Les 50 plus belles expositions de 2018
Les 50 plus belles expositions de 2018
Le printemps en janvier ? Beaux Arts accélère le temps pour révéler ce que le premier semestre vous réserve de meilleur en France et à l’étranger.
Art moderne
1. Kupka, héros abstrait très discret
Dans la famille des pionniers de l’abstraction, c’est le moins célébré. Le plus ésotérique, aussi. Bientôt trente ans que František Kupka (1871–1957) n’a pas eu les honneurs d’une rétrospective en France – la dernière remonte à 1989 au musée d’Art moderne de la Ville de Paris. L’a-t-on négligé parce que son œuvre tardive est loin d’avoir l’éclat de ses premières productions ? Riche de 300 peintures, dessins, gravures, livres illustrés, photographies et films, cette exposition a en tout cas le mérite d’examiner l’ensemble du parcours de l’artiste, des débuts symbolistes jusqu’aux dernières toiles des années 1950.
Natif de Bohême, Kupka s’est frotté aux premières avant-gardes du siècle dans la Vienne de la Sécession, avant de s’installer à Paris en 1896. C’est là, au fil des années 1910 et au contact de Marcel Duchamp, de Robert Delaunay ou de Guillaume Apollinaire, qu’il donnera naissance à ses chefs-d’œuvre. Des symphonies abstraites, vibrantes, mystiques, qui décomposent comme nulle autre le spectre chromatique. Inspiré par la philosophie, l’ésotérisme, les cultures anciennes et orientales autant que par les découvertes scientifiques les plus récentes, il fut également un grand théoricien de l’abstraction naissante. E. L.
František Kupka, Plans par couleurs Grand Nu, 1909–1910
Coll. & © Solomon R. Guggenheim Museum, New York / Art Resource Dist. RMN-GP
František Kupka
Du 19 mars 2018 au 30 juillet 2018
Grand Palais • 7 Avenue Winston Churchill • 75008 Paris
www.grandpalais.fr
2. Vitebsk, foyer incendiaire russe
Ils s’appelaient Marc Chagall, El Lissitzky et Kazimir Malevitch. Et c’est à Vitebsk (dans l’actuelle Biélorussie), au lendemain de la révolution russe de 1917, que ces artistes et d’autres unirent leurs forces pour réinventer la peinture et l’engager sur la voie des avant-gardes. Un siècle plus tard, le Centre Pompidou associe à nouveau les trois camarades pour évoquer les débuts de l’art moderne soviétique porté par l’école dite de Vitebsk durant ces quatre années décisives que fut la période 1918–1922. Soit 200 œuvres, parfois radicalement différentes, à l’instar du Paysage cubiste de Chagall, condensé déconstruit de plusieurs images en une. D. B.
David Yakerson, Esquisse de la compositon « Panneau » avec une figure d’ouvrier, 1918
Coll. & © Regional Museum of Local Lore, Vitebsk
Chagall, Lissitzky, Malévitch – L’avant-garde russe à Vitebsk (1918-1922)
Du 28 mars 2018 au 16 juillet 2018
Centre Georges Pompidou • Place Georges Pompidou • 75004 Paris
www.centrepompidou.fr
3. Quand Paris attirait les Hollandais
De 1789 à l’orée du XXe siècle, plus d’un millier d’artistes ont quitté leur Hollande natale pour venir à Paris trouver une inspiration nouvelle et se frotter à l’effervescence artistique ambiante. Certains, comme Jacob Maris ou George Hendrik Breitner, repartiront dans leur pays où ils diffuseront les idées avant-gardistes de la Ville Lumière. D’autres choisirent de s’y installer définitivement à l’image d’Ary Scheffer. D’autres encore, tels Vincent Van Gogh ou Johan Barthold Jongkind, ouvriront de nouvelles perspectives à leurs homologues français, tissant des liens féconds avec eux. C’est l’histoire de cette amitié artistique que raconte le Petit Palais, confrontant les œuvres de Van Gogh, Kees Van Dongen et Piet Mondrian à celles d’Émile Bernard, d’Henri de Toulouse-Lautrec ou de Camille Pissarro. D. B.
Vincent Van Gogh, Le Boulevard de Clichy, 1887
Huile sur toile • © Vincent Van Gogh Foundation, Amsterdam
Les Hollandais à Paris (1789-1914) – Van Gogh, Van Dongen, Mondrian
Du 6 février 2018 au 13 mai 2018
Petit Palais • Avenue Winston Churchill • 75008 Paris
www.petitpalais.paris.fr
4. Guernica, 80 ans déjà
En 1937, Pablo Picasso peignait Guernica et criait à la face du monde l’horreur de la guerre. Hymne à la paix, symbole antifasciste, cette immense peinture en grisaille lui fut inspirée par un épisode tragique de la guerre civile espagnole, quand la Légion Condor nazie et l’Aviation légionnaire fasciste bombardèrent la ville de Guernica, en visant directement les civils. L’artiste, installé à Paris, promit alors de léguer le tableau à l’Espagne le jour où la démocratie serait rétablie. Ce qui fut fait après sa mort, en 1981. Le musée Picasso, à Paris, retrace l’histoire de ce tableau devenu une icône du siècle, en partenariat avec le musée Reina Sofía de Madrid, où l’œuvre est conservée. D. B.
