Certaines sont des mastodontes du marché de l’art, installées un peu partout dans le monde. D’autres sont plus confidentielles, mais chéries des amateurs d’art, de dessin, d’estampes, de photographie. Le plaisir d’une galerie d’art, c’est bien souvent celui d’une exposition à taille humaine, d’une découverte de poche…
Mais certaines ne cachent pas leurs ambitions muséales, confiant les rênes de leurs accrochages à des commissaires bien connus et montrant aux côtés des œuvres à vendre de précieux prêts venus des musées. À vélo, à pied ou en métro, suivez donc notre guide des meilleures galeries d’art et parcourez la région parisienne en quête des plus belles adresses !
On aurait pu se vexer à force d’attendre, mais les Suisses de chez Hauser & Wirth, déjà implantés dans quinze sites (à Zurich, Gstaad, Bâle, Saint-Moritz, aux États-Unis à New York, Los Angeles, en Angleterre à Londres et dans le Somerset, en Espagne, à Monaco, à Hong Kong…), se sont enfin installés à Paris à l’automne 2023 ! Friands de lieux d’exception, ils ont posé leurs bagages dans un hôtel particulier du 8e arrondissement, connu pour être l’ancien siège historique de la station de radio Europe 1. Une arrivée qui « conforte le grand retour de la France sur le marché de l’art contemporain », selon Le Monde, et qui a de quoi réjouir les amateurs de Louise Bourgeois, Jean Arp, Nairy Baghramian, Alexander Calder, Pierre Huyghe, Eduardo Chillida, Berlinde de Bruyckere, Rashid Johnson, Roni Horn…
La façade de la Galerie Hauser & Wirth située dans le 8e arrondissement de Paris
Courtesy Henry Taylor et Galerie Hauser & Wirth / Photo Nicolas Brasseur
Il a commencé à exposer à 21 ans, dans un petit appartement loué dans le quartier des Halles à Paris. Emmanuel Perrotin (né en 1968) savait-il alors qu’il allait ouvrir des antennes à New York, Hong Kong, Tokyo, Los Angeles, Séoul, Shanghai, et cumuler plus de 7 000 mètres carrés d’espaces d’exposition à travers le monde ? Aujourd’hui et depuis 2005, c’est au 76 rue de Turenne que l’on se rend régulièrement pour découvrir les dernières œuvres de Sophie Calle, Bernard Frize ou Takashi Murakami. Que des stars, ou presque, au petit poil dans cet ancien hôtel particulier du XVIIIe siècle et son extension de l’impasse Saint-Claude. Plus à l’ouest, Perrotin a ouvert deux espaces avenue Matignon.
Entrée de la galerie Perrotin à Paris
© Courtesy Perrotin, Paris
Galerie Perrotin
Horaires d'ouverture : du mardi au samedi, de 10h à 18h.
76 Rue de Turenne • 75003 Paris
www.perrotin.com
Papesse des galeristes, Marian Goodman (née en 1928) s’est démarquée dans les années 1970 et 1980 en faisant découvrir au public américain les grands artistes européens. Tout commence en 1965 lorsqu’elle fonde une maison d’édition de livres d’artistes et de multiples : elle travaille rapidement avec de grands noms tels que les Allemands Joseph Beuys et Gerhard Richter ou l’Américain Roy Lichtenstein… En 1974, soucieuse de trouver une galerie pour son ami Marcel Broodthaers, elle décide finalement d’ouvrir la sienne, à New York. La grande aventure est lancée : en 1995, elle inaugure un espace à Paris, puis en 2014 à Londres. En 2016, son espace parisien se double d’une librairie, tout aussi incontournable, rappelant ainsi son goût pour les livres. 2023 marque l’ouverture d’une nouvelle antenne à Los Angeles.
Vue extérieure de la galerie Marian Goodman
Courtesy Galerie Marian Goodman
Passons sur la rive gauche, un couple nous y attend. Georges-Philippe et Nathalie Vallois y ont ouvert leur galerie en 1987 en pleine rue de Seine, au beau milieu des très chics antiquaires et des enseignes spécialistes de l’art moderne. Leur dada ? Les Nouveaux Réalistes. Ils représentent Niki de Saint Phalle, Jacques Villeglé et Jean Tinguely. Quelques Américains aussi, qu’ils contribuent régulièrement à faire redécouvrir (Robert Cottingham, John De Andrea), de fortes personnalités comme Tomi Ungerer ou Pilar Albarracín, mais aussi des figures plus jeunes, dont le génial duo iranien Peybak.
