Cinéma

Les 20 meilleurs biopics d’artistes

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Quels sont les meilleurs biopics d’artistes de tous les temps ? De Frida de Julie Taymor au Michel-Ange d’Andreï Kontchalovski, en passant par Camille Claudel de Bruno Nuytten, Mr. Turner de Mike Leigh et Van Gogh de Maurice Pialat, voici les 20 films du genre qui ont le plus séduit le public et la critique au cours de ces 70 dernières années.

Le biopic d’artiste est un genre périlleux. Difficile de ne pas céder aux clichés et aux écueils d’un récit biographique trop linéaire, trop romancé, et surtout d’être à la hauteur du peintre ou du sculpteur célèbre que l’on s’est donné pour mission de faire revivre ! Pourtant, de nombreux réalisateurs s’y sont attelés depuis les années 1950, et en particulier à partir des années 1980, rivalisant de créativité pour faire revivre les plus grands.

Artiste le plus populaire chez les réalisateurs, Vincent van Gogh est au cœur de quatre films très différents de notre sélection, tandis que Edvard Munch a donné lieu au biopic d’artiste le plus apprécié du public. Les histoires centrées sur des artistes d’origine modeste qui ont su triompher de l’adversité figurent également parmi les plus populaires, comme My Left FootSéraphine ou Maudie. La recréation réussie des gestes dans l’atelier, à l’image du Pollock d’Ed Harris, fait mouche, tout comme la beauté d’une photographie soignée, comme celle de Mr. Turner, hommage éblouissant aux tableaux du peintre anglais. Voici les 20 films à ne pas manquer !

Edvard Munch, la danse de la vie de Peter Watkins (1974) : au plus près de la création

Geir Westby dans « Edvard Munch, la danse de la vie » de Peter Watkins
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Geir Westby dans « Edvard Munch, la danse de la vie » de Peter Watkins, 1974

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© Westby Norsk Film/NRK/Sveriges Radio / BBQ_DFY / Aurimages

C’est le biopic d’artiste le mieux noté par le public à ce jour sur IMDb et Allociné ! Ce film particulièrement subjectif consacré à Edvard Munch (1863–1944), peintre expressionniste norvégien anticonformiste et tourmenté par de nombreuses angoisses qu’incarne son célèbre Cri (1893), cache une autobiographie en creux de son réalisateur, le Britannique Peter Watkins. Tourné dans des tons proches de ceux des toiles de l’artiste, avec des acteurs non professionnels, habitants d’Oslo et de son fjord, et dans les lieux qu’il fréquentait, ce vibrant hommage brouille les frontières entre fiction et documentaire, offrant une réflexion magistrale sur l’art et l’acte créateur.

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Edvard Munch, la danse de la vie

De Peter Watkins

1974 · 220 minutes

My Left Foot de Jim Sheridan (1989) : le triomphe de l’art sur le handicap

Ce biopic, l’un des plus aimés de notre top 20, raconte l’histoire vraie de l’artiste irlandais Christy Brown (1932–1981), né atteint de paralysie spasmodique dans une famille nombreuse de la classe ouvrière dublinoise. Ne pouvant bouger que son pied gauche, il a réussi, à force de persévérance et de dépassement de soi, à devenir l’un des meilleurs peintres, romanciers et poètes de son pays. Une histoire poignante et inspirante portée à l’écran par le réalisateur Jim Sheridan, avec Daniel Day-Lewis dans le rôle principal, pour lequel il a reçu l’Oscar (amplement mérité) du meilleur acteur.

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My Left Foot

De Jim Sheridan

1989 · 103 minutes

Andreï Roublev d’Andreï Tarkovski (1966) : les tribulations d’un moine peintre

Le patriarche orthodoxe russe Kirill dirige un service religieux près de l’icône historique de la « Trinité » d’Andreï Roublev
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Le patriarche orthodoxe russe Kirill dirige un service religieux près de l’icône historique de la « Trinité » d’Andreï Roublev

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© AFP / Oleg Varov

Considéré comme l’un des meilleurs du genre, ce biopic réalisé par le cinéaste et écrivain soviétique Andreï Tarkovski fuit le carcan biographique : à travers les yeux du moine russe Andreï Roublev (vers 1360–1428), peintre d’icônes itinérant dont la vie demeure assez mystérieuse, une succession de tableaux en noir et blanc exprime les tourments de la Russie du XVe siècle, marquée par les invasions des Tatars et le sectarisme religieux, tout en interrogeant la place du divin dans l’art. Les derniers plans, filmés en couleurs, montrent des œuvres de l’artiste, dont l’Icône de la Trinité, qui lui aurait valu de se faire crever les yeux pour l’avoir signée de son nom – geste sacrilège pour un moine à l’époque. Un film dont les allusions politiques et la non-conformité aux idéaux communistes ont placé le réalisateur dans le viseur de la censure soviétique…

