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WEEK-END ARTY

48h à Dresde, la Florence du Nord

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Publié le , mis à jour le
Un patrimoine d’une grande richesse, des collections d’art à couper le souffle, de nombreux espaces verts, un héritage musical présent à tous les coins de rue… Dresde a tout pour plaire ! Triplement ravagée, par la guerre de Sept Ans (1756–1763), une bataille napoléonienne (1813) et la Seconde Guerre mondiale (1939–1945), la capitale de la Saxe est le fruit de plusieurs reconstructions dans un style majoritairement italien, pour ne pas dire baroque. D’où son surnom : la Florence du Nord. Plusieurs millions de touristes s’y rendent mais peu de Français. À tort…

Jour 1. 11h - Découverte du centre historique

Par l'architecte George Bähr, Frauenkirche Dresde, dite l’église Notre-Dame de Dresde
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Par l’architecte George Bähr, Frauenkirche Dresde, dite l’église Notre-Dame de Dresde, 1726

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Architecture baroque • © Wikimedia Commons / Photo de Ronny Kreutel

Le temps d’arriver, de déposer ses valises… et hop ! C’est parti. Première étape : la Dresdner Frauenkirche. Traduction : l’église Notre-Dame de Dresde. Commencé en 1726, achevé en 1743, ce temple luthérien est l’œuvre de l’architecte allemand George Bähr, qui le coiffa d’un dôme surhaussé typiquement baroque. Le site fut presque complètement détruit, comme une grande partie de la ville, lors du bombardement allié du 13 février 1945 ; reconstruit à l’identique, après la réunification allemande en 1990. La différence entre les anciennes pierres, noires, et les nouvelles, blanches, saute aux yeux. Au sous-sol, une exposition raconte l’histoire de cet édifice bicolore à travers une sélection de maquettes, de dessins, de photos…

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Notre-Dame de Dresde

12h30 – Repas explosif

Par l'architecte Julius Heinrich Schwarze, Le palais Cosel
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Par l’architecte Julius Heinrich Schwarze, Le palais Cosel, après sa reconstruction de 1973

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architecture baroque • © Wikimedia Commons / Photo de Ronny Kreutel

Juste en face se trouve un autre exemple d’architecture baroque reconstituée : le palais Cosel, hôtel particulier construit en 1764 à l’endroit d’une ancienne poudrière. D’où le nom du restaurant qui en occupe la cave. Plongée dans le terroir saxois, sous de pittoresques voûtes en pierre. Vous êtes accueillis par une bonne odeur de pain chaud (fait maison) et des serveurs en costumes traditionnels. L’adresse touristique par excellence mais pas de panique ! Il y a des salles plus intimes que d’autres et surtout on y mange bien. Avis aux gourmands : l’eierschecke du chef est à se damner. C’est peut-être le gâteau au fromage blanc le plus aérien du quartier.

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Coselpalais

Restaurant

An der Frauenkirche 12 • 01067 Dresden

Réservation

16h – Balade dans le centre

La “procession des princes” sur le mur d’Augustusstrasse (à gauche) ; Le Kulturpalast Dresden (à droite)
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La “procession des princes” sur le mur d’Augustusstrasse (à gauche) ; Le Kulturpalast Dresden (à droite), entre 1871 et 1876 ; à partir de 1967

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porcelaine ; architecture du modernisme international • 102 m de long ; 100 x 70 m • © Wikimedia Commons / Photos de Kora27 & Rufus46

Quoi de mieux pour prendre ses marques qu’une promenade dans le centre, qui reflète à lui seul l’histoire de Dresde ? Partir de la Neumarkt, grand-place démolie sous les bombes, rebâtie selon les codes du réalisme socialiste, repeuplée de bâtiments néo-baroques après la réunification. À ne pas manquer : le Fürstenzug, gigantesque mosaïque représentant les différents souverains de Saxe ; le Georgentor, première construction Renaissance de la ville ; la Katholische Hofkirche, cathédrale commandée par Auguste le Fort après sa conversion au catholicisme ; la vue sur le pont Auguste (à retrouver, dès le lendemain, sur les murs de la Gemäldegalerie…), en longeant l’Elbe ; l’École supérieur des beaux-arts et sa coupole « presse-citron », le Kulturpalast, bâtiment moderne conçu par Wolfgang Hänsch à l’époque de la RDA, comme en témoigne Der Weg der roten Fahne (Le Chemin du drapeau rouge), fresque monumentale (30 × 10,5 m) qui en habille la façade ouest. Ce centre culturel abrite des salles de spectacle, de conférence, une bibliothèque municipale, et débouche sur l’Altmarkt, le vieux marché désormais cerné de boutiques.

