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Plonger dans la fascinante Angkor, admirer Cléopâtre, découvrir les artistes brésiliens dans toute la France, faire la fête à Lille, voir flou à l’Orangerie, danser sur du disco à la Philharmonie, jouer avec les machines de Jean Tinguely et les Nanas de Niki de Saint Phalle au Grand Palais, contempler les horizons des plus grands peintres… Vaste programme !
Difficile de choisir ? Pas de panique ! Beaux Arts a sélectionné pour vous les 30 expositions les plus prometteuses de l’année, du Louvre à Lilles, en passant par Metz et Nantes.
David Hockney, Portrait of an Artist (Pool with Two Figures), 1972
Huile sur toile • 213,4 × 304,8 cm • Yageo Foundation Collection, Taiwan • © David Hockney
À 87 ans, David Hockney continue de créer et multiplie les expositions, notamment en France où il a élu domicile. La Normandie de son cœur sera d’ailleurs le point culminant du vaste panorama que lui offre la fondation Louis Vuitton. L’accent est mis sur ses vingt-cinq dernières années. Mais les fans des sixties ne seront pas en reste, grâce aux quelques icônes pop réunies en préambule dont, bien sûr, A Bigger Splash. On suivra aussi le Britannique dans ses périples, du Grand Canyon à son Yorkshire natal, où il épuise le genre du paysage de son inventivité sans cesse renouvelée. Natures mortes, fleurs, portraits, œuvres digitales… l’étendue de sa création donne le vertige. En fin de parcours, l’artiste en donne quelques clés, digressant autour de l’histoire des arts, de la peinture à l’opéra. EL
David Hockney 25
Du 9 avril 2025 au 31 août 2025
Fondation Louis Vuitton • 8 avenue du Mahatma Gandhi • 75116 Paris
www.fondationlouisvuitton.fr
Suzanne Valadon, Gilberte nue se coiffant, 1920
Huile sur toile • 92 × 73 cm • Coll. particulière • Photo Artvee
« C’est vrai que j’étais une enragée. Je ne voulais pas faire de beaux dessins pour être encadrés, non. Mais juste de bons dessins pour suspendre un instant de vie, en mouvement, toute une intensité. » Peintre de la modernité au trait sans concession, autodidacte pugnace et audacieuse, Suzanne Valadon (1865–1938) s’imposa sur la scène artistique parisienne avec ses nus criants de vérité, femmes aux postures effrontément libres et corps masculins offerts comme autant d’objets de désir. Longtemps négligée par l’histoire de l’art moderne, elle est revenue en force dans une exposition hommage commencée à Metz, poursuivie à Nantes et Barcelone, avant un bouquet final au Centre Pompidou, à Paris, dans un parcours enrichi de nouveaux prêts et d’archives inédites. DB
Suzanne Valadon
Centre Georges Pompidou
Du 15 janvier 2025 au 26 mai 2025
Adresse : Place Georges Pompidou • 75004 Paris
Billetterie Beaux Arts présentée par Come to Paris.
