CRITIQUES

Rothko, Van Gogh, Chagall, De Staël… Que valent les grandes expos du moment ?

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Vraiment à ne pas manquer, plutôt réussie, ou décevante… Les grandes expositions battent leur plein à Paris et dans toute la France ! Avant de prendre votre billet, la rédaction de Beaux Arts vous donne son avis sur les événements du moment.

Peinture, photographie, installations… Quel riche programme dans les musées ! Difficile de faire le bon choix ? Des blockbuster « Van Gogh » au musée d’Orsay ou « Rothko » à la fondation Louis Vuitton, en passant « Bollywood » au musée du quai Branly ou encore « Chagall » à la Piscine de Roubaix, on vous dit tout. Avec la promesse de mettre à jour nos critiques au fil de nos visites !

Et vous aussi donnez-nous votre avis ! Grâce à notre sondage, dîtes-nous si vous avez aimé un peu, beaucoup, passionnément, à la folie…ou pas du tout ! Surtout n’hésitez pas à filer dans les musées pour partager vos réactions.

« Gertrude Stein et Pablo Picasso : l’invention du langage » au musée du Luxembourg

Vue de l’exposition « Gertrude Stein et Picasso, L’invention du Langage »   au musée du Luxembourg
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Vue de l’exposition « Gertrude Stein et Picasso, L’invention du Langage » au musée du Luxembourg, 2023

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© Didier Plowy / RMN-GP presse / Scénographie Studio Matters, 2023

Le pitch : Le musée du Luxembourg raconte l’histoire d’une amitié hors norme et de convergences plastiques entre Pablo Picasso et Gertrude Stein, laquelle, mécène et écrivaine, a longtemps résidé non loin du musée, rue de Fleurus. Pablo Picasso arrive à Paris en 1902, l’Américaine Gertrude Stein, une année plus tard. Construit en deux parties, le parcours décortique largement la postérité de ces icônes du XXe siècle.

Ce qu’on a aimé : Étonnante expo ! Si les salles du musée du Luxembourg nous ont plutôt habitués à des accrochages sur l’impressionnisme ou la Renaissance, cette proposition détonne avec de surprenantes œuvres d’art moderne et contemporain pour montrer l’influence et l’héritage de Gertrude Stein. Initialement, le musée du Luxembourg devait se consacrer pour cet anniversaire de la mort de Picasso aux rapports de l’artiste avec la Russie. Mais après l’attaque contre l’Ukraine, il a fallu trouver un autre sujet… Défi réalisé en quelques mois seulement et non sans brio par ses commissaires Cécile Debray, présidente du musée national Picasso, avec Assia Quesnel, historienne de l’art. Mention spéciale au polyptyque Ten Portraits of Jews of the Twentieth Century d’Andy Warhol, aux photographies de Cecil Beaton et à une sculpture en moniteurs TV anciens de Nam June Paik, qui nous livrent un portrait rare de la collectionneuse visionnaire.

Dommage : Bien que passionnant, l’influence de nos deux artistes sur la modernité fait l’objet d’un (trop) long développement qui occupe les deux tiers de l’exposition… Finalement, les œuvres de Picasso se sont frayées bien peu de place aux murs.  On pourra aussi reprocher le manque de cartels et d’explications, au profit de citations de Gertrude Stein, qui laissent les visiteurs de l’exposition sur leur faim. M.B.

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Gertrude Stein et Pablo Picasso. L'invention du langage

Du 13 septembre 2023 au 28 janvier 2024

museeduluxembourg.fr

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« Van Gogh à Auvers-sur-Oise, les derniers mois » au musée d’Orsay

Vue de l’exposition « Van Gogh à Auvers-sur-Oise. Les derniers mois » (avec « Champ de blé aux corbeaux ») au musée d’Orsay
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Vue de l’exposition « Van Gogh à Auvers-sur-Oise. Les derniers mois » (avec « Champ de blé aux corbeaux ») au musée d’Orsay, 2023