Exposition « No apagues mi fuego, déjame arder » de Pilar Albaracin à la Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois, du 28 février 2020 au 25 juin 2020
Courtesy Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois / Photo Aurélien Mole / © Pilar Albaracin
Fondée en 1925 par Jeanne Bucher, cette importante galerie prend son essor grâce à l’effervescence artistique des années 1920 puis 1930, en exposant Pablo Picasso, Max Ernst, Alberto Giacometti, Maria Helena Vieira da Silva. Jeanne Bucher s’engage également dans un important travail d’édition en établissant des liens entre artistes et poètes… Avant de prendre, dès 1946, et après un voyage à New York, un virage vers la création américaine, en s’intéressant à Mark Tobey, Robert Motherwell. En 1947, Jean-François Jaeger prend la direction de la galerie, lui ajoute son nom et s’inscrit dans la continuité du travail de son aînée ; aujourd’hui, elle est dirigée par Véronique Jaeger. Avant le 5 rue de Saintonge, où elle est actuellement implantée et mène un formidable travail de fond, la galerie a connu plusieurs adresses – en restant, toujours, indispensable au paysage parisien. Bientôt, Véronique Jaeger investira un nouvel espace rue de Vaugirard, entre les anciens ateliers de Dubuffet et de Zadkine. À suivre…
Vue de l’exposition « Evi Keller – Stèles » à la galerie Jeanne Bucher Jaeger, du 19 mai au 17 juillet 2021
Courtesy of the artist and Jeanne Bucher Jaeger, Paris / Photo Evi Keller
La façade est impeccable, entièrement vitrée et entourée d’un cadre miroitant. Actuellement installée entre deux cafés ultra-fréquentés du quartier Saint-Germain, Loevenbruck a été créée en 2001 par Hervé Loevenbruck et défend des artistes confirmés tels que les lauréats du prix Marcel Duchamp Philippe Mayaux et Dewar & Gicquel. La galerie mène également une importante activité d’édition et assure la succession de grands noms (Gilles Aillaud, Alina Szapocznikow…). En 2019, Hervé Loevenbruck s’associe au critique d’art Stéphane Corréard pour ouvrir, à deux pas de là, un espace d’exposition dit Loeve&Co rue des Beaux-Arts, rejoint en 2022 par un autre dans le Marais, rue de Montmorency.
Façade de la galerie Loevenbruck
© Fabrice Gousset
En 1972, il fallait avoir du nez pour ouvrir une galerie rue Beaubourg, soit à quelques mètres du futur Centre Pompidou inauguré cinq ans plus tard. Ce nez, c’est celui de Daniel Templon (né en 1945), prodige passionné qui commence son activité de galeriste à l’âge de 21 ans et passe sa vie à défendre et exposer Gérard Garouste, Chiharu Shiota, Pierre & Gilles. Beaucoup d’Américains d’abord (Andy Warhol, Willem de Kooning, Frank Stella), puis un éclectisme international avec quelques pépites de la jeune scène contemporaine (Abdelkader Benchamma, Billie Zangewa). En 2018, Templon ajoute à son premier espace caché au fond d’une cour une adresse sur rue (du Grenier Saint-Lazare), plus grande, plus haute et plus lumineuse.
Vue de la façade de la galerie Templon, rue du Grenier Saint-Lazare
Courtesy Templon, Paris – Brussels / © Wilmotte et Associes Architectures
Fille du couturier Georges Rech et épouse du petit-fils de Pablo Picasso, Almine Rech n’a cessé de grandir pour devenir, au fil des années 2000 et 2010, l’une des galeristes les plus importantes de Paris. D’abord installée dans le 13e arrondissement dans les années 1990, elle s’est agrandie en déménageant à plusieurs reprises. En 2014, elle inaugure son adresse actuelle dans un hôtel particulier de la rue de Turenne et multiplie depuis les gros coups – après Bruxelles, des antennes s’ouvrent à Londres, dans l’Upper East Side à New York, à Shanghai, Monaco, Gstaad, et à nouveau à Paris, avenue Matignon. Côté artistes, il faut souligner son amour premier pour l’art conceptuel et minimal, et pour les artistes américains, avec de belles trouvailles, comme la jeune peintre canadienne Chloe Wise, qui explose les compteurs d’Instagram.