Cimabue, La Dérision du Christ (détail), vers 1280–1285
Tempera et or sur bois • 25,8 × 20,3 cm • Coll. Musée du Louvre, Paris • © Photo C2RMF / Thomas Clot
L’Italien Cenni di Pepo, dit Cimabue (vers 1240–1302), fut le passeur entre la peinture du Moyen Âge – dans toute sa rigidité et ses fonds d’or byzantins – et les prémices d’une plus grande attention au réel, aux corps et au monde. Étonnamment, le grand maître du Trecento n’avait jamais fait l’objet d’une exposition au Louvre. Le musée a saisi l’occasion de la restauration de sa grande Maestà mais aussi de l’acquisition du petit panneau de la Dérision du Christ, redécouvert en 2019 dans la cuisine d’une maison picarde et classé Trésor national, pour réparer cette injustice. Voilà donc Cimabue en majesté, replacé dans le contexte d’une Toscane alors en pleine ébullition picturale, jusqu’à l’éclosion du génie de l’un de ses disciples, le jeune Giotto, qui fit définitivement basculer la peinture dans une autre dimension. SF
Revoir Cimabue. Aux origines de la peinture italienne
Du 22 janvier 2025 au 12 mai 2025
Musée du Louvre • Rue de Rivoli • 75001 Paris
www.louvre.fr
Artemisia Gentileschi, Judith et sa servante avec la tête d’Holopherne, vers 1618–1619
Huile sur toile • 114 × 93,5 cm • Coll. Gallerie degli Uffizi, Galleria Palatina, Florence • © Concession du ministère de la culture
Un destin tragique et romanesque qui a éclipsé son génie. Longtemps reléguée dans l’ombre de son père, le peintre Orazio Gentileschi, Artemisia Gentileschi (1593-vers 1656) fut pourtant l’une des rares femmes de l’Italie du XVIIIe siècle à connaître la gloire de son vivant et à vivre de son art. Trop souvent réduite au viol subi dans son adolescence et au procès qui s’ensuivit, Artemisia mérite d’être regardée pour son art, réinterprétant magistralement la leçon des ténèbres de Caravage. Le musée Jacquemart-André met en scène la puissance et la modernité de son œuvre. SdB
Artemisia. Héroïne de l’art
Du 19 mars 2025 au 3 août 2025
Musée Jacquemart-André • 158, boulevard Haussmann • 75008 Paris
www.musee-jacquemart-andre.com
Evelyn de Morgan, The Love Potion, 1903
Huile sur toile • 104 × 99 cm • Coll. The De Morgan Foundation, Guildford • © The De Morgan Foundation, Guildford
Arts graphiques, peinture, sculpture, photographie, cinéma, musique, danse et littérature explorent la polysémie de la sorcière, jadis diabolisée, aujourd’hui figure de résistance au patriarcat. SF
Sorcières (1862-1914)
Du 7 juin 2025 au 16 novembre 2025
Musée de Pont-Aven • Place Julia • 29930 Pont-Aven
www.museepontaven.fr
Wes Anderson, The Grand Budapest Hotel (extrait), 2014
Long-métrage • © Zuma Press / Aurimages
Il y a eu la Famille Tenenbaum (2001) et sa galerie de personnages mélancoliques, les trouvailles techniques novatrices de stop motion utilisées pour Fantastic Mr. Fox (2009), les aventures délirantes de Gustave H autour d’un tableau volé durant l’entre-deux-guerres dans The Grand Budapest Hotel (2013)… Chaque film de Wes Anderson plonge les spectateurs dans un monde étrange, décalé, immédiatement identifiable. Le cinéaste bénéficie d’une première exposition à la Cinémathèque. Conçue comme une plongée étourdissante dans les coulisses de sa filmographie, elle révèle ses sources d’inspiration, ses secrets de fabrication, les clins d’œil et hommage aux autres créateurs et le méticuleux travail artisanal de chaque mise en scène. DB
Wes Anderson, l'exposition
Du 19 mars 2025 au 27 juillet 2025
Cinémathèque française • 51, rue de Bercy • 75012 Paris
www.cinematheque.fr
Robert Doisneau, Bettina pour Vogue, 1950
Photographie • © Robert Doisneau / Gamma-Rapho
Pour le grand public, Doisneau est l’homme du Baiser de l’Hôtel de Ville et des Poulbots en culotte courte. Derrière le photographe aux charmantes pirouettes, il existe d’autres facettes : le Doisneau qui vivait de commandes de mode, notamment pour le magazine Vogue, le Doisneau portraitiste qui immortalisait les artistes – Picasso, Giacometti, Maillol… Au musée Maillol justement, 250 photographies sont au mur, composant une partition visuelle où joie de vivre et réalité mélancolique se conjuguent. NW
Robert Doisneau - Instants donnés
Du 17 avril 2025 au 19 octobre 2025
Musée Maillol • 59-61 Rue de Grenelle • 75007 Paris
www.museemaillol.com
Niki de Saint Phalle, Daddy, 1973
