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Quand les montres se mettent à l’art

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En quelques années, les grandes maisons horlogères sont entrées au musée et les montres se sont muées en sculptures créées par des artistes, architectes ou designers. Rivalisant de savoir-faire technique et de créativité, ces bijoux de précision imaginés par Murakami, Ora ïto, Frank Gehry, Laurent Grasso sont devenus la coqueluche de collectionneurs passionnés à travers le monde.

Dans la Persistance de la mémoire, le visionnaire Dalí les imaginait coulantes « comme le camembert quand il est tout à fait à point ». Si les montres ne sont toujours pas devenues molles, elles se sont en tout cas mises à l’heure de l’art. Les manufactures horlogères créent tous les ans des chefs-d’œuvre de précision, en édition limitée voire en modèles uniques, qui n’ont rien à envier aux toiles de maître, tout au moins pour les très nombreux collectionneurs qu’elles aimantent littéralement. Autant de trésors jalousement préservés des regards et que vous ne verrez presque jamais en vitrine. L’exclusivité n’est que l’un des rouages de cette mécanique artistique bien huilée enclenchée voilà une dizaine d’années.

Deux écoles jouent les maîtres des horloges. Dans les ateliers de la maison anglaise Graff, on part d’un cadran – comme d’une toile vierge – pour y miniaturiser avec éclat un répertoire, telles ces œuvres abstraites de Cy Twombly matérialisées par des cascades de diamants dans une éblouissante montre joyau de 25,62 carats… Second mouvement : laisser carte blanche à un artiste vivant. Du tatoueur Maxime Plescia-Büchi à la star du street art Shepard Fairey, la manufacture Hublot s’est fait une spécialité de ces collaborations prestigieuses.

L’art du temps long

Dernièrement, on y a vu pousser les fleurs iconiques du Japonais Takashi Murakami sur un cadran translucide sculpté en volume à 12 pétales ou surgir la montre à gousset ovni de l’Américain Daniel Arsham, connu pour ses « reliques du futur ». Trois ans de développement ont été nécessaires : « La partie en saphir a été compliquée à réaliser car c’est un produit organique et fragile. À haute tension, il se fissure. Avec Daniel, nous avons rendu l’impossible possible », se félicite la marque.

HUBLOT × MURAKAMI, MP-15 Takashi Murakami Tourbillon Sapphire
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HUBLOT × MURAKAMI, MP-15 Takashi Murakami Tourbillon Sapphire

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Édité en 50 exemplaires, ce boîtier de 42 mm de diamètre réinterprète la fleur aux 12 pétales de Takashi Murakami en saphir translucide : « Lorsque j’ai visité pour la première fois la manufacture Hublot en Suisse, affirme l’artiste japonais, j’ai réalisé à quel point le savoir-faire traditionnel, la minutie, la technologie futuriste et l’artisanat s’entremêlaient. »

©TM/ KK

La fusion entre art et technique ne se limite pas à ces pièces collectors. Les horlogers orchestrent et multiplient les expériences avec une minutie de maître. Dans les foires d’art, Breguet, Rolex ou Richard Mille sont désormais toujours présents. D’autres maisons, comme Cartier avec sa Tank ou sa Santos-Dumont, déclinent les expositions autour de leurs modèles phares.

Les mondes de l’art et de l’horlogerie ont en commun le temps long. Fort de son atelier d’excellence des métiers d’art Les Cabinotiers, Vacheron Constantin a noué depuis plusieurs années des partenariats muséaux avec le Louvre, le Metropolitan Museum of Art de New York ou le Palace Museum de Pékin, autour d’échanges de savoir-faire en matière d’artisanat et de restauration, mais aussi d’activités de mentorat.

Tout en produisant quelques pièces uniques destinées à des aficionados et inspirées des collections, comme la Lutte pour l’étendard de la bataille d’Anghiari de Rubens, reproduite en grisaille et mise aux enchères au profit du Louvre en 2020. Plus disruptif, le programme « Made of Makers » de Jaeger-LeCoultre invite des artistes, designers ou artisans tous extérieurs à l’horlogerie. En 2024, le parfumeur français Nicolas Bonneville s’est inspiré de l’identité olfactive de la maison fondée il y a près de deux cents ans pour créer un triptyque de fragrances offert à quelques clients privilégiés, tout en s’interrogeant : l’horlogerie a-t-elle une odeur ? En version luxe, le temps qui s’écoule a un doux parfum.