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© Sophie Crépy / musée d’Orsay, Paris

Le pitch : Arrivé à Auvers-sur-Oise, près de Paris, le 20 mai 1890, Vincent Van Gogh y décède le 29 juillet à la suite d’une tentative de suicide. En un peu plus de deux mois à Auvers, le peintre connaît un renouveau artistique qui s’exprime de façon prodigieuse, en pas moins de 74 toiles… Soit plus d’une par jour ! Avec le musée Van Gogh d’Amsterdam, le musée d’Orsay réussit à rassembler une cinquantaine d’œuvres, dont des chefs-d’œuvre emblématiques tels Le Docteur Paul Gachet, L’église d’Auvers-sur-Oise, ou encore Champ de blé aux corbeaux.

Ce qu’on a aimé : Aussi étonnant que cela puisse paraître, cette exposition consacrée aux dernières semaines de Van Gogh est une première. En effet l’ultime période du maître n’avait jamais fait l’objet d’un accrochage… Et quel moment extraordinaire ! S’il faudra sûrement braver la foule pour l’admirer, la touche si personnelle, ondulante et nerveuse de Vincent Van Gogh est un ravissement pour l’œil. L’esprit se perd dans ses paysages… On croit sentir le vent souffler sur ses champs de blé et ses ciels orageux. Ébahis, nous sommes dans la dernière salle de l’exposition, laquelle rassemble douze toiles au format original de double carré. On sera émus devant son ultime tableau intitulé Racines et sa vue d’Auvers au crépuscule, comme un testament. Ce panorama étourdissant vaut à lui seul la visite de cette exposition qui fera date, nul doute.

Dommage : En marge de l’exposition, l’expérience en réalité virtuelle (VR) autour de la palette de Van Gogh (visible dans l’expo), bien que stimulante sur le plan de l’innovation technologique (pas de manette, ce sont vos mains qui vous guident) n’apporte pas grand-chose sur le plan pédagogique. M.B.

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Van Gogh à Auvers-sur-Oise. Les derniers mois

Du 3 octobre 2023 au 4 février 2024

www.musee-orsay.fr

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« Rothko » à la fondation Louis Vuitton

Vue d’installation de l’exposition « Mark Rothko ». Au mur de gauche à droite : « Untitled », 1969 de National Gallery of Art, Washington, « Untitled », 1969 de la collection Christopher Rothko, « Untitled », 1969 d’une collection particulière. Au milieu de la salle, « L’homme qui marche I » 1960 et « Grande femme III » 1960 d’Alberto Giacometti
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Vue d’installation de l’exposition « Mark Rothko ». Au mur de gauche à droite : « Untitled », 1969 de National Gallery of Art, Washington, « Untitled », 1969 de la collection Christopher Rothko, « Untitled », 1969 d’une collection particulière. Au milieu de la salle, « L’homme qui marche I » 1960 et « Grande femme III » 1960 d’Alberto Giacometti, 2023

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© Fondation Louis Vuitton, Paris

Le pitch : Une fois encore, la fondation Louis Vuitton frappe fort ! Le bâtiment de Frank Gehry accueille la première rétrospective du grand maître de l’art abstrait Mark Rothko (1903–1970) en France depuis 1999. La prouesse est de taille puisque sont réunies, sous la houlette de Suzanne Pagé et de Christopher Rothko, fils de l’artiste, pas moins de 115 œuvres, des tout débuts figuratifs aux mythiques Color Field Paintings. Avec, en point d’orgue de ce parcours fleuve, la « Rothko Room » de la Tate, pensée par le peintre en 1969 et ici entièrement reconstituée.

