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RÉGIONS

Comment Maurizio Cattelan a complètement chamboulé le Centre Pompidou-Metz

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Publié le , mis à jour le
À événement exceptionnel, maître de cérémonie d’exception… Le musée mosellan a remis les clés de sa collection à l’artiste star, qui a imaginé échos et correspondances entre 40 de ses œuvres et 400 pièces de l’institution. Un accrochage où le rire se crispe pour laisser place à une étrange et poignante mélancolie.
Dans la salle « J » – « Je est un autre » : autour des tableaux, “Spermini” de Maurizio Cattelan, 1997 ; de gauche à droite, “Autoportrait” de Francis Bacon, 1971 ; “Autoportrait” de Gino Severini, 1912-1960 ; “Portrait visionnaire” d’Hans Richter, 1917 ; “Autoportrait” d’Hélène d’Oettingen, 1925 ; “Autoportrait” de Zoran Mušič, 1988 ; “Autoportrait nu de dos” d’Avigdor Arikha, 1986.
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Dans la salle « J » – « Je est un autre » : autour des tableaux, “Spermini” de Maurizio Cattelan, 1997 ; de gauche à droite, “Autoportrait” de Francis Bacon, 1971 ; “Autoportrait” de Gino Severini, 1912-1960 ; “Portrait visionnaire” d’Hans Richter, 1917 ; “Autoportrait” d’Hélène d’Oettingen, 1925 ; “Autoportrait” de Zoran Mušič, 1988 ; “Autoportrait nu de dos” d’Avigdor Arikha, 1986.

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© Marc Domage

Coup d’éclat pour ses 15 ans : le Centre Pompidou-Metz s’offre Maurizio Cattelan. On connaît moins risqué, pour un anniversaire ! Car le trublion échappe à merveille à toutes les contraintes, sait déjouer les commandes les plus solennelles et s’enfuir par la fenêtre quand on le fait entrer par la grande porte. Mais la complicité qui le lie à la directrice de l’institution, Chiara Parisi, a permis de voir naître ce projet exceptionnel.

Les deux Italiens se sont rencontrés il y a bien longtemps, à la Villa Médicis, à Rome. Depuis, ils se sont juré fidélité, elle avec sa légendaire fougue, lui avec son flegme d’éternel enfant. C’est d’ailleurs Chiara Parisi qui, au temps où elle dirigeait la Monnaie de Paris, l’avait fait pour la première fois sortir de cette retraite dont il avait juré réclamer les droits, juste après sa spectaculaire rétrospective en spirale au Guggenheim de New York.

Des collections passées au crible

Cette carte blanche offerte par Metz, Cattelan l’a donc prise avec le plus grand sérieux, tout en décalant les attentes, tout en vrillant les réponses. Sa mission : mettre en lumière un pan des collections du musée national d’Art moderne (MNAM), fermé pour travaux pendant cinq ans. Et les orchestrer comme aucun conservateur n’oserait le faire.

Au premier plan, « Felix » de Maurizio Cattelan, 2001 ; sur la cimaise, « Vorkriegsträumen (Rêve prémonitoire d’une guerre) » de Miriam Cahn, 2003, installation de 17 peintures suivant un ordre chronologique.
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Au premier plan, « Felix » de Maurizio Cattelan, 2001 ; sur la cimaise, « Vorkriegsträumen (Rêve prémonitoire d’une guerre) » de Miriam Cahn, 2003, installation de 17 peintures suivant un ordre chronologique.

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© Marc Domage

« Nous avons recherché les œuvres les moins évidentes au sein d’une collection composée d’immenses pièces célèbres, mais aussi de petits bijoux qui ne se trouvent qu’avec beaucoup de patience et de soin. »

« Au départ, l’idée était de créer une exposition de la collection, mais au fil de ce travail, les œuvres que nous avions choisies présageaient une possibilité de dialogue avec certaines des miennes, notamment les moins connues qui avaient été écartées de la sélection destinée à la Monnaie de Paris, dévoile Maurizio Cattelan. C’est comme s’il y avait une exposition oubliée à l’époque, qui se devine maintenant. » Et s’éparpille au fil des salles, de ses Cinq chevaux à la tête fichée dans le mur à son éléphant masqué (Not Afraid of Love), en passant par son petit Charlie en tricycle télécommandé qui zigzague entre les pieds des visiteurs.

Cattelan fait ainsi dialoguer une quarantaine de ses œuvres à lui avec 400 pièces de la collection du MNAM (qui en compte 150 000, tout de même !), dans les arcanes de laquelle il a plongé en compagnie de Marta Papini, conservatrice souvent complice de ses projets. « Nous avons recherché les œuvres les moins évidentes au sein d’une collection composée d’immenses pièces célèbres, mais aussi de petits bijoux qui ne se trouvent qu’avec beaucoup de patience et de soin », explique l’artiste.