Jardin bucolique ou merveille aquatique

À gauche, CHOPARD, Montre à secret de Haute Joaillerie Laguna; à droite, VAN CLEEF & ARPELS, Lady Arpels Brise d’Été
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À gauche, CHOPARD, Montre à secret de Haute Joaillerie Laguna; à droite, VAN CLEEF & ARPELS, Lady Arpels Brise d’Été

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© Chopard. © Van Cleef & Arpels

Pour cueillir le jour, rien ne vaut un bain de nature. Inspiration chère à Van Cleef & Arpels depuis sa création en 1906, la flore insuffle poésie et vitalité dans les œuvres du joaillier horloger. En 2024, sa montre « Lady Arpels Brise d’Été », célébration d’une journée estivale, s’est distinguée au Grand Prix d’horlogerie de Genève en remportant le prix de la Complication pour dame, récompensant les « montres pour femmes remarquables par leur créativité et leur complexité mécanique ». Les heures s’écoulent dans un jardin bucolique où virevoltent deux papillons en or blanc et or jaune et en émail plique-à-jour : diamétralement opposés, ils indiquent l’heure en se relayant à midi et à minuit et s’animent à la demande.

Au dernier Grand Prix d’horlogerie de Genève a aussi émergé une formidable fantasmagorie du joaillier Chopard : pour un garde-temps à secret, la Laguna est spectaculaire ! Cette éblouissante montre manchette rappelle la Petite Sirène, le conte d’Andersen. Pièce unique, la merveille façonnée en or éthique et en titane abrite au cœur une exquise perle, sur laquelle se reflètent les saphirs allant du bleu pastel au rose en passant par le violet, et les topazes, émeraudes, diamants et autres grenats accrochés à ce coquillage. Organique et hypnotique, ce bijou de haute horlogerie a demandé plus de 1 000 heures de travail ! Un trésor pour collectionneur pirate.

Puissance de l’outrenoir et visions cosmiques

De gauche à droite : BVLGARI × LAURENT GRASSO Octo Finissimo, BAUME & MERCIER Hampton «Édition Polyptyque » Musée Soulages 10e anniversaire, VACHERON CONSTANTIN × ORA ÏTO Patrimony automatique
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De gauche à droite : BVLGARI × LAURENT GRASSO Octo Finissimo, BAUME & MERCIER Hampton « Édition Polyptyque » Musée Soulages 10e anniversaire, VACHERON CONSTANTIN × ORA ÏTO Patrimony automatique

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© Bulgari. © Ora Ito / Vacheron Constantin. © Baume & Mercier

Les garde-temps sont propices à la contemplation. La maison Baume & Mercier s’est arrêtée sur l’œuvre du peintre Pierre Soulages pour transposer son fameux « outrenoir » au poignet. Pourquoi Soulages ? « Parce que son œuvre captive encore et toujours, même quand les regards ne sont pas posés sur elle, répond l’horloger suisse. Sa galaxie de noirs interroge, enchante, trouble ; tour à tour brillants, mats, pulvérulents, striés, plats, lisses, polis, saillants. »

Après une première Hampton « Hommage à Pierre Soulages » éditée en 102 exemplaires pour les 102 ans de l’artiste, en 2022, juste avant sa disparition, Baume & Mercier a dévoilé en 2024 sa Hampton « Édition Polyptyque », célébrant le 10e anniversaire du musée Soulages à Rodez. Le cadran s’inspire de Peinture 324 × 362 cm, 1986, Polyptyque I Édition, premier « outrenoir » du musée aveyronnais.

Selon Ora ïto, « un bon design n’a pas été créé pour être jeté après une période d’utilisation, il est conçu autour de l’essentiel pour le rendre éternel ». Pour le 20e anniversaire de la collection Patrimony de l’horloger Vacheron Constantin en 2024, le designer a poussé son concept de « simplexité » (simplicité et complexité) avec un boîtier 40 mm en or jaune qui cache sous son apparente sobriété une ingénierie folle. Édition limitée à 100 pièces, la nouvelle Patrimony automatique possède un cadran épuré fait d’une infinité de cercles concentriques, comme une onde dorée : « Ce mouvement circulaire de lumière renvoie aux grains de Baily, phénomène spectaculaire qui accompagne une éclipse de Soleil par la Lune », explique Ora ïto, passionné d’astronomie.

Les questions du temps et du ciel, rouages essentiels du travail du plasticien et vidéaste Laurent Grasso, sont aussi celles qui l’ont guidé dans la conception d’une Octo Finissimo Bvlgari limitée à 200 pièces : « Cette montre est comme une espèce de capsule qui aurait capturé des gouttelettes en suspension qui diffractent la lumière et produisent des couleurs multiples », explique l’artiste. Sur un fond bleu nuit envoûtant, ses nuages iridescents, obtenus grâce à une technique de sérigraphie aux pigments métalliques, logent dans un boîtier en titane, hommage à l’architecture et à la peinture métaphysique de Giorgio De Chirico. Cosmique…

De Memphis à Frank Gehry

À gauche, LOUIS VUITTON × FRANK GEHRY Tambour Moon Saphir Tourbillon Volant; à droite, RICHARD MILLE RM 07-01 Céramiques de couleur
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À gauche, LOUIS VUITTON × FRANK GEHRY Tambour Moon Saphir Tourbillon Volant; à droite, RICHARD MILLE RM 07–01 Céramiques de couleur

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© Louis Vuitton / Frank Gehry. © Richard Mille.