Vue extérieure de la galerie Almine Rech à Paris
Courtesy Almine Rech, Paris / © Photo Rebecca Fanuele
Avec ses yeux bleu glacé, David Zwirner (né en 1964) est l’un des visages les plus célèbres de la planète galeristes. Fils d’un marchand d’art allemand et collectionneur dès ses jeunes années, il fait ses premiers pas en solo en 1993 dans le quartier de SoHo à New York – où il inaugure, en 2021, un nouvel espace de cinq étages dans un bâtiment signé Renzo Piano, rien que ça ! À Paris, il défraie la chronique en s’installant à l’automne 2019 en plein cœur du Marais, dans l’espace sous verrière anciennement occupé par l’immense Yvon Lambert. Une place de choix, devenue immédiatement incontournable avec des expositions de Raymond Pettibon, de Dan Flavin et de Jordan Wolfson.
Vue extérieure de la galerie David Zwirner à Paris
Courtesy Galerie David Zwirner/ Olivier Mosset 2015 installation the future home of David Zwirner Paris / © Photo Philippe Servent
Entre Saint-Germain-des-Prés et Saint-Michel, la galerie Kamel Mennour se visite dans trois espaces distants de cinq minutes à pied, rue Saint-André-des-Arts et rue du Pont de Lodi, ainsi que dans un quatrième espace avenue Matignon. La marque du galeriste – l’un des plus connus de la place parisienne ? Des collaborations audacieuses entre artistes, des projets un peu fous et le soutien actif d’artistes émergents. Parmi ses têtes d’affiche, Anish Kapoor, Tadashi Kawamata et François Morellet, mais aussi Hicham Berrada, Zineb Sedira (représentante en 2022 de la France à la Biennale de Venise) et Mohamed Bourouissa. Dernière nouveauté, le lancement en 2023 du Mennour Institute, qui multiplie les missions du côté de la recherche et de la transmission.
Vue extérieure de la galerie Kamel Mennour au 47, rue Saint-André des Arts, Paris
Courtesy Kamel Mennour Galerie / © Photo Julie Joubert
Galerie Mennour - Saint-André des Arts
47 Rue Saint-André des Arts • 75006 Paris
www.kamelmennour.com
Géant parmi les géants, Thaddaeus Ropac (né en 1960) a réussi son coup en ouvrant un espace à Pantin en 2012. Parisien depuis 1990 (après Salzbourg et avant Londres), le galeriste, ancien assistant de Joseph Beuys, a réhabilité une chaudronnerie du XIXe siècle, y installant un café et une petite librairie, devinant avec un certain génie qu’il serait bientôt évident pour les visiteurs du Marais (et pas que) d’aller faire un tour au nord-est de Paris pour découvrir ses sublimes expositions d’art minimal et conceptuel. Avec, en vrac, des stars comme Gilbert & George, Antony Gormley, Alex Katz ou Erwin Wurm.