film 35 mm couleur, sonore avec 14 lobby-cards et 5 affichettes, 75 min • © Coll. Centre Pompidou • © Centre Pompidou, MNAM-CCI Bibliothèque Kandinsky, Dist. GrandPalaisRmn / Fonds général des manuscrits / © Niki Charitable Art Foundation / ADAGP, Paris, 2024
Trois légendes en conversation au Grand Palais ! Directeur pionnier du Centre Pompidou première version, le Suédois Pontus Hultén (1924– 2006) a été l’un des plus fervents admirateurs de l’œuvre de Niki de Saint Phalle et de Jean Tinguely. Leur Fontaine Stravinsky à Paris lui doit beaucoup, comme leur Cyclop dans la forêt de Fontainebleau. Nanas éclatantes, machines cliquetantes, les créations du couple tapageur s’offrent ici en témoignage de cette amitié féconde, née dès la fin des années 1960 au Moderna Museet de Stockholm que « Pontus » dirigeait alors. Onze ans après sa célébration au Grand Palais, Niki est de retour, et dans la meilleure des compagnies. Elle est seule, en revanche, dans la rétrospective que lui consacre l’hôtel de Caumont à Aix. EL
Niki de Saint Phalle, Jean Tinguely, Pontus Hultén
Du 20 juin 2025 au 4 janvier 2026
Grand Palais • 7 Avenue Winston Churchill • 75008 Paris
www.grandpalais.fr
Niki de Saint Phalle
Du 30 avril 2025 au 5 octobre 2025
Hôtel de Caumont - Centre d'art • 3 Rue Joseph Cabassol • 13100 Aix-en-Provence
www.caumont-centredart.com
Gérard Sékoto, Autoportrait, 1947
Huile sur carton • Coll. The Kilbourn • © Estate of Gerard Sekoto / Adagp, Paris, 2024 / Frank Kilbourn as Trustee of Doornbult Trust.
La décolonisation de l’Afrique s’est jouée, aussi, dans le Paris de l’après-guerre. James Baldwin, Suzanne et Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor… les écrivains noirs font de la capitale l’un de leur centre de réflexion pour imaginer l’avenir du continent. De nombreux artistes les entourent, venus d’Afrique, des Caraïbes ou des Amériques. Mais leur présence a longtemps été minorée. Le Centre Pompidou met enfin en lumière 150 d’entre eux, qui réveillent le souvenir de ce « Paris Noir », de 1940 à 2000, de la création de la revue Présence africaine à celle de Revue noire.
Surréalisme ou abstraction, tous contribuent à redéfinir les mouvements de la modernité, voire à les faire vaciller sur leur base. Avec Paul Ahyi, Skunder Boghossian ou Christian Lattier naissent aussi les premiers modernismes panafricains. D’autres collectifs, comme Vohou-vohou de Côte d’Ivoire, infusent dans le milieu parisien. La ville devient ainsi lieu de fermentation d’une pensée, mais aussi étape pour la construction de mouvements transatlantiques qui continuent d’irriguer puissamment la création. En témoignent cinq installations produites pour l’exposition par Bili Bidjocka, Valérie John, Nathalie Leroy Fiévee, Jay Ramier et Shuck One. Paris noir, le pari du « Tout-monde » cher à Édouard Glissant. EL
Paris Noir. Circulations artistiques et luttes anticoloniales, 1950 – 2000
Du 19 mars 2025 au 30 juin 2025
Centre Georges Pompidou • Place Georges Pompidou • 75004 Paris
www.centrepompidou.fr
Eugène Boudin, Plage avec le cavalier et le tourelle : la plage de Trouville, 1893
Monet a vu en lui son maître, un précurseur de l’impressionnisme. L’ancien encadreur fascine encore par sa propension à répéter inlassablement les motifs de paysages, de sa Normandie natale mais aussi du Midi ou des plages flamandes, saisis sur le vif. Cette exposition révèle surtout une partie d’une impressionnante collection dédiée au maître, secret jusque-là bien gardé, celle de Yann Guyonvarc’h, mathématicien et entrepreneur tombé un jour en pâmoison devant une toile d’Eugène Boudin (1824–1898) figurant la plage de Deauville. Et qui a ensuite appliqué la même passion de la sérialité à sa propre collection. SF
Albrecht Dürer, Les quatre cavaliers de l’Apocalypse, 1496–1498
Gravure sur bois • 39,5 × 28,2 cm • Coll. Bibliothèque nationale de France, Paris • © Bibliothèque nationale de France, Paris
« Et je regardai, et je vis paraître un cheval de couleur pâle ; et celui qui était monté dessus se nommait la Mort, et l’Enfer le suivait ; et le pouvoir leur fut donné sur la quatrième partie de la terre, pour faire mourir les hommes par l’épée, par la famine, par la mortalité, et par les bêtes sauvages de la terre . » Il est peu de dire que certains passages du dernier livre du Nouveau Testament consacré à l’Apocalypse, donné à Jean l’évangéliste, ont suscité autant d’effroi que de fascination.
