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CINÉMA

« Un rêve plus long que la nuit » en salles : le monde halluciné de Niki de Saint Phalle

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Publié le , mis à jour le
La ressortie en salles du long-métrage Un rêve plus long que la nuit permet de découvrir une Niki de Saint Phalle réalisatrice avec un conte onirique aussi fantasque et militant que l’ont été ses créations plastiques. À voir en complément de l’exposition qui lui est consacrée au Grand Palais.
Camélia, petite fille devenue jeune femme confrontée au monde périlleux et brutal des adultes dans “Un rêve plus long que la nuit” de Niki de Saint Phalle
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Camélia, petite fille devenue jeune femme confrontée au monde périlleux et brutal des adultes dans “Un rêve plus long que la nuit” de Niki de Saint Phalle

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© Niki Charitable Art Foundation

En voilà une qui avait plusieurs métros d’avance et que l’ère post #MeToo a permis de réévaluer grandement – même si le Niki de Céline Sallette, biopic hélas décevant sorti en octobre dernier, se révélait bien trop sage au regard du phénomène. On savait Niki de Saint Phalle performeuse, peintre, sculptrice, graveuse mais on connaît moins cette corde de plus à son arc d’amazone joyeuse : réalisatrice.

Après un premier film court, Daddy (1973) coréalisé avec Peter Whitehead, elle signait, seule cette fois, ce Rêve plus long que la nuit (1976), aventure onirique d’une petite fille au « royaume du dragon ». Transformée en jeune femme, celle-ci se met en quête d’un trésor, passant de la campagne à une usine, d’une maison close à un champ de bataille. Sur son chemin sinueux, elle croise d’étranges créatures : une sorcière appelée « la papesse », une tenancière de bordel, des « hommes lézards » prostitués, une troupe de fascistes, la Mort…

Plongée dans les visions de Niki de Saint Phalle

Entre la bouffonnerie enjouée et le conte psychédélique, cet ovni expérimental a le mérite certain de révéler à quel point les visions de l’artiste préfiguraient des thèmes d’actualité prégnants (masculinisme, virilisme guerrier, etc.). Tant à travers les situations surréalistes que les décors, les accessoires, les vêtements ou les dessins en animation, on y retrouve intacte, débridée et en mouvement, son imagination foisonnante ainsi que celle de son compagnon, Jean Tinguely, qui a collaboré étroitement au film.

Détournement cocasse de film porno

Le casting est hétéroclite à souhait (Humbert Balsan, Andrée Putman, Daniel Spoerri, Régine Desforges…). Le trip vaut surtout pour son détournement cocasse de film porno, avec défilé d’hommes pourvus d’énormes phallus en érection revus à la manière Tinguely (tour, canon, machine à roue et plume), manège extatique et éjaculation explosive de confettis.

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Un rêve plus long que la nuit

De Niki de Saint Phalle

1976 • 82 minutes • en salles le 18 juin 2025

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Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely, Pontus Hultén

Du 20 juin 2025 au 4 janvier 2026

www.grandpalais.fr

Retrouvez dans l’Encyclo : Niki de Saint Phalle Jean Tinguely

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