Pablo Picasso, Étude pour Guernica, 1937
Coll. Museo Reina Sofía, Madrid • © Museo Reina Sofía, Madrid. / Succession Picasso, 2017–2018
Guernica
Du 27 mars 2018 au 29 juillet 2018
Musée national Picasso - Paris • 5, rue de Thorigny • 75003 Paris
www.museepicassoparis.fr
5. Klimt et Schiele mis en lumière
Installé dans une ancienne fonderie du XIe arrondissement, l’Atelier des Lumières, premier centre d’art numérique parisien, propose pour son ouverture au public un parcours immersif autour de Gustav Klimt et Egon Schiele. Une exposition multimédia spectaculaire sur plus de 3 000 m2 pour se projeter au cœur de la Vienne des années 1900. D. B.
6. La folie Foujita
Proche de Picasso et Zadkine, il fut l’un des principaux membres de l’École de Paris tout en restant furieusement ancré dans sa culture japonaise. Peintre fou de dessin, naturalisé français, Léonard Foujita est à redécouvrir au musée Maillol dans sa période la plus faste, celle de l’entre-deux-guerres. S. F.
Foujita – Peindre dans les Années folles
Du 7 mars 2018 au 15 juillet 2018
Musée Maillol • 59-61 Rue de Grenelle • 75007 Paris
www.museemaillol.com
7. Monet et l’abstraction américaine
Dépourvus de point de fuite, quasi abstraits, libérés du motif et d’une vision conventionnelle de l’espace, les Nymphéas, offerts par Claude Monet à la France au lendemain de l’Armistice (il y a tout juste un siècle), ont fasciné ses contemporains et ouvert de nouveaux horizons aux artistes. Particulièrement ceux de l’école abstraite new-yorkaise. Démonstration à l’Orangerie, qui s’intéresse au moment de la redécouverte des créations tardives du maître de l’impressionnisme aux États-Unis, dans les années 1950, après qu’Alfred Barr, directeur du MoMA de New York, a fait entrer dans son établissement un grand panneau des Nymphéas. L’œuvre est perçue en résonance avec l’expressionnisme abstrait américain triomphant et les critiques les plus influents la comparent aux tableaux d’un Jackson Pollock ou d’un Barnett Newman. En 1956, Louis Finkelstein invente le terme « impressionnisme abstrait » pour désigner un autre courant de la scène américaine incarnée par Joan Mitchell et Jean-Paul Riopelle, Sam Francis ou Philip Guston. Ils sont réunis à Paris pour un hommage vibrant à ce célèbre paysage d’eau et de reflets donnant, selon Monet, « l’illusion d’un tout sans fin, d’une onde sans horizon et sans rivage ». D. B.
Claude Monet, Les Nymphéas bleus, 1916-1919
Coll. musée d’Orsay, Paris • © RMN-GP / Patrice Schmidt
Nymphéas. L’abstraction américaine et le dernier Monet
Du 13 avril 2018 au 20 août 2018
Musée de l'Orangerie • Jardin des Tuileries - Place de la Concorde • 75001 Paris
www.musee-orangerie.fr
8. Nicolas de Staël dans la lumière du midi
« Ici, les diamants ne brillent que l’espace d’un éclat d’eau très rapide, très violent […] au bout d’un moment, la mer est rouge, le ciel est jaune et les sables violets », écrit Nicolas de Staël à son ami René Char lorsqu’il découvre la lumière « fulgurante » du Midi. Le centre d’art de l’hôtel de Caumont, à Aix, nous plonge dans les tableaux et dessins qu’il réalise lors de son séjour en Provence, de juillet 1953 à octobre 1954. Durant cette période de solitude et de mélancolie, il libère les formes de leurs contours, jouant sur l’intensité des contrastes, cherche à se renouveler, à aller plus loin dans cette quête éperdue d’un absolu pictural. D.B.