Exposition Alex Katz, Galerie Thaddaeus Ropac à Pantin, 2014
Courtesy Thaddaeus Ropac / Photo Charles Duprat /© Alex Katz
Dans la famille des espaces extra-muros et extraordinaires, le pape Gagosian a fait fort au Bourget en 2012, aidé dans sa tâche par l’architecte Jean Nouvel : un bâtiment industriel de plus de 1 650 mètres carrés est venu compléter la (longue) liste de lieux où Larry Gagosian s’est implanté depuis 1979, année de la fondation de la galerie à Los Angeles (Londres, Athènes, Bâle, Genève, Hong Kong, Rome…). Un espace immense pour artistes de taille – Theaster Gates, Richard Serra, Simon Hantaï…
Galerie Gagosian au Bourget, vue extérieure
Courtesy Gagosian /© Photo Thomas Lannes
Rendez-vous à Boissy-le-Châtel, en Seine-et-Marne, pour découvrir l’adresse prodigieuse ouverte en 2007 par Mario Cristiani, Lorenzo Fiaschi et Maurizio Rigillo. Ces trois Italiens passionnés se sont réunis en 1990 avec une envie : fonder des galeries (à Rome, La Havane, Pékin, Rome…) où le patrimoine ancien dialoguerait avec la création contemporaine. Ici, une usine de 10 000 mètres carrés et une ancienne papeterie de 30 000 mètres carrés, avec parc de sculptures, restaurant et skatepark, accueillent les visiteurs dans un cadre hors du commun. Leurs invités ? Kader Attia, Ai Weiwei, Leandro Erlich…
Oeuvre de Daniel Buren « Vitrage pour Sainte-Marie », travail in situ, Sticky color vinyl, à la Galleria Continua, mai 2012
Courtesy Galleria Continua, Le Moulin / Photo de Oak Taylor-Smith / © Daniel Buren
Galleria Continua / Les moulins
46 Rue de la Ferté Gaucher • 77169 Boissy-le-Châtel
www.galleriacontinua.com
À deux pas de Pantin, le projet Komunuma incarne le renouveau et la gentrification de Romainville ; il y a ceux qui aiment, notamment les galeristes autrefois parisiens (majoritairement venus de Belleville !), qui trouvent ici de plus grands espaces, et ceux qui détestent, déplorant un projet immobilier élitiste posé au beau milieu d’une ville populaire. C’est en tout cas à visiter, Komunuma étant devenu depuis sa création un vivier d’art contemporain. À côté de la fondation Fiminco, se visitent les galeries Jocelyn Wolff, Sator (également dans le Marais, passage des Gravilliers), Air de Paris, In Situ – Fabienne Leclerc et 22,48 m2. Le FRAC Île-de-France y a installé ses réserves (ouvertes au public), non loin des classes de l’école Parsons.
Exposition de Zbynek Baladrán “Things Fall Apart (Interim Report)” à la galerie Jocelyn Wolff, du 12 janvier au 28 mars 2020 dans les espaces de Komunuma
Courtesy the artists and Galerie Jocelyn Wolff / Photos François Doury / © Zbynek Baladrán
Prima ? Pour le nom de leur galerie, Laetitia Ferrer (39 ans) et Sébastien Borderie (34 ans), longtemps collègues au sein de la galerie Les filles du calvaire, ont « poncé le dictionnaire latin » ; et choisi ces 5 lettres qui racontent la primeur, qu’il s’agisse de la « première exposition, première œuvre achetée ou même de primauté sur une série ». Installée au cœur du Marais, rue Notre-Dame-de-Nazareth, la galerie offre aux jeunes artistes une belle adresse, mais aussi des conseils et des idées. En quelques mots : « plus que des murs : des projets. »
La galerie Prima à Paris
Courtesy Galerie Prima, Paris / © Rebecca Fanuele
Trentenaires eux aussi, Guido Romero Pierini et Tristan Paprocki ont associé leurs noms et leurs ambitions en 2020, et se sont installés dans un espace de 150 m2 rue Saint-Claude en 2022, après plusieurs projets nomades. Depuis, les deux hommes ont réussi à s’imposer, pour « devenir une place forte de l’art ultra-contemporain à Paris », comme ils l’ont expliqué à nos confrères du Quotidien de l’art, en donnant « la visibilité et les moyens nécessaires aux artistes que nous représentons pour développer leurs carrières et faire rayonner leurs œuvres », en France comme à l’international. Dans leur écurie, quelques jeunes pousses que l’on suit déjà de près, comme le génial sculpteur Max Coulon ou la plasticienne tout-terrain Pauline Guerrier.
