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SÉLECTION

Piero Manzoni, Géricault, Derek Jarman, photo : 14 livres à ne pas manquer

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En ce mois de mars, coup de projecteur sur les auteurs qui nous ont fait chavirer. Parmi une large palette de sujets, Beaux Arts vous partage 14 ouvrages coups de cœur.

Romans, BD, récits historiques ou intimes : il y en a pour tous les goûts dans cette sélection de lectures arty à dévorer sans modération ! L’œuvre poignante de l’artiste Derek Jerman, la dernière bande dessinée dystopique de Philippe Squarzoni et Bruno Latour, l’expérience singulière de Métadécouverte signée Keight…

Des coulisses de la création du Radeau de la Méduse par Géricault aux forces mystérieuses de la Haute Kabylie, en passant par des éloges de la subversion, vous risquez d’adorer chacun de ces 14 ouvrages.

L’œuvre coup de poing de Derek Jarman

Ouvrage collectif, Derek Jarman
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Ouvrage collectif, Derek Jarman

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© Keith Collins Will Trust / Derek Jarman

Artiste emblématique de la scène underground britannique, plasticien, réalisateur, scénariste, écrivain, jardinier, drag et militant des droits homosexuels, Derek Jarman (1942–1994) a marqué de son empreinte radicale les années 1980–1990. Réalisateur de clips vidéo pour Marianne Faithfull, Pet Shop Boys ou The Smiths, il a secoué les esprits dès ses débuts avec son film sur le martyre de saint Sébastien (Sebastiane, 1976), tourné en latin dans une veine homoérotique, et celui sur Caravage (Caravaggio, 1986), révélant au passage une jeune comédienne prometteuse nommée Tilda Swinton. Cette même année, il est diagnostiqué séropositif et entreprend de dénoncer les ravages du sida à travers son œuvre. Il se lance alors dans une série de peintures à l’esthétique charnelle féroce, réalisées sur des unes de journaux homophobes, saturées de matière picturale balafrée où il inscrit d’un trait rageur à même l’épaisse couche rouge sang des mots à la violence libératrice.

Parallèlement, il crée une série de tableaux reliquaires et de sculptures-assemblages avec les objets trouvés aux alentours de son jardin de Prospect Cottage à Dungeness, sur la côte du Kent. La création de ce petit coin de paradis sans clôture, offert aux bourrasques et aux caprices de la mer non loin, « s’est révélée une thérapie, une métaphore de sa bataille acharnée pour la vie », analyse Claire Le Restif. Directrice du Centre d’art contemporain d’Ivry qui consacra une exposition à Jarman en 2021, elle est l’une des autrices de cet ouvrage éclairant, révélant les combats et la beauté tourmentée de la production plastique de Jarman (donnée à voir dans de nombreuses reproductions photo au plus près de la matière) et le caractère multiforme d’une œuvre coup de poing, entre jardinage et expérimentations filmiques. D.B

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Derek Jarman

Ouvrage collectif dirigé par Laetitia Chauvin, Claire Le Restif et Clément Dirié

Perspectives nocturnes en Haute Kabylie par Karim Kal

Karim Kal, Mons Ferratus
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Karim Kal, Mons Ferratus

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© éd. Atelier EXB

Silencieuse, impénétrable, parfois bordée de cactus, de fleurs sauvages ou de grilles de bâtiment officiels, avalant les routes et les chemins, les crêtes montagneuses et les villages, l’obscurité abyssale de la nuit donne aux paysages de Haute Kabylie des allures de road movie étrange et envoûtant. Le photographe Karim Kal s’est plongé dans les profondeurs nocturnes de cette région du nord de l’Algérie, haut lieu de résistance et d’indépendance, pour en révéler les forces mystérieuses au fil d’images savamment composées flirtant parfois avec l’abstraction. D.B

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Mons Ferratus

Par Karim Kal

Un dialogue entre Richard Malka et le fantôme de Voltaire

Richard Malka, Après Dieu
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Richard Malka, Après Dieu