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Fürstenzug

Augustusstraße 1 • 01067 Dresden

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Georgentor

Schlossplatz 1 • 01067 Dresden

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Katholische Hofkirche

Schloßstraße 24 • 01067 Dresden

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École supérieur des beaux-arts

Brühlsche Terrasse 1 • 01067 Dresden

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Kulturpalast

19h – Soirée à l’opéra

Par l'architecte Gottfried Semper, Panorama de la salle depuis la scène de l’Opéra Semperoper
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Par l'architecte Gottfried Semper, Panorama de la salle depuis la scène de l’Opéra Semperoper, Rénovation de 2004

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Style Renaissance • © Wikimedia Commons / Photo de Christian Barth

« De la musique avant toute chose », disait Paul Verlaine. Victime d’un incendie en 1869, d’un bombardement en 1945, et d’une inondation en 2002, le Semperoper est un super opéra ! Il doit son nom à l’architecte Gottfried Semper (1803–1879), impliqué dans sa construction, de 1838 à 1841, et sa première reconstruction, entre 1871 et 1878, dans un style Renaissance. Et la dernière reconstitution du site de se faire à l’identique, soit sur le modèle de la précédente. Une histoire rock’n’roll qui ajoute à son charme. Les héros de grands compositeurs ornent le plafond de la salle. Au-dessus de la scène, l’heure est indiquée en caractères romains et les minutes en chiffres arabes, coquetterie de l’horloger Johann Christian Friedrich Gutkaes qui fit couler beaucoup d’encre au XIXe siècle. Au programme, en avril : Les Noces de Figaro de Wolfgang Amadeus Mozart et Don Juan de Richard Strauss, entre autres.

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Semperoper Dresden

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Un conseil : dîner sur le pouce avant ou pendant (à l’entracte), parce que la plupart des cuisines ferment à 21h-22h, dans le quartier.

Jour 2. 10h – C’est parti pour la tournée des musées !

La Neues Grünes Gewölbe dans le château de la Résidence
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La Neues Grünes Gewölbe dans le château de la Résidence

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© Reuters / tagesschau.de

Dans le château de la Résidence de Dresde se cache Grünes Gewölbe (« la Voûte verte »), qui doit son nom à sa couleur dominante et abrite la plus importante collection de trésors d’Europe. Ce fonds exceptionnel, créé en 1723 par le prince-électeur Auguste II, alias Auguste le Fort, enrichi par ses successeurs, se constitue de pièces en ambre ou en ivoire, d’objets sertis de pierres précieuses, de statuettes en bronze… autant d’œuvres signées par des artistes de cour, comme Balthasar Permoser et Johann Melchior Dinglinger. À la Voûte verte historique (Historisches Grünes Gewölbe) du rez-de-chaussée, répond désormais la Nouvelle Voûte verte (Neues Grünes Gewölbe), au niveau supérieur. Interdiction de prendre des photos dans la première, donc ouvrez grands les yeux (et les oreilles, si vous prenez l’audioguide). Les autorités allemandes viennent d’annoncer qu’une « grande partie » des 21 bijoux et 4 300 diamants dérobés le 25 novembre 2019 ont été retrouvés. Quid des autres ? L’affaire suit son cours.

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Château de la Résidence de Dresde • Gewölbe

12h30 – Déjeuner royal

Le restaurant Anna im Schloss dans la grande cour du château, façades nord et ouest
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Le restaurant Anna im Schloss dans la grande cour du château, façades nord et ouest

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© Wikimedia Commons / Photo de SchiDD

Située dans l’enceinte du château de la Résidence de Dresde, le restaurant Anna im Schloss doit son nom à Anne de Danemark (1532–1585), l’épouse d’Auguste Ier de Saxe, connue pour avoir développé l’agriculture et l’élevage en Saxe. Guettez les coings à la carte. C’était son fruit préféré. Cuisine internationale (falafels, gnocchi, filets de truite, pancakes…) de qualité et service rapide. Le point de chute idéal entre deux expos.

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Anna im Schloss

Restaurant

Schloßstraße 27 • 01067 Dresde

Réservation

14h30 – « Le Louvre de Dresde »

Matthäus Daniel Pöppelmann, Le complexe palatial du Zwinger à Dresde (à gauche) ; Raphaël, La Madone Sixtine (à droite)
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Matthäus Daniel Pöppelmann, Le complexe palatial du Zwinger à Dresde (à gauche) ; Raphaël, La Madone Sixtine (à droite), entre 1711 et 1722 ; v. 1512-1513

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Architecture baroque ; Huile sur toile • 269,5 x 201 cm pour la toile • © Wikimedia Commons / Photo de Ingersoll, Panoramafreiheit

Rubens, Van Dyck, Cranach… C’est un tourbillon de chefs-d’œuvre qui vous attend à la Gemäldegalerie, surnommée le « Louvre de Dresde ». De quoi avoir le tournis ! Parmi les incontournables (clairement indiqués sur le plan du musée) : La Madone Sixtine de Raphaël (1513–1514), La Prière de saint Bonaventure de Francisco de Zurbarán (1628–1629), L’Enlèvement de Ganymède de Rembrandt (1635), Danse dans le parc du Palais de Nicolas Lancret (1725)… Sans oublier La Liseuse à la fenêtre de Johannes Vermeer (v 1657). Actuellement exposée au Rijksmuseum d’Amsterdam, elle devrait rentrer en Allemagne, cet été. Le gros de la collection est dû à Auguste le Fort et à son fils Auguste III, qui collectionnaient des artistes de toute l’Europe. Au deuxième étage, retrouvailles avec la vue du pont Auguste, sous le pinceau de Canaletto. Pas Antonio Canal (1697–1768) mais Bernardo Bellotto (1721–1781), son neveu, qui séjourna à Dresde de 1747 à 1758.