Enfant du surréalisme

Pour les mettre en scène, il ose les dialogues troublants. Une méthode proche de celle du mur de l’atelier d’André Breton, pièce majeure du MNAM qui elle aussi a fait le voyage, avec ses masques esquimaux et océaniens, ses poupées mayas ou katchinas, ses pierres, racines, os de baleine gravé, amulette égyptienne.

Mur de l’atelier d’André Breton (1922-1966), ensemble de 255 objets et œuvres d’art réunis par le surréaliste dans son bureau.
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Mur de l’atelier d’André Breton (1922–1966), ensemble de 255 objets et œuvres d’art réunis par le surréaliste dans son bureau.

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© Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. GrandPalaisRmn / image Centre Pompidou, MNAM-CCI

« Voir un artiste dans son atelier est toujours révélateur, presque autant que se regarder dans un miroir, surtout s’il s’agit d’un artiste aussi important pour l’époque contemporaine que l’un des pères du surréalisme, confie Cattelan au sujet de ce cabinet de curiosités. Lorsqu’on découvre l’atelier de Breton, c’est comme si on entrait dans sa tête : on a, sous nos yeux, un atlas visuel de ses intérêts, comme si c’était un album d’Aby Warburg [historien de l’art (1866–1929), pionnier de l’iconologie] ou le bureau de mon ordinateur, pour être plus prosaïque, mais avec des objets physiques. Chacun de ces objets prend vie et raconte sa propre histoire. Je crois que nous pouvons tous, dans cette époque marquée par de grands changements, nous dire enfants du surréalisme. » Dont acte.

Quelques exemples de ces coq-à-l’âne de mise en scène que seul un artiste peut se permettre ? À l’entrée, Cattelan a installé la nostalgique ouvreuse de cinéma que George Segal a figée dans le plâtre. Sous sa marquise ampoulée, elle veille sur une série de disques Pi, qu’on posait sur le corps des défunts en Chine antique, et semble rappeler que la fête est finie. Le Troupeau de moutons designé par François-Xavier Lalanne dans les années 1970 broute, lui, sous la surveillance d’un Maurizio photographié en chien joueur, au pied des silhouettes torturées de Francis Bacon saisies dans leur arène en triptyque.

Dans la salle « N » – « Nous les animaux » : au premier plan, « Troupeau de moutons » de François-Xavier Lalanne, 1965-1979 ; au mur, « Sans titre » de Maurizio Cattelan, 1995.
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Dans la salle « N » – « Nous les animaux » : au premier plan, « Troupeau de moutons » de François-Xavier Lalanne, 1965–1979 ; au mur, « Sans titre » de Maurizio Cattelan, 1995.

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© Marc Domage

Dans le patio, sur les divans de Franz West, éléments accueillants du Centre Pompidou ornés de tapis d’Orient, il a déposé deux de ses silhouettes hyperréalistes représentant des SDF, face cachée. Ils dorment au pied d’une immense main de plâtre, doigts coupés si ce n’est le majeur, levé : comme un doigt d’honneur au fascisme ambiant.

Des grands noms de l’art moderne et des artiste méconnus

Dans la salle « G » – « La grande illusion » : « II Ritornante » de Giorgio De Chirico, 1917-1918 ; « Sans titre » de Maurizio Cattelan (chiens et poussin naturalisés), 2007.
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Dans la salle « G » – « La grande illusion » : « II Ritornante » de Giorgio De Chirico, 1917–1918 ; « Sans titre » de Maurizio Cattelan (chiens et poussin naturalisés), 2007.

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© Marc Domage

Aux côtés des icônes du Centre Pompidou, signées Fernand Léger, Giorgio De Chirico, Jean Arp, Joan Miró, Henry Moore ou Max Ernst, Cattelan a ainsi choisi de mettre en lumière des œuvres bien moins montrées. Les dessins gothico-gore de Sandra Vásquez de la Horra, par exemple, pour laquelle il a eu un coup de cœur à la Biennale de Venise de Cecilia Alemani. « Lorsque j’ai vu l’ampleur de la collection de dessins du Centre Pompidou, je me suis immédiatement dit que c’était une merveilleuse découverte, une grande artiste qui ne reçoit qu’aujourd’hui le succès et la visibilité méritée », décrit celui qui a aussi installé sa minuscule Wrong Gallery au cœur du musée.