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© éd. Stock

« Ma nuit au musée, je la passe avec des morts. […] C’est l’habitude, depuis 2015. » Nouvel auteur invité par les éditions Stock à passer un moment en solitaire dans l’institution muséale ou patrimoniale de son choix une fois ses portes fermées, l’avocat Richard Malka, défenseur de la liberté d’expression, du droit au blasphème et du journal Charlie Hebdo, meurtri par l’attentat perpétré contre sa rédaction il y a dix ans, a choisi de s’enfermer au Panthéon. Et, parmi tous les illustres fantômes qui s’y trouvent, de s’entretenir avec celui de Voltaire, l’anticlérical et irrévérencieux philosophe des Lumières, abordant les questions brûlantes qui déchirent la société : « En enseignant à nos enfants le respect des religions, nous les avons préparés à l’esclavage. C’est un fascinant suicide de la liberté, dicté par une vision de la tolérance dont profitent l’intolérance religieuse et son cortège de préjugés. » D.B

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Après Dieu

Par Richard Malka

La forêt dans le viseur des photographes

Danièle Méaux, Quand la photographie pense la forêt
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Danièle Méaux, Quand la photographie pense la forêt

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© éd. Filigranes

Des arbres qui semblent se débattre dans la brume, des images réalisées au microscope révélant les arthropodes nichés dans l’écorce d’un tronc, un monochrome pour dire la substance végétale, un panorama vertigineux, une cabane dans les bois… La forêt est une source inépuisable d’inspiration pour les photographes. Démonstration dans ce livre lumineux, qui met en évidence les multiples façons dont leurs clichés réactivent notre relation au monde végétal, aboutissant « à une réflexion sur la forêt en tant que bien commun ». D.B

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Quand la photographie pense la forêt. Des années 1980 à nos jours

Par Danièle Méaux

Deux essais de Bruno Latour mis en images par Philippe Squarzoni

Philippe Squarzoni et Bruno Latour, Zone critique
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Philippe Squarzoni et Bruno Latour, Zone critique

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© La Découverte. Delcourt, 2024

Dans le silence d’une maison vide, une femme – presque une silhouette, peau noire profonde comme l’univers, yeux translucides et masque rouge post-Covid lui couvrant le bas du visage – contemple la lune avec inquiétude. Elle est Gaïa, incarnation universelle de la terre, et se désespère de la chaleur du soleil, du dessèchement des arbres, des champs de blé sans coquelicots, des campagnes transformées en désert par les politiques agricoles, à l’heure du réchauffement climatique. Elle en retrace l’histoire depuis le début des années 1990, période marquée par la diffusion des termes « dérégulation » et « globalisation » derrière lesquels se cachent une implacable explosion des inégalités dans tous les pays et la mise en place d’un système niant l’existence de la mutation climatique.

Dans cette bande dessinée au graphisme envoûtant, Philippe Squarzoni adapte magnifiquement deux essais du philosophe Bruno Latour, Où atterrir ? (2017) et Où suis-je ? (2021), écrit aux lendemains de la pandémie de Covid-19. L’ouvrage initié avant la disparition de Bruno Latour en 2022, qu’il qualifiait lui-même d’« œuvre sur une œuvre », est une mise en perspective salutaire des enjeux contemporains pour définir « un terrain de vie » avant de pouvoir « agir politiquement » dans l’intérêt commun, car, et c’est un euphémisme, le temps presse. D.B

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Zone critique

Par Philippe Squarzoni et Bruno Latour

L’art de dire non par Martin Le Chevallier

Martin Le Chevallier, Répertoire des subversions. Art, activisme, méthodes
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Martin Le Chevallier, Répertoire des subversions. Art, activisme, méthodes

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© éd. La Découverte

S’incruster dans un marathon dans les années 1960 quand cela vous est interdit parce que vous êtes une femme, tourner en dérision le système de la pointeuse imposé aux ouvriers en en installant une dans son atelier d’artiste, plaider le droit d’auteur pour empêcher l’expulsion d’un étranger, dénoncer la collusion entre le monde de l’art et celui de la finance en exposant les malversations d’un homme d’affaires… Dans cet inventaire caustique, classé par mots-clés selon un ordre alphabétique (de « S’abstenir » à « Voler »), l’auteur réunit les gestes d’artistes, activistes, combattants de la liberté ayant un jour fait « un pas de côté » impétueux, courageux, insolent, poétique ou drôle – mais jamais violent – pour dire non. Des petits et grands soulèvements salvateurs contre les dominations qui régissent le monde. D.B

