Camille Moirenc, La montagne Sainte Victoire, 2025
Photographie tirée du livre "87 Sacrée Montagne", un livre hommage à la montagne Sainte-Victoire • © Camille Moirenc
« Regardez cette Sainte-Victoire, quel élan ! Quelle soif impérieuse de soleil ! Et quelle mélancolie, le soir quand toute cette pesanteur retombe ! », s’émeut Paul Cezanne dans une lettre adressée au poète Joachim Gasquet. Considéré comme le père de l’art moderne, le peintre a commencé sa carrière à Paris avant de s’en retourner à Aix-en-Provence, où il est né en 1839. À l’ombre de l’imposante montagne Sainte-Victoire, l’artiste a trouvé un cadre propice à la création et au développement de ses idées révolutionnaires qui allaient profondément bouleverser l’histoire de la peinture.
Sa terre natale habite toute son œuvre et la nature provençale lui inspire les plus grandes audaces artistiques. Motif de nombreuses toiles, la demeure familiale du peintre, où il a aussi réalisé des décors récemment redécouverts, a abrité son premier atelier. Cezanne a par la suite occupé un atelier sur la colline des Lauves, où sont aujourd’hui encore conservés ses effets personnels.
Paul Cezanne, La Montagne Sainte-Victoire vue de la carrière Bibémus, vers 1897
Huile sur toile • 65,1 × 81,3 cm • Coll. & © Baltimore Museum of Art
Fin observateur, l’artiste connaît parfaitement cet environnement grandiose qu’il arpente sans relâche depuis son plus jeune âge. Il lui arrive aussi de planter son chevalet en plein air, au cœur des carrières de Bibémus, un impressionnant plateau de roches aux formes anguleuses, où l’artiste posera les jalons du cubisme. Mais sa véritable muse, c’est bien sûr l’emblématique Sainte-Victoire, à laquelle le peintre consacrera plus de 80 œuvres.
Cité thermale sous l’Antiquité, la « ville aux cent fontaines » a non seulement vu grandir Cezanne, mais aussi Émile Zola. Le peintre et l’écrivain, qui ont fréquenté le même lycée, étaient d’ailleurs très proches, jusqu’à ce que le premier croit se reconnaître dans le personnage de Claude Lantier, peintre raté au cœur du roman L’Œuvre (1886). Cette brouille mettra un terme à de longues années d’amitié. D’autres artistes avaient précédemment contribué au rayonnement de la ville, comme François Marius Granet ou encore Jean-Antoine Constantin, qui ont aussi fait de la Sainte-Victoire un motif récurrent de leur œuvre. Aix-en-Provence est aussi indissociable du maître de l’Op Art Victor Vasarely, qui a installé sa fondation aux lignes futuristes à deux pas du Jas de Bouffan.
S’il faut visiter Aix-en-Provence, c’est bien cette année ! En 2025, la ville célèbre en grande pompe le souvenir de Paul Cezanne, près de 120 ans après la disparition de cet éternel enfant du pays. Point d’orgue des célébrations, l’exposition présentée au musée Granet, « Cezanne au Jas de Bouffan », revient sur les 40 années passées par l’artiste dans sa bastide familiale. De l’atelier des Lauves aux emblématiques carrières de Bibémus, tous les hauts lieux cezanniens se mettent au diapason de cette année exceptionnelle avec une programmation spéciale à découvrir jusqu’au mois d’octobre.
Cezanne 2025
Plus d’informations sur le site Cezanne 2025
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