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Plages de sable fin, fêtes de jour comme de nuit, climat tropical… Voilà tous les clichés associés à Miami, deuxième ville la plus peuplée de Floride, après Jacksonville. Toutefois, celle que l’on surnomme « The Magic City » (la cité magique) s’impose, depuis quelques années, comme une destination artistique de haut vol. Et ce, plus particulièrement, depuis l’implantation d’Art Basel à Miami Beach, municipalité qu’encadrent la baie de Biscayne et l’océan Atlantique.
Il ne faut pas oublier les bâtiments de style Art déco qui jalonnent Ocean Drive et Collins Avenue. À ce patrimoine vibrant de couleurs s’ajoute une poignée de musées incontournables, l’Institute of Contemporary Art (ICA), plaque tournante du Design District dessinée par le studio d’architecture Aranguren + Gallegos en 2017, le Pérez Art Museum, le Rubell Museum et le Bass Museum, entre autres… Véritable eldorado du street art, le quartier de Wynwood vaut, lui aussi, le détour. En avant !
À gauche, la façade de l’Hotel The Carlyle. À droite, la façade du Leslie Hotel, tous deux situés dans le quartier historique Art déco
© Alamy / Hemis / Photo H. Mark Weidman Photography et W. G. Murray
L’Art déco fait fureur en 1926 lorsqu’un ouragan dévaste la ville de Miami. Plus de 800 bâtiments, dont une majorité d’hôtels, sont alors rebâtis dans ce style caractérisé par une palette pastel, qui s’accorde bien avec la météo locale. Pour une visite d’une heure et demie le nez en l’air, rendez-vous au centre d’accueil du quartier Art déco de Miami, à cinq minutes à pied du Betsy Hotel [lire plus bas]. Les sols en terrazzo, les rayures, les enseignes lumineuses du Park Central Hotel (630 Ocean Drive), du Colony Hotel (736 Ocean Drive), du Leslie Hotel (1244 Ocean Drive), du Carlyle (1250 Ocean Drive), du Haddon Hall (1500 Collins Avenue), du Miami Beach Main Post Office (1300 Washington Avenue), de l’Essex House (1001 Collins Avenue) cachent parfois de croustillantes anecdotes. Let’s go!
Visite dans le Art Deco District
À gauche, le hall du premier étage et la verrière de l’hôtel Villa Casa Casuarina. À droite, la piscine aux milles mosaïques du restaurant Gianni’s de la Villa
© The Villa Casa Casuarina
En 1992 et 1993, le grand couturier calabrais Gianni Versace achète une propriété et un hôtel datant des années 1920 et 1940, au beau milieu d’Ocean Drive, pour y vivre et y recevoir ses amis, parmi lesquels Madonna, Elton John et la princesse Diana. C’est là, sur les marches de son domaine, qu’il est, sous les yeux de passants médusés, assassiné en 1997 par le tueur en série Andrew Cunanan. Si cette fin tragique attise le mystère qui auréole la demeure du créateur, transformée en hôtel de luxe depuis, ce n’est pas son unique attrait. Il fait bon déjeuner dans sa cour classée, mais retravaillée – à la demande de Versace lui-même – par le paysagiste anglais Roy Strong. Seules les séances intempestives de selfies devant la « piscine aux mille mosaïques » peuvent, à la longue, agacer. Dans les dix suites, des lustres scintillants, des tapisseries aux motifs baroques, des têtes de lit en bois doré, et des œuvres d’art dont la réception n’est pas en mesure, pour le moment, de nous communiquer la liste…
The Villa - Casa Casuarina
1116 Ocean Drive, Miami Beach, FL 33139
La façade du Bass Museum avec l’installation de Sylvie Fleury « Eternity Now » (2014)
Courtesy The Bass, Miami Beach / Photo Zachary Balber
Certains voient dans ce monument Art déco imaginé par Russell Pancoast un temple maya. Sa façade classée est tapissée de plaques de corail, soutenue par des colonnes rectangulaires et ornée de bas-reliefs signés Gustav Bohland. À peine ouvert en 1964, le Bass Museum faisait déjà la une, car 77 œuvres conservées en son sein furent identifiées comme des faux, dont un Vermeer en réalité dû au Néerlandais Han van Meegeren. En 2017, le site rouvre ses portes en tant que centre d’art contemporain, sans faire table rase du passé : les artistes invités sont amenés à dialoguer avec la collection de John Bass, dont il reste aujourd’hui près de 1 500 pièces.