Vue de l’exposition « Le cose che non sappiamo » à la Galerie Romero Paprocki, Paris, 2025
© Adrien Thibault
Elle est historienne de l’art, lui artiste. Pauline Pavec et Quentin Derouet ont fondé il y a six ans la galerie Pavec, qui axe sa programmation sur la « redécouverte d’artistes historiques » – notamment féminines, comme Madeleine Dinès, Jacqueline Lamba ou Juliette Roche. Pour ce faire, le jeune couple ne s’entoure que de collaborateurs diplômés de l’École du Louvre, et aime à solliciter les chercheurs et historiens de l’art, au point d’avoir créé un centre de recherches au sein de la galerie et de multiplier les publications. Nichée depuis un an et demi dans un hôtel particulier proche de la place des Vosges, la galerie s’ouvre également aux artistes contemporaines, comme Mathilde Rosier ou Thu-Van Tran.
Vue de l’exposition « Les Déserteurs » à la galerie Pauline Pavec, Paris
Courtesy Galerie Pauline Pavec, Paris / © Sarkis Torossian
Les artistes que vous verrez chez Sultana ont beau être jeunes, ils sont déjà grands. En représentant alors qu’ils n’avaient pas encore 30 ans des prodiges de la peinture contemporaine tels que Jean Claracq ou Matthias Garcia, Sultana s’est imposée comme une adresse incontournable du quartier de Belleville, avant de migrer plus au centre rue Beaubourg. Les expositions, quand elles sont collectives, racontent un peu de notre époque grâce à des commissaires invités aux idées brillantes. Sophistiqué et stimulant.
Vue de l’exposition « Fakelores » de Matthias Garcia à la galerie Sultana, du 20 mai au 24 juillet 2021
Photo © Aurélien Mole
Fondée en 2008, la galerie Crèvecœur partage entre la rive gauche et la rive droite son ambition défricheuse – parmi ses (jeunes) artistes, Renaud Jerez, Shana Moulton, Louise Sartor, Ad Minoliti, Than Hussein Clark. Dans le 7e arrondissement, rendez-vous dans la très élégante rue de Beaune, et, dans le 20e arrondissement, dans la cour d’un immeuble récent de la rue des Cascades ; sonnez à l’interphone et laissez-vous guider par l’œil expert d’Axel Dibie et Alix Dionot-Morani, deux galeristes qui se sont rencontrés sur les bancs de Sciences Po.
Exposition « Intérieur, pluie » de Anne Bourse, Julien Carreyn, Mathis Collins, Julien Goniche, Renaud Jerez, Sara Sadik à la Galerie Crèvecœur, du 11 juin 2020 au 18 juillet 2020
Courtesy Galerie CrèveCoeur, Paris / © Anne Bourse, Julien Carreyn, Mathis Collins, Julien Goniche, Renaud Jerez, Sara Sadik
À deux pas de la librairie Le Genre urbain et des restaurants asiatiques de la rue de Belleville, la galerie Marcelle Alix résiste comme la galerie Crèvecœur à l’étourdissante migration des galeries de Belleville vers le centre ou vers Komunuma. L’espace étonne avec ses salles étroites et son escalier vertigineux… Rien toutefois qui ne décourage les curieux, ses artistes (Lola Gonzàlez, Liz Magor, Laura Lamiel) valant le détour rue Jouye-Rouve, où la galerie a été ouverte en 2009 par Isabelle Alfonsi et Cécilia Becanovic.
Exposition de Jean-Charles de Quillacq, « Autofonction » à la Galerie Marcelle Alix, du 16 mai 2020 au 25 juillet 2020
Courtesy Marcelle Alix / Photo Aurélien Mole / © Jean-Charles de Quillacq, Autofonction, 2020
Amateurs de peinture, notez cette adresse : après avoir d’abord tenté l’aventure d’une galerie nomade, la jeune Camille Pouyfaucon niche depuis 2023 rue Guénégaud, dans le 6e arrondissement, où elle défend avec amour une poignée de jeunes peintres contemporains. Du sang neuf, donc, et venu d’un peu partout. On retiendra l’Italienne Irene Balia et ses compositions rêveuses en camaïeu de bleu, la Française Eugénie Didier, née en 2000 (!) et ultra-douée avec ses peintures aux sujets banals quoique infiniment touchants, ou encore la Londonienne Cara Nahaul, dont les paysages recèlent bien des mystères…
« Inside Out », solo show de Ben Arpea à la galerie Camille Pouyfaucon, 2024
Photo Studio SubliPro
Les arts du feu ont de la chance : la galerie Lefebvre & Fils veille sur eux, avec une attention très particulière aux expressions les plus audacieuses de la céramique contemporaine. Fait exceptionnel : la famille Lefebvre est dans la profession depuis 1880 ! Son directeur Louis Lefebvre s’implique quant à lui depuis 2009 dans la mise en lumière du travail d’Ettore Sottsass, de Ron Nagle… On y a fait de très belles découvertes, comme la jeune Agathe Brahami-Ferron et ses personnages à taille humaine, ou l’Américain Maxwell Mustardo et ses folies colorées. Une adresse à surveiller de près.
