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Sélection

Les 50 plus belles expositions de 2018

le 30 décembre 2017 à 12h12

Le printemps en janvier ? Beaux Arts accélère le temps pour révéler ce que le premier semestre vous réserve de meilleur en France et à l’étranger.

1. Une fondation comme une usine à rêves pour artistes

Promis, cette fondation ne ressemblera à aucune autre ! À partir du 10 mars, Lafayette Anticipations va remuer le paysage artistique parisien, forte d’un projet hors normes. Imaginée par Guillaume Houzé, directeur de l’image et de la communication du groupe, cette nouvelle institution sise au 9, rue du Plâtre, au cœur du Marais, se consacrera aux arts plastiques, mais aussi au design et à la mode. « Nous n’avons pas voulu faire une boîte à bijoux, mais une boîte à outils pour les artistes », promet-il. Le bâtiment est lui aussi hors norme. Il a été dessiné par l’architecte Rem Koolhaas, comme une machine high-tech dissimulée derrière la façade la pierre de taille XIXe. Singularité : les planchers sont presque tous mobiles, montant et descendant au gré des besoins. Trois étages, mais 49 configurations envisageables de l’espace. « Une multiplicité infinie de possibles », s’enthousiasme François Quintin, qui dirige ce projet couteau suisse. La fondation sera inaugurée avec une exposition de l’Américaine Lutz Bacher, peu connue en France. Au rez-de-chaussée, traversant et gratuit : boutique, restaurant et espace de rencontre. Aux étages, les espaces d’expositions et un studiolo destiné à des ateliers pour petits et grands. Au sous-sol, un atelier dernière génération, adapté aux besoins des artistes qui trouveront là un fablab paradisiaque, mais aussi toute une équipe dédiée à leurs quatre volontés. E. L.

Lafayette Anticipation
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Lafayette Anticipation

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© OMA / Fondation d’entreprise Galeries Lafayette. © Bas Princen

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Lutz Bacher

Du 10 mars 2018 au 30 avril 2018

2. Neil Beloufa entre en guerre

Neil Beloufa revient au Palais de Tokyo (après une première exposition monographique en 2012) pour un projet ambitieux mettant en relation des productions artistiques avec des documents, des objets et des images de guerre. « L’ennemi de mon ennemi » sera, selon Guillaume Désanges, commissaire associé de l’exposition, « une représentation chaotique et parcellaire de la manière dont s’écrit l’histoire à l’ère de la globalisation et du capitalisme tardif ». Comment les discours et la propagande figurent-ils ou bien étouffent-ils la violence des conflits ? Comment la mémoire de la guerre est-elle entretenue ? Le dispositif de l’exposition s’inspirera de celui mis en place dans les musées commémoratifs et les monuments officiels. J. L.

Neil Beloufa, Néolibéral
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Neil Beloufa, Néolibéral, 2015

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Courtesy Neil Beloufa et galerie Balice Hertling, Paris / © ADAGP, Paris 2017–2018 / Photo Aurélien Mole

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Neïl Beloufa. L'Ennemi de mon ennemi

Du 16 février 2018 au 13 mai 2018

3. Terreur plastique

Quel nouveau coup de poing va nous infliger Adel Abdessemed ? L’artiste qui s’est rendu célèbre pour avoir sculpté dans le bronze le coup de boule de Zidane et représenté en fil barbelé le Christ du retable d’Issenheim dévoile un ensemble d’œuvres inédites. E. L.

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Adel Abdessemed. L'antidote

Du 9 mars 2018 au 8 juillet 2018

4. Au diapason de Nicolas Schöffer

C’est un spectacle, autant qu’une exposition, que nous promet le LaM. Nicolas Schöffer ne mérite pas moins : jusqu’à sa mort en 1992, l’artiste français d’origine hongroise n’eut de cesse de mettre la sculpture en mouvement, voire en musique. Pas question donc de figer les créations de l’auteur de la Tour spatiodynamique cybernétique et sonore de Liège. Pour cette première rétrospective en France depuis cinquante ans, tout le musée se met au diapason de celui qui fut accompagné, dans les années 1970, par le compositeur Pierre Henry et la danseuse Carolyn Carlson. Du décor du night-club Voom-Voom à Saint-Tropez aux émissions de télévision, en passant par ses collaborations avec scientifiques ou urbanistes, celui qui enchanta de lumière et de métal les seventies continue à nous parler d’avenir. E. L.

