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Émile Zola, Oscar Wilde, Patti Smith : les 10 meilleurs romans sur l’art (de tous les temps)

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L’art inspire régulièrement le cinéma, mais aussi les écrivains ! D’Émile Zola à Tracy Chevalier, Beaux Arts vous livre son palmarès des meilleurs romans sur l’art, qui ravira autant les amateurs de classiques que de littérature contemporaine.

Destins d’artistes tourmentés, rocambolesques affaires de vol, histoires d’amour au musée… S’il tient régulièrement le premier rôle au cinéma, l’art a aussi inspiré de nombreux romans, dont certains se sont imposés comme des chefs-d’œuvre de la littérature.

Du sulfureux Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde à la mystérieuse Jeune Fille à la perle de Tracy Chevalier, en passant par L’Œuvre d’Émile Zola, la rédaction de BeauxArts.com livre son palmarès des meilleurs romans sur l’art. À noter que cette liste ne contient pas de biographies romancées d’artistes, genre littéraire particulièrement fécond qui fera l’objet d’une autre prochaine sélection.

Le Portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde : portrait décadent de l’Angleterre victorienne

Oscar Wilde, Le Portrait de Dorian Gray
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Oscar Wilde, Le Portrait de Dorian Gray

La beauté peut-elle être éternelle ? Jeune dandy londonien à l’aura magnétique, Dorian Gray pose pour le peintre Basil Hallward, qui fige sur la toile sa beauté angélique. Or, sous l’influence perverse de Lord Henry Wotton, hédoniste cynique, le jeune Dorian formule un vœu fatal : que le tableau vieillisse à sa place. La prophétie se réalise… Alors qu’il s’enfonce dans une spirale infernale de plaisirs décadents et de crimes inavoués, son visage, tel un masque, demeure intacte et pur. Seul son portrait, remisé dans les combles de sa maison, revêt les stigmates de sa vie dissolue et sa beauté se fane à mesure que les rides s’impriment sur sa peau. Chef-d’œuvre absolu de la littérature victorienne et unique roman d’Oscar Wilde, Le Portrait de Dorian Gray (1890) plonge le lecteur entre les salons dorés de l’aristocratie victorienne et les taudis de l’East End. Ce récit sulfureux, qui s’est imposé comme un véritable manifeste de l’esprit fin-de-siècle, n’a quant à lui pas pris une ride ! I.B.

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Le Portrait de Dorian Gray

Par Oscar Wilde

La Jeune Fille à la perle de Tracy Chevalier : les coulisses fantasmées d’un chef-d’œuvre du Siècle d’or

Tracy Chevalier, La Jeune Fille à la perle
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Tracy Chevalier, La Jeune Fille à la perle

Dans La Jeune Fille à la perle (1999), Tracy Chevalier imagine l’histoire cachée derrière le célèbre tableau éponyme de Vermeer : le portrait sensuel d’une mystérieuse jeune fille au regard lumineux. La romancière américano-britannique lui invente une identité : Griet, une ravissante servante engagée dans la maison du peintre à Delft, au XVIIe siècle. Peu à peu, une attirance naît entre elle et l’artiste, charmé par sa pureté et son regard sensible. Douée pour arranger les couleurs et observer les nuances du ciel, elle est la seule à avoir le droit de pénétrer dans son atelier, où elle finit par devenir son modèle secret, attisant convoitises et jalousies… Tracy Chevalier mêle subtilement fiction et réalité historique dans ce roman délicat où chaque scène possède la beauté pure et intimiste d’un tableau du maître. Un best-seller envoûtant dont l’adaptation au cinéma par Peter Webber (2003), avec Scarlett Johansson et Colin Firth, fait désormais partie des classiques. J.B.

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La Jeune Fille à la perle

Par Tracy Chevalier

Le Chef-d’œuvre inconnu d’Honoré de Balzac : autopsie d’un chaos visionnaire

Honoré de Balzac, Le Chef-d’œuvre inconnu
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Honoré de Balzac, Le Chef-d’œuvre inconnu

À Paris, au XVIIe siècle, le jeune Nicolas Poussin découvre, fasciné, l’univers mystérieux de Frenhofer qui travaille depuis dix ans sur une toile secrète : le portrait de Catherine Lescault, qu’il surnomme « La Belle Noiseuse ». Pour ce peintre vieillissant, ce tableau incarne l’aboutissement de sa carrière, et même de sa vie entièrement consacrée à l’art. Obsédé, il ne peut s’empêcher de le retoucher, superposant à l’infini des couches de glacis et des corrections qui finissent par complètement dénaturer son grand œuvre. Quand Poussin, accompagné d’un autre artiste nommé Porbus parvient enfin à contempler la toile, il reste interdit face à ce qui ressemble à un chaos de couleurs et de matières, duquel n’émerge qu’un pied à la forme parfaite… Frenhofer a-t-il sombré dans la folie ou est-il, au contraire, un génie incompris ? Entre quête de l’absolu et destruction, Balzac signe un récit visionnaire qui, d’une certaine manière, annonce la grande déflagration de la révolution de l’art moderne. I.B.

