En partenariat avec Salon du dessin

C’est la ritournelle qui annonce le printemps : le Salon du dessin reprendra ses quartiers au palais Brongniart, où 39 galeries internationales exposeront les plus belles feuilles de l’art ancien, moderne et contemporain. À ne pas manquer également : une exposition confiée à la fondation Dubuffet qui rassemblera une cinquantaine d’œuvres sur papier de l’artiste, mais aussi les Rencontres internationales du dessin – deux journées d’études sur le thème « Les artistes voyageurs : formes et fonctions du dessin de voyage ».
Helene Schjerfbeck, Mary Cassatt, Hannah Höch, Valentine Hugo, Sonia Delaunay : en guise de préambule à ce rendez-vous incontournable des collectionneurs et amateurs de dessin, lumière sur cinq artistes femmes à ne surtout pas manquer parmi les innombrables chefs-d’œuvre qui seront présentés sur les cimaises de cette 32e édition du salon.
Helene Schjerfbeck, Portrait de jeune homme de profil
© Benjamin Perronet
Rares sont les occasions d’admirer les œuvres d’Helene Schjerfbeck (1862–1946) à Paris. On se réjouit donc de retrouver cette artiste finlandaise sur le stand de la galerie Benjamin Peronnet ! Issue d’une riche famille d’origine suédoise, elle s’est d’abord formée au dessin dans son pays natal avant de s’installer à Paris et de suivre les enseignements de l’Académie Colarossi au début des années 1880. Si l’artiste n’a eu de cesse d’expérimenter les styles tout au long de sa carrière, ses œuvres de jeunesse sont marquées par un réalisme plutôt conventionnel – à l’image de ce Portrait de jeune homme de profil, réalisé par Helene Schjerfbeck à l’âge de quinze ans seulement.
Mary Cassatt, Portrait de Pierre, vers 1906
© Galerie Éric Coatalem
Tout le style de Mary Cassatt (1844–1926) encapsulé dans un portrait ! Réalisé en 1906, ce pastel sur papier marouflé sur toile, présenté par la galerie Éric Coatalem, démontre toute la virtuosité de pastelliste de cette artiste originaire des États-Unis – l’une des rares femmes, avec Berthe Morisot, à évoluer dans le cercle des impressionnistes. À partir des années 1880, Mary Cassatt fait des maternités et de l’enfance ses thèmes de prédilection. Sa touche enlevée saisit avec une grande tendresse les instants du quotidien, les moments d’intimité en particulier, sublimés par sa palette aux teintes vibrantes, typiques de l’impressionnisme.
Hannah Höch, Gespritzt VIII, 1958
© Galerie 1900 – 2000
Dans le mouvement dada, il y a eu Tristan Tzara, Raoul Hausmann, John Heartfield… Mais connaissez-vous Hannah Höch (1889–1978) ? Longtemps restée dans l’ombre de ses pairs masculins, elle s’est pourtant très investie dans les manifestations du mouvement à Berlin. Originaire d’un milieu modeste et provincial, l’artiste a parodié dans son travail de collage et de photomontage les codes de la bourgeoisie, tout en explorant les nouvelles représentations de la féminité. Le dessin a aussi occupé une part non négligeable de son œuvre, en témoigne cette feuille tardive et quasi abstraite présentée par la galerie 1900–2000.
Valentine Hugo, Signes, 1945
© Galerie 1900 – 2000
La galerie 1900–2000 mettra également en lumière une figure singulière du surréalisme, un temps oubliée : Valentine Hugo (1887–1968), morte dans la misère après une vie à évoluer dans les cercles des plus grands artistes de son temps – Marcel Proust, André Breton, Erik Satie, pour ne citer qu’eux ! On redécouvre aujourd’hui avec délice cette créatrice à l’univers onirique et mystérieux, dont l’œuvre protéiforme se partage entre la création de costumes et de décors pour le théâtre, mais aussi l’illustration de livres ou de couvertures de magazines de mode, telle la revue Signes.
Sonia Delaunay, Propos d’atelier, projet de couverture du livre, 1938
© Galerie Laurentin
On se souvient peu d’André Salmon, auteur, poète et critique d’art proche des avant-gardes, ardent défenseur du cubisme ou de Guillaume Apollinaire ! On le redécouvre sur le stand de la galerie Laurentin, à la lumière de cette petite gouache sur papier réalisée par Sonia Delaunay (1885–1979) : un projet de couverture pour la réédition du livre Propos d’ateliers – Mémoires d’écrivains et d’artistes, en 1938. On reconnaît au premier coup d’œil les motifs de prédilection de cette figure incontournable des avant-gardes, pionnière de l’abstraction, perpétuellement inspirée par le mouvement et les rythmes sans fin, qu’elle traduit par des formes circulaires qui cohabitent ensemble à la manière d’un fabuleux patchwork.
32e Salon du dessin
Du 20 mars 2024 au 25 mars 2024
Palais Brongniart • 16 Place de la Bourse • 75002 Paris
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