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En Images

Sous le soleil des peintres à Marmottan

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Publié le , mis à jour le
Trésor du musée Marmottan, Impression, soleil levant de Claude Monet (1872) a 150 ans ! L’occasion pour l’institution d’offrir une lumineuse fête à un tableau petit par sa taille, mais grand par son aura… De l’Antiquité égyptienne à nos jours, le soleil a attiré jusqu’à l’aveuglement les peintres, qui ont cherché à en percer les mystères ou à en traduire les effets. En images, une visite éblouissante !
Stèle funéraire cintrée au nom de la dame Tahy
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Stèle funéraire cintrée au nom de la dame Tahy, VIIe-VIe s. av. J.-C.

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Une puissance divine incomparable

La défunte, à gauche, reçoit la visite des dieux Râ et Isis pour son dernier voyage associant la mort à la nuit. Il n’y a pas de distinction entre le soleil et sa divinité chez les Égyptiens, ce pourquoi le disque solaire est indissociable de la tête de faucon de Râ. Le dieu-soleil est aussi créateur de l’univers. On conçoit la force incomparable que représentait l’astre du jour chez les anciens. Un culte qui se retrouve avec l’Apollon des Grecs et même dans la figure divinisée de Louis XIV en Roi-Soleil, même si dès l’Antiquité, se développe parallèlement une approche scientifique du ciel fondée sur l’observation, aux racines de l’astronomie.

Bois, stuc et pigments polychromes • 24,7 x 20,5 x 27 cm • © Fondation Gandur pour l'Art, Genève / André Longchamp

Caspar David Friedrich, Matin de Pâques
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Caspar David Friedrich, Matin de Pâques, ve 1828-1835

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Un astre révélateur du mystère chrétien

« Le soleil est Dieu ! », aurait proclamé Turner sur son lit de mort. Une formule que l’Allemand Caspar David Friedrich (1774–1840), n’aurait certainement pas reniée. Ce paysage de forêt germanique dans la brume matinale semble loin de Jérusalem mais pourtant, les trois femmes de dos qui nous aident à entrer dans la toile pourraient bien être celles qui découvrirent le Christ sortant du tombeau. Ici, la résurrection est immanente, suggérée par cet astre solaire incroyablement haut en regard d’un horizon bas, impression renforcée par l’extrême contre-jour. Tiraillés entre l’esprit des Lumières et la permanence du christianisme, les romantiques trouvent dans l’étude de la nature un accès au mystère de la foi.

Huile sur toile • 43,7 x 34,4 cm • © Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, Madrid

Claude Monet, Impression, soleil levant
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Claude Monet, Impression, soleil levant, 1872

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L’aube de l’impressionnisme

Coup de tonnerre – ou plutôt de soleil – sur la peinture ! Lorsqu’il propose d’accrocher ce tableau au format raisin dans une exposition chez le photographe Nadar en 1874, et qu’on lui demande un titre autre que « Vue du Havre », Claude Monet (1840–1926) répond : « Mettez Impression ». L’impressionnisme est né, sous les railleries et les quolibets. Avec Impression, soleil levant, ce n’est plus tant le soleil en tant que tel que son effet chromatique sur l’environnement et l’eau en particulier qui est le sujet de la peinture. Le contre-jour et l’éblouissement sont matières à peinture, dont la fugacité vient traduire l’insaisissable. Un colosse qui, contrairement à une première « impression » n’a rien d’inachevé !

