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Londres : 6 expos incroyables à voir ce printemps

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Envie d’une escale à Londres pour les beaux jours ? Des saisissants portraits au fusain de Frank Auerbach à la collection de photographies d’Elton John et David Furnish… Beaux Arts a sélectionné pour vous les expositions du « Old Smoke » à ne pas rater !

Photographie, peinture, dessin… : il y en a pour tous les goûts ! Ce printemps, la capitale britannique met particulièrement à l’honneur des artistes féminines trop longtemps oubliées, avec plus de 100 d’entre elles, de 1520 à 1920, réunies à la Tate Britain, ou encore un dialogue à un siècle de distance à la National Portrait Gallery entre deux photographes innovantes, Julia Margaret Cameron et Francesca Woodman.

L’Américaine Barbara Kruger électrise la Serpentine Gallery, et même au-delà. L’avant-garde expressionniste du début du XXe siècle se dévoile à la Tate Modern tandis le Victoria & Albert Museum convie à découvrir l’impressionnante collection photographique du chanteur Elton John et de son mari David Furnish. De quoi en prendre plein les yeux !

1. Le poids des mots de Barbara Kruger à la Serpentine Gallery

Vue de l’exposition « Thinking of You. I Mean Me. I Mean You. » à la Serpentine Gallery, Londres
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Vue de l’exposition « Thinking of You. I Mean Me. I Mean You. » à la Serpentine Gallery, Londres, 2024

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Photo George Darrell

La Serpentine Gallery offre à Barbara Kruger (née en 1945) sa première exposition personnelle à Londres depuis 23 ans. L’artiste américaine, célèbre pour ses œuvres juxtaposant images et mots, continue à jouer avec les codes graphiques de la publicité (et plus récemment de TikTok !) pour mieux illustrer les dynamiques de pouvoir au sein de la société. Questions de genre, inégalités de classe, consumérisme, Kruger passe tout au scalpel et nous encourage à sortir du cadre. D’ailleurs ses créations débordent hors-les-murs puisque certaines de ses installations ont été pensées pour les espaces extérieurs de la galerie, au cœur des Kensington Gardens, tandis que d’autres motifs habilleront les célèbres black cabs de la ville pendant plusieurs semaines. Si jamais vous n’arrivez pas à Londres à temps pour l’exposition de la Serpentine, Outernet Arts affichera en plein milieu de Londres une installation de Barbara Kruger sur un (très) grand écran, dans l’espace public, tous les lundis soir du 4 mars au 20 mai.

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Barbara Kruger: Thinking of You. I Mean Me. I Mean You

Du 1 février 2024 au 17 mars 2024

www.serpentinegalleries.org

2. 400 ans d’art au féminin en Grande-Bretagne à la Tate Britain

Dame Ethel Walker, Décoration: L’Excusrion de Nausicaa, 1920.
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Dame Ethel Walker, Décoration: L’Excusrion de Nausicaa, 1920., 1920

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huile sur toile • 183,5 × 367 cm • Coll. Tate, Londres • Photo Tate

La Tate Britain s’est lancée un défi ambitieux : mettre en lumière le travail de plus de 100 artistes femmes, de 1520 à 1920. L’exposition, intitulée « Now You See Us » (« maintenant vous nous voyez »), rend hommage à celles qui durent défier les conventions pour se faire une place sur la scène artistique anglaise, au-delà de leur sexe. Certaines optèrent pour des genres plus proches de l’univers domestique, quand d’autres osèrent s’attaquer à des thèmes jusqu’alors réservés aux hommes, comme le nu ou les champs de bataille. Plus de 200 œuvres sont rassemblées, couvrant un large éventail de mediums, de l’aquarelle à la photographie en passant même par le needlepainting (peinture à l’aiguille). Le parcours commence à la cour des Tudor, avec les portraits délicats de la miniaturiste Levina Teerlinc (1510–1576), et se termine au lendemain de la Première Guerre mondiale, avec la postimpressionniste Vanessa Bell (1879–1961) (sœur de Virginia Woolf) et les œuvres socio-réalistes de Laura Knight (1877–1970) et Ethel Walker (1861–1951). Des artistes encore méconnues côtoient ainsi des noms plus célèbres tels qu’Artemisia Gentileschi (1593–1653), Angelica Kauffmann (1741–1807), figure clé du néoclassicisme, ou Julia Margaret Cameron (1815–1879) dont les portraits envoûtants font aussi l’objet d’une autre exposition à la National Portrait Gallery [lire plus bas].

