Grimaldi Forum

À Monaco, l’expo sensorielle « Couleurs ! » en met plein la rétine

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Pour son exposition estivale, le Grimaldi Forum de Monaco associé au Centre Pompidou embarque ses visiteurs dans un parcours sensoriel, mêlant art moderne, design, musique et parfums pour faire vivre les couleurs. Idéal pour arrêter de broyer du noir !
René Magritte, Les marches de l’été
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René Magritte, Les marches de l’été, 1938

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Huile sur toile • 60 x 73 cm • Coll. Centre Pompidou, Paris • © Centre Pompidou, MNAM-CCI / Philippe Migeat / Dist. GrandPalaisRmn presse © Adagp, Paris, 2025

Au cœur de l’été monégasque, les murs du Grimaldi Forum vibrent. Rouge, bleu, vert, jaune, rose, noir, blanc… hissez les couleurs ! C’est sous cette bannière que la grande expo estivale du Grimaldi Forum, organisée en partenariat avec le Centre Pompidou, convoque plus de 100 chefs-d’œuvre du XXe et XXIe siècle.

Imaginée par Didier Ottinger, directeur adjoint du Musée national d’art moderne, l’expo déploie une fresque inédite faisant vivre aux visiteurs une expérience totale et synesthésique de la couleur, entre peinture, musique et parfums.

Exposition « Couleurs ! Chefs-d’œuvre du Centre Pompidou » à Paris
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Exposition « Couleurs ! Chefs-d’œuvre du Centre Pompidou » à Paris

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© Grimaldi Forum Monaco / © Éric Zaragoza

Une invitation à découvrir la palette de l’art moderne et contemporain avec le corps autant qu’avec l’esprit : « La couleur se ressent plus qu’elle ne s’explique », prévient le commissaire de l’expo qui a néanmoins choisi d’appareiller son parcours de nombreux textes théoriques de citations faisant résonner et raisonner le thème : « La couleur est tout, la couleur est la vibration comme la musique ; tout est vibration » (Marc Chagall).

Un grand disque chromatique et des parfums

Avant ce grand plongeon dans la couleur, on se mouille la nuque en admirant des kaléidoscopes qui, de Gerhard Richter à Theo Van Doesburg, permettent de saisir la profondeur et les nuances du sujet. Sur 2 000 m², la scénographie est construite autour d’un cercle chromatique, un immense tambour immersif qui annonce la couleur (bleu, rouge, rose, jaune, vert, blanc et noir). De là se ramifient ensuite sept allées monochromes où nichent des espaces design scénographiés par la designer Marion Mailaender associés à chaque teinte – vert pour une chambre à coucher, jaune pour une salle d’attente… – mais aussi des installations sensorielles. Prenez place à l’intérieur de ces capsules !

Exposition « Couleurs ! Chefs-d’œuvre du Centre Pompidou » à Paris
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Exposition « Couleurs ! Chefs-d’œuvre du Centre Pompidou » à Paris

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© Grimaldi Forum Monaco / © Éric Zaragoza

Des sons composés par Roque Rivas avec l’Ircam, et des créations parfumées signés Alexis Dadier, nez de la maison de parfumerie Fragonard, vous transportent dans la couleur. Au vert, des notes de figuier, de patchouli, ambrette, galbanum… Revigorant. Au jaune, du mimosa, du citrus… Électrisant. Au noir, l’encens, le vétiver, la racine d’angélique… Du lourd. Dans le rose, forcément on a la sensation d’être comme un bonbon.