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Répertoire des subversions. Art, activisme, méthodes

Par Martin Le Chevallier

La réparation par la création selon Mika Sperling

Mika Sperling, Je n’ai rien fait de mal
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Mika Sperling, Je n’ai rien fait de mal

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© éd. Actes Sud

Un récit intime glaçant pour dire l’insupportable, un ouvrage exutoire d’une grande fragilité, un livre d’artiste au centre de son processus de guérison, un cri solidaire pour libérer la parole des victimes d’inceste et de pédophilie. Le projet très personnel de l’écrivaine et artiste Mika Sperling pourrait être tout cela à la fois. Cet ouvrage sur le fil des émotions alterne des photos prises sur le chemin qui mène l’autrice de sa maison natale à la demeure de son grand-père abusif, des portraits de famille où l’image du criminel a été découpée, laissant l’empreinte pesante de sa silhouette, des notes manuscrites de souvenirs indélébiles et le récit fictif de tout ce qu’elle aurait voulu lui dire en face lors d’une partie d’échecs. D.B

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Je n’ai rien fait de mal

Par Mika Sperling

D’une ligne à l’autre, le travail à la chaîne disséqué par Julien Martinière

Julien Martinière, À La Ligne
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Julien Martinière, À La Ligne

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© éd. Sarbacane

Il y a six ans, Joseph Ponthus secouait le monde de l’édition avec un premier roman bouleversant, À la ligne, chronique d’un ouvrier intérimaire embauché dans des abattoirs bretons, écrit dans un style incisif jouant sur la répétition systématique du travail à la chaîne. Sa lecture prenait à la gorge d’autant plus que l’auteur allait être emporté par un cancer deux ans après la parution du livre, à seulement 42 ans. Fidèle à l’esprit humaniste et à l’humour tendre et tragique du texte originel, l’illustrateur Julien Martinière l’a adapté de son trait sobre et expressif. Dans cette bande dessinée (sa première), il montre avec justesse la dureté des conditions de travail et comment la réalité du système de production industrielle peut dépasser la pire des fictions. D.B

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À la ligne

Par Julien Martinière, d’après le roman de Joseph Ponthus

Expérience éditoriale transcendantale par Keight

Keight, Exit from the Body
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Keight, Exit from the Body, 2013

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© Keight

La couverture annonce la couleur d’entrée de jeu : pas de titre mais une image holographique éblouissante montrant un homme de dos se précipitant vers une mystérieuse source lumineuse émanant d’un arbre. Indéfinissable, inclassable et surprenant comme tout bon livre d’artiste, cet ovni éditorial proposé par Karim Bassegoda (alias Keight) transcende le réel pour une expérience spirituelle quasi mystique. Une lecture méditative pour aller au-delà de soi, porté par des énergies et des vibrations invisibles, et passer de la sensation du vide à celle de la plénitude. Pas étonnant que cet ouvrage hallucinatoire ait reçu le prix Alfred Latour qui récompense chaque année, avec la maison Actes Sud, un projet original inédit. D.B

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Métadécouverte

Par Keight avec des textes de Philippe Filliot et Michel Odoul

Quand la peinture sert l’idéologie par Jean-Baptiste Brenet

« Idoles gothiques. Idéologie et fabrication des images dans l’art médiéval » par Michael Camille ; « Le Dehors dedans. Averroès en peinture » par Jean-Baptiste Brenet
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« Idoles gothiques. Idéologie et fabrication des images dans l’art médiéval » par Michael Camille ; « Le Dehors dedans. Averroès en peinture » par Jean-Baptiste Brenet

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© éd. Macula

Averroès, médecin, théologien et grand philosophe musulman de langue arabe du XIIe siècle, est réputé dans l’Europe occidentale pour ses recherches et ses nouvelles traductions d’Aristote. Un siècle plus tard, saint Thomas d’Aquin s’attaquera au penseur, l’accusant d’une lecture du philosophe grec bafouant les fondements de la chrétienté. Averroès endosse ainsi la figure de l’impie que l’on doit terrasser, dans une époque où l’Occident chrétien s’oppose à l’Orient islamique. Dès lors, il devient incontournable pour les peintres médiévaux puis ceux de la Renaissance dans les représentations des Triomphes de saint Thomas comme personnage soumis à la doctrine soutenue par le moine dominicain.