Ce qu’on a aimé : « Si les gens veulent des expériences sacrées, ils les trouveront, s’ils veulent des expériences profanes, ils les trouveront. » On ne peut que confirmer ces mots de l’artiste tant sa peinture incandescente, vibrante, continue d’exercer sur le visiteur sa force magnétique. Toutes les conditions, il faut le dire, sont réunies : la scénographie impeccablement aérée – et conforme aux souhaits de Rothko – plonge les pièces dans une pénombre qui invite à s’asseoir face aux œuvres, à prendre son temps, à se laisser happer. L’envie nous vient (et nous le conseillons !) d’accompagner ces moments de la musique de Mozart ou de Schubert que le peintre adulait. Outre la « Rothko Room » de la Tate, un autre moment fort du parcours est la confrontation de ses toiles avec les sculptures filiformes de Giacometti – un projet inachevé pour l’UNESCO –, dans une haute salle cathédrale : magistral !

Dommage : L’affluence, comme on pouvait s’y attendre, altère quelque peu l’expérience sensorielle. L’institution nous y a certes habitué, mais on peut aussi parfois regretter le manque de clés de compréhension et de contexte. F.G. 

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Mark Rothko

Du 18 octobre 2023 au 2 avril 2024

presse.fondationlouisvuitton.fr

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« Théophile-Alexandre Steinlen (1859–1923), l’exposition du centenaire » au musée de Montmartre

Vue de l’exposition Théophile-Alexandre Steinlen, l’exposition du centenaire au musée de Montmartre
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Vue de l’exposition Théophile-Alexandre Steinlen, l’exposition du centenaire au musée de Montmartre, 2023

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© André Ferreira

Le pitch : À l’occasion du centenaire de sa disparition, le musée de Montmartre rend hommage à Théophile-Alexandre Steinlen (1859–1923), un artiste prolifique et engagé de la fin du XIXe siècle, qui a laissé sa marque avec sa célèbre et très graphique « affiche du Chat noir », emblème de la bohème montmartroise.

Ce qu’on a aimé : Planches humoristiques, dessins de presse, croquis de nus, peintures, lithographies et mêmes sculptures (quelques bronzes de chats, son animal fétiche)… Le parcours montre bien le caractère multi-facettes de Steinlen, sa personnalité attachante et sensible, et surtout son engagement politique en faveur des plus démunis, des mineurs aux enfants des rues en passant par les prostituées de Paris et les familles endeuillées de la Grande Guerre, croqués avec une grande humanité.

Dommage : Si le musée a voulu miser sur un angle original en consacrant la majeure partie de l’exposition à ses peintures à l’huile, pan très méconnu de la production de Steinlen, le parcours aurait gagné à contenir davantage de dessins et de gravures (genres dans lesquels il excellait), et ce pour une raison simple : malgré son audace politique, Steinlen n’était, techniquement, pas un bon peintre. Ce qui rend le parcours certes très intéressant, mais esthétiquement décevant. J.B.

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Théophile-Alexandre Steinlen (1859-1923). L’exposition du centenaire

Du 13 octobre 2023 au 11 février 2024

museedemontmartre.fr

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« Bollywood Superstars » au musée du quai Branly-Jacques Chirac

Vue de l’exposition « Bollywood superstars : histoire d’un cinéma indien au musée du Quai Branly – Jacques Chirac
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Vue de l’exposition « Bollywood superstars : histoire d’un cinéma indien au musée du Quai Branly – Jacques Chirac, 2023

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© musée du quai Branly – Jacques Chirac / Photo Léo Delafontaine

Le pitch : Exit Hollywood… Place à Bollywood ! Avec plus de 1 500 films produits chaque année, l’Inde peut s’enorgueillir d’être le premier producteur de cinéma au monde. C’est donc un vaste continent que le musée du quai Branly nous donne à explorer sur plus d’un siècle, des sources mythologiques aux icônes actuelles du star-system. Au programme : plus de 200 œuvres, peintures, sculptures, costumes, extraits de films… Embarquez !

