profite de La Source
Lundi 12 décembre à 20h
Présentation des œuvres les 10, 11 et 12 décembre à l’hôtel de l’Industrie, 4 place Saint-Germain-des-Prés, 75006 Paris.
Plus d’informations :
www.associationlasource.fr/actualites
Vous aimerez aussi
Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...
Visiter la boutique