Dans son essai, Jean-Baptiste Brenet recentre l’attention sur le philosophe arabo-andalou, dont la position est loin d’être secondaire. Bête noire du religieux italien, il n’en reste pas moins très influent auprès des philosophes et érudits scolastiques européens pour avoir rendu accessible la pensée aristotélicienne. L’approche de Brenet rejoint celle de Michael Camille, dont l’ouvrage sur l’art médiéval et sa faculté à créer des images comme véhicules idéologiques, voire idolâtriques, publié en anglais en 1989, vient de sortir en français aux éditions Macula. P.M

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Le Dehors dedans. Averroès en peinture

Par Jean-Baptiste Brenet

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Idoles gothiques. Idéologie et fabrication des images dans l’art médiéval

Par Michael Camille

Piero Manzoni, génie de la merde en boîte raconté par Paolo Bacilieri

Piero Manzoni, À chaque jour suffit sa peine
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Piero Manzoni, À chaque jour suffit sa peine

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© éd. Sarbacane

Un œuf avec l’empreinte digitale d’un pouce, un socle magique sur lequel le spectateur doit prendre place pour incarner une sculpture vivante, un tableau-relief fait de draps froissés, un kit pour emprisonner son souffle dans un ballon et, bien sûr, les fameuses boîtes de conserve contenant de la merde d’artiste… L’ironique et insolent plasticien Piero Manzoni (1933–1963) n’a cessé de désacraliser l’art pour le faire entrer de plain-pied dans la vie. De sa naissance à Soncino, en Lombardie, à sa mort d’une crise cardiaque à Milan, alors qu’il n’a même pas 30 ans, cette piquante biographie dessinée retrace le parcours impertinent de ce chantre de l’art pour l’art et relie avec brio chacune de ses saillies artistiques au contexte qui les a vues naître. D.B

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Piero Manzoni. À chaque jour suffit sa peine

Par Paolo Bacilieri

Paris en cartopassion par Vincent Périat

Vincent Périat, Atlas inutile de Paris
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Vincent Périat, Atlas inutile de Paris

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© éd. Le Tripode

On connaissait les précieux atlas historiques de Paris publiés par Parigramme, notamment ceux de l’historien de l’architecture Pierre Pinon (disparu en 2021). Cette fois-ci, c’est un total autodidacte, artisan fleuriste à la ville mais arpenteur infatigable de la capitale, qui publie un atlas atypique livrant un portrait original et graphique de la ville, cartographiée dans une sorte d’inventaire à la Prévert avec des points de vue décalés, tels ceux sur les espèces d’arbres bordant les rues, l’emplacement des tanières de renard ou celui des barricades dressées lors de la Commune (1871). On regrette néanmoins que l’éditeur n’ait pas poussé cet historien amateur à mettre plus de mots sur son travail de passionné et à détailler davantage ses précieuses cartes. S.F

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Atlas inutile de Paris

Par Vincent Périat

Un corps-à-corps puissant avec la peinture par Patrick Grainville

Patrick Grainville, La Nef De Géricault
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Patrick Grainville, La Nef De Géricault

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© éd. Julliard

Peinture sublime, le Radeau de la Méduse de Géricault est né d’un fait divers survenu en 1816, le naufrage d’une frégate en route pour le Sénégal, au large de l’actuelle Mauritanie. Les embarcations de sauvetage étant limitées, 147 rescapés se retrouvent abandonnés à leur sort durant treize jours sur un radeau de fortune où ils connaissent l’enfer : la tempête, la peur, la faim, la soif, le soleil et même le cannibalisme. Ils ne seront que 15 à survivre. Fasciné jusqu’à l’obsession, Géricault reçoit les survivants, s’approprie leur histoire, multiplie études et esquisses durant des mois avant d’accoucher de son chef-d’œuvre, enchevêtrement effrayant de corps masculins. De sa plume érudite et virevoltante comme des coups de pinceau, le romancier Patrick Grainville restitue la fougue de cette fièvre créatrice et la folie qui emporte peu à peu Géricault dans un Paris agité par la Restauration. S.B

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La Nef de Géricault

Par Patrick Grainville

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