Pourtant, comme le rappelle cette ambitieuse exposition, « apocalypse » signifie « révélation, dévoilement », menant vers la Jérusalem céleste des croyants. Soit une métaphore pour lutter, a contrario, contre nos peurs eschatologiques. D’Albrecht Dürer à Anne Imhof, de William Blake à Kiki Smith, les artistes ont livré depuis 2 000 ans de sublimes images, laissant entrevoir, après la catastrophe, la possibilité d’un nouvel ordre du monde. SF
Apocalypse. Hier et demain
Du 4 février 2025 au 8 juin 2025
BnF • Quai François Mauriac • 75013 Paris
www.bnf.fr
Bas-relief représentant un portrait présumé de Cléopâtre, Edfou (Egypte), époque ptolémaïque
Calcaire • 8,5 × 12 × 2 cm • Coll. Musée du Louvre, Paris / Photo Christian Décamps • © Musée du Louvre, Paris / Photo Christian Décamps
Son nez est entré dans la légende, sa vie a inspiré peintres, écrivains et artistes du monde entier : Cléopâtre, dernière reine d’Égypte, s’installera à l’Institut du monde arabe au printemps. Au crépuscule de la civilisation pharaonique, son règne chaotique, jusqu’à son suicide tragique, mérite bien toutes les spéculations et les plus folles élucubrations. Au-delà des éléments historiques, avérés, fantasmés, voire déformés, qui était vraiment cette femme de pouvoir qui a osé défier l’empereur de Rome ? Cette exposition dépasse les clichés pour montrer les multiples facettes d’un personnage hors norme, « déesse-reine » intellectuelle et polyglotte, créature vénéneuse décrite par les auteurs romains, et enfin icône populaire d’émancipation. PM
Le mystère Cléopâtre
Du 10 juin 2025 au 11 janvier 2026
Institut du monde arabe • 1, rue des Fossés Saint-Bernard • 75005 Paris
www.imarabe.org
Henri de Toulouse-Lautrec, Affiche pour Le Divan Japonais, Jane Avril accompagnée d’Édouard Dujardin, 1893
Lithographie • Coll. Bibliothèque Nationale, Paris • © Bridgeman Images
Transformée par les grands travaux haussmanniens, assainie et équipée, la rue « moderne » devient à la fin du XIXe siècle un lieu d’expression artistique et de revendication politique et sociale. Favorisée par les progrès techniques – notamment l’introduction de la chromolithographie – et la société de consommation naissante, l’affiche investit alors murs, palissades, kiosques, colonnes Morris, métropolitain… Les plus grands artistes s’y adonnent, dont les maîtres du genre Steinlen, Chéret, Toulouse-Lautrec, Mucha ou encore Vallotton. SdB
L'art est dans la rue
Du 18 mars 2025 au 6 juillet 2025
Musée d'Orsay • Esplanade Valéry Giscard d'Estaing • 75007 Paris
www.musee-orsay.fr
Louis Vuitton, défilé au Louvre, automne-hiver 2021–22 à la Paris Fashion Week, le 10 mars 2021
© Louis Vuitton
Avec la complicité des grandes maisons de couture historiques et contemporaines, de Chanel et Yves Saint Laurent à Iris van Herpen et Dries van Noten, le département des objets d’art du Louvre confronte ses trésors, de Byzance au XIXe siècle, à des pièces de mode dans une mise en scène théâtrale où 70 silhouettes prennent possession des galeries avec magnificence. DB
Louvre Couture. Objets d'art, objets de mode
Du 24 janvier 2025 au 24 août 2025
Musée du Louvre • Rue de Rivoli • 75001 Paris
www.louvre.fr
Gwenola Wagon, Chronique du soleil noir (vidéo), 2023
Vidéo • © Gwenola Wagon
Des portraits réalisés grâce à des systèmes de génération automatique d’images (Julian Charrière), des vidéos de reconnaissance faciale (Trevor Paglen), des cyanotypes montrant la structure d’un réseau de neurones (Clemens von Wedemeyer) : l’exposition, qui réunit une trentaine d’artistes, se déploie sur l’ensemble du musée. Elle montre comment l’IA s’inscrit dans les processus des artistes, transforme leur pratique, ou parfois simplement leur réflexion, sans même qu’ils n’y aient recours. Cette proposition à visée aussi bien critique qu’expérimentale n’oublie pas d’être ludique, grâce à l’installation The Organ de Christian Marclay, un clavier connecté à une projection qui permet de jouer des notes auxquelles sont associés des posts. NW