Ce qu’on a aimé : Du début à la fin, l’exposition nous plonge dans une scénographie ultra rythmée et colorée, où l’on ne s’ennuie jamais. Bonne idée d’avoir fait peindre à la main les lettrages à l’entrée de l’expo par des artistes (tout comme l’affiche), dans le pur respect de la tradition du cinéma indien. On aime aussi les effets d’ombres et de lumière qui jalonnent le parcours. Mention spéciale pour la petite installation vidéo interactive en fin d’expo qui vous permet de vous incruster dans une scène de danse de Bollywood. La star, c’est vous !

Dommage : Les vrais fans de Bollywood seront sûrement un peu déçus car derrière le titre un peu survendu de « Bollywood Superstars », l’expo s’intéresse surtout à l’histoire du cinéma indien dans sa globalité, de ses origines à nos jours, plutôt qu’à l’industrie de Bollywood. Problème : à force de vouloir tout dire, on finit par ne plus rien dire vraiment… M.B.

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Bollywood Superstars. Histoire d'un cinéma indien

Du 26 septembre 2023 au 14 janvier 2024

www.quaibranly.fr

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« Parfums d’Orient » à l’Institut du monde arabe

Yumna al-Arashi, Shedding Skin
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Yumna al-Arashi, Shedding Skin, Égypte, 2017

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à voir à l’exposition « Parfums d’Orient » à l’IMA 2023

Projection, vidéo • 8 min  • © Yumna al-Arashi

Le pitch : Le monde arabe vit dans un tourbillon de senteurs. Depuis la plus haute Antiquité, l’Arabie est au cœur des échanges commerciaux des matières olfactives les plus rares et les plus précieuses : musc, bois de oud, ambre, rose, jasmin… Cette importance du parfum se retrouve dans de nombreux usages et rituels du monde arabe, et imprègne toutes les classes sociales, de la cuisine aux hammams, en passant par les souks. Entre œuvres patrimoniales, art contemporain et dispositifs olfactifs, l’histoire millénaire du parfum en Orient, encore très vivante, nous est ainsi conté.

Ce qu’on a aimé : Sûrement l’exposition la plus inspirante de l’année ! Du début à la fin, le parcours jalonné d’une trentaine d’odeurs, conçues par le parfumeur Christopher Sheldrake et encapsulées en de savants dispositifs par la société magique, vous transporte par le bout du nez. Une narration sensorielle qui charrie dans son sillage quantités d’œuvres d’art contemporain de qualité, du galant de nuit qui embaume dans l’installation du Marocain Hicham Berrada aux photos de Vladimir Antaki en grand format donnant la sensation d’entrer « pour de vrai » dans un souk de parfumeurs à Oman.

Dommage : La partie consacrée aux odeurs de la ville ne tient pas sa promesse de pestilences… Un accrochage de peaux tannées est censé l’incarner : certes, ça sent la bête mais pas suffisamment. On baigne quand même dans de doux effluves d’Orient… M.B.

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Parfums d'Orient

Du 26 septembre 2023 au 17 mars 2024

www.imarabe.org

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« Corps à corps. Histoire(s) de la photographie » au Centre Pompidou

Vue de l’exposition « Corps à corps. Histoire(s) de la photographie » au centre Pompidou
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Vue de l’exposition « Corps à corps. Histoire(s) de la photographie » au centre Pompidou, 2023

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© Centre Pompidou / Janeth Rodriguez-Garcia

Le pitch : Plus de 500 photographies, 120 grands noms historiques (Paul Strand, Dora Maar) et contemporains (Valérie Jouve, Agnès Geoffray), le tout issu de deux collections, l’une publique, celle du musée national d’Art moderne, l’autre privée, celle du collectionneur Marin Karmitz. Pour les réunir, un thème, celui du corps, vu et revu certes, mais ici abordé comme un poème, en sept chapitres, des « Premiers visages » aux « Spectres » en passant par les « Fragments » et les « Intérieurs ».

