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TENDANCE

L’envol de la haute joaillerie artistique

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De la créativité des ateliers des grandes Maisons aux présentations ultra-spectaculaires et aux collaborations avec nombre d’artistes contemporains, des ventes records aux expositions dans les musées, la haute joaillerie n’a jamais autant brillé. Décryptage d’un art à son sommet.
Wallace Chan, Broche «Forever Dancing» Wind’s Tale
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Wallace Chan, Broche «Forever Dancing» Wind’s Tale, 2013

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En Chine, ce joaillier de 67 ans est un « Trésor national vivant ». Inspirées par la nature, la philosophie et la spiritualité, les oeuvres de Wallace Chan allient techniques traditionnelles et innovations, telle sa « Wallace Cut » (la taille wallace), qu’il a brevetée en 2002. L’artiste excelle avec le titane et dote cristal de roche et nacre, finement sculptés, de vraies ailes de papillon.

Diamant jaune, morganite, grenat tsavorite, cristal, papillon, nacre, diamants de couleurs, diamants, saphir rose, porcelaine, titane • © Wallace Chan

Villa Erba, sur les rives du lac de Côme. Sur le palais du XIXe siècle, ancienne demeure des Visconti, la nuit vient de tomber. Entre les buis, une pluie d’étoiles défile : 170 pièces constellées de pierres rares, tant et si bien qu’elles dépassent parfois le million d’euros.

Invités de marque, stars du cinéma et riches collectionneurs en auront eu plein les yeux sous cette lune de juin 2023 en découvrant « Les Jardins de la Couture », la dernière collection de Victoire de Castellane pour Dior Haute Joaillerie. Un ravissement.

Fred, Collier « M.Fred Inner Light » Pain de sucre Joyful Attitude
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Fred, Collier « M.Fred Inner Light » Pain de sucre Joyful Attitude, 2022

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Ce collier rend hommage à l’enfance de Fred Samuel, le fondateur de la Maison, en Argentine. Imitant les reflets sur l’eau, des cabochons en cristal de roche, taillés en pain de sucre, selon une technique unique, se superposent sur une mer de pierres précieuses. 2022, or blanc, titane anodisé bleu, aigue-marine, cristal de roche, nacre,

Or blanc, titane anodisé bleu, aigue-marine, cristal de roche, nacre, dickite, turquoise, chrysocolle, lapis-lazuli, sodalite, onyx, diamants • Éditions de La Martinière. © Fred

Qu’il semble à des années-lumière, le temps où le client assistait aux présentations confortablement lové dans les salons feutrés de la place Vendôme ! Chez Boucheron, établi là depuis 1893, il pouvait s’éclipser en catimini par une porte dérobée s’il venait avec sa maîtresse. En 2023, le même acheteur (désormais plutôt acheteuse d’ailleurs) aurait filé à l’anglaise voir Chanel à Londres, et sans doute cheminé avec Van Cleef & Arpels à la Villa Médicis de Rome écrin de son vertigineux « Grand Tour », célébrant la tradition du Grand Siècle où l’on parcourait l’Europe pour nourrir sa curiosité intellectuelle.

Un art en développement

Très tendance, ces « jewelry shows » scénarisés comme (et avec) des feux d’artifice reflètent à merveille l’esprit artistique qui déferle depuis une dizaine d’années sur la haute joaillerie. Les collections ressemblent de plus en plus à des expositions d’art, ménageant des temps forts, des surprises, de l’émotion tout en alignent une centaine de petits chefs-d’œuvre dont « le moindre millimètre carré est pensé et soigné », comme l’affirme Jacqueline Karachi, directrice de la Création Haute Joaillerie Cartier, signature d’époustouflantes pièces serties de saphirs, de diamants jaunes, d’opales, de turquoises…

Lorenz Bäumer, Broche Araignée extravagante
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Lorenz Bäumer, Broche Araignée extravagante

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Installé au 19, place Vendôme depuis trente ans, le joaillier indépendant Lorenz Bäumer surprend avec des créations comme cette araignée unique ornée d’une perle abalone naturelle, rare concrétion de nacre d’ormeau, de 38 carats.

