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Fiction, biographie, enquête… Nos livres préférés pour une rentrée littéraire artistique

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Événement incontournable de l’automne, la rentrée littéraire bat son plein ! La rédaction a fureté entre les étals des libraires pour dénicher, parmi ce raz-de-marée de nouveautés, huit livres dans lesquels l’art, comme toujours, a voix au chapitre.

459 : c’est le nombre (étourdissant !) de romans parus à l’occasion de l’incontournable rentrée littéraire. Cette année encore, voilà de quoi nous réjouir : art et littérature font plus que jamais bon ménage.

Une enquête sur un chef-d’œuvre de Claude Monet, la biographie d’une muse oubliée du surréalisme, le portrait insolite d’un Arsène Lupin de l’art… Voici nos coups de cœur de l’automne, à se procurer sans attendre chez votre libraire préféré !

Les Nymphéas de Claude Monet au cœur d’une enquête loufoque

Grégoire Bouillier, Le Syndrome de l’Orangerie
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Grégoire Bouillier, Le Syndrome de l’Orangerie, 2024

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Flammarion

Le détective Bmore pousse-t-il « mémé dans les Nymphéas » en supposant qu’un cadavre se cacherait dans le célèbre chef-d’œuvre de Claude Monet ? Ce funeste pressentiment lui cause en tout cas, au beau milieu du musée de l’Orangerie, une terrible crise d’angoisse – un malaise foudroyant qui constitue le point de départ de cette enquête rocambolesque signée Grégoire Bouillier. Guidé par l’impérieuse nécessité de mettre au jour tous les secrets du maître de l’impressionnisme – y compris les plus inavouables –, le narrateur nous embarque dans un improbable périple de l’Orangerie à Giverny, en passant par Boston et Auschwitz-Birkenau… Haletant, loufoque et très documenté, ce récit truffé de références savantes et pop (s’y croisent au fil des pages Mark Rothko, Rocky, le professeur Tournesol et Daniel Arasse…) est joyeusement vivifiant. Une chose est sûre : au musée de l’Orangerie, vous ne regarderez plus les Nymphéas de la même manière ! I.B.

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Le Syndrome de l’Orangerie

Par Grégoire Bouillier

Le destin surréaliste de Nusch Éluard

Joana Masó, Nusch Éluard. Sous les femmes du surréalisme
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Joana Masó, Nusch Éluard. Sous les femmes du surréalisme, 2024

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Seghers

On a longtemps retenu d’elle que son visage, qui hante les photographies de Man Ray, Lee Miller ou Dora Maar, tel un spectre surréaliste. Mais qui était réellement Nusch Éluard (1906–1946), si ce n’est la muse absolue et seconde épouse du poète, dont le douloureux souvenir plane sur son fameux poème Liberté ? Dans ce brillant essai abondamment illustré et enrichi d’archives inédites, Joana Masó, maîtresse de conférences en littérature française à l’Université de Barcelone et chercheuse à la Chaire UNESCO Femmes, lève le voile sur la brève existence de cette jeune femme à la « beauté crépusculaire », qui a embrassé l’aventure surréaliste avant de mourir prématurément au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, foudroyée par une crise cardiaque à seulement 40 ans. Dans le sillage de ce destin aussi tragique qu’hors norme, toujours nimbé de mystère, l’autrice s’interroge aussi longuement sur la présence et le statut des muses et artistes féminines du surréalisme qui sortent enfin de l’ombre à l’heure où est célébré le centenaire du mouvement. I.B.

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Nusch Éluard. Sous le surréalisme, les femmes

Par Joana Masó

Journal poétique d’une artiste endeuillée

Clémentine Mélois, Alors c’est bien
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Clémentine Mélois, Alors c’est bien, 2024

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Gallimard

« Il faut que je raconte cette histoire tant qu’il me reste de la peinture bleue sur les mains. Elle finira par disparaître, et j’ai peur que les souvenirs s’en aillent avec elle, comme un rêve qui s’échappe au réveil et qu’on ne peut retenir. Avec ce bleu, j’ai peint le cercueil de Papa. » C’est par ces mots bouleversants de sincérité que débute Alors c’est bien, de la plasticienne et écrivaine, membre de l’Oulipo, Clémentine Mélois ; un récit autobiographique sur le deuil dans lequel elle brosse en creux le portrait d’une attachante famille d’artistes, en particulier de son père sculpteur. Au fil des pages, l’autrice dresse la somme de ses souvenirs, de l’insouciance d’une enfance joyeuse aux douloureux derniers instants du défunt, à qui elle avait promis des funérailles de pharaon. Partout, la poésie jaillit, mais aussi l’humour et l’infinie tendresse qu’elle porte à son père, dont l’existence se poursuit à travers son œuvre. Un hommage émouvant qui hante le cœur longtemps. I.B.

