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Roman d’aventure, polar, biographie visuelle : il y en a pour tous les goûts dans cette sélection de lectures arty à dévorer sans modération !
La vie et l’œuvre de l’artiste contemporain Thomas Lévy-Lasne, le destin tragique de la Joconde imaginé par Stéphane Audeguy, le polar haletant d’Éric Mercier sur Modigliani… L’arrivée du printemps tombe à pic : dans un parc ou une terrasse ensoleillés, vous risquez d’adorer chacun de ces quatre ouvrages.
Thomas Lévy-Lasne, La Fin du banal
© Beaux-Arts de Paris Éditions
Avec la même acuité, ce goût de l’étrangeté dans le détail et cette âpreté sensuelle qui pourrait caractériser l’ensemble de son œuvre, Thomas Lévy-Lasne peint des portraits à la présence intense, des paysages mélancoliques, le hall d’entrée silencieux d’une fête qui se devine au loin, des nus féminins mis à distance, les bribes d’une soirée bruyante et joyeuse, des scènes de plage frémissantes de nostalgie, des natures mortes témoins de la dérive climatique, une tête de vache au regard profond dont Rosa Bonheur aurait pu être jalouse.
Il y a aussi ses fusains, confondants de réalisme, qui le révèlent en maître du clair-obscur, décrivant la vérité d’un moment jusqu’à l’obsession. L’artiste s’intéresse aux vertiges qui se dissimulent derrière la fausse banalité du monde. Les éditions de l’École nationale des beaux-arts de Paris, dont il est sorti diplômé il y a vingt ans, lui consacrent une « biographie visuelle » où la part belle est donnée aux reproductions de ses œuvres, qui se déploient au fil des pages sans que rien ne vienne interrompre ce face-à-face précieux entre l’image et le lecteur-spectateur.
Thomas Lévy-Lasne, Vertige, 2016
Courtesy Thomas Lévy-Lasne
Parfois seulement, il est interrompu par quelques textes très personnels, ceux des amis de l’artiste, la réalisatrice Justine Triet, l’écrivain et chroniqueur de radio Aurélien Bellanger, ainsi qu’un entretien avec la conservatrice Cécile Debray, venue de ce monde des musées qu’il côtoie de près, jusqu’à avoir organisé, en septembre dernier au musée d’Orsay, la confrontation entre les collections de l’établissement et les toiles de 80 peintres contemporains invités le temps d’une journée. À celle qui occupe le poste de directrice du musée Picasso à Paris, il confesse : « C’est un grand privilège de connaître sa place dans le monde. Le mien, c’est de le contempler, le restituer, me le rendre plus sensible, plus empathique, m’y fondre. » D.B.
Thomas Lévy-Lasne – La Fin du banal
Préface de Justine Triet, un texte d'Aurélien Bellanger, un texte de Judith Prigent, entretien de l'artiste avec Cécile Debray
Stéphane Audeguy, L’Avenir
© éd. Seuil
Il est des romans qui viennent titiller la réalité avec une impertinence jubilatoire. L’Avenir, signé Stéphane Audeguy, est de ceux-là. En construisant sa fiction autour de l’icône la plus célèbre de l’histoire de l’art, l’auteur (primé dès son premier livre la Théorie des nuages, paru en 2005) n’imaginait pas que la Joconde serait au cœur de discussions enflammées après que le président de la République Emmanuel Macron eut annoncé son déplacement dans un espace à part du Louvre (malgré les contre-indications des rapports de conservation). Jouissant pleinement de la liberté de l’écrivain, il imagine que le chef-d’œuvre de Vinci tombe en poussière sans crier gare depuis son cadre blindé. Le début d’une série de catastrophes irrémédiables… Et tandis que le monde s’écroule, s’entremêlent, selon un montage habile de récits et de chronologies, les destins singuliers d’hommes et de femmes amoureux des arts, tournés vers un avenir plein d’espoir. D.B.
Fabio Viscogliosi, Les Cambrioleurs
© éd. Actes Sud
« D’une page à l’autre, les styles varient et les images s’enchaînent en coq-à-l’âne, à la manière d’un cadavre exquis accompli par une bande d’enfants en roue libre, ou par un fou à personnalités multiples. Ou peut-être s’agit-il du travail d’un imitateur ? », s’interroge le narrateur. En réalisant un cambriolage minable dans une agence de publicité, avec ses trois amis aussi fauchés que lui, il ne s’attendait pas à tomber sur un leporello (livre accordéon) signé des plus grands noms de l’art moderne… Klee, Picabia, Schwitters, Léger, Miró, Picasso, Man Ray, Matisse. Sans oublier Duchamp qui pourrait bien être à l’initiative de ce délire plastique à faire pâlir n’importe quel collectionneur d’art… Et voici nos pieds nickelés de l’arnaque embarqués dans une aventure rocambolesque, surréaliste, absurde et touchante comme sait l’être une œuvre d’art réalisée à plusieurs mains. D.B.
Éric Mercier, L’Énigme Modigliani
© éd. de La Martinière
Après les fauves, Bernard Buffet et Van Gogh, c’est à Amedeo Modigliani (1884–1920) qu’Éric Mercier, docteur en histoire de l’art, s’attaque dans son nouveau polar. Un siècle après la mort de l’artiste maudit, l’un de ses tableaux, inconnu, apparaît en salle des ventes, à Drouot. Est-il authentique ? Qui en est le modèle ? A-t-il un rapport avec le meurtre d’un faussaire allemand exécuté de manière sadique et retrouvé dans une mise en scène macabre ? S’ensuit une double enquête, plongée dans la bohème parisienne des années 1920 et dans les affres de l’histoire des spoliations des œuvres juives durant la Seconde Guerre mondiale. Un nouvel opus de la saga à succès, enlevé et bien ficelé, tel qu’Éric Mercier avec sa plume experte sait les mener, qui nous entraîne dans les coulisses du monde de l’art. S. de B.
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