En partenariat avec Fondation Carmignac

« Porquerolles, au commencement, était une femme. » Ainsi Charles Carmignac résume-t-il la légende fondatrice de l’île de Porquerolles, laquelle raconte qu’un roi a conseillé à ses filles de se transformer en roches pour se protéger d’un assaillant venu de la mer… Faire place aux femmes, donc, est l’ambition de la nouvelle exposition estivale de la fondation pour sa Villa Carmignac, cette année signée de la curatrice britannique Alona Pardo.
Venue de la Barbican Art Gallery de Londres, où elle exerce depuis une quinzaine d’années, Alona Pardo a voulu répondre à la situation exceptionnelle de la fondation, installée sur une île sauvage (« magique », dit-elle) où l’on ne peut aller qu’à pied, et nous explique souhaiter notamment « interroger les relations entre les femmes et la nature ». Sur les murs et dans le jardin, plus de soixante artistes et 80 œuvres ont été réunis, de Pablo Picasso et Egon Schiele à ORLAN et Billie Zangewa en passant par Willem de Kooning, Judy Chicago, Camille Henrot ou encore Marlene Dumas.
De la Renaissance à aujourd’hui, donc, il s’agit d’observer et d’étudier l’évolution des représentations de la femme, de la Vierge Marie tenant l’enfant Jésus dans ses bras par Sandro Botticelli à la femme-objet pop de Roy Lichtenstein, de l’araignée maternelle de Louise Bourgeois aux danseuses pleines de désir de France-Lise McGurn, et de la Vénus noire de Billie Zangewa à l’actrice transgenre Candy Darling photographiée par le génial Peter Hujar sur son lit de mort.
Des représentations drôles, poignantes, bouleversantes, provocantes, dont l’assemblage fait de l’exposition un poème gorgé de tendresse pour la figure féminine, quels que soient le temps et le mode auquel elle est conjuguée.
Treize œuvres ont été choisies au sein de la collection de la fondation Carmignac, complétées par des dizaines de prêts et des productions inédites réalisées in situ. De techniques et de matériaux extrêmement variés (sculpture, peinture, broderie, installation…), ce panorama d’œuvres est à l’image de son sujet féminin : d’une diversité si absolue qu’il est impossible de le résumer en une essence supposée… Comme l’affirme avec éclat la plasticienne Mary Beth Edelson dans son extravagant collage de 146 représentations de femmes, de l’Antiquité à aujourd’hui.
On aurait pu croire le sujet déjà bien étudié : il n’en est rien, et « The Infinite Woman » est l’une des plus belles expositions à voir en ce moment !
Texte : Maïlys Celeux-Lanval
The Infinite Woman
Du 27 avril 2024 au 3 novembre 2024
Fondation Carmignac • Piste de la Courtade • 83400 Île de Porquerolles, Hyères
www.fondationcarmignac.com
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