Il l’avait créée, avec ses fidèles compagnons Ali Subotnick et Massimiliano Gioni, en 2001, l’installant comme une verrue dans le quartier new-yorkais de Chelsea, repaire des galeries les plus puissantes. Dans son petit mètre carré, elle accueille ici un accrochage qui tourne chaque mois, dévolu à « des artistes qui ne figurent pas encore dans la collection du Centre Pompidou afin qu’ils puissent présenter leur travail dans un contexte institutionnel ».

Modeste pomme et banane millionnaire

Il ne faut pas compter sur Cattelan pour lever les mystères de son déconcertant accrochage. Il échappe, encore une fois.

Parmi les autres trésors dénichés dans les collections du MNAM, des photographies très peu exposées de Man Ray, planches-contacts qui dévoilent ses expériences autour du visage de l’« Inconnue de la Seine », pour la couverture de l’Aurélien d’Aragon ; ou encore les masques terriblement morbides de Michel Nedjar, tissus tordus de douleur. Ces derniers sont au cœur d’une salle, elle aussi, emblématique de sa singulière façon de composer l’exposition.

À leurs côtés, une litanie de masques de Derain ; sur les murs, le visage de Cattelan prolifère, démultiplié à l’envi au fil de l’œuvre qu’il a joliment intitulée Spermini ; elle enserre les visages tragiques peints par Zoran Mušič ou Bacon. Dans le parcours, c’est l’une des premières fois où l’artiste curateur apparaît en Narcisse, lui qui a si souvent décliné sa silhouette à coups de cires confondantes de réalisme : sa façon, sans doute, de nous rappeler que ce jeu d’ego ne répond finalement qu’à un désir de se cacher un peu plus. Et à un sens inattendu de la gravité.

Maurizio Cattelan pose à côté de son œuvre « Felix »
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Maurizio Cattelan pose à côté de son œuvre « Felix », 7 mai 2025

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© Jean-Christophe Verhaegen / AFP

C’est en tout cas la sensation qui étreint quand il nous accorde quelques instants, à table, au lendemain du vernissage. Il sort tout juste de sa séance de piscine quotidienne. Sur son assiette, une pomme, rien de plus, qu’il ne croquera pas. Pas plus qu’il ne touchera au fabuleux dessert concocté par le chef du Yozora, récemment étoilé, pour le festin du 15e anniversaire : une banane scotchée de gris, fac-similé à s’y tromper, en sucre et chocolat, de l’un des derniers hits de Cattelan.

Cette banane qu’il a baptisée Comedian, il l’a accrochée en solo dans une salle blanche du musée, presque dérisoire. Il l’avait, en 2019, collée sur le stand de la galerie Perrotin à la foire Art Basel Miami, en geste de provocation à l’égard du marché de l’art. Elle s’était alors vendue 120 000 dollars. Puis 6,2 millions de dollars quand elle était passée aux enchères en 2024. Des chiffres qui le laissent froid : « Vous savez, tout cela ne m’a rien rapporté, cela m’a même coûté de l’argent en procès », s’amuse-t-il. Puis fusent deux blagues, mille questions décalées aux hôtes de la tablée, des silences concentrés ; et cette pomme qui ne cesse de tourner entre ses mains, un regard qui souvent se dérobe : il ne faut pas compter sur lui pour lever les mystères de son déconcertant accrochage. Il échappe, encore une fois.

Le rire cède la place au pessimisme

Dans la salle « G » – « La grande illusion » : de gauche à droite, « Cinq chevaux » puis « Charlie » de Maurizio Cattelan, 2013 et 2003 ; « Arbre » de Giuseppe Penone, 1973.
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Dans la salle « G » – « La grande illusion » : de gauche à droite, « Cinq chevaux » puis « Charlie » de Maurizio Cattelan, 2013 et 2003 ; « Arbre » de Giuseppe Penone, 1973.

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© Marc Domage

Il a heureusement laissé toutes sortes de pistes pour nous retrouver dans son labyrinthe, et nous laisser nous y perdre aussi. Un abécédaire, 27 entrées dans le désordre, structure – ou déstructure ? – le tout. « Q » comme « Quand nous cesserons de comprendre le monde » : on pressent au fil du parcours qu’on est déjà arrivé à ce moment. Tout comme à « S », « Saison des ouragans ». « V » ? « Voyage au bout de la nuit ». « Z », comme « Zombification », petit rappel des premières années de son parcours professionnel, dans une morgue.

Lui qui rêve de renaître dans le corps d’un entomologiste n’est plus là pour épingler les rires et les clichés. On l’a compris, la tonalité d’ensemble est mélancolique, voire sombre. « B » ? « Bats-toi ». « W ou le souvenir d’enfance ». Allusion au chef-d’œuvre éponyme de Georges Perec, mélange de fiction et d’autobiographie où l’écrivain décrit sa quête d’un père et d’une mère disparus tous deux pendant la Seconde Guerre mondiale.