Le monde selon l'IA
Du 11 avril 2025 au 21 septembre 2025
Jeu de Paume • 1, place de la Concorde • 75008 Paris
www.jeudepaume.org
Gideon Appah, The Confidant, 2021
Huile, acrylique sur toile • Diptyque 120 × 300 cm (chaque panneau) • Coll. Pinault • © Gideon Appah
Des silhouettes tendres taillées dans le marbre par Rodin face aux triviales figures de l’hyperréaliste Duane Hanson, les portraits tête-bêche de Georg Baselitz près des visages troublés de Marlene Dumas, les corps fondus dans la nature d’Ana Mendieta en vis-à-vis des terribles noyés de Miriam Cahn… La Bourse de Commerce promet bien des émotions avec ce nouvel accrochage de la Collection Pinault. De Philip Guston à David Hammons en passant par Kerry James Marshall, les œuvres d’une vingtaine d’artistes nous invitent à la rencontre des corps mais aussi des âmes et s’unissent en une ronde chorégraphiée. Avec « Corps et âmes », plus question de dualité mais de fusion et d’harmonie entre l’organique et le spirituel. EL
Corps et âmes
Du 5 mars 2025 au 25 août 2025
Bourse de Commerce - Pinault Collection • 2 Rue de Viarmes • 75001 Paris
www.boursedecommerce.fr
François Morellet, Répartition aléatoire de 20% de carrés, superposée 5 fois en pivotant au centre, 1970
Peinture sur bois • 160 × 160 × 5,2 cm • Coll. Musée d’art de Nantes • © Photo C. Clos / © Adagp, Paris, 2024
Depuis une décennie, les expositions d’art optique se multiplient, nous embarquant, sous hypnose, dans leurs illusions. Mais le musée d’Arts de Nantes propose d’y poser un regard un brin décalé, grâce à une collaboration avec le Buffalo AKG Art Museum (États-Unis). Ensemble, les deux institutions confrontent art optique et art vidéo, explorant les liens historiques et théoriques entre ces deux aventures esthétiques, nées des révolutions des sixties. Parmi les 90 artistes rassemblés pour nous faire tourner la tête, Josef Albers, Yaacov Agam, Carlos Cruz-Diez, Victor Vasarely, Vera Molnár ou Bill Viola. EL
Electric Op - De l’art optique à l’art numérique
Du 4 avril 2025 au 31 août 2025
museedartsdenantes.nantesmetropole.fr
Musée d'Arts de Nantes • 10 Rue Georges Clemenceau • 44000 Nantes
museedartsdenantes.nantesmetropole.fr
Bouddha faisant le geste de l’absence de crainte, Angkor Vat, art khmer, seconde moitié du 12e siècle
Bronze • 79,5 cm • Coll. Musée national du Cambodge, Phnom Penh • © Photo Thierry Ollivier
De hautes silhouettes de pierre surgissent d’une jungle luxuriante : voici Angkor ! La cité antique cambodgienne aux célèbres temples sculptés n’a pas encore livré tous ses mystères. Riche de nombreuses œuvres provenant du site, le musée Guimet s’associe au musée national du Cambodge, qui a prêté quelque 126 pièces, pour essayer d’en percer quelques-uns. Autour des bronzes provenant du Palais royal, dont un grand Vishnou restauré pour l’occasion, l’exposition retrace une page glorieuse de l’Empire khmer. PM
Bronzes royaux d’Angkor – Un art du divin
Du 30 avril 2025 au 8 septembre 2025
Musée national des arts asiatiques – Guimet • 6, place d'Iéna • 75116 Paris
www.guimet.fr
Mame-Diarra Niang, Morphologie du rêve #6, 2021
De la série « Sama Guent Guii »
Tirage pigmentaire sur papier métallique • © Mame-Diarra Niang / Courtesy Stevenson, Le Cap / Johannesbourg / Amsterdam