L’œuvre « Phaphama at Cassilhaus » de Zanele Muholi (2016) à l’extérieur de l’Hôtel de ville de Miami Beach
Courtesy The Bass, Miami Beach / Photo Zaire Kacz
Le plasticien camerounais Pascale Marthine Tayou est le premier à s’être livré à l’exercice. L’accrochage se métamorphose régulièrement, au même titre que la muséographie. Il arrive qu’une salle d’exposition soit transformée en salon de lecture ou en atelier. Pour mieux tenir les visiteurs en haleine… Autre surprise : une extension est en cours de construction.
La piscine du Rooftop du Betsy Hotel à Miami
© The Betsy Hotel / Photo Read MacKendree
Le code wifi est « love4art ». Tout est dit, ou presque. Au cœur de Miami Beach, The Betsy Hotel s’impose comme un lieu d’exposition et de vie. Cette institution consiste en deux bâtiments, The Betsy Ross Hotel, conçu par Lawrence Murray Dixon en 1942, puis fusionné par Allan T. Schulman à l’ancien Cartlon Hotel, si bien que l’établissement dispose aujourd’hui de 130 chambres au total. Les deux ailes sont reliées par le Betsy Orb, gigantesque œuf immaculé, où des films se voient souvent projetés durant Art Basel. Des images de cette œuvre XXL, imprimées sur métal par Robin Hill, en décorent l’intérieur. « Je voulais que les gens sachent qu’ils sont dans l’Orb au moment où il le traversent », explique Lesley Goldwasser-Plutzik, la curatrice patentée de l’hôtel. Les chambres, les couloirs et cages d’escaliers sont tapissés de photographies dont certaines sont à vendre. C’est le cas de tirages réalisés à partir d’anciens négatifs d’Andrew Sweet, dont l’objectif a immortalisé le quartier, et de rares portraits des Beatles et des Rolling Stones pris par Bob Bonis. Le restaurant The Alley, niché dans le coquette impasse qui connecte Collins Avenue et Ocean Drive, est surplombé par The Betsy Poetry Rail, dentelle de vers en fer composés par douze poètes qui ont fait Miami (Mohamed Ali, Richard Blanco, Adrian Castro…). Des expositions temporaires investissent souvent le B Bar et le hall de l’aile la plus récente. Ouvrez grand les yeux, avant de dormir à poings fermés.
The Betsy Hotel
1440 Ocean Drive, Miami Beach Floride 33139
Le Pérez Art Museum Miami conçu par les architectes Herzog & de Meuron
© Pérez Art Museum / Photo Robin Hill
Fondé en 1984 sous le nom de Center for the Fine Arts, rebaptisé Miami Art Museum dans les années 1990 lorsqu’il fut décidé de constituer, parallèlement à sa programmation temporaire, une collection permanente axée sur la création des XXe et XXIe siècles, le Pérez Art Museum Miami (PAMM), du nom de l’un de ses principaux mécènes et bienfaiteurs, désigne désormais un bâtiment conçu par le duo suisse Herzog & de Meuron au cœur de Museum Park pour abriter près de 2 000 pièces signées Sheila Hicks, Youssef Nabil, Federico Herrero, George Segal, Kehinde Wiley, Robert Rauschenberg, John Baldessari… Ces œuvres nourrissent un programme éducatif ouvert aux écoles, aux familles et aux chercheurs. En plus d’une vue spectaculaire sur la baie de Biscayne, Verde, le restaurant du musée, propose des plats sains et savoureux.
