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Cette nouvelle année s’accompagne de sa myriade de nouvelles expositions qui vous raviront. Si certains grands noms de l’histoire de l’art (David Hockney à la fondation Louis Vuitton, Suzanne Valadon au Centre Pompidou, Artemisia Gentileschi au musée Jacquemart-André…) seront mis en lumière, de belles surprises sont aussi à découvrir ou redécouvrir dans les musées.
En 2025, faites connaissance avec le « peuple du nord » de Christian Krohg, maître norvégien réaliste au musée d’Orsay, (re)découvrez l’art trop rare du néo-impressionniste Maximilien Luce ou rencontrez Gustave Fayet, personnage fascinant aux multiples visages à l’honneur dans le sud.
Cette année encore, les femmes artistes trop longtemps oubliées sont en haut de l’affiche : la peintre Geneviève Asse à la BnF et au musée Soulages, l’artiste Hélène Delprat à la fondation Maeght, l’expressionniste Gabriele Münter au musée d’Art moderne de Paris, la surréaliste Ithell Colquhoun à la Tate St Ives au Royaume-Uni… Bien d’autres sont encore à découvrir !
Hendrick van Balen et Jan Brueghel l’Ancien, Les Noces de Thétis et de Pelée avec Apollon et le concert des Muses, vers 1618
Huile sur cuivre • 77 × 104 cm (avec cadre) • Paris, musée du Louvre • © Grand Palais RMN / Gérard Blot
Hendrick van Balen (1575–1632), aujourd’hui méconnu, fut l’un des plus étroits collaborateurs, avec Rubens, du grand Jan Brueghel l’Ancien. Hommage est rendu à cet Anversois maniériste qui n’eut rien d’un suiveur et compta parmi ses élèves, entre autres, un certain Antoine van Dyck. SF
Brueghel & Van Balen, artistes & complices
Du 17 mai 2025 au 28 septembre 2025
Musée de Flandre • 26 Grand' Place • 59670 Cassel
museedeflandre.fr
Christian Krohg, La Lutte pour l’existence, 1889
Huile sur toile • 300,7 × 226,2 cm • Coll. Nasjonalmuseet, Oslo • © Nasjonalmuseet, Oslo
Les artistes norvégiens n’en finissent plus de nous ravir ! Après Edvard Munch, peintre de l’âme et des émotions, Harriet Backer et ses intérieurs rustiques, le musée d’Orsay clôt en beauté sa trilogie consacrée aux artistes norvégiens avec Christian Krohg (1852–1925). Celui qui fut l’un des grands peintres du mouvement réaliste était un défenseur de la justice et de la liberté d’expression. Avec une profonde empathie, il dépeint la condition du peuple scandinave, le monde du travail, la misère, ainsi que les injustices subies par les femmes. Un peintre du changement ! SdB
Christian Krohg (1852-1925). Le peuple du nord
Musée d'Orsay
Du 24 mars 2025 au 27 juillet 2025
Adresse : Esplanade Valéry Giscard d'Estaing • 75007 Paris
Billetterie Beaux Arts présentée par Come to Paris.