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Andreï Roublev

D'Andreï Tarkovski

1966 · 180 minutes

Frida de Julie Taymor (2002) : le biopic aux deux Oscars

Alfred Molina et Salma Hayek dans « Frida » de Julie Taymor
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Alfred Molina et Salma Hayek dans « Frida » de Julie Taymor, 2002

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© Prod DB / AllPix / Aurimages

Pour incarner la peintre surréaliste mexicaine Frida Kahlo (1907–1954), son idole et compatriote, la très glamour Salma Hayek s’est totalement immergée dans son personnage au point de se mettre, en dehors du plateau, à peindre comme elle tout en fumant des cigares cubains, vêtue de robes multicolores. Le film, dont la belle mise en scène rend hommage à de nombreux tableaux de l’artiste, met en lumière son parcours aussi bien que sa vie romanesque et anticonformiste, de son accident à son engagement communiste en passant par sa bisexualité et sa relation tumultueuse avec le peintre Diego Rivera. Un biopic récompensé par dix-sept prix et deux Oscars, dont un pour sa superbe bande originale.

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Frida

De Julie Taymor

2002 · 123 minutes

La Vie passionnée de Vincent van Gogh de Vincente Minnelli (1956) : un drame en couleurs

Premier des nombreux biopics consacrés à Van Gogh (1853–1890), il reste aussi l’un des plus appréciés. Amours, piété mystique, absinthe, folie créatrice : ce film hollywoodien réalisé en 1956 par l’Américain Vincente Minnelli n’omet aucun détail croustillant de la vie du peintre incarné par Kirk Douglas, qui fut récompensé pour ce rôle par le Golden Globe du meilleur acteur. Des mines belges où ce fils de pasteur débute comme évangéliste, jusqu’à son suicide à Auvers-sur-Oise en 1890, en passant par son séjour montmartrois et sa découverte du Midi, ce drame psychologique retrace tout son parcours avec un lyrisme théâtral. Tourné sur les lieux mêmes de sa vie, il séduit par sa photographie et ses paysages aux couleurs saturées, inspirés des toiles du peintre : une succession de plaines verdoyantes, de champs de blé jaune et de ciels bleu lavande.

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La Vie passionnée de Vincent van Gogh

De Vincente Minnelli

1956 · 122 minutes

Séraphine de Martin Provost (2008) : Yolande Moreau en peintre oubliée

« Séraphine » de Martin Provost, 2008
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« Séraphine » de Martin Provost, 2008

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© Diaphana Distribution

L’artiste Séraphine Louis (1864–1942) serait-elle aussi connue aujourd’hui sans cet excellent film ? En 1912, le collectionneur allemand Wilhelm Uhde découvre d’étonnantes natures mortes sur bois – des compositions foisonnantes de fleurs et de fruits, comme nimbées d’une auréole sacrée – dont l’auteur s’avère être une modeste femme de ménage, qui n’a jamais quitté son village et peint en cachette sans se douter de son talent. Porté par une Yolande Moreau plus vraie que nature, ce biopic touchant au style sobre et réaliste a récolté pas moins de sept César amplement mérités.

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Séraphine

De Martin Provost

2008 · 125 minutes

Mr. Turner de Mike Leigh (2014) : un portrait éblouissant

Timothy Spall dans « Mr Turner » de Mike Leigh
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Timothy Spall dans « Mr Turner » de Mike Leigh, 2014

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© akg-images / Album / Film4 / Xofa Pro

Primé à Cannes pour ce rôle, l’acteur Timothy Spall a suivi des cours pendant deux ans pour apprendre à tenir le pinceau à la manière du peintre britannique William Turner (1775–1851). Pleine de panache, son incarnation révèle un homme bourru au caractère de cochon, que ne laissent pas soupçonner ses aquarelles délicates et ses tableaux lumineux – quoique souvent brouillés et agités de violentes tempêtes qui font de lui un maître du sublime mais aussi un précurseur de l’impressionnisme et de l’art moderne. Ce biopic brille tout autant par sa mise en scène et la photographie de Dick Pope, dont les paysages irisés filmés en lumière naturelle rendent un sublime hommage aux toiles du maître. Une pépite délicieusement british !

