MUSÉE MATISSE

Au Cateau-Cambrésis, la fabuleuse renaissance du musée Matisse

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Plus grand, plus beau, plus moderne : le musée Matisse du Cateau-Cambrésis dans le Nord vient de rouvrir ses portes après 18 mois de travaux de restructuration et d’extension. Nouveaux espaces et parcours de visite, dispositifs de médiation numérique inédits… C’est une véritable renaissance, très attendue dans la ville natale du chef de file du fauvisme.
Le musée Matisse du Cateau-Cambrésis rouvre ses portes
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Le musée Matisse du Cateau-Cambrésis rouvre ses portes

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Département Du Nord / Philippe Houzé

« Ceux qui connaissent bien le musée Matisse auront du mal à le reconnaître ! », prévient Sophie Le Flamanc, directrice-adjointe du musée Matisse au Cateau-Cambrésis, ville natale de l’artiste. Fermé pour d’importants travaux de restructuration et d’extension pendant 18 mois, il vient de rouvrir ses portes au public le 23 novembre, à l’issue d’un chantier titanesque à 13 millions d’euros.

Pendant cette période de grands bouleversements, les œuvres, elles, ont voyagé par-delà les frontières, notamment à Shanghai et Pékin, où elles ont pu être admirées par plus de 260 000 personnes lors de la première rétrospective de Matisse en Chine. Une façon de faire rayonner le musée départemental à l’international, se félicite-t-on au Cateau-Cambrésis.

Un musée créé par Henri Matisse

Pour bien saisir les enjeux de ce vaste chantier, un petit détour historique s’impose. En 1952, Henri Matisse, alors âgé de 82 ans, décide de faire don à la ville qui l’a vu naître de sa collection personnelle – soit 82 œuvres de tous médiums confondus. D’abord installé dans la salle des mariages de l’hôtel de ville du Cateau-Cambrésis, le musée Matisse est transféré en 1982 au palais Fénelon, un petit palais des archevêques de Cambrai du XVIIIe siècle.

Vue de la collection permanente après rénovation des espaces du Musée Matisse
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Vue de la collection permanente après rénovation des espaces du Musée Matisse, 2024

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© Philippe Houze

Il faut dire qu’en 30 ans, ses collections (qui contiennent aujourd’hui 2 555 œuvres), se sont considérablement enrichies, ce grâce à des donations de la famille Matisse, de la famille d’Auguste Herbin (l’autre enfant du pays), de Geneviève Claisse et de la famille de l’éditeur d’art Tériade… En 2002, une première campagne de rénovation et d’agrandissement est menée par les architectes Emmanuelle et Laurent Beaudouin. 20 ans plus tard, Bernard Desmoulin s’est vu confier l’ambitieux chantier qui vient de s’achever, dotant le musée d’une surface de 1 000 m2 supplémentaires, grâce à l’achat de l’ancien marché couvert de la ville.

Un parcours de visite entièrement repensé

Dans ce majestueux édifice en briques rouges typiques du Nord, trois niveaux ont été aménagés : un « rez-de-chaussée bas », spécifiquement conçu pour l’accueil des groupes et doté de deux salles pédagogiques ; un « rez-de-chaussée haut », où débute le parcours de visite ; puis un grand plateau muséographique de 300 m2 entièrement modulable, qui occupe le premier étage. À l’exception du cabinet de dessins, conçu pièce par pièce de son vivant par Matisse, l’ensemble du parcours a été totalement remodelé. Celui-ci débute par une « salle immersive » dans laquelle sont projetées, en guise d’introduction à la visite, des photographies de l’artiste. « On rentre dans l’univers de Matisse avant de rentrer dans les œuvres », explique Birgitte Fryland, scénographe du parcours.

Le musée Matisse dévoile de nouveaux supports de médiation
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Le musée Matisse dévoile de nouveaux supports de médiation

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© Philippe Houze

À la fois chronologique et thématique, le parcours retrace l’intégralité de la carrière du peintre – de ses premiers pas aux Beaux-Arts à la réalisation des vitraux de la chapelle du Rosaire à Vence, en passant bien sûr par la grande révolution du fauvisme – et offre trois focus sur les différentes techniques auxquelles s’est adonné l’artiste en parallèle de sa peinture (papiers découpés, gravure et sculpture).

Des dispositifs numériques inédits

Pour célébrer sa réouverture, le musée y a réuni Fenêtre à Tahiti I (prêtée pour l’occasion par le musée Matisse de Nice) et Fenêtre à Tahiti II, deux imposantes toiles réalisées par l’artiste à son retour d’un voyage fondateur en Polynésie. Un accrochage émouvant, rendu possible par la récente signature d’une convention de partenariat entre le Département du Nord et la Ville de Nice. Parmi les autres chefs-d’œuvre qui ponctuent la visite, on trouve entre autres Collioure, rue du Soleil (1905), les gouaches découpées du mythique album Jazz (1947), une fabuleuse tapisserie de la Femme au luth (1947–1949), sans oublier le monumental morceau de plafond de la chambre de l’artiste à l’hôtel Regina de Nice, sur lequel le peintre avait dessiné le visage de ses petits-enfants. Le parcours s’achève avec l’exploration des collections Auguste Herbin – grand représentant de l’abstraction géométrique dont le public parisien a récemment pu admirer les œuvres dans une exposition au musée de Montmartre –, et de la collection Tériade, comprenant des œuvres signées Giacometti, Picasso, Fernand Léger, Chagall, Miró, Bonnard

Vue de l’accrochage des toiles « Fenêtre à Tahiti I » et « Fenêtre à Tahiti II » par Henri Matisse au musée Matisse
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Vue de l’accrochage des toiles « Fenêtre à Tahiti I » et « Fenêtre à Tahiti II » par Henri Matisse au musée Matisse, 2024

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© Philippe Houze

« On a fait entrer le musée dans le XXIe siècle », plaisante Sophie Le Flamanc. Outre la présence de reproductions tactiles d’œuvres, le musée a complètement revu ses dispositifs de médiation et fait entrer le numérique au sein du parcours. Une fois passé le premier « sas immersif » à l’entrée du parcours, le visiteur est invité, un peu plus loin, à créer sur un écran tactile ses propres compositions de formes et de couleurs inspirées des gouaches découpées. L’institution propose également une visite virtuelle de la chapelle du Rosaire de Vence, dont la réalisation des vitraux a occupé le maître au crépuscule de sa vie. Autant de nouveaux atouts qui, espère-t-on au musée Matisse, feront se déplacer les visiteurs individuels (qui sont aujourd’hui moins nombreux que les scolaires) et contribueront à l’économie ainsi qu’au rayonnement de cette petite ville de l’Avesnois. C’est tout ce que l’on souhaite à celui que l’on surnomme ici la « tour Eiffel du Cambrésis ».

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Musée Matisse - Le Cateau-Cambrésis

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Henri Matisse. Comment j’ai fait mes livres

Du 23 novembre 2024 au 13 avril 2025
À l’occasion de sa réouverture, le musée Matisse du Cateau-Cambrésis propose une plongée dans l’univers des livres illustrés d’Henri Matisse, qui a mis son imagination au service des plus grands auteurs, de Baudelaire à Mallarmé en passant par Montherlant. L’exposition est aussi l’occasion de (re)découvrir l’intégralité des planches de Jazz, célèbre album de gouaches découpées dans lequel l’artiste déploie tout son génie graphique. Entre art et littérature, une plongée fascinante dans le processus créatif de celui qui fut bien plus qu’un chantre de la modernité : un artiste total.

museematisse.fr

Retrouvez dans l’Encyclo : Henri Matisse

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