Nicolas Schöffer devant la Tour Lumière Cybernétique, vers 1967
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Nicolas Schöffer devant la Tour Lumière Cybernétique, vers 1967

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Achives Schöffer / © DR / Photo N. Dewitte / LaM

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Nicolas Schöffer – Rétroprospective

Du 23 février 2018 au 20 mai 2018

5. L’Inox indien sous les ors parisiens

Première monographie parisienne pour Subodh Gupta, le plus célèbre des artistes indiens. À cette occasion, la Monnaie dédie à cet amateur d’installations à grand spectacle tous ses espaces historiques, son rez-de-chaussée, mais aussi son escalier d’honneur et ses trois cours rénovées à l’automne. Promesse de cascade d’inox sur la pierre de taille XVIIIe : un attelage détonnant. E. L.

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Subodh Gupta - Adda / Rendez-vous

Du 13 avril 2018 au 26 août 2018

6. Kader Attia en solo et en duo avec Jean-Jacques Lebel

« C’est autour d’une guerre, la Grande Guerre, que je suis tombé en fascination pour l’œuvre de Jean-Jacques Lebel : assemblage, réassemblage et réappropriation d’objets de mort devenus objets d’art, sur le seuil de l’enfer, dont la force n’a d’égale que la fragilité du temps où ils furent créés… Avoir ressenti la profonde émotion qui émane de ces objets modestement immenses fut le début de notre dialogue. » Ainsi Kader Attia évoque-t-il Jean-Jacques Lebel, avec qui il compose depuis quelques années une exposition en forme de conversation, transcendant les âges et les frontières. Entre le titulaire du prix Duchamp 2016, passionné par tous les champs du savoir, et l’enfant scandaleux du surréalisme, héraut de la culture beatnik, l’échange ne pouvait être que vif, et vivifiant. À travers objets, textes, musiques, ces deux êtres pleins de fougue mettent en scène la pensée d’André Breton : « On ne découvre pas un objet, c’est lui qui vient à notre rencontre. » En parallèle, l’artiste franco-algérien a aussi les honneurs d’une vaste exposition au Mac Val, où il devrait prolonger ses explorations de la notion de réparation, d’une civilisation à l’autre. E.L.

Kader Attia, Reenactment
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Kader Attia, Reenactment, 2014

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Coll. particulière • Photo Elisabeth Bernstein / © ADAGP, Paris 2017–2018

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Kader Attia

Du 14 avril 2018 au 16 septembre 2018

6. Ce que les yeux de Ceija Stojka ont vu

Ceija Stojka a été la voix de tout un peuple, en brisant un terrible tabou. Plus de quarante ans après la Shoah, cette modeste marchande de tapis autrichienne osa rappeler que le peuple tzigane avait lui aussi été décimé. Et notamment toute sa famille pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle a gardé le silence, jusqu’au début des années 1990, où elle publia ses mémoires, malgré le vif désaccord de ses frères et sœurs de sang. Et elle ne se contenta pas de mots. Elle réalisa également, à la même époque, une centaine de toiles où elle réveille le souvenir des trois camps par lesquels, gamine, elle est passée : Auschwitz, Ravensbrück, Bergen-Belsen. Le collectionneur Antoine de
Galbert fut bouleversé quand il découvrit les œuvres de l’autodidacte. Il leur confie le soin de clore le cycle d’expositions de sa fondation, la Maison rouge, qui fermera définitivement à l’automne 2018, et laissera une immense lacune dans le paysage artistique parisien. E. L.

Ceija Stojka, Sans titre
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Ceija Stojka, Sans titre, 1995

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Courtesy Collection Antoine de Galbert / © ADAGP, Paris 2017–2018

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Ceija Stojka (1933-2013). Une artiste rom dans le siècle

Du 23 février 2018 au 20 mai 2018

7. Au fil des chefs-d’œuvre de Sheila Hicks

Cent fois sur le métier, Sheila Hicks a remis son ouvrage, faisant du textile, quasiment, son unique matière première. Mais il fallut des décennies pour que la dynamique octogénaire, américaine à Paris depuis les années 1960, soit enfin célébrée comme il se doit : bien plus qu’une décoratrice d’intérieur qui fait feu de tout textile, une immense plasticienne, qui réinvente la peinture avec des fils de laine, et la sculpture de ses ballots colorés. Quarante-deux ans après la fameuse exposition Pompidou de 1972, dans laquelle elle était l’une des deux seules artistes femmes avec Niki de Saint Phalle, la voilà enfin qui fait son nid au Centre Pompidou. « Tout ce que je fais, c’est habiter de mes créations les lieux créés par d’autres, améliorer le moment qu’y vivent les gens, plaide-t-elle humblement. Si l’on travaille avec un matériau modeste, trivial, il ne faut avoir aucune prétention. Ce qui ne signifie pas que le message envoyé soit insignifiant. On ne peut expliquer cette âme du textile avec les mots ; chaque fibre a une mémoire plus forte que nous. Toucher est essentiel. Toucher, c’est ne pas avoir peur, sentir que cet objet n’est pas autre, mais une extension de soi, qu’il appartient à ton domaine intime. » Ou l’invention du textitentialisme ? E. L.