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Now You see Us: Women Artists in Britain 1520-1920

Du 16 mai 2024 au 13 octobre 2024

3. Le Cavalier bleu et l’expressionnisme à la Tate Modern

Erma Bossi, Circus
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Erma Bossi, Circus, 1909

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huile sur papier • 64 × 79 cm • Coll. Lenbachhaus Munich / The Gabriele Münter And Johannes Eichner Foundation

Ce fut l’un des groupes d’artistes les plus déterminants de l’histoire de l’art moderne, et ce malgré la brièveté de son existence. Né à Munich en 1911, Le Cavalier bleu (« Der Blaue Reiter ») réunit l’avant-garde expressionniste du début du XXe siècle autour du couple formé par Vassily Kandinsky (1866–1944) et Gabriele Münter (1877–1962), ainsi que Franz Marc (1880–1916). À travers un célèbre almanach (1912) et deux expositions (en 1911 et 1912), le collectif fédéra des artistes aux origines variées, unis par une quête de liberté et une soif de transcender le réel vers le spirituel, avant de s’éteindre dans les feux de la Première Guerre mondiale. Leur histoire est au cœur d’une nouvelle exposition de la Tate Modern qui met en lumière leur riche production, jouant avec les couleurs, la lumière et les sons sur une multitude de supports allant de la peinture à la performance en passant par la sculpture et la photographie. L’occasion de (re)découvrir, notamment grâce à des prêts de la Lenbachhaus de Munich, des chefs-d’œuvre des figures de proue du mouvement comme Kandinsky, Münter, Marc et Paul Klee (1879–1940), mais aussi d’artistes moins connus comme Marianne von Werefkin (1860–1938), Erma Bossi (1875–1952), Vladimir Burliuk (1886–1917) ou Maria Franck-Marc (1876–1955).

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Expressionists: Kandinsky, Münter and The Blue Ride

Du 25 avril 2024 au 20 octobre 2024

4. Les photographies oniriques de Julia Margaret Cameron et Francesca Woodman à la National Portrait Gallery

À gauche, Pomona (Alice Liddell) de Julia Margaret Cameron, 1872. À droite, Polka Dots #5 de Francesca Woodman, 1976
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À gauche, Pomona (Alice Liddell) de Julia Margaret Cameron, 1872. À droite, Polka Dots #5 de Francesca Woodman, 1976

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Coll. The Metropolitan Museum of Art, New York • © Woodman Family Foundation / Adagp, Paris 2024

La National Portrait Gallery propose au public de rêver devant les portraits de Julia Margaret Cameron (1815–1879) et Francesca Woodman (1958–1981). La première se lança passionnément dans la photographie à 48 ans, à Londres puis au Sri Lanka, et réalisa de nombreux portraits dont le rendu vaporeux attira les foudres des critiques de l’époque, avides de précision et de netteté. Francesca Woodman, elle, réalisa son premier autoportrait à l’âge de 13 ans dans sa ville natale de Denver, dans le Colorado, et ne cessa ensuite de se photographier, jouant avec la durée d’exposition de son film pour créer des impressions de flou. Elle sombra dans une profonde dépression face au peu d’écho que trouvait son œuvre, pourtant d’une modernité folle, et se suicida à 22 ans.

L’une et l’autre ne connurent le succès que de manière posthume : il aura fallu attendre 2023 pour que Cameron ait droit à sa première rétrospective à Paris, tandis que Woodman reste assez méconnue du grand public en France. Une bonne raison de les réunir malgré le siècle qui les sépare. Au lieu du point de vue biographique souvent privilégié pour évoquer les deux artistes, l’exposition suggère de s’attacher plutôt à leur processus créatif. Toutes deux refusaient la perfection du cliché et préféraient jouer avec les multiples possibilités du support photographique. Mises côte à côte, leurs images, souvent enracinées dans la mythologie, invitent le spectateur à un voyage intérieur et à l’exploration de l’identité, questionnant le genre et les archétypes. La série quasi abstraite des « Anges » de Woodman donne la réplique à la représentation plus explicite des enfants-chérubins de Cameron. Le parcours donne à voir les célèbres autoportraits de Woodman, mais aussi les photos moins connues de ses amis, en parallèle des clichés saisissants d’hommes, de femmes et d’enfants de Cameron. Au total, plus de 160 images sont présentées, dont certaines pour la toute première fois.