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Alors c’est bien

Par Clémentine Mélois

Exploration pointilleuse d’un Paris entre patrimoine et taxiphones

Thomas Clerc, Paris, musée du XXIe siècle. Le 18e arrondissement
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Thomas Clerc, Paris, musée du XXIe siècle. Le 18e arrondissement, 2024

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Minuit

Le projet est simple – du moins, en apparence. Décrire par le menu chacun des arrondissements de Paris… Pour faire le portrait d’une ville-monde, un « musée du XXIe siècle » comme nous l’indique le titre, clin d’œil au Paris, capitale du XIXe siècle de Walter Benjamin. Après le 10e arrondissement en 2007, l’écrivain Thomas Clerc s’attaque au 18e arrondissement, où il vient d’emménager. C’est d’ailleurs par le récit de sa longue recherche d’un appartement à son goût que s’ouvre le livre, et c’est de la rue Marc-Seguin, où il vit désormais, que débute son exploration de ce nouvel arrondissement. S’ensuivent 600 pages (contre 260 pour son précédent récit, le 10e arrondissement étant nettement plus petit que le 18e) de déambulations dans les rues. Thomas Clerc décrit tout, ou presque, dans cette « tentative d’épuisement » comme l’aurait dit Georges Perec d’un arrondissement tout en contrastes : les immeubles, les passants, les commerces, les apparitions, les disparitions… Son débit est rythmé par toutes sortes d’interludes, de respirations, de souvenirs : « Archive », « Mystère social », « Figures locales », « Image mentale », « Bande-son ». On est à la fois dans sa tête et dans la rue. Une envie émerge : se balader, livre en main, dans la ville, s’arrêter devant ce qu’il décrit. Mais il le fait si bien qu’au fond la balade se fait parfaitement, même depuis un canapé. M.C-L.

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Paris, musée du XXIe siècle. Le 18e arrondissement

Par Thomas Clerc

À Londres, rencontre au sommet entre Dalí, Zweig et Freud

Clémence Boulouque, Le Sentiment des crépuscules
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Clémence Boulouque, Le Sentiment des crépuscules, 2024

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Robert Laffont

Un jour de juillet 1938, un petit groupe d’amis exilés à Londres se retrouvent devant le domicile de Sigmund Freud, 82 ans, tout juste rescapé de l’Autriche nazie. Il y a là l’écrivain Stefan Zweig, qui a orchestré la rencontre, l’artiste fantasque Salvador Dalí et sa femme Gala, ainsi que l’agent de ce dernier, Edward James. Professeure à l’Université Columbia de New York, l’écrivaine Clémence Boulouque s’est intéressée aux quelques heures que ces personnages hors du commun ont passé ensemble, alors que l’Europe allait bientôt basculer dans l’horreur de la Seconde Guerre mondiale. Elle décrit avec un plaisir manifeste les colères, sursauts, inquiétudes et frustrations de chacun, avec un appétit tout particulier pour les saillies de Salvador Dalí – qui par exemple grommelle (page 53) « Vous et vos métaphores faciles… Remballez votre aigle, et ne soyez pas méprisant envers les escargots. Ils sécrètent de la mucine, ou de la bave, ainsi que vous l’appelez grossièrement, pour se protéger de tout ce qui pourrait les blesser, les érafler, les couper, lorsqu’ils glissent sur tous les terrains accidentés du monde… Ce n’est pas prodigieusement intelligent, par hasard ? (…) En vérité, je vous le dis, nous sommes tous des escargots… D’ailleurs, c’est une parfaite métaphore de la psychanalyse : c’est en ayant conscience de notre bave que nous pouvons glisser dans le monde sans nous faire trop mal. » Un roman court, vivant, qui se dévore avec plaisir. M.C-L.

