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Décryptage

Le voyage, cette source inépuisable d’inspiration pour les artistes

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Dürer en Italie, Delacroix en Orient, Matisse à Tahiti, Max Ernst en Arizona, Pierre Huyghe sur la banquise, Stéphane Tidet dans les étoiles… Du Grand Tour européen du XVIIIe siècle jusqu’à l’espace aujourd’hui, les artistes ont trouvé dans leur découverte du monde une matière infinie. Panorama.
Nicolas de Staël, Sicile
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Nicolas de Staël, Sicile, 1954

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L’étendue infinie d’un ciel vert cru, un horizon indéfinissable et une route jaune d’or que viennent animer des touches de violet, rouge et rose : c’est ainsi que l’artiste traduit les sensations intenses vécues lors de sa découverte de l’île italienne.

Huile sur toile • 114 x 146 cm • Coll. Musée de Grenoble • © Musée de Grenoble / Photo Jean-Luc Lacroix

« Ce soir, j’ai vu la place de la colonne Antonine, le palais Chigi, éclairés par la lune, et la colonne, noire de vétusté, se détachant sur le fond plus clair du ciel nocturne, avec son blanc piédestal étincelant. Et quelle foule innombrable de belles choses ne rencontre-t on pas encore dans une pareille promenade ! Mais qu’il est difficile de s’approprier seulement une faible portion de tout cela ! » écrit Goethe le 24 juillet 1787 dans Voyage en Italie, compilation de textes issus de son journal et de sa correspondance.

Le poète est exalté par les vertiges merveilleux du Grand Tour, ce fameux voyage culturel initiatique, passage quasi obligé dans la formation intellectuelle des jeunes élites européennes, qu’il réalise alors comme l’avaient fait avant lui Stendhal, Alexandre Dumas et de nombreux peintres tels Hubert Robert. La pratique avait atteint son apogée au XVIIIe siècle, avec pour destination première l’Italie, mais aussi la France, les Pays-Bas, l’Angleterre, l’Allemagne, la Suisse, quand certains allaient pousser l’aventure jusqu’en Grèce et au Moyen-Orient.

À la fin du Moyen Âge déjà, les artistes se déplaçaient dans toute l’Europe afin de répondre aux commandes de puissants mécènes : dès le Trecento, le génie florentin Giotto se rend à Rome, Padoue et Naples, tandis que, un siècle plus tard, Rogier Van der Weyden part pour Rome (en 1450) et Dürer effectue deux voyages en Italie (l’un dans les années 1490, l’autre en 1505). Quant à Gentile Bellini, il franchit les frontières du monde occidental pour gagner Constantinople [ancienne Istanbul] en 1480 afin d’exécuter le portrait du sultan Mehmet II.

Le phénomène s’intensifie à la Renaissance, mais reste encore vécu comme un périple dangereux et coûteux. Il faut attendre le Grand Siècle et celui des Lumières pour que s’épanouisse une nouvelle idée du voyage auquel le Grand Tour donne ses lettres de noblesse. Éveiller son regard, éduquer son œil, assimiler et copier les trésors du patrimoine, mais aussi multiplier les rencontres et les expériences en tout genre, faire vibrer son cœur et son corps à l’unisson : tels sont les desseins de ces séjours initiatiques. La pratique s’institutionnalise même avec la fondation de l’Académie de France à Rome en 1666, installée au Palais Mancini puis à la Villa Médicis, sur la colline du Pincio.

L’attrait de l’Orient

Hubert Robert, La Farandole au milieu des monuments égyptiens
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Hubert Robert, La Farandole au milieu des monuments égyptiens, Non daté

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Comme nombre de ses contemporains fascinés par la civilisation égyptienne, le paysagiste des ruines en offre une version romantique entre rêve et réalité. Le motif de la pyramide est un élément récurrent dans son œuvre.

Huile sur toile • 114,5 × 82,4 cm • Coll. part. • © Christie’s images ltd

Mais même la Ville éternelle finit par lasser les artistes qui ont des envies d’ailleurs. La campagne d’Égypte menée par Bonaparte à partir de 1798 va leur ouvrir les portes de « l’Orient ». Cet espace méditerranéen aux frontières mouvantes, comprenant l’Égypte, la Turquie, la Palestine et la Syrie, parfois Rhodes, Chypre et la Grèce, attise la convoitise de l’Europe depuis la fin de l’Empire ottoman, espérant bénéficier de son lent démantèlement. C’est dans ce contexte que naît l’orientalisme, phénomène artistique et littéraire qui voit les artistes – lors d’accompagnement de missions diplomatiques ou d’opérations militaires puis de leur propre chef –, partir à la découverte de territoires qui, en plus du Moyen-Orient, englobent bientôt les pays du Maghreb, ces derniers étant au cœur des nouvelles ambitions coloniales européennes.