Or blanc rhodié noir, perle abalone, améthystes, péridots, diamants blancs, saphirs violets, tourmalines Paraiba, aigues-marines, améthystes • © Photo Philippe Garcia

Fin janvier 2024, elle s’apprête à dévoiler le dernier chapitre du « Voyage recommencé » : « Travail de la ligne, des volumes, palette de couleurs, inspiration de la nature et des cultures du monde sont autant de territoires que nous explorons, pour repousser les frontières de la création à la découverte de nouveaux horizons. »

Bagues, bracelets, rivières, diadèmes…

En pleine effervescence créative, la haute joaillerie vit un âge d’or. Les dernières collections alignent des tableaux miniatures, elles accrochent l’œil comme des objets d’art ou des sculptures tridimensionnelles. Bagues, bracelets, rivières, diadèmes font intervenir une multitude de métiers virtuoses maniant des techniques ultra-sophistiquées, de fonte et de travail de l’or, de taille de pierres, de sertissage, de marqueterie…

« Cela a parfois été un casse-tête ! Mais je tenais à ce que l’exploit de la réalisation s’efface devant la beauté du résultat. »

Patrice Leguéreau

Bulgari ressuscite son incroyable serpent, sous une peau de platine crachant des saphirs de forme ovale et luisant à la lumière comme une étoffe précieuse et vénéneuse (collection de haute joaillerie « Mediterranea »). Chez Chanel, le travail minutieux du tweed, matière star de la maison de couture, se déploie dans le moindre détail du sertissage : « Cela a parfois été un casse-tête ! confie Patrice Leguéreau, à la tête du Studio de Création Joaillerie depuis 2009. Mais je tenais absolument à ce que l’exploit de la réalisation s’efface devant la beauté et la singularité du résultat. Il était impératif que les bijoux soient légers et confortables, à l’instar d’une pièce d’étoffe. » Jamais les diamants de couleur (les plus rares) n’ont été si beaux…

Chanel, Collier Tweed Royal
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Chanel, Collier Tweed Royal, 2023

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Au terme de 2 400 heures de travail, Chanel a retissé la trame de son emblématique tissu tweed, entrelaçant avec souplesse l’or jaune aux rubis et aux diamants. Au centre du collier trône une tête de lion. Détachée, elle se porte en broche, et son diamant poire central pourra s’accrocher à une bague.

Or jaune, or blanc, diamants et rubis • © Chanel

On multiplie les défis techniques, à l’image du fil couteau où l’or est travaillé si finement que les pierres semblent flotter sur le métal précieux. Les colliers se transforment de plus en plus souvent au bon vouloir : chez Van Cleef & Arpels, un sautoir se raccourcit et son pendentif, une émeraude gravée de Colombie de 56,97 carats, devient un clip ; chez Fred, un saphir peut devenir pendant d’oreilles ou broche…

La diversité des sertis pourrait s’égrener longtemps, du « Mystérieux » chez Van Cleef & Arpels au clos en passant par le « pelage » Cartier, le serti à grains ou neige… Le must étant d’avoir sa propre taille de pierres, à l’instar de la forme de fleur quadrilobée de Louis Vuitton.

De collaborations variées

À ces savoir-faire s’ajoutent des collaborations avec des artistes contemporains qui élargissent le prisme créatif des Maisons, y compris dans la joaillerie plus traditionnelle. En décembre dernier, Tiffany & Co. laissait carte blanche à Daniel Arsham pour un bracelet T1 en or blanc en édition limitée et un buste en bronze érodé de la Venus of Arles, inspirée de la statue du Ier siècle conservée au Louvre.

Van Cleef & Arpels, Bracelet Escale antique
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Van Cleef & Arpels, Bracelet Escale antique, 2023

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Trésor de virtuosité technique, l’envers de ce bracelet joue de structures subtilement ajourées qui laissent passer la lumière et scintiller les pierres. Des appliques en or rappellent les scènes qui composent l’endroit et en poursuivent ainsi l’histoire.

Or rose, émeraudes, grenats tsavorites, diamants • © Van Cleef & Arpels

Toujours récemment, la Maison Arthus Bertrand, réputée pour son savoir-faire dans les médailles depuis plus de deux cents ans, a fait un pas de côté en décidant de confier les clés d’une capsule au street artiste parisien Jordane Saget. Quant à Van Cleef & Arpels, elle confie depuis plusieurs années ses scénographies au jeune designer Arthur Hoffner et, dixit son président et CEO Nicolas Bos, « apprécie le coup de crayon enlevé d’Alexandre Benjamin Navet, l’univers onirique de Julie Joseph ou encore la palette nuancée de Charlotte Gastaut ».