C’est peut-être le chapitre où Cattelan se livre le plus. «  Mon enfance n’a pas été facile mais pas insolite non plus, dévoile-t-il dans le catalogue. Je partage ce fardeau avec tant d’autres, avant et après moi. Si je devais la résumer en quelques mots, je la décrirais comme une constellation d’actes de rébellion contre l’autorité. L’église, l’école et mes parents étaient à la fois mes cibles et mes bourreaux », évoque l’auteur de la Nona Ora, qui met en scène le pape Jean-Paul II percuté par une météorite.

Au cœur de l’exposition, sa propre mère se retrouve ainsi enfermée dans un frigo semi-ouvert ; quant au père, c’est un Pinocchio en pleine chute dans Daddy Daddy. Le symbole de cette marionnette qui prend vie est fort pour quiconque a été enfant. Mais plus encore pour un Italien : pas un bambino qui n’ait été traumatisé par le récit originel, si dramatique que nombre de petits ont écrit au journal qui dévoilait l’histoire en épisodes pour qu’en soit changée la fin. C’est de ce terrible conte, aussi, que viennent les trois silhouettes d’enfants souriants que Cattelan a littéralement pendues à un arbre de Milan, à ses débuts. Par sa violence, l’œuvre a défrayé la chronique, et on ne la retrouve pas telle quelle dans l’exposition. Mais son souvenir est porté par un miroir de Pistoletto imaginé en complicité avec Cattelan.

Dans la salle « A » – « Air de famille » : de gauche à droite, « Shadow » de Maurizio Cattelan, 2023 ; « Maman » de Niki de Saint Phalle, 1971 ; « la Mère de l’artiste » d’Alberto Giacometti, 1951 ; « la Mère de l’artiste » de Julio González, vers 1923-1926.
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Dans la salle « A » – « Air de famille » : de gauche à droite, « Shadow » de Maurizio Cattelan, 2023 ; « Maman » de Niki de Saint Phalle, 1971 ; « la Mère de l’artiste » d’Alberto Giacometti, 1951 ; « la Mère de l’artiste » de Julio González, vers 1923–1926.

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© Marc Domage

Peu d’éclats de rire, donc, dans ce « dimanche sans fin » paradoxal qui échoue à arrêter la marche du monde. Comme s’il nous disait : « Plus envie de rire ». Ou, du moins, comme il le tamponne sur ses catalogues : « Riez, c’est la fin ». Son fameux baby-foot allongé, destiné à une dizaine de joueurs, est installé sous un drapeau américain, noirci et constellé de balles. L’une de ses œuvres les plus récentes. L’exposition est ainsi émaillée de ses commentaires désespérés sur l’Amérique de Trump, dans laquelle il vit la moitié de l’année. On connaît son peu de tendresse pour le personnage : il avait copié les toilettes en or massif de la Trump Tower (America) pour les installer au Guggenheim où chacun était libre d’y faire ses besoins. Mais sa vision s’avère toujours plus pessimiste.

« J’essaie toujours d’éviter que mes œuvres n’aient qu’une seule lecture possible. Mais si l’exposition donne de moi l’image d’un artiste socialement et politiquement engagé, j’en suis ravi. » À la lettre « I », comme « Ils ne passeront pas ! », il décline sa vision du ¡No pasarán! des antifascistes espagnols : « Le pouvoir n’a plus de visage unique. Il se dilue, il se cache. […] À une époque où le capitalisme se mêle au consumérisme, nous sommes à la fois les victimes et les rouages du pouvoir. Alors, contre qui devrions-nous lancer une bombe incendiaire pour canaliser notre rage, sinon contre nous-même ? »

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Dimanche sans fin – Maurizio Cattelan et la collection du Centre Pompidou

Du 8 mai 2025 au 2 février 2027

www.centrepompidou-metz.fr

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Catalogue de l'exposition

Sous la direction de Maurizio Cattelan et Chiara Parisi

Éd. Centre Pompidou-Metz • 452 p. • 39 €

À la fois abécédaire encyclopédique et récit autobiographique fragmenté, ce livre promet de devenir une référence pour quiconque veut comprendre Cattelan. Les informations sur les œuvres de la collection du MNAM y restent très parsemées, mais c’est le regard singulier posé sur elles par l’artiste qui fascine ici. Avec aussi un passionnant entretien entre lui et Chiara Parisi, et une digression éclairante de Philippe-Alain Michaud, co-commissaire de l’exposition, sur cet énigmatique « Dimanche » du titre.

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