Chambre d’hôtes ou résidence d’artistes : pourquoi choisir ? Depuis quelques années, une poignée de lieux hybrides ont germé un peu partout en France, offrant aux visiteurs de passage une expérience hôtelière unique, et aux artistes un lieu et des ressources pour créer.
De Barbizon à Arles, en passant par la vallée de la Loire et les hauteurs de Rome, on a repéré sept adresses hors du commun où la création se conjugue à l’hospitalité. Idéal pour se ressourcer et rester inspiré avant de sauter dans le grand bain des vacances d’été !
Vue sur le château et une chambre du Château de la Haute Borde
Photos Barrere&Simon / Julie Lansom
Ancienne demeure agricole, résidence familiale transformée en hôtel-restaurant… Le château de la Haute Borde, niché au cœur de la vallée de la Loire, a connu mille vies. Érigée au XIXe siècle, cette chaleureuse bâtisse chargée d’histoire(s) a achevé sa mue voilà quatre ans. Voyageurs du week-end et artistes en quête d’inspiration cohabitent désormais en parfaite harmonie entre ses murs peuplés d’œuvres et de mobilier design chiné (où sont déjà passées la peintre Inès di Folco, la musicienne Pomme ou l’essayiste Iris Brey…). À l’initiative de cette heureuse renaissance : trois femmes – Céline Barrère et Cécile Simon, photographes et directrices artistique, qui se sont associées à Violette Platteau. Entièrement revus par l’agence MPM Architecture, les espaces intérieurs font la part belle aux matériaux durables et écologiques sans trahir l’atmosphère historique du lieu. Résultat : un lieu de vie et de création au minimalisme assumé mais très convivial, où il fait bon se ressourcer quelques jours sur la route des châteaux de la Loire.
Château de la Haute Borde
6 La Haute Bordé, 41150 Rilly-sur-Loire
À gauche, vue sur la maison Gamboia. À droite, atelier les corps en ellipse
Plantons d’abord le décor : nous sommes en plein cœur du pays Basque, dans un écrin de verdure entre l’océan et la montagne. C’est ici que se dresse, au beau milieu d’une prairie fleurie et des arbres fruitiers, la Maison Gamboia, qui doit son nom à un mot d’origine basque, gamboi, signifiant « courbe de rivière ». À la fois lieu d’hébergement et de création, dotée de cinq chambres d’hôtes et d’un studio, elle est aussi résolument engagée en faveur de la création contemporaine. Outre les œuvres et les éditions d’artistes qui peuplent sa bibliothèque, cette vaste demeure aux allures de paisible maison de campagne abrite l’association La Réciproque, qui y organise des résidences de recherche et création, des ateliers pédagogiques, des conférences et des expositions. Un havre de paix et d’art.
Maison Gamboia
50 rue Pierre Broussain, 64240 Hasparren
À gauche, vue générale de La Madeleine à Arles. À droite, l’artiste Clémence Vazard dans son atelier
© Ludovic Labayrade
Les meilleures idées naissent parfois d’un coup de tête. Ce n’est pas Eugénie Lefebvre et Ludovic Labayrade qui diront le contraire ! Elle est à la tête du Nouveau Printemps de Toulouse, lui est directeur artistique à BETC, ensemble ils ont fondé La Madeleine Arles – un lieu à la fois de vie, de création, de partage et de bien-être. Dans le quartier de Trinquetaille, sur la rive droite du Rhône, leur grande maison – un mas provençal typique datant de 1868 – accueille visiteurs de passage et artistes, invités à travailler sur un projet ancré sur le territoire arlésien et provençal. Chambres d’hôtes, résidence d’artistes, et un peu galerie aussi : car à La Madeleine Arles, on peut acquérir les œuvres exposées aux quatre coins de la maison… Un beau souvenir de vacances !