Non, vos lunettes ne sont pas embuées, ou par l’émotion peut-être ? L’Orangerie fait le point sur le flou en partant des Nymphéas de Monet, son fleuron, où les couleurs règnent en nébuleuses. Dans ce panorama de 1945 à nos jours, le flou est célébré comme « le moyen privilégié d’expression d’un monde où l’instabilité règne et où la visibilité s’est brouillée ». Pour ausculter ce regard né sur les ruines de l’après-guerre sont réunies peintures, vidéos, photographies et installations, des effets de spray de Hans Hartung aux écrits de fumée de Mircea Cantor en passant par le photographe Saul Leiter, maître de l’indéfini. Le plasticien belge David Claerbout leur fera un magnifique écho, lui qui cherche dans ses troublantes vidéos « une manière de regarder une surface qui bouge sans que le spectateur soit passif ». EL
Dans le flou. Une autre vision de l’art, de 1945 à nos jours
Du 30 avril 2024 au 18 août 2024
Musée de l'Orangerie • Jardin des Tuileries - Place de la Concorde • 75001 Paris
www.musee-orangerie.fr
Caftan, Algérie, début ou milieu du XIXe siècle
Velours bleu, broderies en soutaches, galons, lacets et fils d’or • 120,5 × 74,5 × 4,5 cm • Coll. musée du quai Branly – Jacques Chirac, Paris • © Musée du quai Branly – Jacques Chirac, Paris / Photo Pauline Guyon
Si Dalida en mettait dans ses cheveux pour conquérir le cœur d’un jeune homme, certains s’en vêtaient pour affirmer leur puissance. L’or, métal précieux d’une excellente malléabilité, a inspiré les artisans textiles du Maghreb à l’Extrême-Orient. Des parures antiques aux créations contemporaines de la Maison Lesage, des fines broderies d’or marocaines aux rutilants kimonos de la période d’Edo, le musée du quai Branly scintille de mille feux et révèle les secrets de fabrication de ces étoffes d’exception. PM
Au fil de l'or. L'art de se vêtir de l'Orient au Soleil-Levant
Du 11 février 2025 au 6 juillet 2025
Musée du quai Branly - Jacques Chirac • 37, quai Branly • 75007 Paris
www.quaibranly.fr
Vue de l’exposition Dal Cuore alle Mani: Dolce&Gabbana au Palazzo Reale à Milan, 2024
© Paola Pansini
Attention les yeux, le glamour italien débarque au Grand Palais ! Féru de dentelle et de soie, mêlant extravagance et élégance, le duo de stylistes, qui s’est nourri des icônes du cinéma italien mais aussi de la musique d’opéra, du théâtre et du folklore de toute la péninsule, dévoile des pièces uniques en soulignant la virtuosité des savoir-faire artisanaux cachés derrière chaque création. DB
Du Cœur à la Main : Dolce&Gabbana
Du 10 janvier 2025 au 2 avril 2025
paris.dolcegabbanaexhibition.com
Grand Palais • 7 Avenue Winston Churchill • 75008 Paris
www.grandpalais.fr
Fernand Léger, L’Homme au chapeau bleu, 1937
Huile sur toile • 73 × 92 cm • Coll. Musée national Fernand Léger, Biot • Photo © GrandPalaisRmn, musée Fernand Léger / François Fernandez / © Adagp, Paris, 2024
D’un côté, les toiles de Fernand Léger (1881-1955), peintre de la vie moderne, ses machines et ses ouvriers ; de l’autre, des œuvres d’artistes des années 1960-1990, prêtées par le musée d’Art moderne et d’Art contemporain de Nice (fermé pour travaux). Entre eux se tissent des liens sensibles, parfois criant d’évidence, comme ce fut le cas pour les Nouveaux Réalistes (Klein, Arman, César, Spoerri, Raysse, Niki de Saint Phalle), qui détournaient les objets de la société de consommation dans d’insolentes propositions. Le critique d’art Pierre Restany, cofondateur du groupe, s’était inspiré pour le nommer des mots de Fernand Léger, qui définissait sa démarche comme « une terrible invention à faire du vrai ». Nous voilà prévenus. DB
Tous Léger ! Avec Niki de Saint Phalle, Yves Klein, Martial Raysse, Keith Haring...