Bleu spirituel et rouge sang

Martial Raysse, Made in Japan – La grande odalisque
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Martial Raysse, Made in Japan – La grande odalisque, 1964

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Peinture acrylique, verre, mouche, passementerie en fibre synthétique, sur photographie marouflée sur toile • 130 × 97 cm • Coll. Centre Pompidou, Paris • © Centre Pompidou, MNAM-CCI / Philippe Migeat/Dist. GrandPalaisRmn presse © Adagp, Paris, 2025

L’accrochage est volontairement libéré de toute construction chronologique ou stylistique. Passons au vert. Made in Japan – La grande odalisque (1964) de Martial Raysse avec son visage vert acide éclaté sur fond rouge saute aux yeux. Bleu de ciel (1940) de Vassily Kandinsky ouvre le bal de la couleur préférée des Français.

Pour le maître abstrait, le bleu était « hautement spirituel », en harmonie avec les théories symboliques de la couleur qu’il développa au Bauhaus. Plus loin, les bleus poétiques de Matisse, les rêveries de Miró ou les vitraux modernes de Jean-Michel Alberola viennent renforcer ces aspirations et inspirations entre ciel et terre, nostalgie et apaisement. « Le bleu n’a pas de dimension. Il est hors dimension », a déclaré l’un de ses plus grands fans : Yves Klein.

Andy Warhol, Big electric chair (Grande chaise électrique)
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Andy Warhol, Big electric chair (Grande chaise électrique), 1967 – 1968

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Encre sérigraphique et peinture acrylique sur toile • 137,2 × 185,3 cm • Coll. Centre Pompidou, Paris • © Centre Pompidou, MNAM-CCI / Service de la documentation photographique du MNAM / Dist. GrandPalaisRmn presse © The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts, Inc. / Licence by Adagp, Paris, 2025

À l’opposé du cercle chromatique, il y a le rouge. Couleur de vie autant que de mort, il irradie Big Electric Chair (1967–68) d’Andy Warhol. La chaise électrique, silhouette lugubre abandonnée dans un bain de rouge sang, devient l’icône glaçante d’une Amérique vacillante. Ce rouge est aussi celui de la chair primitive, des passions révolutionnaires, des lèvres criardes des courtisanes d’Auguste Chabaud aux yeux cernés, ou encore des corps exacerbés de Francis Bacon.

Le rose « frivole »

Plus inattendu dans son traitement, le rose s’affirme avec un pouvoir subversif. Tantôt associé à la tendresse, tantôt stigmatisé comme superficiel – « ridicule », « féminin », « frivole » disait l’encyclopédiste Diderot – il est ici l’une des stars : « Le rose est peut-être la couleur la plus attachante, celle qui résume le propos de l’exposition. Destinée à nos sens, elle est par nature imprécise, subjective, résistante à la raison pratique. » Dans les Concetto Spaziale de Lucio Fontana, il est un cosmos transpercé. Pour Philip Guston, il incarne une nouvelle palette bouffonne, presque sarcastique, qui tente de dissimuler des violences sous-jacentes.

Jaune lumière et nuit noire

Tamara de Lempicka, La communiante
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Tamara de Lempicka, La communiante, 1929

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Huile sur toile • 101 × 64,8 cm • Coll. Centre Pompidou, Paris • © Centre Pompidou, MNAM-CCI / Jacqueline Hyde/Dist. GrandPalaisRmn © Tamara de Lempicka Estate, LLC / Adagp, Paris, 2025

Le jaune éclate sur les toiles de Georg Baselitz, en deux silhouettes féminines à bicyclette qui se noient dans de fougueux coups de brosses jaune d’or, tandis que le noir, quant à lui, convoque l’abîme – une grotte chez Dalí, un chaos chez Pollock.

Au bout du spectre, le blanc s’impose chez Tamara de Lempicka en icône sacrée avec La Communiante. Chez Malevitch et Jasper Johns, il signe le recommencement et le silence après l’Histoire. On va ainsi d’émotions et en intuitions, l’œil excité par tant de liberté.

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Couleurs !

Du 8 juillet 2025 au 31 août 2025

www.grimaldiforum.com

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Catalogue de l'exposition

Coéd. Grimaldi Forum Monaco / Éditions Skira • 256 p. • 42€

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