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Quels sont les chefs-d’œuvre du Louvre-Lens à voir dans la Galerie du Temps intégralement renouvelée ?

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La Galerie du Temps au Louvre Lens. Au premier plan, une oeuvre de Zanele Muholi, à gauche, “La jeune Martyre” de Paul Delaroche, à droite, “Le Rêve du bonheur” de Constance Mayer-Lamartinière
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La Galerie du Temps au Louvre Lens. Au premier plan, une oeuvre de Zanele Muholi, à gauche, “La jeune Martyre” de Paul Delaroche, à droite, “Le Rêve du bonheur” de Constance Mayer-Lamartinière, décembre 2024

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© Louvre Lens / Manuel Cohen

C’est un grand événement dans l’histoire du Louvre-Lens : pour la première fois depuis son ouverture il y a 12 ans, le musée vient de renouveler intégralement le contenu de sa fameuse Galerie du Temps.

Si les œuvres ont changé, le concept reste le même : un seul et même espace ouvert de 3 000 m², lumineux et à l’architecture très linéaire signée par l’agence SANAA, qui rassemble en un grand « fleuve » environ 250 œuvres retraçant pas moins de 5 000 ans d’histoire de l’humanité que le visiteur peut, dès l’entrée, embrasser du regard. Autre constante : cette Galerie du Temps reste toujours accessible gratuitement !

« 79 % des visiteurs qui étaient venus voir La Dentellière de Vermeer n’avaient jamais vu cette œuvre auparavant. »

Annabelle Ténèze

5 ans de travail et 2 mois et demi de montage ont été nécessaires pour régénérer ce parcours qui jusqu’ici n’avait connu que des petites rotations partielles (environ 200) et l’incursion ponctuelle et temporaire d’œuvres célèbres comme La Liberté guidant le peuple d’Eugène Delacroix en 2012, le Scribe accroupi (star du département égyptien) en 2022, et La Dentellière de Johannes Vermeer en 2023.

De nombreux chefs-d’œuvre dont les célèbres Saisons d’Arcimboldo

De la Suppliante Barberini (entre l’an 25 et l’an 1 avant J.-C.) à La Jeune martyre de Paul Delaroche (1855), en passant par le fameux Amour et Psyché d’Antonio Canova (vers 1797) et Le Bénédicité de Jean Siméon Chardin (1740), le Louvre a fourni certaines de ses plus belles pièces, auxquelles ont été mêlés quelques prêts d’institutions partenaires : le musée d’Archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye, le musée quai Branly – Jacques Chirac, et le musée national des arts asiatiques – Guimet.

 

De gauche à droite, la série des quatre saisons “Hiver” ; “Printemps” ; “Été” ; “Automne” de Giuseppe Arcimboldo (1573)
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De gauche à droite, la série des quatre saisons “Hiver” ; “Printemps” ; “Été” ; “Automne” de Giuseppe Arcimboldo (1573)

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Huile sur toile • 76 x 63 cm • Coll. musée du Louvre, Paris • © 2024 GrandPalaisRmn presse / Adrien Didierjean

Pour fêter la réouverture, d’exceptionnelles invitées ont élu domicile pour deux ans au cœur du parcours : les Quatre Saisons du peintre Giuseppe Arcimboldo (1563–1573) – fameux portraits allégoriques et ludiques composés de fleurs, de fruits et de légumes qui, depuis leur restauration achevée début 2024, resplendissent avec leurs fonds d’un noir profond, leurs couleurs éclatantes et leurs détails d’une netteté savoureuse.

Un grand dialogue entre les époques et les civilisations

Le parcours permet d’intéressants « points de rencontre entre civilisations », tout en donnant un aperçu de la diversité des cultures coexistant à une même époque.

S’il présente « moins de pièces gréco-romaines que le précédent, et d’avantage d’œuvres égyptiennes et orientales », le parcours se caractérise toujours par la grande diversité des œuvres présentées. Peintures, sculptures et objets d’art se mélangent tout autant que les genres (nus, portraits) et les formats. De petits vases à parfum colorés venus d’Iran jouxtent ainsi un tableau monumental de Luca Signorelli, L’Adoration des mages (1475–1500).