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Mr. Turner

De Mike Leigh

2014 · 150 minutes

Camille Claudel de Bruno Nuytten (1998) : Adjani habitée

Camille Claudel de Bruno Nuytten avec Gérard Depardieu et Isabelle Adjani
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Camille Claudel de Bruno Nuytten avec Gérard Depardieu et Isabelle Adjani, 1988

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© Bridgeman Images

Cet intense long-métrage récompensé par cinq César, dont ceux du meilleur film et de la meilleure actrice pour Isabelle Adjani, a grandement contribué à faire connaître Camille Claudel (1864–1943) auprès du grand public. Le biopic, l’un des plus réussis du genre, brosse le portrait d’une sculptrice passionnée, injustement restée dans l’ombre d’Auguste Rodin (incarné par Gérard Depardieu) dont elle intègre l’atelier puis devient la maîtresse, entrant dans la valse d’une liaison destructrice qui la fera sombrer dans la folie…

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Camille Claudel

De Bruno Nuytten

1998 · 175 minutes

Ivre de femmes et de peinture d’Im Kwon-taek (2002) : la sensualité de la création

Récompensé à Cannes par le prix de la mise en scène, ce film nous plonge dans la Corée de la fin du XIXe siècle pour raconter l’histoire du peintre Jang Seung-Ub, dit Owon (1843–1897) : un artiste excentrique, mû par une quête obsessionnelle de la perfection et victime d’une irrépressible addiction aux femmes et à l’alcool. Rythmé par les déambulations du peintre dans la campagne coréenne à la recherche d’inspiration et de nouvelles couleurs, ainsi que par des scènes de création intenses et sensuelles bercées par la danse de l’encre noire sur le blanc du papier, ce long-métrage empli d’émotion captive moins par son scénario que par son lyrisme et ses images d’une beauté à couper le souffle. Une immersion dans l’ivresse de l’acte créateur.

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Ivre de femmes et de peinture

D’Im Kwon-taek

2002 · 117 minutes

Van Gogh de Maurice Pialat (1991) : l’homme derrière le génie

Extrait du film « Van Gogh » de Maurice Pialat
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Extrait du film « Van Gogh » de Maurice Pialat, 1991

C’est le plus surprenant des nombreux longs-métrages inspirés par la vie de Vincent van Gogh. Ici, pas de couleurs saturées, ni de peintre mystique défiguré par la démence. À l’opposé du lyrisme coloré du biopic de Vincente Minnelli, Maurice Pialat livre un film d’une simplicité déconcertante sur les derniers jours de l’artiste à Auvers-sur-Oise. Une succession de fragments bruts et sans complaisance qui dévoile (non sans humour) une réalité prosaïque : celle d’un homme amer – incarné avec un naturel robuste par Jacques Dutronc, récompensé du César du meilleur acteur –, étouffé par les préoccupations bourgeoises de son entourage, qui le voit comme un vulgaire peintre raté.

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Van Gogh

De Maurice Pialat

1991 · 158 minutes

Maudie d’Aisling Walsh (2016) : l’histoire vraie d’une femme de ménage artiste

Ce biopic émouvant nous plonge dans l’histoire vraie de l’artiste Maud Lewis (1903–1970), qui travaillait comme femme de ménage dans les années 1930 avant de devenir une célébrité en Nouvelle-Écosse grâce à ses peintures naïves emplies de joie. Porté par le talent éblouissant de Sally Hawkins et Ethan Hawke, et récompensé par vingt-cinq prix à travers le monde, ce film de la réalisatrice irlandaise Aisling Walsh restitue aussi bien la beauté des paysages canadiens que le dénuement, la maladie et les difficultés conjugales de l’artiste. Un récit touchant d’émancipation féminine.

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Maudie

D’Aisling Walsh

2016 · 116 minutes

La Jeune Fille à la perle de Peter Webber (2003) : le mystère Vermeer en fiction

Image issue du film « La Jeune fille à la perle » de Peter Webber
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Image issue du film « La Jeune fille à la perle » de Peter Webber

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© Lions Gate / Bridgeman Images

Bien qu’il soit l’adaptation d’une histoire inventée (le best-seller éponyme de la romancière Tracy Chevalier publié en 1999) et que le peintre Johannes Vermeer (1632–1675), campé par Colin Firth, y demeure plutôt insaisissable, ce film rejoint la liste des biopics d’artistes les plus aimés. Porté par de magnifiques décors, la photographie divine d’Eduardo Serra et une musique envoûtante, il nous plonge dans l’atelier et le quotidien de ce peintre néerlandais du Siècle d’or ainsi que les rues et canaux de la ville de Delft en imaginant l’histoire de son tableau le plus mystérieux, La Jeune Fille à la perle (1665). En supposant que cette dernière (incarnée par Scarlett Johansson, révélée par ce rôle) était une jeune servante dont l’artiste se serait épris, ce film nous permet de nous infiltrer, à travers les yeux de cette innocente intruse, dans sa demeure tapissée de secrets.

