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Cette nouvelle garde de fleuristes qui élèvent le bouquet au rang d’art

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Maison Ciero, Debeaulieu, Studio Ortie, Muse, Castor Fleuriste : une nouvelle garde de fleuristes redéfinit les codes du design floral. Leur ambition : faire de chacune de leurs créations une œuvre d’art.

Un vent nouveau souffle sur les fleurs. Lassée des bouquets corsetés par les codes traditionnels de l’arrangement floral, une nouvelle génération de fleuristes entend bien rompre avec ces anciennes règles un brin fanées. Leur credo : laisser libre cours à leur créativité, sublimer les fleurs mal-aimées, et bien sûr défendre une approche raisonnée.

Collaborations avec des artistes ou le milieu de la mode, organisation d’expositions… Certains affirment aussi leurs liens avec l’art, qui n’est alors plus cantonné qu’au simple domaine de l’inspiration. Rencontre avec 5 fleuristes parisiens qui font bouger les lignes.

Maison Ciero : des bouquets sur-mesure

La composition florale « Paul Gauguin » de Maison Ciero
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La composition florale « Paul Gauguin » de Maison Ciero

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© Maison Ciero

Artiste ou fleuriste, pourquoi choisir ? Romain Pilato, qui célèbre tout juste les trois ans de sa Maison Ciero, porte ces deux casquettes qui, il faut bien l’avouer, lui vont comme un gant. Dans sa ravissante boutique nichée entre les quais de Seine et Bastille, où l’atmosphère chaleureuse évoque la Méditerranée, lui fait dans le sur-mesure – voilà qui s’apparente à de la haute-bouture ! Une fleur, un objet, le monde l’inspirent. Mais si Romain Pilato ne devait retenir qu’un artiste, ce serait Claude Monet, maître des Nymphéas et artiste-fleuriste (lui aussi !) dans son féerique jardin de Giverny.

Si le peintre a développé une obsession pour les nénuphars, lui le concède volontiers : il aime toutes les plantes, et d’autant plus celles d’ordinaire injustement boudées, à l’image des chrysanthèmes, qui a l’automne fleurissent surtout dans les cimetières. Avec ses compositions oniriques, piquées de références artistiques, Romain Pilato compte bien envoyer valser les clichés. Preuve que dans le végétal comme dans l’art, tout est affaire de regard.

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Maison Ciero

26 rue du Petit Musc, 75004 Paris

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site Maison Ciero.

Studio Ortie : la tête dans les feuillages

Bouquet Acne Studio par Studio Ortie
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Bouquet Acne Studio par Studio Ortie

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© Studio Ortie

Cette adresse, il faut bien le dire, ne manque pas de piquant ! C’est après une première vie passée dans l’immobilier que Jérémy Ramie décide de renouer avec sa vraie nature. Un CAP artisan fleuriste en poche, il ouvre en 2023 Ortie, un studio de design floral enraciné dans le sud du 20e arrondissement, terre maraîchère historique. Inspiré par les forêts primaires et en particulier par la démarche du botaniste Francis Hallé, il y défend une approche vertueuse, qui s’adapte au fil des saisons.

Son parti pris : mettre en valeur le feuillage, ses innombrables variétés et couleurs dans de généreuses compositions où cette luxuriante verdure ne viendrait plus simplement sublimer la fleur tel un accessoire. Jérémy Ramie, qui travaille en binôme avec Marion Beilles pour la direction artistique et la communication, entend aussi faire de son studio un lieu de vie, tourné vers la création contemporaine. Chaque mois, des expositions viennent ainsi éclore au milieu de ses créations végétales…

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Studio Ortie

87 rue de Buzenval, 75020 Paris

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site Studio Ortie.

