Les 50 plus belles expositions de 2018
Les 50 plus belles expositions de 2018
Le printemps en janvier ? Beaux Arts accélère le temps pour révéler ce que le premier semestre vous réserve de meilleur en France et à l’étranger.
Photographie
1. Le double choc Susan Meiselas / Raoul Hausmann
Voir ses strip-teaseuses des années 1970 réunies à Paris Photo avait agi comme un teaser parfait. Mais qu’on ne s’y trompe pas, la rétrospective Susan Meiselas sera autrement plus âpre. En témoignent les reportages au long cours qui ont valu à cette tête brûlée de l’agence Magnum une aura internationale. Du Salvador, du Nicaragua, du Kurdistan, l’Américaine a rapporté des clichés si forts que l’opinion mondiale sut tout à coup placer ces pays sur une carte : image en couleurs d’un homme allongé dans une nature verdoyante, à l’orée d’une plage, dont on ne connaîtra jamais que les jambes et une section de la colonne vertébrale ; plan serré sur un combattant sandiniste dissimulé sous un masque évoquant les plus belles heures du surréalisme… Engagée corps et âme, empathique à l’extrême, Meiselas se distingue de ses confrères en collectant à chaque fois mille archives visuelles ou sonores et en revenant voir ses modèles, passé le temps de la guerre, de la révolution ou de la violence conjugale. Autre tête d’affiche du Jeu de paume, le Berlinois Raoul Hausmann se révèle cet hiver sous un nouveau jour avec un corpus photographique étonnant, admiré par László Moholy-Nagy. D’Ibiza à Limoges, une œuvre sensuelle et libertaire, rescapée du silence de l’exil, et dont la douce simplicité contraste avec le bruit et la fureur dada.
Susan Meiselas - Médiations
Du 6 février 2018 au 20 mai 2018
Jeu de Paume • 1, place de la Concorde • 75008 Paris
www.jeudepaume.org
Raoul Hausmann. Photographies (1927-1936)
Du 6 février 2018 au 20 mai 2018
Jeu de Paume • 1, place de la Concorde • 75008 Paris
www.jeudepaume.org
2. Irrécupérable Mai 68 ?
Comment commémorer Mai 68 sans trahir ce qui fut par essence hostile à tout pouvoir, sinon celui de l’imagination ? L’Hôtel de Ville y répond par un hommage à son meilleur chroniqueur, Gilles Caron (1939–1970). De retour du Biafra, le jeune reporter de guerre fut de toutes les grèves et de toutes les manifestations. Immortalisant le sourire vainqueur de Cohn-Bendit face aux CRS, il fit surtout du lanceur de pavés anonyme l’icône du soulèvement. « Véritable hiéroglyphe documentaire, le lanceur est pour Caron une figure exprimant toutes les variations de la révolte, note le commissaire et historien, Michel Poivert. Torse nu, en blazer ou en pull-over, emporté dans son élan ou rivé au sol en catapulte, le lanceur devient danseur. » La BnF, qui acquit presque aussitôt ces clichés de presse historiques, revient de son côté sur la couverture médiatique des événements. Pourquoi la première nuit des barricades fut-elle si peu photogénique ? Pourquoi n’a-t-on jamais vu Mai 68 en couleurs ? Réponse au printemps.
Gilles Caron, Manifestation le 6 mai 1968 à Paris, Daniel Cohn-Bendit devant un CRS à la Sorbonne
© Photo Fondation Gilles Caron / Gamma-Rapho via Getty Images
Icônes de Mai 68 – Les images ont une histoire
Du 17 avril 2018 au 26 août 2018
BnF • Quai François Mauriac • 75013 Paris
www.bnf.fr
Images en lutte - La culture visuelle de l'extrême gauche en France (1968-1974)
Du 21 février 2018 au 20 mai 2018
École Nationale Supérieure des Beaux-Arts • 14 Rue Bonaparte • 75006 Paris
www.beauxartsparis.fr
3. Robert Adams préapocalpyptique
Après un solo show Zbigniew Dłubak, photographe polonais de l’après-guerre méconnu en France (17 janvier-29 avril), la fondation Henri Cartier-Bresson exposera une série de Robert Adams des années 1970, où la vie, soudain, ne tient plus à rien : un panache de fumée noire qui menace au loin. Radioactif ou non, l’incendie de l’usine atomique de Denver brille encore dans toutes les pupilles.
Robert Adams. Our Lives and Our Children
Du 16 mai 2018 au 29 juillet 2018
Fondation Henri Cartier-Bresson • 79 Rue des Archives • 75003 Paris
www.henricartierbresson.org
4. Toutes les colères de David Goldblatt
Plus de 200 photos, une centaine de documents inédits et sept films produits spécialement pour l’événement : il fallait au moins cela pour retracer les sept décennies d’activité du photographe sud-africain David Goldblatt. Adepte du noir et blanc – malgré une incursion dans la couleur sous l’ère Mandela –, ce petit-fils d’immigrés juifs lituaniens s’est fait très tôt l’observateur des violences politiques, économiques
et sociales de son pays. Dès 1948, année de l’instauration de l’apartheid, Goldblatt prend ses premiers clichés : il a 18 ans et sait déjà que sa couleur de peau lui permettra de témoigner des exactions à venir. Sans jamais céder au manichéisme, il n’a cessé depuis de documenter les structures de domination mises en place au fil des siècles, tout en chroniquant la vie de ses compatriotes, blancs ou noirs, tous menacés désormais par la déliquescence des valeurs démocratiques. À voir absolument.
David Goldblatt, Vendeuse, Orleto West, 1972
Courtesy David Goldblatt et Goodman Gallery, Johannesburg-Le Cap / © David Goldblatt
David Goldblatt
Du 21 février 2018 au 7 mai 2018
Centre Georges Pompidou • Place Georges Pompidou • 75004 Paris
www.centrepompidou.fr
Vous aimerez aussi
Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...
Visiter la boutique