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La Jeune Fille à la perle

De Peter Webber

2003 · 100 minutes

L’Incroyable Histoire du facteur Cheval de Nils Tavernier (2018) : l’épopée du Palais idéal

Ce film narre une histoire extraordinaire : celle d’un simple facteur de la Drôme, Ferdinand Cheval (1836–1924), qui s’est un jour lancé seul dans la construction d’un palais délirant aux airs de temple hindou dans son village de Hauterives. Une entreprise qui durera 33 ans, de 1879 à 1912, suscitant l’incompréhension de ses pairs. Fait de milliers de pierres assemblées entre elles avec de la chaux et du ciment, et foisonnant de motifs inspirés de la nature, de la Bible et de la mythologie, son Palais idéal est aujourd’hui considéré comme un chef-d’œuvre d’art naïf. Entièrement tourné dans la Drôme, ce long-métrage touchant de simplicité est enrichi par la performance de Jacques Gamblin dans le rôle principal, au côté de Laetitia Casta dans la peau de son épouse Philomène.

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L’Incroyable histoire du facteur Cheval

De Nils Tavernier

2018 · 104 minutes

La Passion Van Gogh de Dorota Kobiela et Hugh Welchman (2017) : quand les toiles s’animent

Pour réaliser ce tour de force, le cinéaste britannique Hugh Welchman s’est associé à la peintre et artiste d’animation Dorota Kobiela. Inspirée des lettres de Van Gogh, cette enquête imaginaire sur les circonstances de sa mort (le suicide cacherait-il un meurtre ?) est le tout premier film entièrement peint à la main, au rythme de douze tableaux par seconde, avec pour matière première 120 toiles de l’artiste néerlandais patiemment copiées, modifiées, animées et liées entre elles par une équipe de 68 peintres. De La Nuit étoilée au café arlésien, en passant par les paysages d’Auvers, ses tableaux ondulent et prennent vie sous nos yeux. De quoi mériter ses nombreuses récompenses, dont le prix du public au Festival international du film d’animation d’Annecy.

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La Passion Van Gogh

De Dorota Kobiela et Hugh Welchman

2017 · 95 minutes

Pollock d’Ed Harris (2000) : le maître du dripping en action

Ed Harris dans le biopic « Pollock » qu’il a lui-même réalisé en 2000.
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Ed Harris dans le biopic « Pollock » qu’il a lui-même réalisé en 2000.

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© Farabola/leemage

Également aux manettes du film en tant que réalisateur, l’acteur Ed Harris se glisse de manière convaincante dans la peau du peintre Jackson Pollock (1912–1956), figure de l’expressionnisme abstrait américain. S’il évoque son mariage troublé avec Lee Krasner et ses problèmes d’alcool qui lui coûteront la vie dans un accident de voiture non loin de sa maison de Long Island, ce biopic se concentre surtout sur le processus créatif et les techniques uniques de l’artiste, inventeur d’un style nouveau : le dripping. Dans des scènes particulièrement réussies, Ed Harris (nommé aux Oscars pour ce rôle) restitue fidèlement les mouvements du maître, exécutés au-dessus de la toile posée à même le sol de son atelier.

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Pollock

D’Ed Harris

2000 · 122 minutes

Les Fleurs bleues d’Andrzej Wajda (2016) : le combat de l’art contre la dictature

Dans la Pologne de l’après-guerre, le peintre Władysław Strzemiński (1893–1952), figure majeure de l’avant-garde et compagnon de Vassily Kandinsky et Kasimir Malevitch, enseigne aux Beaux-arts de Łódź, où il est très apprécié de ses étudiants. Mais, refusant de se conformer à l’esthétique du réalisme socialiste, ce maître de l’art moderne est expulsé de l’université, rayé du syndicat des artistes et subit l’acharnement des autorités communistes qui cherchent à le faire disparaître et à détruire toutes ses œuvres. En dépeignant la vie de cet artiste victime du totalitarisme stalinien, le réalisateur engagé Andrzej Wajda (dont il s’agit du dernier film, sorti après sa mort) fait écho à sa propre expérience de la censure soviétique. Une brillante mise en scène du combat de l’art contre la dictature.