Ce qu’on a aimé : L’élégance du parcours, sublime avec ses teintes en nuances de gris et de noir, et son accrochage audacieux, qui va du sol au plafond, entraîne le spectateur dans des ombres et des tunnels, des proximités et des associations subtiles. L’audace, aussi, car réunir une collection publique et une collection privée n’avait jamais été fait. Cet inédit apporte ici une touche intime, sensible, émue, qui fait dévier l’exposition d’un simple circuit historique pour en faire une proposition esthétique, cohérente mais indisciplinée et stimulante. Des noms contemporains, volontiers féminins et queer, sont associés au patrimoine historique chéri par Marin Karmitz.

Dommage : Que cela n’ait pas été fait avant, peut-être ? En tout cas, souhaitons que l’idée fertile à la source de ce dialogue public-privé enfante de prochaines expositions ! Surtout avec des collections aussi belles que celle de Marin Karmitz : agnès b., Antoine de Galbert… Les noms ne manquent pas ! M.C.L.

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Corps à corps. Histoire(s) de la photographie

Du 6 septembre 2023 au 25 mars 2024

www.centrepompidou.fr

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« Animaux fantastiques » au Louvre-Lens

Vue de l’exposition « Animaux fantastiques » au musée du Louvre-Lens
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Vue de l’exposition « Animaux fantastiques » au musée du Louvre-Lens, 2023

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© Louvre Lens / Laurent Lamacz

Le pitch : Phénix, dragons, hippogriffes, licornes, monstres marins… Ces fabuleux animaux imaginaires envahissent le Louvre-Lens à l’occasion d’une exposition de près de 250 œuvres de l’Antiquité à nos jours, qui montrent comment elles n’ont jamais cessé de fasciner !

Ce qu’on a aimé : Riche d’objets issus du monde entier (Mexique, Chine, Mésopotamie, Scandinavie…) et de plusieurs chefs-d’œuvre qui valent à eux seuls la visite (dont Roger délivrant Angélique de Jean-Auguste-Dominique Ingres, 1819, et Saint Georges et le dragon de Paolo Uccello, 1435), le parcours démontre bien l’universalité et l’intemporalité de ces créatures. Et en particulier du dragon qui, présent aux quatre coins du globe, n’a presque pas changé depuis son apparition il y a 6 000 ans. On apprécie aussi comment l’exposition explique le retour de ces animaux au XIXe siècle (après une mise à l’écart par les rationalistes des Lumières) et leur persistance aujourd’hui, par un besoin profond de merveilleux et de réenchantement.

Dommage : Au regard du sujet, la scénographie, qui se résume à des cimaises colorées ou blanches et quelques rideaux transparents, manque cruellement de fantaisie. On regrette aussi la diversité relative des créatures abordées (le dragon et ses cousins occupant la majorité du parcours au détriment d’absentes), et le nombre restreint d’extraits de films, qui n’incluent ni Harry Potter, ni Le Seigneur des anneaux, ni la série Game of Thrones. J.B.

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Animaux fantastiques

Du 27 septembre 2023 au 15 janvier 2024

www.louvrelens.fr

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« Sophie Calle. À toi de faire, ma mignonne » au musée Picasso

Vue de l’exposition « Sophie Calle. À toi de faire, ma mignonne » au Musée Picasso Paris
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Vue de l’exposition « Sophie Calle. À toi de faire, ma mignonne » au Musée Picasso Paris, 2023

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© Vinciane Lebrun

Le pitch : Inauguré avec la rétrospective consacrée à Faith Ringgold, le nouveau cycle d’expositions d’art contemporain du musée Picasso se poursuit avec un projet phénoménal : confier l’hôtel Salé tout entier (ou presque, le sous-sol se réservant encore à quelques œuvres du maître catalan) à une seule artiste vivante. Soit quatre étages rien que pour Sophie Calle – ou presque, l’artiste ayant inclus un peu de Picasso dans son parcours… Mais invisible sous des voiles imprimés, photographiés, dissimulé dans des emballages de confinement ou, car elle a été « prise de remords », dit-elle, isolé dans une pièce minuscule pour un face-à-face mémorable avec la Célestine (Carlotta Valdivia) de mars 1904.

