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Sur Mubi, William Kentridge se livre dans une série pleine de fantaisie

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Publié le , mis à jour le
Avec Self-Portrait as a Coffee Pot, William Kentridge signe une série de petits films autobiographiques irrésistibles et offre aux spectateurs une incursion inédite au cœur de son atelier. Une pépite à découvrir dès le 18 octobre sur la plateforme Mubi.
Dialogue entre l’artiste William Kentridge et lui-même dans le premier épisode de la série “Self-Portrait as a Coffee Pot”
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Dialogue entre l’artiste William Kentridge et lui-même dans le premier épisode de la série “Self-Portrait as a Coffee Pot”

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© William Kentridge / MUBI

Célébré jusqu’au 12 janvier 2025 à Luma Arles (Mécanique Générale) avec l’exposition « Je n’attends plus », voilà que William Kentridge débarque aussi sur petit écran ! La plateforme Mubi diffusera en exclusivité, à partir du 18 octobre, Self-Portrait as a Coffee Pot, une série en neuf épisodes réalisée par l’artiste (qui est également diffusée à l’Institut pour les politiques de représentations à l’Arsenal de Venise jusqu’au 24 novembre).

Figure incontournable de la création contemporaine, à la fois dessinateur, sculpteur, metteur en scène, William Kentridge est l’auteur d’une œuvre protéiforme, foisonnante et vertigineuse, mêlant l’intime et le politique, la petite et la grande histoire. Né en Afrique du Sud en 1955, il ne cesse d’interroger l’histoire tragique de son pays marquée par des décennies d’apartheid. Son approche est à l’image du parcours de cet ancien étudiant en sciences politiques, qui s’est formé à la gravure puis au théâtre, au mime et au cinéma. Plurielle, elle mélange non seulement les genres mais multiplie aussi les références, de Goya à Dürer, en passant par Georges Méliès et l’expressionnisme allemand.

Entre documentaire et film d’artiste

« J’ai commencé par écrire une quinzaine de thèmes qui découlent de questionnements abordés dans mes projets ces dix dernières années. Il n’y a jamais eu de véritable script ou de storyboard pour chaque épisode. »

Transposer à l’écran cet imaginaire traversé par mille et une idées à la seconde, et ses obsessions tout aussi nombreuses : le défi s’annonçait de taille. Qui donc mieux que William Kentridge lui-même pour le relever ? Avec Self-Potrait as a Coffee Pot, il invite le spectateur dans un huis clos saisissant entre les quatre murs de son studio de Johannesburg, là où tout se passe ; et où la magie opère. « Je voulais représenter l’atelier comme un ‘grand tout’, dans lequel les idées et les images circulent librement », nous confie l’artiste, rencontré lors d’un passage à Paris début octobre.

L’épisode 3 « Vanishing Points » dans lequel William Kentridge s’interroge sur la façon dont la mémoire se lie aux lieux
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L’épisode 3 « Vanishing Points » dans lequel William Kentridge s’interroge sur la façon dont la mémoire se lie aux lieux

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© William Kentridge / MUBI

Le résultat, esthétiquement superbe, n’est ni une série documentaire, ni un film d’artiste : c’est tout simplement du grand William Kentridge ! Le procédé de mise en scène, s’il n’est pas inédit dans son travail, est plutôt cocasse : au beau milieu de ses fusains, de ses encres noires et de ses grandes feuilles immaculées, l’artiste entame une conversation avec son double. « Il faut dire qu’à l’époque, il n’y avait personne aux alentours ! », plaisante Kentridge. Initiée en 2020, la série est aussi le reflet d’une époque : celle de la pandémie de Covid-19 qui a contraint l’artiste à vivre reclus dans son atelier.

Une monumentale œuvre introspective

Ainsi confronté à ce doppelgänger un chouia urticant, jamais à une provocation près, William Kentridge se livre à un savoureux jeu de questions-réponses qui, par moment, frôle l’exercice psychanalytique : « Ce que j’ai essayé de démontrer, c’est cette sorte de double personnalité que nous avons tous en nous et qui est toujours en proie à des pulsions. » Cette monumentale œuvre introspective, qui a nécessité près de trois années de travail, résume les interrogations qui ont habité l’artiste durant la dernière décennie : « J’ai commencé par écrire une quinzaine de thèmes qui découlent plus ou moins de questionnements abordés dans mes projets réalisés ces dix dernières années : l’autoportrait, le paysage, l’endroit où je vis, le destin… Il n’y a jamais eu de véritable script ou de storyboard pour chaque épisode. Si j’avais envie d’aborder le sujet du point de fuite, j’écrivais le matin même du tournage quelques lignes de dialogue. Je me filmais ensuite dans le rôle d’un personnage, puis de l’autre. Cela a nécessité un gros travail de post-production. »

Cinéma, théâtre, danse et bien sûr musique s’invitent dans cette irrésistible mise en scène, qui brille par sa fantaisie, mais aussi par son humour. Un « pur hasard », reconnaît Kentdridge : « L’humour et la comédie nécessitent de véritables compétences que je n’ai pas. » On se permet d’en douter, ne serait-ce qu’au regard du titre de la série – un Autoportrait en cafetière qui d’emblée singe subtilement cet exercice ô combien sacré chez les artistes, toutes époques confondues : « Lorsque vous êtes artiste, le sujet de ce que vous dessinez importe peu. C’est la manière de le faire qui révèle véritablement qui vous êtes. » À l’écran, dessins, pensées et rêves chantent, dansent, vivent, et façonnent cette remarquable immersion au cœur de l’un des esprits les plus passionnants de notre temps.

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Self-Portrait as a Coffee Pot

De William Kentridge

Afrique du Sud, États-Unis • 2022 • série en 9 épisodes
Diffusion en exclusivité sur Mubi à partir du 18 octobre 2024

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William Kentridge : Je n’attends plus

Du 30 juin 2024 au 12 janvier 2025

www.luma.org

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