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Les concours ? Dix finalistes, jugés par de grands noms : cette année Noé Duchaufour-Lawrance, le chef pâtissier Pierre Hermé, le designer Jean-Marie Massaud ou encore l’architecte-paysagiste Bas Smets (chargé du parvis de Notre-Dame de Paris)…
À la clé : des aides à projet ou des résidences accordées par de prestigieux partenaires, de Chanel au Mobilier national en passant par le joaillier Van Cleef & Arpels. Design Parade, dont la première édition fut celle de Hyères en 2006 (avec comme marraine Andrée Putman), avec sa dense programmation d’expositions, est un événement incontournable pour le milieu de la création.
À droite, « Le souvenir doux-amer de la plantation » de Yassine Ben Abdallah (2022). À droite, la « collection de mobilier Ibuju » de Francisco Jaramillo (2022)
Machette éphémère en sucre ; Yaré (fibre végétale) • © Design Parade Hyères / Photo Florian Lafosse & Photo Juan Silva
C’est parti ! Depuis le 22 juin, l’ancien évêché en plein cœur de Toulon accueille les projets d’architecture d’intérieur des finalistes : ce sont dix salles investies jusqu’au moindre recoin, étonnantes de fantaisie. Celle de Gala Vernhes-Chazeau par exemple, entièrement blanche, a comme été submergée par les flots, meubles et objets sédimentés par l’eau. Ou celle de Mathieu Tran Nguyen, qui est totalement construite en osier, des assises aux marqueteries murales, tapis, luminaires… À Hyères, c’est à l’iconique Villa Noailles que les jeunes designers exposent leurs merveilles : des machettes en sucre en mémoire des esclaves de La Réunion (Yassine Ben Abdallah), des lampes moulées dans un béton vertueux et écologique (James Haywood)… Ils ont tous été sélectionnés pour leur démarche innovante, poétique et sensible.
À gauche, le pop-up “Bibi kër, Galerie du 19 M de Dakar à Toulon” de Bibi Seck. À droite, vue de l’exposition “L’Amour, la Mer, les Femmes” de Aline Asmar d’Amman à la Design Parade de Toulon
© Design Parade Toulon / Photo Bibi Seck & Photo Jeremy Zaessinge
Pour juger ces jeunes et déjà grands talents, le festival invite chaque année des pointures. À Toulon, la présidente du jury n’est autre que la décoratrice Aline Asmar d’Amman, qui a signé la rénovation de l’hôtel de Crillon et repensé le restaurant Jules Verne de la tour Eiffel ; tandis qu’à Hyères, c’est le très en vue Noé Duchaufour-Lawrance qui a été sollicité. Tous deux exposent leur travail dans des parcours scénographiés avec soin, aux côtés des finalistes. Mais aussi d’autres noms : le designer sénégalais Bibi Seck qui présente son ensemble de meubles en plastique recyclé, le créateur Ronan Bouroullec ou les lauréates en design de l’année dernière, Claire Pondard & Léa Pereyre. À la Villa Noailles, elles dévoilent le fruit de leur résidence à la manufacture de Sèvres et au Cirva : une panoplie de vases en verre avec incrustations, effets de matière, tâches colorées et ailettes. Tel un joyeux banc de poissons exotiques.
Vues de l’exposition “Les Nuits d’Été” de Pierre Yovanovitch à la Villa Noailles
© La Villa Noailles / Photo Paolo Abate
À l’origine, ce terrain niché sur les hauteurs de Hyères était un cadeau de mariage offert à Charles et Marie-Laure de Noailles : ils en ont fait un manifeste de modernité en commandant « une petite maison intéressante à habiter » au jeune architecte Robert Mallet-Stevens, et en y invitant amis, artistes et intellectuels. Pour le centenaire de la villa, le célèbre décorateur Pierre Yovanovitch a imaginé ce que serait la vie du couple en 2023, en conservant l’aménagement original. Résultat : on y sent l’influence de Cocteau, Dalí ou Picasso, dans une atmosphère romantique où des créations modernes côtoient des pièces issues des archives privées du couple et des œuvres d’art du XXe siècle (César, Josef Albers, Miquel Barceló…). Ne manquez pas le boudoir de Marie-Laure, tout de rose vêtu, dont le plafond en forme de fleur éclaire un canapé rouge de ses pistils lumineux…
À gauche, vue de l’exposition « Good Moods – Vue mer, vue jardin ». À droite, l’exposition « Les mains à l’argile » de Ronan Bouroullec pour la Design Parade de Toulon et ses œuvres « Bas-relief » (2021) et « Rombini » (2022)
Céramique, bois, pastel gras ; vert, céramique, Mutina • 38 × 32,5 × 4 cm • © Design Parade Toulon © Photo Camille Lemonnier
À Toulon, des expositions, il y en a partout, jusque dans la rue. Il faut lever les yeux pour repérer les photographies de l’octogénaire Dominique Nabokov accrochées sur des façades d’immeubles, qui capturent les salons de célébrités à New York, Paris et Berlin. Le jeu est de deviner à qui ils appartiennent ! Parmi la vingtaine d’expositions, on passe obligatoirement à la galerie du Canon TPM admirer les bas-reliefs en céramique de Ronan Bouroullec, et à la galerie Goodmoods pour se laisser séduire par les objets de jeunes créateurs invités à s’inspirer de la mer et du jardin. Tandis qu’à Hyères, la plupart des expositions se concentrent dans la Villa Noailles, avec des archives inédites scénographiées par une ancienne finaliste du concours, Maria Jeglinska, et les tableaux en céramique de Stéven Coëffic. Sans oublier le prix Tectona, qui a demandé aux finalistes de produire une chaise en un mois – l’exercice emblématique du designer !
À gauche, la chaise “Sparkling” de Marcel Wanders (2010). À droite, vue de l’exposition “Seconde Nature” à l’Hôtel des Arts de Toulon pour la Design Parade
Coll. du Centre national des arts plastiques • © Marcel Wanders / Cnap & Photo Courtesy of Marcel Wanders & Photo Luc Bertrand
Une exposition incontournable pour son originalité, sa scénographie, son discours et ses œuvres loufoques comme cette chaise composée d’un sac d’aspirateur qui se gonfle une fois par heure, ce canapé à base de sacs Tati ou ce fauteuil produit par des champignons… L’exposition « Seconde nature » à l’hôtel des Arts de Toulon montre à quel point, dès les années 1970, les designers se sont penchés sur la question du produire moins et du produire mieux, par l’artisanat et la récupération ou en s’aidant de hautes technologies… On y trouve des prêts du Centre Pompidou, du Cnap, des Arts Décoratifs mais aussi du Mobilier national qui présente ses « Aliénés », des pièces historiques destinées à la vente ou au rebut, qui ont été données en pâture à des artistes. C’est ainsi que le studio GGSV a customisé un buffet Empire en y peignant un ciel orageux, que Fabienne Auzolle a clouté puis recouvert de papier peint et de céramique un cartonnier de style Directoire… On en ressort médusés.
Seconde nature - Pour un design durable
Du 23 juin 2023 au 5 novembre 2023
Hôtel des Arts • 236 Boulevard Maréchal Leclerc • 83000 Toulon
hda-tpm.fr
Design Parade Hyères - 17e festival international de design
Du 23 juin 2023 au 3 septembre 2023
Villa Noailles • Montée de Noailles • 83400 Hyères
villanoailles-hyeres.com
Design Parade Toulon – 7e festival international d’architecture d’intérieur
Du 23 juin 2023 au 3 septembre 2023
Villa Noailles - Toulon • 69 Cours Lafayette • 83000 Toulon
villanoailles.com
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