N’échappant pas aux clichés des contrées sensuelles et sauvages peuplées d’odalisques lascives et de redoutables guerriers, rappelant les contes des Mille et Une Nuits (traduits en France au XVIIIe siècle), la nébuleuse orientaliste compte dans ses rangs des peintres aussi divers qu’Eugène Delacroix, Horace Vernet, Jean-Léon Gérôme, Eugène Fromentin, Léon Belly et Auguste Renoir et évolue sous le coup des avant-gardes artistiques par la grâce de Matisse ou de Klee. Ce dernier se rend à Tunis en 1914, impressionné par les récits que lui en a fait Kandinsky. La lumière de la ville l’éblouit au point de modifier sa perception des choses. Les formes tendent vers l’abstraction, sa palette s’affirme, et Klee de noter dans son journal : « [La couleur] me possède, je le sais. Voilà le sens du moment heureux : la couleur et moi sommes un. Je suis peintre. »

Parti à Tanger, au Maroc, en 1912, pour répondre à la commande du collectionneur russe Ivan Morozov, Matisse traduit lui aussi dans des tonalités franches l’éblouissement que lui procurent les ruelles de la médina de Tanger et les intérieurs feutrés à l’abri de la chaleur écrasante. Loin d’être rassasié, toujours en quête de nouveaux chocs visuels, esthétiques et physiques, il embarque en 1930 pour Tahiti cette fois.

Henri Matisse, Triptyque marocain (la Vue de la fenêtre, Zorah sur la terrasse, Entrée de la Kasbah)
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Henri Matisse, Triptyque marocain (la Vue de la fenêtre, Zorah sur la terrasse, Entrée de la Kasbah), 1912–1913

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Ivan Morozov commande à Matisse des paysages, libre à lui de réaliser ce qu’il veut. Le résultat sera ce Triptyque marocain. Le peintre lui écrit : « Ces tableaux ont été combinés pour être placés ensemble et dans un sens donné – c’est-à-dire que la vue de la fenêtre vient à gauche, la porte de la Casbah à droite, et la terrasse au milieu. »

huile sur toile • 115 × 80 cm, 115 × 100 cm, 116 × 80 cm • © Musée d’État des Beaux-Arts Pouchkine, Moscou / © Succession Ivan Morozov.

La traversée de l’Atlantique l’enivre, et lorsque, après huit jours de bateau, il pose son pied sur l’île polynésienne, il est littéralement subjugué par la beauté qui l’entoure. Ses sensations ressurgissent dix ans après son retour, dans des papiers découpés palpitant de vie où une nuée d’oiseaux dansent dans le ciel au-dessus d’une flore luxuriante, où l’écume des vagues cherche à imiter le ciel dans une ronde infinie.

Un art du déplacement

« Je sais que ma vie sera un continuel voyage sur une mer incertaine. »

Nicolas de Staël

Pour l’architecte-designeuse Charlotte Perriand, c’est la découverte du Japon, où elle se rend aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, qui sera déterminante dans son cheminement artistique. Comme elle le raconte en 1997 sur les ondes de France Culture, « Il y a plusieurs manières de penser et nous ne sommes pas, nous, Européens et Français, le nombril du monde, ça n’est pas vrai. Moi, je me suis trouvée comme un poisson dans l’eau au Japon, d’emblée. J’ai découvert au Japon, 100 % traditionnel à l’époque, le vide, le pouvoir du vide, la religion du vide, au fond, qui n’est pas le néant. Pour eux, c’est la possibilité de se mouvoir. Le vide contient tout. »

Quant à Max Ernst, la révélation a lieu en Arizona, où il séjourne après son exil à New York en 1941 pour fuir le nazisme et où il s’installe entre 1946 et 1953. La luminosité de ce désert sec, ses roches rouges évoquant aussi bien un paysage extraterrestre qu’une forme de paradis perdu modifient son style en profondeur.

C’est aussi à cause du vertige provoqué par l’éclat du soleil et de l’intensité des paysages qu’il découvre lors de ses diverses pérégrinations que Nicolas de Staël métamorphose sa manière de peindre. « Je sais que ma vie sera un continuel voyage sur une mer incertaine », écrit le jeune artiste de 22 ans parti en 1936 à Casablanca, Essaouira, Rabat et Marrakech après un tour de l’Espagne à bicyclette (Madrid, Tolède, Cadix, Grenade). Plus tard, ce sont les fulgurances de la lumière en Espagne et en Sicile qui modifient son style en profondeur. Exilé dans l’âme, en quête d’un absolu de création, le peintre cherche sans cesse à quitter l’endroit où il se trouve pour de nouveaux horizons.