Vue de l’exposition « Animals » de Laurent Dufour à la galerie Lefebvre & Fils, du 27 mai au 19 juin 2021
Courtesy Laurent Dufour, Aurélien Gendras Et Galerie Lefebvre Et Fils / Photo Benoit Fougeirol
À 17 ans déjà, Magda Danysz ouvrait une première galerie rue Keller, dans le 11e arrondissement, et exposait JonOne. Les prémices de ce qui la démarquera rapidement après ses études de commerce. En 1998, elle ouvre son adresse et fait une nouvelle fois montre d’un appétit précurseur pour le street art, encore peu représenté sur le marché de l’art. Shepard Fairey, JR, ZEVS passent entre ses murs – aux côtés d’artistes chinois comme Liu Bolin, qui se peint entièrement pour disparaître dans des paysages, ou Li Hongbo et ses spectaculaires œuvres de papier.
Exposition Abdul Rahman Katanani à la Galerie Madga Danysz, 2018
Courtesy Galerie Magda Danysz, Paris / Photo de Stephane Bisseuil / © Abdul Rahman Katanani
Galerie Magda Danysz
Ouvert du mardi au vendredi de 11 h à 19 h
et le samedi de 14 h à 19 h
78, rue Amelot • 75011 Paris
magdagallery.com
250 mètres carrés rue Notre-Dame de Nazareth, Backslash est plutôt bien lotie ! Ses deux fondatrices, Delphine Guillaud et Séverine de Volkovitch, se sont rencontrées chez Daniel Templon et ont ouvert Backslash en 2010. Depuis, elles défendent le travail tout en délicatesse et en pétales de rose de Florian Mermin, les aquarelles délicates de Stella Sujin et les sculptures énigmatiques de Charlotte Charbonnel… Le 16 mai dernier, elles ont ouvert un second espace au 42 rue de Montmorency.
Exposition « Caress of the forest » (the night you left me) de Florian Mermin à la Galerie Backslash, Solo exhibition, 2019
Courtesy Galerie BackSlash, Paris / Photo de Grégory Copitet / © Florian Mermin
Qui l’eût cru ? Il n’y avait qu’elle, la grande créatrice et collectionneuse Agnès b. (née en 1941) pour oser s’installer dans le 13e arrondissement des années après le départ massif des galeries de la rue Louise Weiss. Pas grave, nous souffle Agnès, n’hésitant pas à quitter son adresse historique rue Quincampoix, où sa Galerie du jour était installée depuis 1997 (après une création en 1984), pour le quartier flambant neuf de la Bibliothèque nationale de France. Une fondation et une galerie vous y attendent, avec une petite mais excellente librairie.
Vitrine de La Fab dans le 13e arrondissement de Paris
© La Fab
Elle a fait ses classes chez Adrien Maeght, Daniel Varenne et Daniel Templon : fille de collectionneurs, Nathalie Obadia (née en 1962) s’est lancée en solo en 1993, et s’est rapidement fait remarquer en présentant de la peinture à l’époque où plus aucun galeriste n’osait le faire. Aujourd’hui, elle défend (entre autres) de très beaux artistes comme Guillaume Bresson, Laure Prouvost, Agnès Varda, Martin Barré ou Fiona Rae. Un engagement pour le meilleur de l’art contemporain conservé depuis ses débuts, et qui s’explore dans le Marais, rue du Cloître Saint-Merri, dans l’ouest de Paris, rue du Faubourg Saint-Honoré, et à Bruxelles.
Façade de la galerie Nathalie Obadia
© Camille Comas / Courtesy galerie Nathalie Obadia Paris-Bruxelles.
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