Muse : dans les pas des maîtres hollandais

Les compositions florales inspirées des natures mortes hollandaises de Muse Montmartre
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Les compositions florales inspirées des natures mortes hollandaises de Muse Montmartre

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© Muse

Passer la porte de chez Muse, c’est embarquer pour un voyage au doux parfum d’antan. Accroché à la butte Montmartre, à deux pas des Abbesses, l’antre de Majid Mohammad a des allures de minuscule cabinet de curiosités. En cet été finissant, dahlias, hortensias, et autres célosies font trempette dans de somptueux vases en porcelaine de Delft, eux-mêmes juchés sur des commodes peintes tout droit venues d’un autre siècle.

Dans cet opulent décor aux mille et une senteurs, on s’interroge : existe-t-il un « syndrome de Stendhal » propre aux fleuristes ? Ce n’est guère un hasard si notre œil s’emballe comme dans un musée : nous voilà projetés au cœur de l’une ces natures mortes hollandaises, dont recèle le Rijksmuseum. C’est en elles que Majid puise son inspiration pour composer de somptueux bouquets colorés à partir de fleurs un temps oubliées. Elles seront bientôt au cœur d’un projet sur lequel le fleuriste, décidément inspiré, travaille au côté du plasticien Mathias Kiss… À suivre !

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Muse

4 rue Burq, 75018 Paris

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site Muse.

Castor Fleuriste : tout l’art du « less is more »

Le bouquet Nuage d’hortensias blanc signature amarante verte de Castor Fleuriste
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Le bouquet Nuage d’hortensias blanc signature amarante verte de Castor Fleuriste

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© Louis-Géraud Castor

À Paris, les plus belles surprises sont souvent cachées. Pour débusquer celle-ci, il vous faudra passer par l’une des portes cochères qui s’alignent le long de la rue Debelleyme. C’est là, dans une cour typiquement parisienne, que Castor Fleuriste a bâti son refuge. Castor, c’est le nom de Louis-Géraud, jadis marchand d’art, désormais reconverti dans le végétal. De sa vie passée, il a gardé son regard d’esthète – infaillible – et son goût pour les monochromes.

Au panthéon de ses références artistiques, on retrouve bien sûr Pierre Soulages, Mark Rothko, Yves Klein, mais aussi Jean-Michel Frank, décorateur phare du mouvement Art déco au raffinement inimitable. Comme lui, Louis-Géraud Castor se fait le chantre d’un « luxe pauvre », sans fioriture ni chichi : la fleur, quelle qu’elle soit, peut se suffire à elle-même – et au vase qui l’accompagne, lui aussi primordial. C’est ce qu’incarnent ses créations sculpturales, qui auraient toute leur place au musée.

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Castor Fleuriste

14 rue Debelleyme, 75003 Paris

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site Castor Fleuriste. 

Debeaulieu : c’est le bouquet !

La composition Renaissance de Debeaulieu
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La composition Renaissance de Debeaulieu

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Photo Valentin ABAD

Lorsqu’il a ouvert sa première boutique en 2013, Pierre Banchereau tournait définitivement le dos à sa carrière de chasseur de tête. Riche idée puisque dix ans plus tard – et après avoir fait ses premiers bouquets auprès de Majid Mohammad, désormais à la tête de Muse (Paris est décidément un tout petit jardin) –, le succès de Debeaulieu n’est plus à prouver. À son adresse historique s’ajoute même un second lieu dédié aux plantes et aux « objets » – vases, pots en tous genres, mais aussi luminaires, textile, vaisselle…

Mais revenons à nos pâquerettes : colorées, fantaisistes et pop, les compositions de Debeaulieu évoquent elles aussi les généreux bouquets des natures mortes du XVIIe siècle, mais qui auraient pris la clé des champs pour s’encanailler avec Andy Warhol ou Jeff Koons. Avec leur palette chatoyante, joyeusement impertinente, elles ont des allures de tableaux explosifs. Attention les yeux, les peintres n’ont qu’à bien se tenir !

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Debeaulieu

30 rue Henry Monnier, 75009 Paris
19 rue Victor Massé, 75009 Paris

Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site Debeaulieu.

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