Sheila Hicks, Palitos con Bolas
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Sheila Hicks, Palitos con Bolas, 2011

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Coll. Centre Pompidou, Paris • © MNAM-CCI, Paris - Dist. RMN-GP / Adagp, Paris 2017-2018 / Photo Philippe Migeat

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Sheila Hicks. Lignes de vie

Du 7 février 2018 au 30 avril 2018

8. Le temps de l’amour

Comment dit-on « je t’aime » avé l’assent ? Marseille prend sept mois pour conjuguer le verbe à tous les temps et faire sa déclaration « aux arts, aux artistes et au territoire », comme le dit le dossier de presse. Featuring JR, Picasso et Shéhérazade, la programmation de MP2018 embrasse tous azimuts, pour le meilleur, espère-t-on. Et, bien sûr, la saison ouvre le jour de la Saint-Valentin. E. L.

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Saison culturelle « Quel amour ! »

Marseille • Du 14 février au 1er septembre

https:// www.mp2018.com

9. Chevauchée fantastique avec Mohamed Bourouissa

Nouveau western ? Mohamed Bourouissa a fait sensation, il y a quelques années, en révélant l’existence de ces cavaliers d’un nouvel âge, qui n’aiment rien tant qu’errer dans les rues de Philadelphie. Rencontrés dans le quartier défavorisé de Strawberry Mansion, au nord de la ville, ces urban riders qui mêlent street culture et mythes du cow-boy sont au centre de la première exposition du jeune artiste français d’origine algérienne dans un grand musée parisien. Articulé autour du film Horse Day, poétique documentaire sur les écuries de Fletcher Street, où de jeunes gens apprivoisent des chevaux abandonnés, le parcours évoque son dialogue avec cette communauté, rencontrée au cours d’une résidence de huit mois qui donna naissance à nombre de croquis, collages et aquarelles. Il revient aussi sur quelques-uns de ses projets phares, comme sa première série photographique, Périphéries, qui métamorphosait la jeunesse de banlieue en héroïne d’une peinture d’histoire des temps modernes. Comme il l’a déjà fait l’an passé au château d’Oiron, l’artiste invite aussi des artistes chers à son cœur à collaborer avec lui, au gré de différents workshops, composant à sa manière une communauté nouvelle. E. L.

Mohamed Bourouissa, Horse Day
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Mohamed Bourouissa, Horse Day, 2014–2015

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Courtesy Mohamed Bourouissa et Kamel Mennour, Paris-Londres / © ADAGP, Paris 2017–2018

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Mohamed Bourouissa - Urban Riders

Du 26 janvier 2018 au 22 avril 2018

10. Le temps de l’atome

On connaissait la cuisine moléculaire. Voilà désormais l’art moléculaire ! Un voyage au cœur de la matière à la sauce anthropocène, concocté par notre confrère Nicolas Bourriaud, grand manitou de l’art contemporain sur tout Montpellier. L’exposition rassemble une trentaine de jeunes explorateurs de l’atome, comme Dora Budor, Thomas Teurlai ou Vivien Roubaud. De quoi faire fumer les cerveaux ! E. L.

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Crash Test

Du 10 février 2018 au 6 mai 2018

11. Variations autour d’un ovni littéraire

L’Invention de Morel est l’un des livres les plus profonds et les plus énigmatiques de la littérature d’Amérique latine. Récit de l’exil d’un condamné sur une île pas si déserte, ce chef-d’œuvre, paru en 1940, de l’Argentin Adolfo Bioy Casares, proche de Borges et Cortázar, sert ici de prétexte aux digressions d’une quinzaine d’artistes, tous sous influence du roman d’anticipation. Faut-il douter du monde, ou de son image, ou des deux ? Nicolas Darrot, Leandro Erlich, Julio Le Parc ou Rafael Lozano-Hemmer répondent à leur manière au kafkaïen Latino. E. L.

Sliders_lab, TMWKTM
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Sliders_lab, TMWKTM, 2009–2015

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© Jean-Marie Dallet+Frédéric Curien (SLIDERS_Lab)

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