Les 50 plus belles expositions de 2018
Les 50 plus belles expositions de 2018
Le printemps en janvier ? Beaux Arts accélère le temps pour révéler ce que le premier semestre vous réserve de meilleur en France et à l’étranger.
International
1. Andreas Gursky : la mondialisation en grand format
Elle nous avait manqué, cette magnifique galerie posée entre la Tamise et la gare de Waterloo ! La voilà qui ouvre à nouveau, après près de deux ans de travaux, toute pimpante pour son 50e anniversaire derrière sa façade de béton brutaliste inchangée. La Hayward Gallery a confié sa réouverture à Andreas Gursky, spectaculaire héritier de Bernd & Hilla Becher. Mégastar dans les années 2000, le photographe allemand s’était fait plus discret ces dernières années. Titulaire de quelques records de vente, il revient avec 60 de ses immenses images, paraboles d’un monde globalisé. Au menu, certaines de ses icônes, comme son portrait froid du plus grand ensemble du quartier Montparnasse, à Paris, ou ses panoramas immersifs du Rhin, mais aussi ses dernières créations. Le tout sous la lumière zénithale qui envahit de nouveau le bâtiment, grâce à la rénovation de ses verrières. E. L.
Andreas Gursky, Les Mées, 2016
© Andreas Gursky / ADAGP, Paris 2017–2018 / Courtesy Sprüth Magers, Berlin-Londres
Andreas Gursky
Du 25 janvier 2018 au 22 avril 2018
Hayward Gallery • Belvedere Road • SE1 8TL
www.southbankcentre.co.uk
2. Requiem pour Ferdinand Hodler
Cent ans après sa mort, Ferdinand Hodler (1853–1918) envahit tout Genève de ses envoûtantes eaux et nuées. Riches de 150 peintures et 800 dessins, tous les musées de la ville reviennent sur l’héritage du plus grand peintre moderne suisse, qui célébra avec une telle acuité la nature et la lumière de son pays natal. Au musée Rath, l’exposition principale s’attache à analyser sa figure de style signature, à savoir l’usage de lignes parallèles. Tandis que le musée d’art et d’Histoire sort tous ses trésors le concernant, la Maison Tavel réunit ses héritiers, et une série de concerts vient en acmé de cette année d’hommage au si mélodieux artiste. E. L.
Ferdinand Hodler, Le Lac Léman et le Salève avec cygnes, 1915
Coll. MAH Genève • Photo J.-P. Kuhn
Hodler 2018
Divers lieux • Toute l’année
3. Sa Majesté la nature morte
Il y a du lourd au casting de cette splendide exposition consacrée à un genre dans lequel les Espagnols ont toujours excellé : le mystique et rare Sánchez Cotán, l’incomparable Velázquez, le précis Meléndez, le radical Goya mais aussi Picasso et Dalí… Soit quatre siècles du meilleur de la nature morte, des premiers bodegones du XVIIe siècle aux interprétations très personnelles des avant-gardes. Histoire d’enterrer définitivement l’idée d’une peinture de fruits ou de fleurs appartenant à un genre mineur. S. F.
Juan Sánchez Cotán, Chou, melon et concombre, vers 1602
Coll. The San Diego Museum of Art • © The San Diego Museum of Art
La nature morte espagnole - Silence sur la toile
Du 23 février 2018 au 27 mai 2018
Bozar • 16 Rue Ravenstein • 1000 Bruxelles
www.bozar.be
4. Retour au calme sur la lagune
Après le tsunami Damien Hirst, la collection Pinault s’offre à un artiste plus discret, c’est le moins qu’on puisse dire. Le peintre allemand Albert Oehlen est méconnu du public, et le Palazzo Grassi compte bien, en rassemblant 85 de ses toiles, démontrer l’éclat de son talent, qui oscille entre abstraction et figuration. En parallèle, sur le site Punta della Dogana, le deuxième volet de l’exposition collective « Dancing with Myself », dévoilée l’an passé au musée Folkwang d’Essen, en Allemagne. E. L.
Albert Oehlen
Du 8 avril 2018
Palazzo Grassi • 3231 Campo San Samuele • 30124 Venise
www.palazzograssi.it
Dancing with Myself
Du 8 avril 2018
Punta della Dogana • 2 Dorsoduro • 30123 Venezia
www.palazzograssi.it
5. L’appel des lointains
Wanderlust ? C’est cette envie irrépressible de voir le monde, ce désir insensé d’être toujours en mouvement. Un concept très allemand, difficilement traduisible, mais que les artistes ont incarné merveilleusement au XIXe siècle. Articulée autour du fameux
Voyageur contemplant une mer de nuages de Caspar David Friedrich – tableau jalousement conservé par la Hamburger Kunsthalle – l’exposition berlinoise rappelle combien parcourir la planète, se laisser aller à l’errance, revenait alors à construire une conscience moderne de la vie et du monde. Brassant Rousseau et Goethe, l’appel à revenir à une nature sauvage et la poésie tumultueuse du mouvement Sturm und Drang, les lointains de Hodler et les paradis trompeurs de Gauguin, elle promet d’atteindre les cimes. E. L.
Karl Friedrich Schinkel, Felsentor, 1818
© Staatlichen Museen zu Berlin, Nationalgalerie, Berlin / Photo Jörg P. Anders
Wanderlust – De Caspar David Friedrich à Auguste Renoir
Du 10 mai 2018 au 16 septembre 2018
Alte Nationalgalerie • 58 Potsdamer Straße • 10785 Berlin
www.smb.museum
6. L’ogre Baselitz
Il a 80 ans, le bougre d’artiste ! Comptant parmi les plus grands peintres allemands du XXe siècle, Georg Baselitz revient à Bâle sur soixante ans de carrière. À la fois peintre, graphiste et sculpteur, celui qui renversa la figure humaine pour la mettre tête en bas, continue de nous tournebouler l’œil. E. L.
Georg Baselitz
Du 21 janvier 2018 au 29 avril 2018
Fondation Beyeler • 101 Baselstrasse • 4125 Riehen
www.fondationbeyeler.ch
7. Egon Schiele face à lui-même et à Francesca Woodman
Voilà cent ans qu’Egon Schiele (1890–1918) est mort. L’occasion de multiples célébrations, à commencer par sa Vienne natale. Au Leopold Museum, son œuvre résonne avec ses objets personnels et ses écrits, notamment ses troublants poèmes. À Liverpool, le peintre, entier, excessif, sans tabou, est confronté à une photographe surdouée qui s’est donné la mort à 22 ans, Francesca Woodman (1958–1981). Offrant tous deux de l’intimité, de la nudité, du sexe et des images sans concession d’eux-mêmes. D. B.
Egon Schiele, Nu debout, 1914
Coll. Germanisches Nationalmuseum, Nüremberg
Egon Schiele. Expression et poésie
Du 23 février 2018 au 4 novembre 2018
Musée Léopold • 1 Museumsplatz • 1070 Wien
www.leopoldmuseum.org
Life in Motion – Egon Schiele / Francesca Woodman
Du 24 mai 2018 au 23 septembre 2018
Tate Liverpool • Albert Dock • L3 4BB Liverpool
www.tate.org.uk
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