La Galerie du Temps au Louvre Lens
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La Galerie du Temps au Louvre Lens, décembre 2024

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© Louvre Lens / Manuel Cohen

Une statue-menhir vieille de 5 000 ans, un jeu d’échecs en cristal de roche fabriqué au XVe siècle en Allemagne, un panneau en céramique multicolore issu du mausolée du sultan ottoman Sélim II (vers 1577), un poignard à tête de cheval venu d’Inde (vers 1600–1700)… La galerie continue de faire dialoguer les époques, les cultures et les genres, « sans hiérarchie », souligne la directrice du musée Annabelle Ténèze… Tout en suivant une progression chronologique générale allant du IVe millénaire avant notre ère jusqu’au XIXe siècle, avec quelques moments thématiques.

Un grand travail sur l’harmonie esthétique, les perspectives, les associations de couleurs et même les jeux de reflets sur les parois argentées de la galerie a été réalisé. De contrastes en correspondances et en clins d’œil parfois très fins d’une œuvre à l’autre, le parcours permet d’intéressants « points de rencontre entre civilisations », tout en donnant un aperçu de la diversité des cultures coexistant à une même époque. Ainsi, une sculpture polychrome du Moyen Âge représentant la Vierge voisine avec un Vishnu Vasudeva sculpté en Inde du Sud, et une baigneuse française néoclassique avec une statue nigériane du XIXe siècle.

Des pièces insolites

Si quelques « chouchous » du public ont été conservés, comme l’amusant aquamanile en forme de griffon (Nuremberg, vers 1 400) et la splendide table multicolore en pietra dura de Louis XIV, les très populaires babouins en granite rose du temple de Louxor ont été, quant à eux, remplacés par une allée de sphinx en calcaire provenant du Sérapéum de Memphis (Saqqarah, Égypte, IVe siècle avant J.-C.). Parmi les autres nouveautés remarquables figurent un petit portrait d’homme de Giovanni Bellini (1475–1500), le Portrait d’un artiste dans son atelier par Théodore Géricault (vers 1820), et Vénus et l’Amour de Rembrandt (vers 1657).

La Galerie du Temps au Louvre Lens
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La Galerie du Temps au Louvre Lens, décembre 2024

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© Louvre Lens / Manuel Cohen

S’y ajoutent des pièces insolites ou méconnues, comme une stèle iranienne jamais vue du public, qui a été reconstituée comme un puzzle pour l’occasion, le premier portrait animalier de la peinture occidentale (des chiens de chasse datés de 1548), le Portrait d’un artiste sous les traits d’un moqueur de Joseph Ducreux (1793), et une superbe statuette de sanglier de l’époque romaine.

Accessible et contemporain

Sujets amusants, cartels accessibles, clins d’œil à notre époque… Tout est fait pour faciliter l’accès aux visiteurs. « La démocratisation de l’art est au cœur du projet », souligne Annabelle Ténèze, qui rappelle que « 79 % des visiteurs qui étaient venus voir La Dentellière de Vermeer n’avaient jamais vu cette œuvre auparavant ». Toujours dans cette optique, des groupes-tests ont été consultés, et des cartels dessinés (en complément des cartels classiques) créés en collaboration avec 200 habitants du coin et visiteurs du Louvre-Lens, de tous âges. L’occasion par exemple de porter un regard queer non dénué d’humour sur un portrait d’acteur maquillé en femme datant du XVIIIe siècle.

D’autres sujets de réflexion contemporains sont également intégrés, comme la place des femmes (avec notamment une sculpture de Zanele Muholi en dialogue avec une héroïne romantique du XIXe siècle et un tableau de Constance Mayer) et le changement climatique, à travers un parallèle entre un paysage de Théodore Rousseau et une œuvre contemporaine d’Eva Nielsen.

Un grand week-end festif pour inaugurer le nouveau parcours

La visite se prolonge au fond de la galerie par une superbe exposition temporaire d’œuvres de l’artiste béninois Roméo Mivekannin, qui revisite des chefs-d’œuvre du Louvre, mais aussi dans le parc du musée, avec un obélisque de Niki de Saint Phalle et des totems de Kapwani Kiwanga, ainsi que dans la librairie, avec notamment une série de mangas créée pour l’occasion. Sans oublier la grande exposition temporaire « Exils », réflexion féconde sur les migrations et le déracinement en plus de 200 œuvres ouverte depuis fin septembre. Ces samedi 7 et dimanche 8 décembre, un grand week-end festif et gratuit fêtera cette réouverture avec ateliers, vidéo mapping, food trucks, bal, DJ set et même feu d’artifice.

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Musée du Louvre-Lens

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Exils. Regards d'artistes

Du 25 septembre 2024 au 20 janvier 2025

www.louvrelens.fr

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Week-end festif de réouverture

Les 7 et 8 décembre

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