Quoi de plus excitant que s’attaquer à plus grand que soi quand on est tout petit ? Forte de ses savoir-faire miniatures, la haute horlogerie n’ignore aucun défi, pas même ceux de l’architecture, mère de tous les arts. Le tempérament avant-gardiste de Richard Mille, horloger né dans les années 2000 très prisé des collectionneurs, pulse avec la collection « RM 07–01 Céramiques de couleur ».

Cette dernière s’inspire directement de Memphis, groupement de designers et d’architectes anticonformistes fondé en 1980 par l’Italien Ettore Sottsass. Parées de céramique bleu « poudré », rose « blush » et rose « lavande », les trois merveilles de technologie produites bousculent les regards avec leur cadran ajouré qui laisse admirer les motifs gravés des architectures Memphis. Autour de 190 000 €, les « RM 07–01 Céramiques de couleur » font partie des montres Richar Mille les moins onéreuses.

C’est aussi le regard d’un architecte que Louis Vuitton, créateur de montres depuis deux décennies, est allé chercher en retrouvant Frank Gehry. Pour l’auteur de la fondation Louis Vuitton sortie de terre en 2014, imaginer une montre était une grande première. Après deux années de travail mené avec la Fabrique du temps, propriété de Louis Vuitton en Suisse, sa « Tambour Moon Saphir Tourbillon Volant », pièce de haute horlogerie estampillée du Poinçon de Genève, a fait sensation lors de son dévoilement au printemps 2024. Tailler ce cadran translucide à la manière d’une immense verrière architecturale dans un saphir, matériau noble et fragile, a exigé plus de deux cent cinquante heures de travail, et même l’utilisation par les artisans d’outils de l’industrie médicale. Laissant contempler un prodigieux mécanisme sur un squelette en or rose, le résultat frappe par sa beauté chirurgicale.

Hommage aux couturiers

À gauche, CHANEL Manchette Mademoiselle Privé Pique-Aiguilles; à droite, DIOR Grand Bal Toile de Jouy 36 mm
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À gauche, CHANEL Manchette Mademoiselle Privé Pique-Aiguilles; à droite, DIOR Grand Bal Toile de Jouy 36 mm

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© Chanel. © Dior Horlogerie.

Le patrimoine des maisons de mode est une source intarissable d’inspiration. Que serait une couturière sans sa pelote d’épingles ? Ce traditionnel outil de travail orné d’un coussinet, que les mains d’or de ses ateliers portent au poignet, le studio de création horlogère de Chanel l’a transcendé en montres haute couture. Dévoilée en 2024, la ligne « Mademoiselle Privé Pique-Aiguilles » brode ainsi un sautoir, une bague ainsi qu’une manchette où les heures défilent sur cadran matelassé piqué de diamants et de perles.

Un défi taillé sur mesure pour la maison de la rue Cambon : « La manufacture Chanel a travaillé en étroite collaboration avec les Cadraniers de Genève, propriété de FP Journe, l’un des meilleurs dans ce domaine, pour trouver un moyen invisible de maintenir les têtes des épingles au-dessus du cadran. L’objectif était de les faire paraître suspendues, uniquement maintenues par le fil d’or convergeant vers le centre. » Exécutées avec une précision de dentellière, ces pièces sont limitées à cinq exemplaires.

Croisant haute couture et haute horlogerie, la collection « Grand Bal » trouve son origine dans la passion que Christian Dior vouait aux fêtes. Bercés par ce souvenir, les artisans de la maison ont choisi le motif « toile de Jouy » qui ornait la boutique du 30 rue Montaigne à ses débuts et l’ont réinterprété par un décor d’or gravé à la main. S’y détachent des fleurs et des feuilles texturées et serties de diamants, de saphirs taille brillant et de billes de nacre. La magie de la mécanique est aussi à l’œuvre car la masse oscillante fonctionnelle du calibre Dior Inversé, placée de façon originale sur le devant du cadran, permet à cette précieuse toile de Jouy de bouger. Un spectacle pour évoquer les tournoiements d’une robe de bal.