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Le Sentiment des crépuscules

Par Clémence Boulouque

La folle histoire de l’« Arsène Lupin des musées »

Couv Le Voleur D’art Cyclades
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Couv Le Voleur D’art Cyclades

C’est l’histoire d’un jeune chômeur alsacien qui se rêvait châtelain collectionneur d’art. Durant sept ans, de 1994 à 2001, Stéphane Breitwieser a dérobé en plein jour et sans se faire prendre 239 œuvres et objets d’art dans près de 170 musées de sept pays européens – un butin évalué à plusieurs dizaines de millions d’euros, comprenant notamment un Cranach, un Brueghel, une statue en ivoire de la collection de Rubens, une tabatière en or ayant appartenu à Napoléon et une tapisserie de dix mètres carrés –, pour les accumuler compulsivement dans sa chambre, sous les combles du modeste pavillon de sa mère. Fruit de dix années d’enquête, au cours desquelles le journaliste américain Michael Finkel a interrogé le voleur et tous les protagonistes de l’affaire (parents, petite amie, enquêteurs, avocats, experts…), ce livre raconte en détails l’aventure invraisemblable de cet « Arsène Lupin des musées », de ses débuts jusqu’à sa chute. Une plongée complète et vivante dans les coulisses de l’une des plus grosses affaires de vol d’art de tous les temps. J.B.

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Le Voleur d’art

Par Michael Finkel

Intrigues à Venise

Guillaume Perilhou, La Couronne du serpent
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Guillaume Perilhou, La Couronne du serpent, 2024

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L’Observatoire

En 1970, Björn Andrésen, jeune orphelin suédois de quinze ans, se présente aux auditions de Mort à Venise (1971), film mythique de Luchino Visconti adapté du livre de Thomas Mann – une histoire d’amour platonique entre un chef d’orchestre vieillissant et un jeune éphèbe dans une Venise en proie au choléra. Le cinéaste s’émerveille : il a trouvé en lui son Tadzio, son « ange blond », « le plus beau garçon du monde » ! Mais ce rôle et l’obsession du réalisateur, qui fait de lui sa marionnette, vont finir par avaler l’identité, la vie et les rêves de cet adolescent innocent. Par le biais de souvenirs, de lettres et d’interviews reconstituées ou inventées, l’écrivain Guillaume Perilhou retrace la plongée du garçon dans cet univers théâtral de palais vénitiens, de vedettes, de pouvoir et d’emprise, qui se resserre peu à peu autour de lui comme un piège doré au parfum capiteux. Au fil du roman, on croise de nombreux artistes de l’époque comme Maria Callas, Alain Delon, Romy Schneider et le peintre Balthus, mais aussi des dessinateurs de manga qui se sont nourris du physique de Björn pour leurs personnages. Un livre qui décrit avec brio, et moult références littéraires (notamment proustiennes), les coulisses parfois sombres et toxiques des chefs-d’œuvreJ.B.

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La Couronne du serpent

Par Guillaume Perilhou

Dans les coulisses de l’art

Charlotte Augusta, Les Œuvres intérieures
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Charlotte Augusta, Les Œuvres intérieures

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Denoël

« Qu’est-ce qui est vrai, qu’est-ce qui est faux dans votre témoignage ? » Jamais Gabrielle ne pourra répondre à cette question. Sa réalité, ce sont les œuvres d’art qui peuplent son esprit et chaque recoin de sa vie : La Vierge du chancelier Rolin de Jan van Eyck, Sérénité d’Henri Martin, Two Figures de Francis Bacon… La jeune femme de 25 ans, qui vient de décrocher le poste de ses rêves dans une fondation d’art, observe son petit monde comme elle admire un tableau, de sa « N+1 » à son « boyfriend ». Mais c’est surtout Cécilia qui l’obsède : cette collègue qui, un jour, disparaît mystérieusement. Avec ce premier roman, Charlotte Augusta nous plonge dans l’intériorité d’une âme heurtée par la violence d’un univers aussi splendide que snob. Une violence « contenue », et donc inévitablement indicible. Face à la vacuité de ses relations, Gabrielle développe ainsi son propre langage, fait d’œuvres toutes intérieures. Un récit prenant ! J.C.

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Les Œuvres intérieures

Par Charlotte Augusta

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