Maximilien Luce, Le Quai Saint-Michel et Notre-Dame, 1901
Joyeuse voisine
Quelle joyeuse vue de Notre-Dame que ce tableau pointilliste peint en 1901 ! En juxtaposant de fines miettes de couleur, le peintre néo-impressionniste fait scintiller sa façade sous la lumière dorée du soleil, soulignant les lignes de son architecture par des ombres bleutées. Au premier plan, les Parisiens vaquent à leurs occupations. Parmi eux, un artiste se dirige vers le monument pour y trouver l’inspiration, son carton à dessins sous le bras…
Huile sur toile • 73 × 60 cm • Coll. musée d’Orsay, Paris / © Bridgeman Images
Peintre ouvrier, anarchiste convaincu, Maximilien Luce (1858–1941) adopte le divisionnisme après sa rencontre avec Georges Seurat, cette nouvelle manière de peindre en petites touches colorées. Il devient alors l’un des membres éminents du néo-impressionnisme, s’intéressant d’abord aux paysages « modernes », sociaux et politiques de son époque. Un artiste rare mis enfin en lumière. SdB
Maximilien Luce. L’instinct du paysage
Du 21 mars 2025 au 14 septembre 2025
Musée de Montmartre • 12 Rue Cortot • 75018 Paris
www.museedemontmartre.fr
Personnage fascinant, à la fois artiste, collectionneur, mécène mais aussi conservateur du musée de Béziers, Gustave Fayet (1865–1925) fut une figure de la vie artistique en Occitanie. Propriétaire de l’abbaye de Fontfroide, au sud de Narbonne, il fut à l’origine de la commande d’œuvres in situ à Odilon Redon. Une grande saison lui est consacrée en divers lieux à l’occasion des 100 ans de sa mort. SF
Gabriele Münter, Sténographie. Suissesse en pyjama, 1929
Huile sur toile • 61,5 × 46,2 cm • Coll. Lenbachhaus, Munich • © Gabriele Münter – und Johannes Eichner- Stiftung, Munich / ADAGP, Paris 2025
Photographe du groupe de l’expressionnisme allemand, Gabriele Münter (1877–1962) n’apparaît jamais sur les clichés immortalisant ses membres. Elle en fut pourtant l’une des figures éminentes. Trop longtemps reléguée dans l’ombre de son célèbre compagnon Vassily Kandinsky, dont elle fut dans un premier temps l’élève, elle participa avec lui à l’aventure munichoise du groupe Der Blaue Reiter (Le Cavalier Bleu). Le début d’une course folle à la recherche d’un absolu de peinture, où l’intensité de la couleur le dispute à la fougue du trait. Enfin une première rétrospective française. DB
Gabriele Münter. Peindre sans détours
Du 4 avril 2025 au 24 août 2025
MAM - Musée d'Art moderne de Paris • 11 Avenue du Président Wilson • 75116 Paris
www.mam.paris.fr
En prélude à une grande célébration du centenaire de l’exposition fondatrice de 1925 pour le style Art déco, le MAD dévoile des archives et notamment 26 précieux carnets de l’ensemblier Jacques-Émile Ruhlmann (1879–1933), dont le Pavillon du collectionneur fit sensation. SF
Jacques-Émile Ruhlmann, décorateur
Du 12 mars 2025 au 1 juin 2025
Musée des Arts décoratifs • 107, rue de Rivoli • 75001 Paris
madparis.fr
Dennis Morris, Babylon by Van, Londres, 1973
© Dennis Morris
C’est avec ses photos de musiciens – Bob Marley, les Sex Pistols, les Stone Roses, Patti Smith – que Dennis Morris (né en 1960) a connu le succès. Mais la rétrospective que lui consacre la MEP ouvre le champ en intégrant aussi ses photos de jeunesse. Britannique originaire des Caraïbes, Dennis Morris a tenu la chronique de sa communauté, ces immigrés de Kingston exilés à Londres dont il a documenté la vie quotidienne. L’exposition mêle ainsi habilement musique et fresque sociale. NW
Dennis Morris. Music + Life
Du 5 février 2025 au 18 mai 2025
Maison européenne de la photographie - Paris • 5/7 Rue de Fourcy • 75004 Paris
www.mep-fr.org
Laia Abril, CASE PIECE #1 CHALCO (Case 1, Mexico, série « On Mass Hysteria »), 2023
Caisson lumineux et cadre en bois • 121,5 × 100 cm • © Laia Abril / Courtesy Galerie Les filles du calvaire, Paris
Après un volet sur l’avortement (2016) et un autre sur le viol (2020), « De l’hystérie de masse » est le dernier chapitre de la trilogie « Une histoire de la misogynie ». Laia Abril (née en 1986) étudie sous un angle féministe ces phénomènes complexes d’hystérie collective qui touchent des femmes aux quatre coins du monde, qu’elle assimile à des formes de protestation. NW