Fusion entre horlogerie et art urbain

À gauche, ZENITH × FELIPE PANTONE Defy Skyline Tourbillon; à droite, AUDEMARS PIGUET × KAWS Royal Oak Concept Tourbillon « Companion »
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À gauche, ZENITH × FELIPE PANTONE Defy Skyline Tourbillon; à droite, AUDEMARS PIGUET × KAWS Royal Oak Concept Tourbillon « Companion »

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© Zenith / Felipe Pantone. © Kaws / Audemars Piguet.

L’art urbain a aussi ses signatures en vue sur les cadrans. L’horloger suisse Zenith et le street artiste argentino-espagnol Felipe Pantone, connu pour ses zébrures en couleur sur les murs, se sont déjà associés par trois fois pour éditer ensemble une montre en série limitée. Ce coup de foudre mutuel produit à chaque fois des œuvres remarquables ! Lancée en 2021, la série collaborative « Defy 21 » avait immédiatement trouvé preneur. Dernière en date, la « Defy Skyline Tourbillon Felipe Pantone », limitée à 100 pièces numérotées, amalgame de façon sidérante les couleurs prismatiques typiques de l’artiste à l’acier brillant. Le style Pantone se répercute aussi dans les index et aiguilles en dégradé, ainsi que dans le rotor laissé visible, en forme d’étoile.

Tout aussi radicale est la dernière Royal Oak Concept Tourbillon « Companion » d’Audemars Piguet, cosignée avec l’artiste new-yorkais Kaws. De l’œuvre de ce dernier, on retrouve sur ce bijou technologique, qui a nécessité plus de deux ans de développement, ce qui fait le sel : ses fameux « art toys ». Reconnaissables à leurs yeux en croix, ces personnages cruellement fun sont les chouchous des collectionneurs d’art urbain qui se les disputent dès qu’ils apparaissent quelque part. Dévoilée à la fin de l’année 2024, cette fusion entre horlogerie et art urbain, éditée à 250 pièces, devrait faire l’effet d’une bombe.

Des conceptions minutieuses et bluffantes

De gauche à droite : ROLEX Oyster Perpetual 36, HERMÈS Slim d’Hermès Flagship, JAEGER-LECOULTRE Reverso Tribute Enamel Monet The Grand Canal
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De gauche à droite : ROLEX Oyster Perpetual 36, HERMÈS Slim d’Hermès Flagship, JAEGER-LECOULTRE Reverso Tribute Enamel Monet The Grand Canal

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© Rolex. © Hermès. © Jaeger-Lecoultre

Quand on pense au patrimoine horloger, on songe forcément à Rolex, inventeur historique de la montre-bracelet en 1926 et, cinq ans plus tard, du système de remontage automatique à rotor, une fonction qui permet de remonter son garde-temps avec de simples mouvements du poignet. Toutes les montres automatiques d’aujourd’hui tiennent leur fonctionnement de cette invention révolutionnaire. Fier de son héritage, l’horloger suisse explore comme nul autre son patrimoine. Exemple avec son Oyster Perpetual 36, l’un de ses boîtiers phares, qu’orne un décor à bulles nommé « Celebration » reprenant les couleurs des cadrans laqués présentés par le passé, rose candy, bleu turquoise, jaune, rouge corail et vert.

Hermès a choisi de placer son « flagship », son magasin historique du 24 Faubourg Saint-Honoré, sous un ciel constellé d’étoiles pour nous conter son savoir-faire. Il était une fois un vaisseau magique glissant sur les mers du temps et fendant la nuit. Limitée à 12 exemplaires, la Slim d’Hermès Flagship brille au sein de la collection d’extra-plates Slim d’Hermès imaginée en 2015 par Philippe Delhotal. Pareil à une toile fantastique, le cadran a été méticuleusement travaillé au pinceau au micron près, séché à chaud pour créer un effet mordoré puis gravé en relief. Une patience d’or…

Les derniers modèles Reverso, dévoilés lors de la dernière biennale de Venise par Jaeger-LeCoultre au sein de l’exposition « Homo Faber » célébrant l’artisanat d’art du monde entier, témoignent d’un savoir-faire unique dans le domaine de l’émaillage. Le cadran pivotant à 180 ° (spécificité du modèle Reverso) cache une véritable toile de maître impressionniste ! Les artisans de Jaeger-LeCoultre ont miniaturisé en émail, sur une surface de 2 cm2, trois tableaux de plus d’un mètre de la série « Venise » de Claude Monet, peints lors d’un séjour dans la cité des Doges en 1908. Dix-sept heures de travail au total pour peindre le Palais ducal, l’île de San Giorgio Maggiore et le Grand Canal : « Notre travail s’est résumé à une petite archéologie de la peinture pour retrouver la touche, rendre au mieux l’intention du peintre et, surtout, capter cette lumière qui l’a tant happé », ont confié les émailleurs venus présenter ce bijou d’art et d’horlogerie à Venise.

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