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Martine Franck à l’honneur du nouvel album de Reporters sans frontières

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Publié le , mis à jour le
Dans son nouvel album « 100 photos pour la liberté de la presse », Reporters sans frontières met à l’honneur l’œil humaniste de Martine Franck (1938–2012). L’occasion de se replonger dans l’œuvre de cette immense photographe, et de faire une bonne action.
Henri Cartier-Bresson,, Martine Franck, Venise, Italie
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Henri Cartier-Bresson,, Martine Franck, Venise, Italie, 1972

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© Fondation Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos

Un petit geste pour une grande cause. Depuis trente ans, Reporters sans frontières (RSF) revisite en 100 clichés culte l’œuvre d’un grand photographe, publiés dans des albums dont la vente en librairie et en kiosque permet de soutenir les actions de l’ONG à travers le monde. Après Willy Ronis, Abbas ou encore Brassaï, ce 77e numéro met à l’honneur un autre œil mythique du XXe siècle : celui de Martine Franck.

100 photographies donc, mais aussi des témoignages de celles et ceux qui ont croisé sa route (tels Robert Doisneau, Ariane Mnouchkine, Sarah Moon), éclairant le parcours de cette photographe humaniste saluée pour son empathie et sa bienveillance. Si toutefois, pour le grand public, son nom a longtemps été éclipsé par celui d’Henri Cartier-Bresson, son mari, elle est désormais enfin unanimement reconnue comme son égale.

Un œil profondément bienveillant

Un temps membre de la prestigieuse agence Magnum (qui comptait alors seulement cinq femmes parmi sa cinquantaine de membres !), cofondatrice en 1972 de l’agence Viva, Martine Franck a sillonné le monde, tournant son objectif vers ceux que la société néglige parce que pauvres, vieux ou malades. Née dans une riche famille de collectionneurs à Anvers en 1938, elle a débuté la photographie après de brillantes études d’histoire de l’art. Sa pratique, exclusivement en noir et blanc, s’inscrit à rebours du fameux « instant décisif » de Cartier-Bresson. Aux images prises à la sauvette, Martine Franck préfère la lenteur et le dialogue.

Martine Franck, Hôpital Charles-Foix, Ivry-sur-Seine
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Martine Franck, Hôpital Charles-Foix, Ivry-sur-Seine, 1975

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Édifié sous le Second Empire sous le nom d’hospice des Incurables d’Ivry, l’hôpital est spécialisé en gériatrie • © Martine Franck / Magnum Photos

Pour son premier ouvrage publié en 1980, Le Temps de vieillir, la photographe arpente ainsi les couloirs des hôpitaux et des maisons de retraite à la rencontre de leurs occupants et montre sans voyeurisme la réalité du grand âge. Avec la même humanité, elle documente la vie quotidienne des habitants de l’île de Toraigh en plein conflit nord-irlandais ou des sans-papiers de l’église Saint-Bernard à Paris avant leur expulsion.

Une photographe engagée

Photographe engagée sans pour autant se revendiquer militante, elle témoigne inlassablement des bouleversements sociétaux : grèves des salariés des usines Renault en 1968, manifestations pour le pouvoir d’achat, marches du MLF. Quand elle ne se glisse pas dans les coulisses de la rédaction du « menstruel » Le Torchon Brûle, cette féministe convaincue signe les portraits puissants de Simone de Beauvoir, Gisèle Halimi, Simone Veil…

Martine Franck, Bouclage du premier numéro du journal Le Torchon brûle, Paris
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Martine Franck, Bouclage du premier numéro du journal Le Torchon brûle, Paris, mai 1971

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Le numéro zéro paru en décembre 1970 est encarté dans le premier numéro de L’Idiot Liberté, journal fondé par Jean-Edern Hallier • © Martine Franck / Magnum Photos

« Photographe officielle » de la troupe du théâtre du Soleil, fondée par sa fidèle amie Ariane Mnouchkine, Martine Franck immortalise aussi quelques-uns des plus grands acteurs de la scène culturelle du XXe siècle : Agnès Varda, Michel Leiris, Leonor Fini, Michel Foucault…

Elle tire également le portrait de très grands photographes : à commencer par Henri Cartier-Bresson (pourtant toujours réfractaire à ce qu’on le prenne en photo), Paul Strand, David Goldblatt ou Saul Leiter. 100 clichés donc, pour redécouvrir une immense photographe, et défendre la liberté de la presse.

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Martine Franck. 100 photos pour la liberté de la presse

Avant-propos d’Ariane Mnouchkine

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