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Les Fleurs bleues

D’Andrzej Wajda

2016 · 98 minutes

Big Eyes de Tim Burton (2014) : une folle histoire d’usurpation

Big Eyes de Tim Burton avec Amy Adams
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Big Eyes de Tim Burton avec Amy Adams, 2014

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© Bridgeman/Everett

Bien que les œuvres de son héroïne soient jugées kitsch par les critiques d’art, le public a adoré ce film de Tim Burton retraçant l’incroyable histoire de la peintre américaine Margaret Keane (1927–2022). Connue pour ses portraits d’enfants aux grands yeux, objets d’un immense succès commercial dans les sixties, cette artiste a vu son travail usurpé pendant plus de dix ans par son mari, peintre raté mais habile commercial qui la cloîtrait et se faisait passer pour l’auteur des toiles. Certes moins sombre et déjanté que les films habituels de Burton, le résultat est un régal grâce à l’ambiance colorée du San Francisco des années 1950–1960 et à l’excellente performance d’Amy Adams, dans la peau de l’artiste, et de Christoph Waltz, parfait en époux abusif et machiavélique.

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Big Eyes

De Tim Burton

2014 · 105 minutes

Basquiat de Julian Schnabel (1996) : hommage à une étoile filante de l’art

Le peintre et cinéaste Julian Schnabel rend ici un bel hommage à son ami Jean-Michel Basquiat (1960–1988), peintre underground, rappeur et graphiste new-yorkais d’origine haïtienne créole, pionnier de l’art urbain et premier plasticien noir à avoir réussi à percer dans le milieu de l’art. Le film nous présente une tranche de vie, les dernières années du peintre et son ascension fulgurante avant sa disparition brutale à l’âge de seulement 27 ans. Ce biopic doit beaucoup à son casting, de Jeffrey Wright, très bon dans le rôle-titre, en passant par Dennis Hopper, Benicio del Toro, Gary Oldman, Christopher Walken et David Bowie, étonnant dans la peau du pop artiste Andy Warhol.

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Basquiat

De Julian Schnabel

1996 · 108 minutes

Michel-Ange d’Andreï Kontchalovski (2019) : le portrait magistral d’un génie

Peu de cinéastes ont osé se frotter à Michel-Ange (1475–1564). Bien différent de L’Extase et l’agonie (1965), fresque hollywoodienne en Technicolor qui a énormément plu mais s’avère aujourd’hui très datée (notamment avec sa reconstitution en studio très carton-pâte des fresques de la chapelle Sixtine), ce film russo-italien du cinéaste Andreï Kontchalovski brosse un portrait magistral, riche et contrasté de cet immense génie de la Renaissance. Retraçant ses moments d’angoisse et d’extase tandis que deux familles nobles rivales se disputent sa loyauté, il aborde la création dans son aspect monumental, épique et mystique, à travers son lien à la religion et au pouvoir. Des tavernes obscures aux palais somptueux en passant par la blancheur des carrières de marbre, il offre aussi une immersion renversante dans un XVIe siècle italien contrasté, fait de raffinement et de violence.

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Michel-Ange

D’Andreï Kontchalovski

2019 · 134 minutes

At Eternity’s Gate de Julian Schnabel (2018) : un hommage halluciné à Van Gogh

Réalisé par le peintre américain Julian Schnabel, ce biopic est l’un des plus intéressants consacrés à Vincent van Gogh, dont on suit ici les dernières années à Arles, Saint-Rémy-de-Provence et Auvers-sur-Oise. Récompensé pour ce rôle à la Mostra de Venise par la coupe Volpi de la meilleure interprétation masculine, l’acteur italo-américain Willem Dafoe s’y glisse à la perfection dans la peau de l’artiste torturé au côté d’autres grands noms du septième art tels Mads Mikkelsen, Niels Arestrup, Rupert Friend, Oscar Isaac et Mathieu Amalric. Filtres bleu et jaune, vues tournoyantes, champs acides, tournesols calcinés… : le cinéaste signe un film expressionniste, crépusculaire et mystique, pour toucher au plus près les tourments hallucinés de ce génie de l’art.

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At Eternity’s Gate

De Julian Schnabel

2018 · 110 minutes

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