Partir, errer, parcourir le monde sans but précis, faire de ses déplacements une œuvre à part entière, du paysage, un atelier à ciel ouvert, utiliser son corps comme un outil et la nature comme matière et support : les artistes du land art réenvisagent le voyage à l’échelle de la planète, considérant sa force et sa fragilité. Artiste migrateur, de l’Angleterre au Népal, de l’Alaska au Sahara, Richard Long crée des sculptures éphémères de pierre, bois, terre et eau, à même l’environnement où il se trouve, en déplaçant sans brusquerie les matériaux, des pièces dont il garde le souvenir dans ses photographies et notes. « Mon travail est la métaphore d’un voyage », dit-il.

Hamish Fulton, One Stone Thrown Into a Pond A 21 Day Walk 21 Nights Camping Mercantour Alpes Maritimes France 1-21 June 2022
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Hamish Fulton, One Stone Thrown Into a Pond A 21 Day Walk 21 Nights Camping Mercantour Alpes Maritimes France 1–21 June 2022

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Pour un projet au Frac Provence Alpes-Côte-d’Azur, l’artiste a organisé une marche de 21 jours dans le parc national du Mercantour. Une expérience physique et mentale du paysage restituée dans une exposition réunissant les dessins et photographies de la marche ainsi que des peintures et documents réalisés par l’artiste depuis 1971.

Photographie, impression, jet d’encre • 42,2 × 47,9 cm • Hamish Fulton – Courtesy Hamish Fulton et 1 Mira, Madrid

Dans la série des arpenteurs du monde, Hamish Fulton a pour devise « No walk, no work ». Depuis le début des années 1970, il sillonne le globe à pied, une façon d’éprouver la nature, de se connecter à elle sans jamais chercher à en tirer le moindre bénéfice. Francis Alÿs, lui, nomade belge installé au Mexique depuis 1987, fait de ses déambulations performatives des œuvres conceptuelles évoquant l’exil, les migrations, le déracinement. En juin 2004, il a marché du sud au nord de Jérusalem pour retracer la frontière reconnue en 1949 entre Israël et Palestine, laissant couler de la peinture verte depuis un pot percé qu’il tenait à la main.

Entre exploration et création

Les voyages d’artistes ne se font pas toujours en solitaire, loin de là. De nombreux projets s’épanouissent dans le cadre de résidences sur terre ou en mer, liées à des programmes mêlant de plus en plus souvent recherche scientifique et commande artistique à des missions écologiques. La fondation Tara Océan a ainsi lancé il y a vingt ans des résidences à bord de la goélette Tara, navire pensé comme un laboratoire scientifique flottant afin d’étudier et protéger l’océan.

Composition 3D d’Oscar sur la plateforme Bartolomeo à l’extérieur de l’ISS
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Composition 3D d’Oscar sur la plateforme Bartolomeo à l’extérieur de l’ISS

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Expérience musicale dans l’espace élaborée par Stéphane Thidet avec l’Observatoire de l’espace du CNES, Oscar a été embarqué sur la station spatiale internationale le 5 novembre dernier. Il y déploie un dispositif instrumental destiné à créer une œuvre sonore restituée sur Terre après un an de voyage spatial.

Coll. Museum of Modern Art, New York • © David Ducros / © Museum of Modern Art, New York

Offrant aux créateurs une occasion unique de s’immerger dans une culture, les résidences d’artistes se multiplient tous azimuts, des États-Unis à l’Inde.

Une exposition organisée cet hiver au Centquatre, à Paris, en retraçait l’aventure à travers les travaux de plus de 40 artistes embarqués en mer depuis sa création. Parmi les premiers à y participer, parti pour une expédition en Antarctique en 2005, Pierre Huyghe, inspiré par la fonte de la banquise et son impact sur la faune, réalise A Journey That Wasn’t. Dans cette vidéo d’une vingtaine de minutes, la partition musicale née de son périple est diffusée pour des pingouins dans l’immensité du cercle polaire puis jouée par un orchestre sur la patinoire de Central Park, à New York.

Autre initiative créée dernièrement en prise avec les enjeux de notre monde contemporain, le programme de résidences itinérantes et éco-conscientes Septentrionales propose à des artistes d’accompagner des missions de recherche et d’exploration au Danemark, en Norvège, en Suède et en Finlande. Lancées en août dernier par les quatre instituts français de ces pays nordiques, elles sont effectuées par des moyens de transport bas carbone (train, bateau, bus).