Un art ancestral

« La haute joaillerie s’est toujours nourrie d’art et de culture. »

Rossella Froissart

Si cette tendance semble culminer ces dernières années, elle est toutefois à inscrire dans une longue tradition : « La haute joaillerie s’est toujours nourrie d’art et de culture », explique Rossella Froissart. Présentée l’an dernier, à l’École des Arts Joailliers, sa magnifique exposition consacrée aux métamorphoses du bijou à l’époque Art nouveau, où brillaient dans les vitrines des maîtres tel René Lalique, montrait à quel point « l’histoire du bijou ne s’est jamais écrite en marge de l’histoire de l’art », ses inspirations étant même au cœur de l’avant-garde.

Cartier, Collier Miraggio
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Cartier, Collier Miraggio, 2023

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D’un alignement de saphirs de Ceylan naît le style ! Graphique et cinétique, cette structure révèle une organisation en plans distincts, à la façon d’une architecture. Le tout joue de contrastes et compose un accord chromatique maison, le « décor de paon » imaginé par Louis Cartier.

Or gris, saphirs, émeraudes, onyx, diamants • © Cartier

Scrutez le répertoire de joailliers historiques comme Cartier, Chaumet, Bulgari, Van Cleef & Arpels, Boucheron revient à traverser l’histoire de l’art, de broches et en colliers, en parcourant les mouvements artistiques majeurs, tels que l’orientalisme, l’Art déco, l’abstraction, ou encore l’Op Art. Le bijou serait même l’une des toutes premières expressions artistiques. Ce qui a été confirmé en 2020 dans la grotte de Bizmoune, près d’Essaouira, sur la côte marocaine. Imaginez : à lueur d’un foyer qui crépite, des mains taillant patiemment dans la nacre la première œuvre d’art de l’histoire de l’humanité : 150 000 ans avant notre ère, 32 coquillages furent sculptés puis assemblés pour former, non pas une sculpture, mais une parure !

« Des pièces définitivement artistiques »

Retour place Vendôme où, sous la loupe du chef d’atelier haute joaillerie Van Cleef & Arpels, brillent des saphirs de couleur, des grenats tsavorites et spessartites, des diamants. Touche par touche, la main qui ne tremble pas parachève minutieusement un panorama de la baie de Naples, entre vedute et pointillisme.

Au premier plan, la silhouette des clochers, au loin, on reconnaît le Vésuve sous des fumerolles rehaussées d’or blanc et d’or rose. Ce bracelet souple a tout du tableau de maître : « Comme toutes les collections de la Maison, « Le Grand Tour » est le fruit d’une œuvre collective », indique le CEO Nicolas Bos.

Louis Vuitton, Collier Rupture
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Louis Vuitton, Collier Rupture, 2023

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La collection « Deep Time » de Francesca Amfitheatrof affiche un design audacieux et tellurique. Rupture s’inspire de la tectonique des plaques, la fragmentation des continents accouchant d’une trilogie de colliers. Le vertigineux plastron Bones, aux quatre portés différents, a nécessité 4 500 heures de travail.

Or, zircons taille brillant, opales, saphir jaune, diamants • © Louis Vuitton. Coll. part.

Deux ans de travail ont mobilisé l’ensemble des métiers de Van Cleef & Arpels : « Il faut imaginer le savoir-faire comme un dialogue permanent entre hier et aujourd’hui, entre tradition et innovation, continue le directeur. Pour créer ces pièces, nous avons utilisé à la fois des techniques ancestrales, telles que la perle d’or ou encore le godronné qui datent de l’Antiquité notamment, mais aussi des procédés plus modernes et innovants. »

Des matériaux variés aux propriétés fascinantes

Comme les plasticiens, les joailliers explorent aussi de nouveaux matériaux. Ils testent, mettent au point. En quelques années, le titane, chouchou de la Suisse Suzanne Syz ou des Asiatiques Wallace Chan ou Cindy Chao, s’est forgé une place, y compris sur la place Vendôme comme chez Lorenz Baümer. Reine des alliances de choix, Claire Choisne, directrice artistique de Boucheron, osait, en 2015, une grande première dans l’histoire de la haute joaillerie : tailler dans le marbre de Makrana, extrait de la même carrière que celui du Taj Mahal, un collier… En 2023, ce fut le magnésium, dix fois plus léger que l’aluminium, et également jamais utilisé en haute joaillerie. Claire Choisne l’a métamorphosé en « broche fantasmée » de 29 centimètres pour 94 grammes, alliant également le bio-acétate et les diamants. De la haute joaillerie ovni.