Ce qu’on a aimé : La démesure et l’ambition du projet, tapis rouge monumental pour Sophie Calle. Celle-ci en profite pour défier Picasso, on l’a dit, mais aussi accrocher les œuvres d’artistes qu’elle aime et collectionne, revenir sur d’anciennes séries (Les Aveugles), déménager ici ses meubles et ses objets fétiches à l’occasion d’un grand inventaire, affronter la mort de ses parents (et aussi un peu la sienne), faire le point sur tous les projets qui lui ont traversé l’esprit mais qui n’ont pas abouti… Le résultat est un portrait XXL, poignant, inoubliable, d’une actrice majeure de l’art français.

Dommage : On pourra trouver que le parcours déployé sur quatre étages et la répétition longuette de certains projets (l’inventaire, les projets inaboutis) font friser l’overdose… Et épuisent un peu de la force des idées de Calle. Cela dit, telle est la vie, c’est évident dans une rétrospective telle que celle-ci : répétitive. Mais lassante ? Jamais vraiment. M.C.L.

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Sophie Calle. À toi de faire, ma mignonne

Du 3 octobre 2023 au 7 janvier 2024

www.museepicassoparis.fr

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« Elmgreen & Dragset. Bonne chance » au Centre Pompidou-Metz

Elmgreen & Dragset, *All Dressed Up*
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Elmgreen & Dragset, *All Dressed Up*, 2022

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à voir à l’exposition « Elmgreen & Dragset. Bonne chance » au centre Pompidou-Metz 2023

Silicone, vêtements, tête de mascotte • dimensions variables • Courtesy Elmgreen & Dragset / © Adagp, Paris, 2023 / Photo Elmar Vestner

Le pitch : Les deux trublions scandinaves de l’art contemporain, Elmgreen & Dragset, s’infiltrent dans plusieurs espaces du Centre Pompidou-Metz avec des installations monumentales et infiniment troublantes… Un nouveau-né posé dans un couffin au pied d’un distributeur de billets, un homme déguisé en lapin rose gisant en salle de réunion, un open space où de vrais figurants se mêlent à des mannequins hyperréalistes, une scène où l’on peut se faire (réellement) applaudir sans raison, un HLM plus vrai que nature, un plateau de tournage télévisé… « Bonne chance » est un absurde labyrinthe de la vie, dont vous êtes le héros.

Ce qu’on a aimé : L’art de l’installation n’est pas mort ! Il est ici porté à son sommet grâce à l’esprit corrosif du duo qui irrigue cette mise en scène totale, à mi-chemin entre Kafka et Squid Game. Comme dans un jeu immersif terriblement vicieux, le visiteur avance d’un univers à l’autre, d’une saynète tragique à une salle d’attente impersonnelle, d’une rencontre mélancolique à un tunnel angoissant… Parsemé de surprises jubilatoires, le parcours offre une brillante satire de notre société contemporaine individualiste et spectacularisée, sur laquelle nous n’avons semble-t-il aucune prise. On sort de là avec l’impression tenace que la vie s’est soudain muée en mauvais rêve.

Dommage : Si certaines installations titillent par leurs détails énigmatiques (qu’est-ce-que ce jeune garçon dessine sur une vitre avec son doigt ?) ou leurs paradoxes (pourquoi cette porte menant à la « Direction » comporte deux poignées opposées ?), certaines se perdent dans une trop grande complexité narrative, comme ce laboratoire envahi de cotillon où une scientifique est occupée à une grande découverte dans son microscope. Mais c’est peut-être là aussi chercher la petite bête. F.G.