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Le Chef-d’œuvre inconnu

Par Honoré de Balzac

Le Chardonneret de Donna Tartt : un pavé haletant à la sauce hollandaise

Donna Tartt, Le Chardonneret
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Donna Tartt, Le Chardonneret

Alors qu’il visite le Metropolitan Museum of Art avec sa mère, Theo Decker, jeune New-Yorkais de treize ans, voit tout à coup sa vie basculer lorsqu’une une explosion ravage le musée. Blessé et désorienté, il s’enfuit après avoir commis un geste incompréhensible : le vol d’une toute petite toile, Le Chardonneret de Carel Fabritius, un maître hollandais du XVIIe siècle. Pour le garçon, qui a perdu sa mère dans l’attentat, l’œuvre fait figure de bouée de sauvetage. Trimbalé entre les familles d’accueil, l’ado ne se sépare jamais de son talisman envers lequel il nourrit bientôt une véritable obsession tout en noyant son traumatisme dans l’alcool et la drogue. Au fil des pages, la plume de Donna Tartt embarque le lecteur des salons huppés de Manhattan aux bas-fonds d’Amsterdam et suit la descente aux enfers de Théo, qui comme le frêle oiseau à la patte enchaînée de sa toile fétiche, semble prisonnier de son malheur. Couronné du prestigieux prix Pulitzer en 2014, ce roman-fleuve interroge la façon dont l’art nous transforme, nous sauve ou nous condamne… I.B.

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Le Chardonneret

Par Donna Tartt

Just Kids de Patti Smith : bouleversante virée au cœur du New York underground

Patti Smith, Just Kids
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Patti Smith, Just Kids

Tout commence au hasard d’une rencontre : elle est une jeune poétesse fauchée tout juste débarquée du New Jersey, lui, un étudiant aux Beaux-Arts qui cherche sa voie… Dans Just Kids (2010), l’immense Patti Smith livre le récit bouleversant de sa relation avec le photographe Robert Mapplethorpe, fauché par l’épidémie de sida en 1989, et ressuscite l’underground new-yorkais de la fin des années 1960. Les amants devenus amis inséparables écument les rues de Brooklyn, squattent le mythique Chelsea Hotel, gravitent autour d’Andy Warhol, Lou Reed, Janis Joplin… Tous deux s’émancipent par la création : Patti Smith devient l’égérie rock du club CBGB tandis que Mapplethorpe révolutionne la photographie avec ses images mêlant beauté classique et transgression érotique. À rebours de simples mémoires et du témoignage nostalgique, Just Kids est avant tout une formidable histoire d’amitié qui raconte l’urgence de vivre et de créer. « Because the Night » ! I.B.

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Just Kids

Par Patti Smith

L’Œuvre d’Émile Zola : immersion étourdissante dans le milieu de l’art parisien du XIXe siècle

Émile Zola, L’Œuvre
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Émile Zola, L’Œuvre

On a longtemps cru (à tort) que Paul Cezanne, vexé par le portrait peu flatteur qu’il livrait de lui, s’était brouillé avec Émile Zola à cause de ce roman ! L’écrivain naturaliste s’est en effet inspiré de plusieurs de ses amis artistes (Manet, Monet, Pissarro, Cezanne…) pour le personnage principal de ce drame artistique : Claude Lantier, peintre impressionniste maudit qui, en proie à la misère et aux affres de la création, finit par se suicider. Publié en 1886, ce quatorzième volume de sa série des « Rougon-Macquart » (grande fresque sociale brossant l’histoire d’une famille sous le Second Empire) retranscrit toute la fièvre qui agite le milieu de l’art de l’époque, chamboulé par l’émergence de la modernité. Avec sa plume minutieusement documentée, Zola nous immerge au cœur du Salon des refusés de 1863, où les tableaux opposés au goût officiel subissent les railleries du public. En s’inspirant de lui-même pour le personnage de l’écrivain naturaliste Pierre Sandoz, qui se bat lui aussi contre l’académisme, Zola signe ici son roman le plus autobiographique. Semblables à des tableaux, de superbes descriptions de paysages parisiens soumis aux variations de lumière y rendent hommage aux impressionnistes par leur palette, leur texture et leur rythme. Tout en reflétant les changements d’humeur de Claude, au fur et à mesure que son horizon s’assombrit… J.B.