JAR, Broche Coquelicot
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JAR, Broche Coquelicot, 1982

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Quand il s’est lancé, Joel Arthur Rosenthal (JAR) n’avait aucune expérience dans la joaillerie. Devenu légendaire, caché sur la place Vendôme, il ne vend qu’à une poignée de privilégiés. Estimée entre 460 000 et 650 000 € lors de son passage en vente chez Christie’s en 2012, cette broche au diamant poire de 37,23 carats s’est envolée pour plus de 1 179 000 €.

Or, tourmalines vertes et roses, diamant • © Christie’s images ltd

Le secteur horlogerie- joaillerie est si prospère qu’il représenterait, selon les économistes, plus de 20 % de l’ensemble du marché du luxe.

« Les pièces de haute joaillerie sont définitivement artistiques. Elles engagent une démarche, la personnalité d’une Maison. Un joaillier très rare comme JAR (Joel Arthur Rosenthal) est le Léonard de Vinci du bijou. » Experte du département haute joaillerie, créé il y a trois ans au sein de la maison d’enchères Piasa, Véronique Tajan sait de quoi elle parle. Pour ses ventes, elle est à l’affût de masterpieces : « Depuis dix ans, le développement de la haute joaillerie est phénoménal ! » La bague de fiançailles qui se transmet de génération en génération demeure mais on assiste maintenant, observe la spécialiste, à « une flambée des coups de cœur ».

La révolution s’est opérée dans les années 1990 avec l’investissement de multinationales comme LVMH (Chaumet, Dior, Repossi, Bulgari, Fred, Tiffany & Co.), Richemont (Cartier, Van Cleef & Arpels, Buccellati, Piaget) ou Kering (Boucheron, Pomellato, DoDo, Qeelin) ayant propulsé des Maisons souvent familiales dans la mondialisation. Porté par la croissance d’ultra-fortunés au niveau mondial, notamment dans les pays émergents comme la Chine, le secteur horlogerie-joaillerie est si prospère qu’il représenterait, selon les économistes, plus de 20 % de l’ensemble du marché du luxe.

Louis Vuitton, Collier plastron Bones
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Louis Vuitton, Collier plastron Bones, 2023

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La collection « Deep Time » de Francesca Amfitheatrof affiche un design audacieux et tellurique. Rupture s’inspire de la tectonique des plaques, la fragmentation des continents accouchant d’une trilogie de colliers. Le vertigineux plastron Bones, aux quatre portés différents, a nécessité 4 500 heures de travail.

Or blanc, opale d’Australie de 43,58 carats, tourmaline Paraiba, tanzanites, diamants • © Louis Vuitton. Coll. part.

La haute joaillerie bat des records. À l’encan, on s’arrache les pièces qui ont une histoire avec des pierres d’un certain pedigree. Jusqu’à 727 500 € adjugés sous le marteau de Véronique Tajan en 2022 pour un collier mettant en valeur de rares rubis des mines de Mogok, en Birmanie, signé Van Cleef & Arpels.

L’éventail s’est élargi aussi. Désormais, des pièces exceptionnelles, on en trouvera aussi dans les foires et les biennales d’art, où elles volent la vedette aux antiquités, ou alors dans un salon dédié, comme TimeLess Jewels dont la deuxième édition s’est tenue à Saint-Germain-des-Prés à l’automne 2023. Enfin, la bonne santé du bijou est portée par les ventes online qui explosent depuis la période du Covid : + 25 % de nouveaux clients qui n’avaient jamais acheté auparavant estime Véronique Tajan pour Piasa.

Dior, Montre « Les Jardins de la Couture »
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Dior, Montre « Les Jardins de la Couture », 2023

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Reine de la couleur, Victoire de Castellane rend hommage, avec sa dernière collection de. haute joaillerie, aux deux passions de Monsieur Dior, l’univers des jardins et celui de la couture. La splendeur du monde végétal fleurit ici sur l’une des trois montres à secret.

Or rose, diamants, saphirs roses, bleus et jaunes, grenats spessartites et tsavorites, rubis, turquoise et laque verte • © Dior Horlogerie

La mythique place Vendôme rayonne plus que jamais. Elle attire les Maisons comme des papillons. À l’instar de Messika, né en 2005 et qui a inauguré en décembre 2023 sa boutique rue de la Paix. Dans la même artère, on assiste aussi au réveil de Vever, une belle endormie qui fut à son apogée vers 1900, et dont Camille et Damien Vever, septième génération familiale, rallume les feux. Les lettres de noblesse ont été aussi repassées à l’or fin (mais recyclé s’il vous plaît) pour Rouvenat, Maison fondée en 1852 relancée avec l’idée de « (re)valoriser les ressources humaines et naturelles tout au long de la chaîne de valeur », selon la société.