La Madeleine Arles
18 rue Henri Dunant, 13200 Arles
Pavillon Southway, une Red House à la marseillaise
© Adel Slimane Fecih
« Une Red House à la marseillaise » : ainsi se définit le Pavillon Southway, en clin d’œil à la célèbre maison de William Morris devenue l’incarnation du mouvement Arts & Crafts. À deux pas des calanques, cette demeure de 1880 abrite le collectif Southway fondé par Emmanuelle Luciani, historienne de l’art, commissaire d’exposition et artiste. Dans la lignée de Morris, cette dernière entend abolir les frontières entre arts décoratifs et création contemporaine. Œuvre d’art total, son pavillon aux murs tatoués de fresques colorées fourmille d’objets d’art inspirés des esthétiques néoclassique et méditerranéenne. S’il a accueilli de nombreux artistes en résidence (des plasticiens tels que Victor Cadene, Alison Flora, Lisa Signorini, mais aussi des musiciens et bientôt des écrivains), le lieu ouvre ses portes aux voyageurs curieux, prêts à se laisser tenter par une expérience des plus renversantes !
Pavillon Southway
433 boulevard Michelet, 13009 Marseille
La Folie Barbizon : Folie, n.f. (maison de plaisance)
© Marilyn Clark
On l’aime passionnément, et plus encore ! Située en bordure de la forêt de Fontainebleau, dans le célèbre village d’artistes, la Folie Barbizon perpétue cet esprit bohème et bucolique qui, au XIXe siècle, a charmé Théodore Rousseau, Charles-François Daubigny et consorts… À la fois guesthouse, restaurant et résidence d’artistes, cette demeure du XIXe siècle emprunte son nom aux « folies » – des maisons de plaisance à l’architecture extravagante. Ici, pourtant, on prône plutôt le retour à l’essentiel : sa dizaine de chambres sont meublées de mobilier de seconde main, son restaurant propose une cuisine végétale et locale… Un mot d’ordre : la convivialité ! Il faudra toutefois patienter jusqu’en septembre avant d’y séjourner : la Folie Barbizon se refait une beauté !
La Folie Barbizon
À 40 minutes de Paris
À partir de 120 euros la nuit
5 Grande Rue • 77630 Barbizon
www.lafoliebarbizon.com
L’Auberge du Val-Saint-Germain
Au commencement, il y a 91530 Le Marais, un lieu hybride de création et de recherche autour du vivant, fondé par Victoire de Pourtalès et Benjamin Eymère. Leur ambition ? cultiver, au Val-Saint-Germain dans l’Essonne, un grand cru de chanvre en associant à leur démarche des chercheurs, des agriculteurs, mais aussi des artistes (parmi eux : Bianca Bondi, Nicolas Becker, Idir Davaine…). Avec le concours de la Région Île-de-France et de la Chambre d’agriculture, le duo s’est par la suite lancé un nouveau défi : transformer une vieille bâtisse du XIXe siècle attenante à leur ferme en auberge ouverte aussi bien aux artistes qu’aux visiteurs. Entièrement réhabilitée en béton de chanvre, l’imposante demeure tout juste inaugurée abrite des chambres d’hôtes, mais aussi un centre de recherche sur la santé des sols agricoles et forestiers et un espace d’exposition, qui accueille actuellement Edgar Sarin et Rémi Marcel. Un lieu inédit où l’on revendique un « esprit communautaire », à seulement 40 minutes de Paris.
Vue de l’une des chambres de la Villa Médicis réaménagées en 2023 par l’architecte India Mahdavi
© Villa Médicis / Photo François Halard
Fondée par Louis XIV et Colbert en 1666, l’Académie de France à Rome a vu se succéder des générations d’artistes. Installée depuis 1805 dans un somptueux palais du XVIe siècle juché sur la colline du Pincio, la Villa Médicis ouvre ses portes non seulement aux artistes reçus chaque année en résidence, mais aussi aux voyageurs de passage, en quête d’expérience unique. Transformés en chambres d’hôtes, les anciens appartements privés des Médicis, ornés de décors peints de la Renaissance et de fresques maniéristes signées de Jacopo Zucchi et de son atelier, se sont récemment offerts un petit coup de jeune grâce à l’intervention pop et colorée de la designer India Mahdavi. Gare aux conditions de réservation, qui se font uniquement par mail à compter de deux mois avant la date du séjour.
Vous aimerez aussi
Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...
Visiter la boutiqueÀ lire aussi
Abonnés
Auvergne-Rhône-Alpes
Alina Szapocznikow, sculptrice des corps disloqués au musée de Grenoble
ACTU
Trump et Epstein main dans la main : la mystérieuse statue installée devant le Capitole, déjà retirée et partiellement détruite
Abonnés
FLORENCE
À Florence, l’ancien couvent où vécut Monna Lisa renaît grâce à l’art contemporain