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L’Œuvre

Par Émile Zola

La Carte et le territoire de Michel Houellebecq : grinçante chronique de la création contemporaine

Michel Houellebecq, La Carte et le territoire
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Michel Houellebecq, La Carte et le territoire

« Jeff Koons venait de se lever de son siège, les bras lancés en avant dans un élan d’enthousiasme. » Ainsi commence le prix Goncourt de l’année 2010, La Carte et le territoire, du trublion Michel Houellebecq. Grand connaisseur du monde de l’art – il a lui-même exposé au Palais de Tokyo en 2016 –, l’écrivain raconte ici la vie de Jed Martin, fils d’architecte et petit-fils de photographe, qui s’intéresse à la plastique des cartes Michelin (« la carte est plus intéressante que le territoire »), puis se met à la peinture en « ethnologue » de la société de consommation. Grinçant autant qu’empreint d’une profonde mélancolie, le roman retrace le parcours d’un artiste fictif – dans laquelle s’invite l’auteur lui-même, aux côtés de tout un tas de noms bien connus du grand public, de Jean-Pierre Pernaut à Frédéric Beigbeder –, et offre un tableau ironique du monde contemporain comme de ses pires symptômes. Vertigineux, limpide, mais aussi dénué des saillies réactionnaires bien connues de cet écrivain provocateur (et c’est probablement ce qui lui a permis d’obtenir le Goncourt), La Carte et le territoire est peut-être son meilleur roman. M.C.-L.

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La Carte et le territoire

Par Michel Houellebecq

Vers la beauté de David Foenkinos : trouver refuge dans l’art

David Foenkinos, Vers la beauté
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David Foenkinos, Vers la beauté

Tout quitter pour devenir gardien de salle au musée d’Orsay ! Mais quelle mouche a piqué Antoine Duris ? Du jour au lendemain, ce brillant professeur des Beaux-Arts de Lyon, aimé de ses étudiants, renonce à sa carrière et sa vie confortable, pour se fondre dans le silence des œuvres d’art. Jour après jour, il veille inlassablement devant un même tableau : un portrait de Jeanne Hébuterne signé Amedeo Modigliani. Un hasard troublant pour celui qui a consacré sa thèse à l’artiste maudit et connaît intimement l’histoire tragique de sa muse… Derrière la fuite énigmatique d’Antoine se dessine au fil du récit un autre visage : celui de Camille, une jeune femme marquée par une peine profonde, qui comme lui, s’est abandonnée à l’art pour survivre : « Elle comprenait la puissance cicatrisante de la beauté. Face à un tableau, nous ne sommes pas jugés, l’échange est pur, l’œuvre semble comprendre notre douleur et nous console par le silence, elle demeure dans une éternité fixe et rassurante. » Un roman sensible, porté par des personnages cabossés mais lumineux, qui laisse longtemps résonner sa mélancolie. J.C.

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Vers la beauté

Par David Foenkinos

L’Allègement des vernis de Paul Saint Bris : tête-à-tête avec la Joconde

Paul Saint Bris, L’Allègement des vernis
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Paul Saint Bris, L’Allègement des vernis

C’est un premier roman qui a du chien, et qui ne s’oublie pas. Dans L’Allègement des vernis (2023), Paul Saint Bris nous propose de suivre Aurélien, conservateur du département des Peintures au Louvre, dans ses démêlés avec les lubies de la nouvelle directrice du musée – Daphné, une ancienne communicante. C’est elle qui fait entrer le loup dans la bergerie, en sollicitant les conseils de l’agence Culture Art Média Patrimoine, qui leur suggère de faire restaurer la Joconde, afin de provoquer une animation médiatique sans précédent : « Sans doute craignez-vous que toucher au symbole de l’art occidental entraîne des répercussions planétaires ? Pourtant, c’est exactement ce que vous devriez faire. » Formidablement bien mené, aussi haletant qu’un polar, le roman nous entraîne dans les coulisses du musée, nous en apprend (beaucoup) sur les restaurations de peintures anciennes, se termine de façon absolument inattendue et, surtout, résonne nettement avec les actualités très récentes du véritable musée du Louvre, lequel mise tout sur la Joconde pour son renouvellement prochain. Bien senti ! M.C.-L.

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L’Allègement des vernis

Par Paul Saint Bris

Veiller sur elle de Jean-Baptiste Andrea : portrait épique d’un sculpteur hors norme

Jean-Baptiste Andrea, Veiller sur elle
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Jean-Baptiste Andrea, Veiller sur elle

Prix Goncourt 2023, le quatrième roman de Jean-Baptiste Andrea retrace la trajectoire de Michelangelo Vitaliani, dit Mimo. Un sculpteur de génie né pauvre, petit par la taille (car atteint de nanisme), mais immense par le talent. Confié dès l’enfance à un maître tyrannique, il découvre dans la pierre une manière d’habiter le monde et d’échapper à la cruauté. Sa vie bascule le jour où il rencontre Viola Orsini, héritière insoumise, passionnée de sciences et de liberté. Leur lien, aussi puissant que contrarié, irrigue tout le roman. Des « jumeaux cosmiques », dit Viola. Tandis que l’Italie bascule dans le fascisme, lui sculpte pour affirmer sa dignité ; elle lutte pour exister dans un monde qui étouffe les femmes. À la croisée de la biographie fictive, de la fresque historique et du roman d’apprentissage, Jean-Baptiste Andrea signe un texte puissant sur la force salvatrice de l’art. J.C.

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Veiller sur elle

De Jean-Baptiste Andrea

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