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Best of 2018

De Paris à New York, nos œuvres et artistes préférés

le 29 novembre 2018 à 17h11

Puisqu’il faut bien choisir, la rédaction de Beaux Arts s’est jetée à l’eau la tête la première et a sélectionné ce qui l’a le plus marquée cette année. Un florilège ultracontemporain, donc, où résonnent les inquiétudes et les espoirs de notre époque, toutes générations confondues.

Clément Cogitore, tout lui sourit

Né en 1983 à Colmar, vit et travaille à Paris et Strasbourg.

Prix Marcel Duchamp

Un festival de Cannes en 2015, un prix Ricard en 2016, la mise en scène des Indes galantes de Rameau à l’Opéra Bastille en 2019… 2018 n’a pas non plus oublié le plasticien et réalisateur Clément Cogitore, qui rafle depuis quelques années toutes les récompenses. Offert après sa participation décevante à l’exposition estivale du Palais de Tokyo, son prix Duchamp célèbre un film assez nouveau dans son parcours, montage d’images trouvées dans des banques de données dédiées à la publicité ou à la propagande, en tentant de les faire dériver vers le récit d’une inquiétante science-fiction. Pour ceux à qui ce talent aurait échappé, on ne saurait trop conseiller de regarder sur operadeparis.fr sa chorégraphie filmée produite par l’Opéra de Paris pour son programme numérique 3e scène. Une transe qui envoûte à jamais.

Clément Cogitore, The Evil Eye
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Clément Cogitore, The Evil Eye, 2018

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© Centre Pompidou / Philippe Migeat ; Courtesy galerie Eva Hober, Paris / galerie Reinhard Hauff, Stuttgart

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Prix Marcel Duchamp 2018

Du 10 octobre 2018 au 31 décembre 2018

Paul Mignard, ésotérisme psyché

Né en 1989, vit et travaille à Pantin.

Bourse Révélation Emerige

Joli choix au cœur d’une sélection aux accents chamaniques : c’est le jeune peintre Paul Mignard qui a retenu l’attention du jury de la 5e bourse Révélations Emerige. Silhouettes mystiques, cartographies d’alchimiste… Ses toiles (ou tissus) mêlent pigments et paillettes, symbolique ésotérique et chromatisme psyché. Diplômé des Beaux-Arts de Lyon en 2011, l’artiste avait déjà été remarqué dans la carte blanche que le Crédac avait offerte à Lola Gonzàlez l’an passé.

Paul Mignard, Un chapelet de fraises
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Paul Mignard, Un chapelet de fraises, 2017

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© Paul Mignard

Anna Solal, de bric et de broc, avec un trait de rococo

Née en 1988 à Dreux, vit et travaille à Paris.

Prix Meurice pour l’art contemporain

Pour sa 11e édition, le prix Meurice, destiné à donner à un artiste les moyens d’un projet hors normes, s’est tourné vers l’émergence, en consacrant Anna Solal. Créatrice d’objets singuliers, entre gothique chic et égypto-rococo, cette trentenaire repérée par nombre de collectionneurs s’est présentée avec un projet qu’elle rêve de réaliser à Mexico : un ensemble de pièces « cerf-volants », composées de bric et de broc trouvé sur place, avec l’aide de sociologues, d’associations de recyclage ou d’ONG écolos.

Anna Solal, The Reddening Kite
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Anna Solal, The Reddening Kite, 2018

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Courtesy Anna Solal et New Galerie, Paris. Courtesy New Galerie, Paris

Yuri Kozyrev & Kadir Van Lohuizen, chroniques d’un monde givré

Né en 1963 à Moscou, où il vit. Né en 1963 à Utrecht, vit à Amsterdam.

Prix Carmignac du photojournalisme

Créé en 2009, ce prix dédié au photojournalisme se tourne toujours plus vers des enjeux écologiques. Les photographes Yuri Kozyrev et Kadir Van Lohuizen (agence Noor) pourront grâce à sa dotation de 100 000 € réaliser une expédition vers le pôle Nord afin de témoigner des ravages causés par la fonte des glaces. Yuri Kozyrev partira vers l’est, Kadir Van Lohuizen vers l’ouest, et chacun se retrouvera dans le détroit de Béring, après avoir parcouru la moitié du cercle polaire. Entre tourisme arctique et ouverture de nouvelles routes commerciales, leur récit quotidien d’une des zones les plus menacées de la planète pourra être suivi par tous, au quotidien, sur le site du journal le Monde.

Yuri Kozyrev, Péninsule de Yamal
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Yuri Kozyrev, Péninsule de Yamal, avril 2018

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© Yuri Kozyrev / Noor pour la fondation Carmignac. © Noor. © Kadir van Lohuizen / Noor.

Liv Schulman, show runner de son œuvre

Née en 1985, vit et travaille à Paris.

Prix de la fondation d’entreprise Ricard

Un brin de paranoïa, un zest de littérature métaphysique sur fond de polar sociologique… Tel est l’explosif cocktail que réinvente, à chacune de ses expositions, Liv Schulman, qui vient d’être honorée du 20e prix Ricard à l’occasion de l’exposition orchestrée par le plasticien Neïl Beiloufa. Marque de fabrique de cette artiste formée en Argentine, mais aussi aux Beaux-Arts de Lyon et Cergy, sans oublier Londres : décliner son univers sous forme de mini-séries au gré des invitations qu’elle reçoit, de Rennes à Tel-Aviv. Entre père Ubu et Roberto Bolaño, elle feuilletonne à merveille l’absurdie 2.0.

Liv Schulman, Control a TV Show
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Liv Schulman, Control a TV Show, 2011–2016

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© Aurélien Mole / fondation d’entreprise Ricard. © Rine Rodin

Retrouvez dans l’Encyclo : Bruce Nauman

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