L’installation « Infinity Mirrored room – Let’s survive together » par Yayoi Kusama (2017) au Rubell Museum à Miami
Courtesy Rubell Museum / Photo Chi Lam
Voilà l’œuvre d’un couple qui a grandement participé au développement d’Art Basel dans la ville de Miami. En 1993, Mera et Don Rubell décide d’exposer une partie de leur collection d’art contemporain dans un ancien entrepôt de Wynwood, zone où s’est depuis propagé l’art urbain. En 2019, le Rubell Museum déménage dans un bâtiment plus grand, situé dans le quartier d’Allapattah. Hernan Bass, Jean-Michel Basquiat, Keith Haring, Oscar Murillo, Catherine Opie, Cindy Sherman, Kehinde Wiley, Rosemarie Trockel comptent parmi le millier d’artistes présentés entre les murs de six bâtiments industriels rénovés par Selldorf Architects. L’institution abrite non une mais deux Infinity Rooms de la plasticienne japonaise Yayoi Kusama !
À droite, une fresque réalisée sur la façade d’un immeuble du quartier de Wynwood. À gauche, les peintures murales des Wynwood walls
© Alamy / Hemis / Photo Humberto Vidal Photo et Earth Pixel LLC
Le quartier de Wynwood est devenu, avec le temps, le bastion du street art. Certaines visites sont proposées à bord de voiturettes de golf ; d’autres invitent à mettre la main à la pâte, c’est-à-dire à peindre. L’accès à des murs bien précis est devenu avec le temps payant, donnant naissance aux Wynwood Walls, que les uns décrivent comme un jardin de muraux ; les autres, comme un vaste décor instagrammable. Juste à côté se trouve le Museum of Graffiti, dont la vocation s’avère moins commerciale qu’historique. On doit sa création à l’artiste, collectionneur et historien de l’art Alan Ket et à l’avocate miaméenne Allison Freidin. Aux salles d’exposition, dont une réservée à des installations in situ, répondent onze peintures extérieures, une galerie dédiée aux premiers graffeurs new-yorkais (Crome, Raven, Verse..) et un espace consacré aux stars des années 1980 (Rammellzee, Dondi, Lady Pink, Blade…).
À gauche, le salon de réception de l’hôtel Faena. À droite, “Gone but not Forgotten” de Damien Hirst (2014) située dans la cour de l’hôtel Faena
© Faena / © Alamy / Hemis / Photo Earth Pixel LLC
Les fresques allégoriques du photographe argentin Juan Gatti dans l’entrée donnent le ton. Le Faena Hotel Miami Beach est placé sous le signe de l’art. D’ailleurs, il dépend de Faena Art, organisation à but non lucratif qui commande, produit et abrite des expériences artistiques pluridisciplinaires accessibles à tous, y compris durant Art Basel. Plus loin se dresse, à l’extérieur, un mammouth en or que l’artiste britannique Damien Hirst a tout de même pris le soin de protéger d’une vitrine. Son nom ? Gone but not Forgotten (« Parti mais non oublié »). Réservez votre place sur la terrasse du restaurant Tree of Life, si vous souhaitez prendre un verre en tête-à-tête avec la bête.
Faena Hotel Miami Beach
3201 Collins Avenue, quartier de Faena Miami Beach, FL 33140
Se renseigner
Sur le site de Miami Off Road
Avoir Héloïse, puits de savoir dont la bonne humeur est communicative, pour guide, c’est avoir la garantie de s’instruire tout en s’amusant.
Quand y aller
Si vous souhaitez apprécier pleinement le visage artistique de Miami, rendez-vous début décembre pour Art Basel, ses foires satellites et les événements qui s’y greffent. Autrement, toute l’année semble propice à une escapade à Miami, où la température gravite autour de 18° C en moyenne.
Comment y aller
Avec French bee, première compagnie de longs courriers smart cost : les prix varient selon les options choisies. Au tarif « Basic » (à partir de 233 euros), qui ne comprend qu’un bagage à main de 12 kilos, répondent les tarifs « Smart » (un bagage en soute, un repas chaud et petit-déjeuner…) et « Premium » (un coupe-file, un embarquement prioritaire, un siège vue sur la mer, un repas chaud et un petit-déjeuner).
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