Du 19 mars 2025 au 20 juillet 2025
Musée du Luxembourg • 19, rue de Vaugirard • 75006 Paris
museeduluxembourg.fr
Vassily Kandinsky, Croix, 1926
Coll. LWL Museum Für Kunst Und Kultur, Westfälisches Landesmuseum, Münster • © LWL Museum Für Kunst Und Kultur, Westfälisches Landesmuseum, Münster / Photo Hanna Neander
Tristement célèbre pour être le symbole des attaques menées par le régime nazi contre les avant-gardes, l’exposition « Entartete Kunst » (Art dégénéré) organisée à Munich en 1937 offrait en pâture aux visiteurs 600 œuvres signées Dix, Kirchner, Kandinsky, Beckmann, Klee ou Picasso censées incarner les dérives de la création. Elle fut le point culminant d’une série de mesures infamantes et violentes pour exclure des musées, vendre ou détruire plus de 20 000 œuvres. Le musée Picasso revient sur ce sombre épisode dans un parcours éclairant. DB
Charles Fredereick Worth, Robe d’intérieur dite « Tea Gown », vers 1895
© Stanislas Wolff
Il a inventé la haute couture en créant des modèles inédits, selon son inspiration et ses goûts, alors que jusque-là son métier répondait aux demandes de la clientèle. Premier couturier à se réclamer artiste et à signer sa griffe, Charles Frederick Worth (1825–1895) fut à la tête d’une Maison installée au 7 rue de la Paix à Paris en 1858, dont l’histoire se déploie sur un siècle et quatre générations de créateurs. Ce pionnier de la mode a les honneurs du Petit Palais qui lui consacre sa première rétrospective en réunissant des pièces emblématiques. DB
Worth. Inventer la haute couture
Du 7 mai 2025 au 7 septembre 2025
Petit Palais • Avenue Winston Churchill • 75008 Paris
www.petitpalais.paris.fr
Henri Matisse, Luxe, calme et volupté, 1904
Huile sur toile • 98,5 × 118,5 cm • Coll. Centre Pompidou, MNAM-CCI, Paris • © Succession H. Matisse / Photo RMN-Grand Palais – presse / Hervé Lewandowski
Revoir l’œuvre de Matisse sous un jour plus intime, c’est le pari du musée d’Art moderne qui présente une série de portraits, pour certains rarement exposés, consacrés à sa fille aînée. Sous nos yeux, Marguerite grandit et évolue en fonction des explorations plastiques de son père. Un témoignage tendre et inédit. SdB
Matisse et Marguerite. Le regard d'un père
Du 4 avril 2025 au 24 août 2025
MAM - Musée d'Art moderne de Paris • 11 Avenue du Président Wilson • 75116 Paris
www.mam.paris.fr
Meryl Meisler, Blue Three Piece Suit Dancing, Infinity, 1978
Tirage argentique • © Meryl Meisler
Apparue aux États-Unis au début des années 1970 pour devenir un phénomène planétaire, la musique disco puise ses racines dans la culture africaine-américaine, la soul, le gospel et le funk. La Philharmonie de Paris retrace son histoire fulgurante en soulignant la dimension autant festive que politique de ce mouvement ayant su réunir sur la piste de danse, dans un même déhanché, toutes les classes sociales et toutes les minorités. L’accent sera mis aussi sur la façon dont l’esthétique disco a inspiré artistes et designers, le tout accompagné d’une bande-son mixée par le musicien et animateur radio Dimitri from Paris. What a feeling ! DB
Disco – I'm coming out
Du 14 février 2025 au 17 août 2025
Cité de la musique - Philharmonie de Paris • 221, avenue Jean Jaurès • 75019 Paris
philharmoniedeparis.fr
Charles Fréger, Spy boy, Mardi Gras Indians, 2014
Photographie couleur • © Charles Fréger
