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En vidéo : Ribera, l’un des plus grands et mystérieux peintres du XVIIe siècle en lumière au Petit Palais

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Cet automne, le Petit Palais met en lumière Jusepe de Ribera (1591–1652) à travers une rétrospective inédite, « Ténèbres et lumière », riche d’une centaine de peintures, dessins et gravures. Elle offre ainsi l’occasion de revenir sur l’histoire de sa reconnaissance, pour le moins rocambolesque. Surnommé durant des siècles « le maître du Jugement de Salomon », le peintre au style éminemment caravagesque est resté dans l’ombre de l’anonymat…

Jusqu’en 2002, date à laquelle l’historien de l’art Gianni Papi l’a reconnu comme étant Jusepe de Ribera. « Ça a fait l’effet d’une bombe dans le milieu des historiens de l’art », nous raconte Annick Lemoine, co-commissaire de l’exposition et directrice du Petit Palais. « Parce que celui qui réinventait Caravage, qui allait encore plus loin et qui le faisait avant tout le monde, c’était le jeune Ribera. » 60 œuvres de premier plan lui sont alors attribuées, faisant de lui l’un des plus grands peintres baroques.

De l’Espagne à l’Italie

« Ribera renverse tous les canons classiques. »

Pour retracer son histoire, il faut remonter à la fin du XVIe siècle : Ribera naît en Espagne, non loin de Valence, mais s’installe dès sa quinzième année en Italie, à Rome, soit « la plus grande capitale artistique de l’Europe », nous dit Annick Lemoine. Les artistes y affluent, heureux d’y trouver du travail : « Ribera vit une vie de bohème, dissolue », et fréquente assidûment les peintres de son temps, de jour comme de nuit.

Il découvre le caravagisme, sulfureux, provocant, et opte pour ce style reconnaissable entre autres à ses puissants et théâtraux contrastes en clair-obscur. Ribera adopte ses différents protocoles, et peint d’après nature, auprès de modèles vivants. « Il va très loin dans la recherche de réalité, de vérisme. » Comme Caravage, il s’inspire aussi de « des bas-fonds et de la vie quotidienne de Rome ».

Une recherche de vérité

Il va même encore plus loin que le maître italien ! Un exemple est très célèbre : pour représenter les traditionnelles allégories des cinq sens, « Ribera renverse tous les canons classiques, et va en prendre le contrepied », en représentant non des femmes délicates, mais des hommes de la rue, et en remplaçant la rose habituelle de l’odorat… par un oignon. »

En 1616, il s’installe à Naples ; « il va arriver à obtenir les plus grandes commandes de l’époque », poursuit Annick Lemoine. « Des Napolitains, de l’aristocratie, de la couronne espagnole, de l’Église… » Sa technique change. Il « introduit la violence dans son art » et « quelque chose de beaucoup plus descriptif », choisissant de représenter les moments les plus dramatiques des sujets historiques et religieux. « On a l’impression d’entendre les os casser, l’écartèlement, les cris des bourreaux qui vous interpellent. » Des scènes qu’il nourrit de ce qu’il voit de ses propres yeux dans les rues de Naples.

Dans les années 1630, il regarde vers Titien et Véronèse : « la pénombre sombre se déchire et laisse apparaître des ciels lumineux extraordinaires, mais également des couleurs flamboyantes, chatoyantes. » En constante réinvention, Ribera est victime d’une maladie neurodégénérative à partir des années 1640, mais continue de répondre à différentes commandes jusqu’à sa mort, en 1652.

Texte : Maïlys Celeux-Lanval

Ribera. Ténèbres et lumière

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Retrouvez dans l’Encyclo : Baroque José de Ribera

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