C’est toujours le bon moment pour se cultiver et se divertir ! De capriccio à chryséléphantin, en passant par des expressions telles que « vénus anadyomène », ces termes de spécialistes ne se contentent pas de nommer des techniques ou des styles.
D’origine italienne, grecque, allemande… Les mots de l’art enrichissent notre compréhension des contextes culturels, et de leurs évolutions, des innovations techniques et des concepts philosophiques qui accompagnent les créations artistiques.
Sandro Botticelli, La Naissance de Vénus, 1485
Tempera sur bois • 172,5 × 278,5 cm • Coll. galerie des Offices, Florence • © Bridgeman Images
C’est une représentation de Vénus émergeant de la mer, inspirée par la mythologie grecque et souvent associée à des thèmes de renaissance et de beauté divine. La plus célèbre des anadyomènes surgit d’une conque, dans un tableau de Botticelli conservé au musée des Offices de Florence (La Naissance de Vénus, 1485).
Gustav Klimt, La Frise Beethoven (détail Les Puissances ennemies : le géant Typhon, la volupté, l’impudicité et l’intempérance), 1902
Couleurs à la caséïne, feuille d’or, pierre semi-précieuses, nacre, plâtre, fusain et crayon sur crépissage à la chaux • 2,15 m x 34 m • Coll. Galerie im Belvedere, Vienne • © akg-images
Ce mot allemand signifie « œuvre d’art totale ». Le gesamtkunstwerk est développé par le compositeur Richard Wagner au XIXe siècle, pour désigner une œuvre qui intègre toutes les formes d’art afin de créer une expérience esthétique unifiée et immersive. Des exemples ? La Frise Beethoven de Gustav Klimt (1902) qui fusionne peinture, architecture et musique pour rendre hommage à la Neuvième Symphonie.
Salvador Dalí, Ballerine – Tête de mort, vers 1939
Huile sur toile • 24,5 × 19,5 cm • Coll. particulière • © Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dali / Adagp, Paris 2024
Tiens un éléphant dans le ciel ? Vous n’avez pas la berlue ! La paréidolie est un phénomène psychologique où des stimuli vagues et aléatoires, souvent des images ou des sons, sont perçus comme des formes reconnaissables, comme des visages dans les nuages.
Michel-Ange, David, 1501–1504
Marbre • 517 × 199 cm • Coll. Galerie de l’Académie de Florence
Avez-vous vu ce personnage à contrapposto ? Le mot vient de l’italien et désigne une pose dans laquelle le poids du corps tient principalement sur une jambe, ce qui confère une asymétrie dynamique dans la posture du sujet représenté.
Viviano Codazzi, Paysage avec ruines, XVIIe siècle
Huile sur toile • 100 × 132 cm • Coll. Museo Correr, Venise • © Luisa Ricciarini / Bridgeman Images
Au XVIIIe siècle, les peintres italiens faisaient beaucoup de « caprices ». Un capriccio désigne la représentation d’un paysage imaginaire, combinant des bâtiments, des ruines et autres éléments architecturaux de façon fictive et souvent fantastique.
Hans Holbein le Jeune, Les Ambassadeurs, 1533
Huile sur panneaux de chêne • 207 × 209 cm • Coll. National Gallery, Londres • © Bridgeman Images
Avez-vous vu le crâne au premier plan des Ambassadeurs de Hans Holbein (1533) ? L’anamorphose est une technique où une image déformée apparaît normale lorsqu’elle est vue sous un angle particulier ou à travers un dispositif spécifique, comme un miroir cylindrique.
Réplique grandeur nature (plâtre, fibre de verre et acier doré), réalisée en 1990 par le sculpteur américain Alan LeQuire (en) pour le Parthénon de Nashville, Tennessee
Phidias, « Athéna Parthénos », achevée vers 438 av. J.-C, Chryséléphantine, 1,50 × 8,065 × 4,10 m, prov Parthénon sur l’Acropole d’Athènes
Technique de sculpture utilisant de l’or (chrysos) et de l’ivoire (elephantinos), souvent pour représenter des divinités. Du plus bel effet devait être la statue du sculpteur Phidias pour Zeus à Olympie, en Grèce : l’une des Sept Merveilles du monde antique…
Michel-Ange, Le prophète Daniel au plafond de la chapelle Sixtine, 1508–1512
Fresque • Coll. Chapelle Sixtine, Vatican
Littéralement « changeant » en italien. La technique du cangiante est caractérisée par des changements de couleur utilisés pour indiquer des variations de lumière et d’ombre, souvent sans dégradé intermédiaire.
Les mages devant Hérode, début du XVe siècle
Vitrail (verres colorés et grisaille), plomb • H. 40.5 cm • Coll. musée de Cluny, Paris
Rien à voir avec le ciel parisien ! Une grisaille est une technique de peinture monochrome, souvent en nuances de gris, utilisée pour imiter la sculpture ou comme sous-couche pour une peinture polychrome.
Raphaël, L’École d’Athènes, 1510–1511
Fresque • 770 × 740 cm • Coll. musée du Vatican • © Bridgeman Images
Le terme italien de giornata, signifiant « journée », est utilisé dans le domaine de la fresque pour désigner la surface qu’un artiste peut peindre en une journée.
Jacques Louis David, Les Sabines, 1799
Huile sur toile • 385 × 522 cm • Coll. musée du Louvre, Paris
Une figure repoussoir ? Rien à voir avec votre ex. Cet élément placé au premier plan d’une composition a pour fonction de diriger le regard du spectateur vers le sujet principal en créant un effet de profondeur.
Franz Xaver Messerschmidt, Tête de caractère, entre 1770 et 1783
Plomb • 38 cm • Coll. musée du Louvre, Paris • © akg-images
Étude de la relation entre les traits du visage d’une personne et son caractère ou sa personnalité. En littérature, on pense aux Caractères de La Bruyère (1688), en sculptures aux fameuses têtes de Franz Xaver Messerschmidt. À ne pas confondre avec la physionomie, qui s’intéresse directement à l’allure ou aux traits d’une personne.
Rhyton à protomé de chat sauvage, Iran, vers 100 av. J.-C.–100 apr. J.-C.
Argent, dorure au mercure • H. 27,5 cm • Coll. The Metropolitan Museum of Arts, New York
T’as soif mon Rython ? Ce drôle de nom désigne un vase à boire ou à verser des libations, souvent en forme d’animal ou de tête humaine, utilisé dans les cérémonies religieuses antiques.
Orthostate avec décor des soldats et de musiciens, Assurbanipal (VIIe s) (-668 – –627)
Albâtre gypseux, Ninive palais d’Assurbanipal • 163 × 102 × 10 cm • Coll. musée du Louvre, Paris
Désigne un bloc de pierre dressé verticalement, souvent utilisé dans les murs et les soubassements de temples grecs. C’est du solide !
Léonard de Vinci, La Joconde (détail), vers 1503–1519
huile sur bois • 77 × 53 cm • Coll. musée du Louvre, Paris • © RMN-GP / Michel Urtado
Associée au maître italien Léonard de Vinci, cette technique de peinture virtuose consiste à adoucir les contours, avec une patience d’orfèvre pour obtenir un halo de fumée (sfumato), vaporeux, et créer une transition subtile.
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