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Exposition Elmgreen & Dragset. Bonne Chance

Du 10 juin 2023 au 1 avril 2024

www.centrepompidou-metz.fr

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« Chagall politique » à la Piscine de Roubaix

Vue de l’exposition « Le Cri de Liberté. Chagall politique » au musée La Piscine de Roubaix
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Vue de l’exposition « Le Cri de Liberté. Chagall politique » au musée La Piscine de Roubaix, 2023

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© Alain Leprince

Le pitch : Alors qu’on le prenait pour un peintre dans sa bulle, bercé par ses rêves d’animaux musiciens, la nostalgie de son enfance russe et son amour pour sa femme Bella, cette exposition révèle une facette totalement méconnue de Marc Chagall (1887–1985) : le caractère profondément politique et engagé de son œuvre. Bloqué en Russie par l’éclatement de la Grande Guerre, victime des premiers autodafés nazis en raison de ses origines juives, et rescapé de justesse de la déportation avant de fuir la France pour New York, l’artiste a en effet témoigné toute sa vie des drames de l’Histoire.

Ce qu’on a aimé : Le parcours offre une relecture de nombreux chefs-d’œuvre célèbres (Commedia dell’arte, Au-dessus de Vitebsk, La Chute d’Icare, Double portrait au verre de vin, Le marchand de journaux, L’Arc-en-ciel…) qui se mêlent à des documents d’archives et des pièces méconnues, tels une surprenante caricature d’Hitler en dictateur de Chaplin, de grandes gouaches réalisées lors d’un voyage à Tel-Aviv, une représentation de Lénine en acrobate, et d’impressionnants tableaux hantés par la montée de l’antisémitisme et les horreurs de la Seconde Guerre mondiale. Un parcours dense et spectaculaire qui nous fait totalement redécouvrir l’œuvre de Chagall, et tombe à pic en ces temps troublés.

Dommage : Pas grand-chose à redire, hormis peut-être l’exiguïté de certaines salles, peu pratique en cas d’affluence. J.B.

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Chagall politique. Le cri de la liberté (La Piscine)

Du 7 octobre 2023 au 7 janvier 2024

www.roubaix-lapiscine.com

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« Amedeo Modigliani. Un peintre et son marchand » au musée de l’Orangerie

Vue de l’exposition « Amedeo Modigliani. Un peintre et son marchand » au musée de l’Orangerie
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Vue de l’exposition « Amedeo Modigliani. Un peintre et son marchand » au musée de l’Orangerie, 2023

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© musée de l’Orangerie, Paris

Le pitch : Le musée de l’Orangerie possède dans ses collections cinq chefs-d’œuvre du légendaire et sulfureux peintre italien arrivé à Paris en 1906, Amedeo Modigliani. Leur point commun ? Ils sont tous passés entre les mains du marchand d’art Paul Guillaume qui a joué un rôle décisif dans la carrière de l’artiste à partir de 1915. L’exposition ausculte ce lien fort entre le peintre bohème et son « Novo Pilota » (nouveau pilote), comme Modigliani le qualifie dans un portrait.

Ce qu’on a aimé : Voilà une entrée originale dans l’œuvre de cette icône de l’avant-garde. Sous le prisme de cette relation peu connue du grand public et pourtant déterminante, on resitue mieux la trajectoire de l’artiste dans le contexte parisien du début du XXe siècle. Modigliani doit beaucoup à ce marchand d’art plein d’ambition, qui montre ses tableaux aux côtés de ceux de Picasso, Renoir ou Cézanne. Avec les portraits de Paul Guillaume mais aussi des photos de l’atelier de Modigliani, l’exposition documente cette amitié particulière. Tous deux sont représentatifs d’une époque : un Paris en plein effervescence artistique, où se croise toute l’intelligentsia mondiale. De tous, ce sont pourtant ses portraits d’anonymes qui nous touchent le plus : Antonia, la Fille rousse, La Belle Droguiste ou Le Jeune Apprenti

Dommage : Si le choix d’un angle si resserré sur l’œuvre de l’artiste se justifie complètement, on reste tout de même un peu sur notre faim à l’issue de l’exposition ! J.C.