À Lille, la morosité n’est pas la bienvenue. Pour cette 7e édition de Lille3000, c’est « Fiesta » à tous les étages ! Fête plutôt sage au Palais des Beaux-Arts, qui explore ses origines en compagnie des peintres flamands, mais déjantée au Tripostal, qui accueille avec « Pom Pom Pidou » une sélection d’œuvres du Centre Pompidou. Au musée de l’Hospice Comtesse, l’heure est à la mascarade, tandis que la gare Saint-Sauveur imagine à quoi peut ressembler une fête « intérieure ». Le tout jalonné comme toujours de parades, de banquets et d’interventions dans l’espace public d’artistes tels que Pilar Albarracín, Marinella Senatore ou Pedro Cabrita Reis. Actuellement en travaux, le LaM de Villeneuve-d’Ascq s’invite dans la danse avec « Les étoiles refroidissent aussi », à la Condition publique de Roubaix. EL
Fiesta. 7ème édition thématique de lille3000
Du 26 avril 2025 au 9 novembre 2025
Lille • Lille
Maurizio Cattelan au Centre Pompidou-Metz, 2024
© Photo Revue Profane / Jonathan LLense / TheLink Mgmt © Shigeru Ban Architects Europe et Jean de Gastines Architectes, avec Philip Gumuchdjian pour la conception du projet lauréat du concours / Metz Métropole / Centre Pompidou-Metz
Dimanche, c’est le temps de la paresse, des loisirs, des amitiés, à n’en pas douter le jour préféré de Maurizio Cattelan, qui ne s’ennuie jamais ! « Dimanche » est aussi l’intitulé de l’exposition par laquelle le facétieux plasticien viendra clore une année d’investissement dans l’institution messine, dont il a parrainé depuis septembre l’école alternative, selon l’idée d’un espace d’apprentissage « sans toit ni mur ». Pour cette présentation, il a réuni autour de lui un aréopage de commissaires afin de lire les collections du musée national d’art moderne sous le prisme dominical. À l’occasion de ses 15 ans, le Centre Pompidou-Metz lui ouvre l’intégralité de ses espaces, de la grande nef aux toits des galeries. Cattelan à Metz, la messe est dite ! EL
Dimanche sans fin – Maurizio Cattelan et la collection du Centre Pompidou
Du 8 mai 2025 au 2 février 2027
Centre Pompidou-Metz • 1 Parvis des Droits de l'Homme • 57020 Metz
www.centrepompidou-metz.fr
Gabriele Münter, Sténographie. Suissesse en pyjama, 1929
Huile sur toile • 61,5 × 46,2 cm • Coll. Lenbachhaus, Munich • © Gabriele Münter – und Johannes Eichner- Stiftung, Munich / ADAGP, Paris 2025
Photographe du groupe de l’expressionnisme allemand, Gabriele Münter (1877–1962) n’apparaît jamais sur les clichés immortalisant ses membres. Elle en fut pourtant l’une des figures éminentes. Trop longtemps reléguée dans l’ombre de son célèbre compagnon Vassily Kandinsky, dont elle fut dans un premier temps l’élève, elle participa avec lui à l’aventure munichoise du groupe Der Blaue Reiter (Le Cavalier Bleu). Le début d’une course folle à la recherche d’un absolu de peinture, où l’intensité de la couleur le dispute à la fougue du trait. Enfin une première rétrospective française. DB
Gabriele Münter. Peindre sans détours
Du 4 avril 2025 au 24 août 2025
MAM - Musée d'Art moderne de Paris • 11 Avenue du Président Wilson • 75116 Paris
www.mam.paris.fr
Richard Avedon, James Lykins, Oil Field Worker, Rawson, North Dakota, 8/17/82, 1982
Tirage gélatino-argentique • 115,3 × 95,9 cm • Coll. Amon Carter Museum of American Art, Fort Worth, Texas • © The Richard Avedon Foundation.
Certains des portraits les plus saisissants réalisés par Richard Avedon (1923–2004) ne sont pas ceux de célébrités mais d’inconnus du grand Ouest américain photographiés entre 1979 et 1984, à la demande du Amon Carter Museum of American Art (Texas). Vagabonds, prospecteurs, routiers, mineurs de charbon, barmen, ouvriers d’abattoir : 752 modèles ont été photographiés sur fond blanc et 111 portraits, retenus. L’exposition présente les master prints utilisés pour le livre original, prêtés par la fondation Avedon. NW
Richard Avedon – In The American West
Du 30 avril 2025 au 12 octobre 2025
Fondation Henri Cartier-Bresson • 79 Rue des Archives • 75003 Paris
www.henricartierbresson.org
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