Nicolas de Staël, Marseille, 1954
Coll. particulière • Courtesy Applicat-Prazan, Paris / © Adagp, Paris, 2017–2018
Nicolas de Staël en Provence
Du 27 avril 2018 au 23 septembre 2018
Hôtel de Caumont - Centre d'art • 3 Rue Joseph Cabassol • 13100 Aix-en-Provence
www.caumont-centredart.com
9. Couples éperdus d’art
1+1 = 1 ou 2 ? Dans l’histoire de l’art moderne, les couples d’artistes sont légion. Fusionnels, le plus souvent, jusqu’à ce que l’un (ou l’une, pour être exact) disparaisse dans l’autre. Depuis quelques années, nombre de musées s’attellent à réhabiliter les épouses oubliées. Le Centre Pompidou-Metz contribue à rétablir l’équité, en soulignant les influences réciproques dont se nourrirent Sonia & Robert Delaunay, Anni & Josef Albers, ou encore Hannah Höch & Raoul Hausmann. Ouvrant avec le couple Rimbaud / Verlaine, l’exposition évoque d’autres histoires moins connues, comme celle qui lia la photographe Claude Cahun et l’artiste Suzanne Malherbe, ou Alexej von Jawlensky & Marianne von Werefkin, laquelle a notamment influencé Wassily Kandinsky lorsqu’il rédigeait Du spirituel dans l’art et dans la peinture en particulier. Sans oublier la scandaleuse liaison hors mariage de ce dernier avec la peintre expressionniste Gabriele Münter. Qu’elles se soient sacrifiées pour la reconnaissance de l’aimé ou qu’elles aient été balayées par l’histoire, toutes ces femmes méritent amplement de retrouver une place sur les cimaises des musées. Car 1+1 = 2, évidemment. E. L.
John Kasnetsis, Dorothea Tanning et Max Ernst avec le « Capricorne » en ciment, 1947–1948
© John Kasnetsis / © Adagp, Paris 2017–2018
Couples modernes
Du 26 avril 2018 au 20 août 2018
Centre Pompidou-Metz • 1 Parvis des Droits de l'Homme • 57020 Metz
www.centrepompidou-metz.fr
10. Jean Fautrier, virtuose de la matière
Troisième rétrospective que le musée d’Art moderne de la Ville de Paris consacre à Jean Fautrier. Pourquoi une telle fidélité ? C’est que ce géant de l’art informel est très présent, dans cette collection, notamment suite à l’importante donation qu’il a faite peu avant sa mort, au début des années 1960. Après les expositions de 1964 et 1989, le musée dévoile dans son intégralité son fonds Fautrier – l’un des plus beaux en collection publique –, riche de 60 œuvres. De ses natures mortes des années 1920 à sa terrible série des Otages, réalisée au cœur de la Seconde Guerre mondiale, ce proche de Francis Ponge, Jean Bataille et Jean Paulhan tend peu à peu vers une peinture dense et empâtée, pleine d’harmoniques sourdes et opaques. E. L.
Jean Fautrier, Forêt ou Les Marronniers, 1943
Coll. Musée d’Art moderne de la Ville de Paris • © Parisienne de Photographie / Roger Viollet / ADAGP, Paris 2017–2018
Jean Fautrier. Matière et lumière
Du 26 janvier 2018 au 20 mai 2018
MAM - Musée d'Art moderne de Paris • 11 Avenue du Président Wilson • 75116 Paris
www.mam.paris.fr
11. Kees Van Dongen, une jeunesse montmartroise
Fief des avant-gardes artistiques de ce début de XXe siècle, sur les hauteurs de la butte Montmartre, le Bateau-Lavoir a vu défiler les plus illustres figures de la modernité, Pablo Picasso en tête. Kees Van Dongen y réside à partir de la fin de 1905. Il y fréquente Maurice de Vlaminck, André Derain, Henri Matisse. Son œuvre prend alors un nouveau tournant, que nous fait découvrir le musée de Montmartre, situé à quelques mètres du lieu mythique. D. B.
Kees Van Dongen, Les Lutteuses de Tabarin, 1908
© ADAGP, Paris 2017-2018
Van Dongen et le Bateau-Lavoir
Du 16 février 2018 au 9 septembre 2018
Musée de Montmartre • 12 Rue Cortot • 75018 Paris
www.museedemontmartre.fr
12. Plein sud avec Picasso
Indétrônable, éternel, Pablo Picasso fait l’objet d’une série de manifestations marseillaises évoquant les nombreuses sources d’inspiration méditerranéennes de son œuvre, de l’Antiquité aux arts populaires et africains. L’artiste est aussi la vedette de la nouvelle exposition numérique immersive des Carrières de lumières, aux Baux-de-Provence. D. B.
Picasso - Voyages imaginaires
Du 15 février 2018 au 24 juin 2018
Mucem - Musée des Civilisations et de la Méditerranée • 1 Esplanade J4 • 13002 Marseille
www.mucem.org
Picasso et les maîtres espagnols
Du 3 mars 2018 au 6 janvier 2019
Carrières des lumières • Route de Maillane • 13520 Les Baux-de-Provence
carrieres-lumieres.com
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