Pierre Huyghe, A Journey That Wasn’t
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Pierre Huyghe, A Journey That Wasn’t, 2005

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« Postulant qu’une zone de non savoir doit exister géographiquement et qu’une brèche est possible dans le recouvrement des récits sur un territoire », Pierre Huyghe a participé à une expédition en Antarctique avec artistes et scientifiques, où il a rencontré une colonie de pingouins.

© Pierre Huyghe

L’artiste et scénographe Ingrid Buffetaut est en train d’en faire l’expérience pour son projet participatif « Poste restante », réalisé avec les habitants des sites visités, afin de réinventer le principe de la carte postale sur un mode vivant. Offrant aux créateurs une occasion unique de s’immerger dans une culture, les résidences d’artistes se multiplient tous azimuts. Sur le modèle de la Villa Médicis romaine, la France a inauguré à elle seule la Casa de Velázquez à Madrid en 1920, la Villa Kujoyama à Kyoto en 1992, la Villa Albertine dans 10 villes des États-Unis en 2021, et en 2023 la Villa Swagatam en Inde et au Bangladesh.

Résidence d’artistes en apesanteur

Francis Alÿs, ans titre (When Faith Moves Mountains)
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Francis Alÿs, ans titre (When Faith Moves Mountains), 2002

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Lors d’un voyage au Pérou deux ans après le renversement du régime autoritaire par un mouvement populaire, l’artiste incarne l’idée selon laquelle, en unissant nos forces, on peut « soulever des montagnes ». Ce qu’il fait en réunissant
500 personnes munies de pelles lors d’une performance où le groupe parvint à déplacer une dune de quelque 500 mètres de long !

Photographie couleurs • 35,6 × 27,9 c • © Francis Alÿs

À l’heure où les technologies permettent de faire le tour du monde non plus en 80 jours mais en 80 heures, où plus aucun endroit ne semble inaccessible, où le tourisme bat des records, quelle pourrait être la prochaine terre d’élection des artistes ? Le ciel, répond le Centre national d’études spatiales (CNES). Depuis 2014, l’Observatoire de l’espace, laboratoire artistique dirigé par Gérard Azoulay, cherche à construire « une approche plus seulement contemplative sur l’espace, mais culturelle et anthropologique », à travers des résidences d’artistes… en apesanteur !

Concrètement, il s’agit de créer une œuvre à bord d’un Airbus A310 Zero G de Novespace, filiale du CNES. L’avion est capable de restituer l’état de flottement de l’impesanteur en effectuant un vol parabolique durant lequel, au summum de sa montée, il coupe les gaz durant 22 secondes, opération répétée trente fois. L’œuvre est produite durant ce laps de temps, qui exige une préparation physique rigoureuse. La condition sine qua non de tout projet est que l’œuvre ne puisse être réalisée que dans les airs.

C’est ainsi que Renaud Auguste-Dormeuil a imaginé l’installation vidéo Dansez maintenant (2023), ronde d’images prises par cinq téléphones portables qui se filmaient simultanément les uns les autres pendant le vol. Stéphanie Solinas est revenue, elle, au geste créatif premier, celui du dessin, réalisant sur une grande feuille de papier une spirale dont elle a tiré une gravure sur marbre ; ses sillons, que l’on peut effleurer, traduisent les sensations d’absence de soi qu’elle a vécues.

En 2017, Eduardo Kac avait poussé le concept plus loin encore en imaginant la première création artistique réalisée dans l’espace, avec la complicité de l’astronaute Thomas Pesquet. Durant sa mission dans la Station spatiale internationale, ce dernier a reproduit les gestes simples montrés par l’artiste. Ce moment immortalisé par des caméras a donné lieu à une scène digne d’un rêve surréaliste, où l’on voit Thomas Pesquet découper soigneusement une feuille de papier à l’aide d’une paire de ciseaux qui parfois s’échappe pour flotter dans l’air comme par magie, y insérer l’autre feuille roulée en cylindre et ainsi créer le Télescope intérieur de Kac, pour évoquer avec simplicité, dans ce lieu à la technologie de pointe, le nouveau langage d’une humanité libérée des contraintes de la pesanteur.

La réalisation à venir de Stéphane Thidet promet elle aussi de laisser son empreinte dans l’univers. Depuis 2020, l’artiste élabore avec le CNES la première œuvre musicale créée en symbiose avec l’espace. Oscar est une sorte de compositeur non humain, qui sera installé à l’extérieur de l’ISS et placé en orbite durant un an. Sensible aux sons, à la lumière et à la température environnante, il va pouvoir composer à son retour sur Terre une partition pour piano et synthétiseur analogique. Une nouvelle forme d’invitation au voyage d’une absolue poésie.

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Le monde à la pointe du crayon. Voyages de Le Corbusier (1907-1933)

Du 18 mars 2025 au 3 mai 2025

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