Laia Abril. De l’hystérie de masse, une histoire de la misogynie
Du 17 janvier 2025 au 18 mai 2025
LE BAL • 6, impasse de la Défense • 75018 Paris
www.le-bal.fr
Marie-Laure de Decker, Tibesti, Tchad, 1977
Tirage gélatino-argentique • © Succession de Marie-Laure de Decker
Marie-Laure de Decker (1947–2023) a tout couvert : la guerre au Vietnam, l’affaire Françoise Claustre au Mali, les camps de rééducation du Mozambique, la libération de Nelson Mandela… Des coins les plus déshérités de la planète, elle a rapporté des images paradoxalement lumineuses, s’entêtant à ne retenir que la face glorieuse des êtres et des choses. NW
Marie-Laure de Decker
Du 4 juin 2025 au 28 septembre 2025
Maison européenne de la photographie - Paris • 5/7 Rue de Fourcy • 75004 Paris
www.mep-fr.org
Marjaana Kella, Jarmo 4, série Hypnosis, 2000
Impression • © Marjaana Kella
La Finlandaise Marjaana Kella (née en 1961) travaille sur le thème du portrait en en détournant les codes. Elle prend ses modèles de dos, s’attardant sur l’arrière de la tête, ou bien elle les photographie en transe, mettant en lumière des expressions faciales et des gestes qui attestent que, mentalement, ces personnes sont ailleurs. NW
Marjaana Kella
Du 28 janvier 2025 au 13 avril 2025
Fondation Henri Cartier-Bresson • 79 Rue des Archives • 75003 Paris
www.henricartierbresson.org
Geneviève Asse, Sans titre, 1970
Huile sur toile • 200 × 160 cm • © Catalogue raisonné Asse – Laurentin
Figure majeure de l’abstraction française, Geneviève Asse est décédée en 2021. Cet hiver offre une double occasion de lui rendre hommage. À la BnF sont dévoilés ses carnets, la part la plus intime de son œuvre, grâce à la donation consentie par Silvia Baron Supervielle. Les explorations qu’elle y menait de page en page ont donné naissance aux toiles que rassemble le musée Soulages. Chez le maître de l’outrenoir, c’est en reine du monochrome bleu qu’elle apparaît. De mer et de ciel, 70 œuvres chantent ce bleu qui, disait-elle, « prend tout ce qui passe ». EL
Geneviève Asse, carnets
Du 18 février 2025 au 25 mai 2025
BnF • Quai François Mauriac • 75013 Paris
www.bnf.fr
Geneviève Asse. Le bleu prend tout ce qui passe
Du 25 janvier 2025 au 18 mai 2025
Musée Soulages • Jardin du Foirail Avenue Victor Hugo • 12000 Rodez
musee-soulages-rodez.fr
Avec la famille Maeght, Hélène Delprat (née en 1957) a déjà toute une histoire : dans les années 1980, elle était défendue par la galerie Adrien Maeght. L’artiste la poursuit en investissant la fondation de Saint-Paul-de-Vence. De peintures en vidéo, cette figure éminemment libre promet d’y faire régner l’apocalypse ! EL
Hélène Delprat. Écoutez, c’est l’éclipse
Du 22 mars 2025 au 15 juin 2025
Fondation Maeght • 623 Chemin des Gardettes • 06570 Saint-Paul-de-Vence
www.fondation-maeght.com
Depuis sa récente rénovation, le musée Goya s’est lancé dans une audacieuse programmation contemporaine, en écho à ses collections espagnoles. La tonitruante Pilar Albarracín (née en 1968) est son invitée du printemps, elle promet d’y mettre le feu ! EL
Pilar Albarrací. N’éteins pas la flamme
Du 12 avril 2025 au 28 septembre 2025
Musée Goya • 1 Rue de l'Hôtel de ville • 81100 Castres
www.ville-castres.fr
Ithell Colquhoun, Diagrams of Love: The Bird or the Egg, vers 1940
Aquarelle • © Tate Archive
Qui la connaissait il y a encore dix ans ? Révélée enfin par la biennale de Venise en 2022, Ithell Colquhoun (1906–1988) s’avère l’une des représentantes les plus singulières du surréalisme britannique. Explorant ses liens spirituels au cosmos et aux paysages de Cornouailles, elle a mêlé dans ses toiles les questions de l’identité sexuelle, de l’écologie et de l’occultisme. Riche de très nombreux inédits, la Tate St Ives orchestre ici la révélation d’une pionnière. EL
Ithell Colquhoun: Between Worlds
Du 1 février 2025 au 5 mai 2025
Tate St Ives • Porthmeor Hill • TR26 1JU
www.tate.org.uk
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