Mode et joaillerie, une combinaison gagnante

Haute couture et haute joaillerie filent aussi le parfait amour. Au point d’attirer l’italien Fendi, qui dévoilait sa première collection de haute joaillerie en juin 2023. Ce mouvement du bijou griffé mode a d’abord été tissé par Chanel, première à se (re)lancer dans la haute joaillerie, soixante ans après Gabrielle Chanel et sa mythique collection « Bijoux et diamants » de 1932. Le filon en or a été suivi en 1999, par Dior avec Victoire de Castellane toujours à la direction artistique de la joaillerie.

Chaumet, Vue de l’exposition « Un âge d’or – 1965-1985 » chez Chaumet, au 12, place Vendôme, qui était présentée jusqu’en décembre 2023.
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Chaumet, Vue de l’exposition « Un âge d’or – 1965–1985 » chez Chaumet, au 12, place Vendôme, qui était présentée jusqu’en décembre 2023.

Dernier signe de cet âge d’or : les moments de célébration qui lui sont consacrés. Ces quinze dernières années, les expositions grand public, organisées par Cartier, Chaumet, Fred, Van Cleef & Arpels, Bulgari, dans les musées du monde entier, passionnent les foules. L’École des Arts Joailliers, soutenue par Van Cleef & Arpels, installée depuis plus de dix ans à deux pas de la place Vendôme, a dispensé en 2023 ses cours taillés pour le grand public à plus de 6 000 élèves, autour de l’histoire du bijou, gemmologie, savoir-faire.

Un intérêt auquel s’ajoutent quelque 140 000 auditeurs ayant suivi les 142 conférences en ligne portant sur 50 sujets différents. Très attendue et repoussée, l’ouverture sur les Grands Boulevards à Paris de l’hôtel de Mercy-Argenteau célébrera prochainement les bijoux de scène de la Comédie-Française dans une exposition inaugurale.

La relève des joailliers

Vue de l’exposition « Time, Nature, Love » de Van Cleef & Arpels à Séoul, visible jusqu’au 14 avril.
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Vue de l’exposition « Time, Nature, Love » de Van Cleef & Arpels à Séoul, visible jusqu’au 14 avril.

De plus en plus, les joailliers s’attachent à faire connaître et à transmettre leur savoir-faire. Exemple éclatant avec « De mains en mains », organisé depuis trois ans par Van Cleef & Arpels à Lyon pour faire la promotion des métiers, en ciblant en premier lieu les jeunes et les adultes en reconversion professionnelle. Avec un marché de la haute joaillerie qui a plus que doublé entre 2018 et 2023, il est vrai que le métier offre des perspectives brillantes !

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Trois bijoux à lire

Chanel Haute Joaillerie

Comètes, étoiles, épis de blé, nœuds… Ce livre spectaculaire de 528 pages offre une immersion éblouissante dans l’univers joaillier de la Maison de la rue Cambon. La part belle est donnée aux photographies (signées Mario Testino, André Kertész, Sarah Moon…) qui ont capté le style Chanel.

éd. Thames & Hudson • 518 ill. 528 p. • relié dans un coffret • 150 €
Pour réserver l’ouvrage, rendez-vous sur le site de la maison d’édition.

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Van Cleef & Arpels – Le dictionnaire merveilleux

A comme Amour ; B comme Ballerine… R comme Rubis… S comme «Serti Mystérieux», jusqu’à Z comme «Zip», fameux collier Van Cleef & Arpels. Ce précieux alphabet élaboré par la journaliste Fabienne Reybaud dessine un élégant portrait stylistique du joaillier dont l’histoire se pare de féerie et de légendes.

éd. Flammarion • 360 p. • 80 €
Pour réserver l’ouvrage, rendez-vous sur le site de la maison d’édition.

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Cartier – Le Voyage recommencé Haute joaillerie et objets précieux

Un voyage précieux au cœur du style de Cartier, entre géométrie, faune et flore, rencontre avec les arts de l’islam ou l’Inde… Raconté par l’écrivain François Chaille et Hélène Kelmachter, historienne de l’art et commissaire d’expositions.

éd. Flammarion • 256 p. • 95 €
Pour réserver l’ouvrage, rendez-vous sur le site de la maison d’édition.

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