Huile sur toile • 50 x 65cm • © Musée Marmottan Monet, Paris / Studio Christian Baraja SLB

Paul Signac, Le Port au soleil couchant, Opus 236 (Saint-Tropez)
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Paul Signac, Le Port au soleil couchant, Opus 236 (Saint-Tropez), 1892

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Lorsque la science prend le relais

La brèche ouverte par Monet sera béante et définitive. Mais alors que les impressionnistes empruntent une approche empirique en plein air, les néo-impressionnistes de la génération suivante retournent quant à eux à l’atelier pour aborder avec méthode cette traduction de la lumière solaire par voie pigmentaire… Chez Paul Signac (1863–1935), la lumière n’est plus une émanation divine mais un phénomène scientifique qui se traduit par la division des tons et les contrastes simultanés de couleurs, inspirés des théories du chimiste Eugène Chevreul. Signac choisit des paysages de Provence pour mieux s’aveugler, entraînant dans son sillage Matisse et les Fauves. Si les peintres avaient eu peur de s’éblouir, l’art moderne aurait-il existé ?

Huile sur toile • 65 x 81 cm • © Hasso Plattner Collection / Recom Art, Berlin

Edvard Munch, Le Soleil
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Edvard Munch, Le Soleil, 1910-1913

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La somme des forces vitales

Impossible à affronter sans s’aveugler, le soleil nous irradie tant par sa face visible que par ses forces invisibles. C’est celles-ci qu’Edvard Munch (1863–1944) veut traduire par des rayons puissants, lignes-force traversant la toile de part en part dans cette version réduite de Soleil, point d’orgue du décor monumental qu’a réalisé le peintre norvégien pour l’Aula de l’Université d’Oslo. Pratiquant le naturisme et l’héliothérapie dans des stations balnéaires de la Baltique, Munch s’éloigne de l’alcool et vit un nouveau départ en 1908. Il voit alors dans le soleil, emblème de la philosophie vitaliste dont il est adepte, un symbole d’optimisme voire de régénération.

Huile sur toile • 162 x 205 cm • © Oslo, Munchmuseet

Maurice Denis, Saint François recevant les stigmates
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Maurice Denis, Saint François recevant les stigmates, 1904

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Un soleil inédit… de Maurice Denis

« Nabi aux belles icônes », Maurice Denis (1870–1943) conjugue une radicalité formelle rejetant tout naturalisme et une spiritualité traditionnelle, les fins de la peinture consistant à revivifier l’art sacré. Il est aisé de comprendre le tournant – ou le retour – que prend le soleil sous les pinceaux de celui qui considère l’astre comme « dieu de la peinture moderne ». Denis donne une vision originale de l’histoire, la révélation de saint François, qui reçoit les stigmates du Christ lorsqu’il prie sur le mont Alverne. La place du saint est réduite, le paysage italien retranché tout en bas de la toile pour laisser s’épanouir le rayonnement solaire d’où émane l’esprit saint. Exposée au musée Marmottan de façon exceptionnelle, cette toile en collection privée n’avait auparavant jamais rencontré le public.

Huile sur panneau • 60,5 x 115,5 cm • © Christian Baraja SLB

Gérard Fromanger, Le Soleil inonde ma toile, série « Le Tableau en question »
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Gérard Fromanger, Le Soleil inonde ma toile, série « Le Tableau en question », 1966

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Peut-on vraiment le voir en peinture ?

Le Soleil inonde ma toile est l’un des sept panneaux peints et découpés que Gérard Fromanger (1939–2021) présenta lors de sa première exposition : « Le Tableau en question ». Mais le sujet est-il vraiment un énième hommage pictural au soleil ? Dans ce panneau découpé selon le contour du motif, ces coulures jaunes interpellent. Elles pourraient traduire avec humour cette chaleur et cette lumière qui nous inondent en effet, mais nous serions tentés d’être plus prosaïque, pour les interpréter comme un argument implacable : un tableau reste… un tableau. Devenue autoréférentielle, c’est désormais la peinture-même qui nous aveugle en face-à-face !

Glycéro et acrylique sur bois découpé • 145 x 115 cm • © Studio Christian Baraja SLB / Fonds de dotation Fromanger

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Face au soleil. Un astre dans les arts

Du 14 septembre 2022 au 29 janvier 2023

www.marmottan.fr

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