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Francesca Woodman and Julia Margaret Cameron: Portraits to Dream In

Du 21 mars 2024 au 16 juin 2024

5. Les saisissants portraits au fusain de Frank Auerbach

Frank Auerbach, À gauche, Autoportrait, 1958. À droite, Head Of Julia II, 1960
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Frank Auerbach, À gauche, Autoportrait, 1958. À droite, Head Of Julia II, 1960

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Fusain et craie sur papier • Coll. particulière • © Frank Auerbach / Courtesy de Frankie Rossi Art Projects, Londres

Frank Auerbach (né en 1931) compte parmi les plus grandes figures de l’École de Londres, aux côtés de Francis Bacon, Lucian Freud et Leon Kossoff. Les portraits et paysages urbains qui l’ont rendu célèbre se distinguent par leurs épaisses couches de peinture, mais ce sont ses dessins au fusain que la Courtauld Gallery met à l’honneur aujourd’hui. Ces œuvres de près d’un mètre de haut, réalisées dans les années 1950–1960, eurent un rôle clé dans l’affirmation du style de l’artiste à ses débuts. D’ailleurs, le jeune Auerbach accordait autant d’importance à ces portraits au fusain qu’à ses peintures de l’époque. Il demanda à un nombre restreint de modèles (dont Kossoff) de poser pour lui pendant des mois, effaçant entièrement puis reprenant le dessin à chaque séance, jusqu’à parfois déchirer le papier. Les œuvres exposées portent les cicatrices de ce travail intense, et expriment toute la détresse mêlée de résilience du Londres d’après-guerre. C’est la première fois que dix-sept de ces œuvres majeures sont exposées ensemble, au côté d’une sélection de six peintures d’Auerbach. À voir absolument.

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Frank Auerbach: The Charcoal Heads

Du 9 février 2024 au 27 mai 2024

6. La collection de photographies d’Elton John et David Furnish au Victoria & Albert Museum

Ryan McGinley, Dakota Hair
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Ryan McGinley, Dakota Hair, 2004

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© Ryan McGinley Studios

Connaissiez-vous la passion d’Elton John et de son mari David Furnish pour la photographie ? Le couple possède une immense collection de rares clichés modernes et contemporains, dont la majorité sera bientôt accessible, pour la première fois, au grand public. Le Victoria & Albert Museum rassemble ainsi au cœur de la plus grande exposition photo de son histoire près de 300 œuvres de 140 artistes, des années 1950 à nos jours : Irving Penn (1917–2009), Robert Mapplethorpe (1946–1989), Cindy Sherman (née en 1954), William Eggleston (né en 1939), Diane Arbus (1923–1971), Sally Mann (née en 1951), Horst P. Horst (1906–1999), Zanele Muholi (né.e en 1972), Ai Weiwei (né en 1957), Carrie Mae Weems (née en 1953)… La qualité des photographes exposés est vertigineuse. L’ensemble de cette collection rassemblée au cours des 30 dernières années sera présentée selon huit thématiques, autour de sujets allant de la mode au reportage, en passant par le corps masculin et la photographie américaine. Elle figurera des portraits de célébrités comme Marilyn Monroe ou Miles Davis, et d’autres images iconiques figeant des moments clés de l’histoire, de la lutte pour les droits civiques des années 1950–1960 à l’activisme anti-Sida des années 1980 ou encore les attentats du 11 septembre 2001. Que vous soyez, ou non, fan du chanteur, foncez voir cette exposition unique !

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Fragile Beauty: Photographs from the Sir Elton John and David Furnish Collection

Du 18 mai 2024 au 5 janvier 2025

Retrouvez dans l’Encyclo : Francis Bacon

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