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Gemäldegalerie Alte Meister

16h30 – Plongée dans la modernité

Le Skulpturensammlung de l’Albertinum (à gauche) ; Caspar David Friedrich, Dolmen sous la neige, 1807 (à droite)
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Le Skulpturensammlung de l’Albertinum (à gauche) ; Caspar David Friedrich, Dolmen sous la neige, 1807 (à droite)

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Complexe des Collections nationales de Dresde ; Huile sur toile • 62 × 80 cm pour la toile • © Wikimedia Commons / Photo de SchiDD

Au XVIe siècle, c’était l’arsenal de la ville. On y trouve aujourd’hui une partie des collections nationales. Transformé en musée (style néo-Renaissance) au XIXe siècle et baptisé du nom d’Albert de Saxe, l’Albertinum se divise essentiellement en deux espaces. La Galerie Neue Meister rassemble des tableaux de maîtres allemands (Caspar David Friedrich, Ludwig Richter, Max Liebermann, Otto Dix…), et français (Claude Monet, Edgar Degas, Édouard Manet…), tandis que dans la Skulpturensammlung cohabitent des sculptures d’Aristide Maillol, de Jean Tinguely, de Wilhelmina Lehmbruck et d’Auguste Rodin… dont une version en plâtre (1881–1883) du Penseur. Incroyable mais vrai : dans le hall d’entrée, en face de la billetterie, une table de ping-pong s’offre au public. À vous de jouer !

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Albertinum

19h30–20h – Jeunes en scène

Théâtre Junge Generation Dresden à la Kulturkraftwerk Mitte
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Théâtre Junge Generation Dresden à la Kulturkraftwerk Mitte

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© dresden-central guest apartments in Dresden 2023

Changement de décor. À seulement deux stations de tram se trouve Wilsdruffer Vorstadt, quartier industriel où trône la Kraftwerk Mitte, ancienne centrale électrique reconvertie en centre culturel, tout de briques revêtu. En son sein loge notamment le TJG (Theater Junge Generation) qui, depuis 70 ans, œuvre à initier les enfants et jeunes adultes à l’art dramatique. Près de 500 spectacles rythment chaque saison et nombre d’entre eux sont de nature participative. La programmation gravite autour de trois axes : le drame, le théâtre académique et les marionnettes, auxquelles un musée sera bientôt consacré, juste en face, à l’horizon 2024.

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TJG (Theater Junge Generation)

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Paris-Dresde : en route !

En avion. Il n’existe pas encore de vol direct Paris-Dresde. Il faut passer soit par Amsterdam soit par Francfort, Munich, Düsseldorf, Berlin, Zurich… Le voyage dure trois heures environ. Escales de 30-45 minutes. Préparez-vous à courir… En revanche, l’aéroport (Flughafen) se situe à une trentaine de minutes du centre (bus + tramway). Pratique !

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Où dormir ?

Townhouse Dresden a Vagabond Club 

Bâti par Christian Heinrich Eigenwillig en 1769 pour le maire de l’époque, transformé en auberge en 1800, le Townhouse Dresden a Vagabond Club est une adresse chargée d’histoire. C’est là que Frédéric Chopin descendit lors de son premier voyage à Dresde, à l’âge de 19 ans. Fiodor Dostoïevski y aurait également séjourné. Intégralement détruit pendant la Seconde Guerre mondiale, l’établissement fut reconstruit, en 2006, sous le nom de QF Hotel, alias Viennahouse Dresde, d’après les plans de l’architecte Bellini. Pas Vincenzo, le compositeur de La Sonnambula qui se donnera jusqu’en octobre au Semperoper, mais Lorenzo. Son design, épuré mais confortable, s’étire sur sept étages, jusqu’au rooftop offrant un panorama renversant sur la ville.

Neumarkt 1 • 01067, Dresde

Réservation

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Que faire de plus ?

Festung Xperience

Un cube métallique se dresse en face de l’École supérieure des Beaux-Arts. C’est l’entrée de la Festung Xperience, exposition immersive — projections murales, casque stéréo à la clé — qui anime les ruines des anciennes fortifications de la ville, dissimulées sous la terrasse de Brühl, que la poète Goethe surnommait le « Balcon de l’Europe ».

Pour en savoir plus

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Visites thématiques

Découvrez un large éventail de visites guidées sur le site www.visit-dresden.travel/en.

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Toujours plus de musées 

Héritées des princes-électeurs saxons, les collections nationales (SKD) sont réparties entre 15 musées. Retrouvez la liste complète sur le site.

Retrouvez dans l’Encyclo : Baroque

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