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Amedeo Modigliani. Un peintre et son marchand

Du 20 septembre 2023 au 15 janvier 2024

www.musee-orangerie.fr

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« Julia Margaret Cameron. Capturer la beauté » au Jeu de Paume

Julia Margaret Cameron, La nymphe des montagnes, la douce liberté
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Julia Margaret Cameron, La nymphe des montagnes, la douce liberté, 1866

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à voir à l’exposition « Julia Margaret Cameron. Capturer la beauté » au Jeu de Paume 2023

Tirage albuminé

Le pitch : C’est la première fois depuis quarante ans que sont rassemblées autant de photographies de Julia Margaret Cameron (plus d’une centaine), dont le talent s’est révélé sur le tard, lorsque cette Britannique s’est vu offrir pour son quarante-huitième anniversaire un appareil. L’exposition revient donc sur l’intégralité de cette courte mais prolifique carrière, des premières expérimentations de Cameron à ses compositions inspirées des maîtres de la Renaissance ou de Shakespeare.

Ce qu’on a aimé : L’immersion dans l’univers de cette photographe singulière, pionnière du portrait, est totale, notamment grâce à la scénographie qui plonge les visiteurs dans une relative obscurité. On traverse l’exposition à pas feutrés, comme hypnotisé par la beauté des images de Cameron, qui semblent surgir d’un autre monde. À la fin du parcours, on retrouve avec délice les mots écrits par Virginia Woolf au sujet de la photographe – qui fut sa marraine –, lus par la comédienne Clémence Poésy. Une expérience plastique et littéraire on ne peut plus intimiste.

Dommage : On a beau chercher, difficile de trouver un défaut à cette magistrale rétrospective, qui confine au sublime et démontre toute l’étendue de l’œuvre de Julia Margaret Cameron (qui a pourtant parfois trop tendance à être réduite à ses angelots rêveurs et ses madones mélancoliques…). I.B.

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Julia Margaret Cameron. Capturer la beauté

Du 10 octobre 2023 au 28 janvier 2024

jeudepaume.org

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« Louis Janmot. Le Poème de l’âme » au musée d’Orsay

Vue de l’exposition « Louis Janmot. Le Poème de l’âme » au musée d’Orsay
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Vue de l’exposition « Louis Janmot. Le Poème de l’âme » au musée d’Orsay, 2023

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© Sophie Crépy / musée d’Orsay, Paris

Le pitch : Le musée d’Orsay surprend avec cette exposition consacrée à un peintre lyonnais méconnu du XIXe siècle, Louis Janmot, et à l’œuvre de sa vie: le Poème de l’âme (1835–1881), une série de 18 tableaux et 16 grands dessins au fusain illustrant un long poème en vers écrit de sa main, qui retrace le parcours d’une âme sur terre.

Ce qu’on a aimé : L’aspect très paradoxal de ce Poème, qui oscille entre mièvrerie conservatrice et étrangeté visionnaire : d’un côté, ces scènes pastorales et ses envolées d’anges, certes gracieuses et inspirées des grands maîtres de la Renaissance italienne, véhiculent un message très religieux et moralisateur. De l’autre, certains tableaux, hantés par la mort et le vice, sont d’une modernité ahurissante qui annonce les grands surréalistes du XXe siècle tels Magritte, Delvaux et de Chirico. On apprécie aussi la dimension sonore du parcours (des extraits du poème lus par Alexandre Astier) et la disposition des salles, qui offre à la fois une vision globale de ce grand cycle d’œuvres, et de petits « cabinets » attenants explorant les influences possibles de l’artiste.

Dommage : Daté et parfois violent, le message catholique ultraconservateur et antirépublicain de ces œuvres (qui leur a valu d’être vandalisées par les étudiants de mai 68) pouvant rebuter une partie du public contemporain, une réflexion plus poussée sur ce décalage aurait été la bienvenue. J.B.

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Louis Janmot. Le Poème de l’âme

Du 12 septembre 2023 au 7 janvier 2024

www.musee-orsay.fr

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« Voyage dans le cristal » au musée de Cluny

Éventail
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Éventail, 1140

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à voir à l’exposition « Voyage dans le cristal » au musée de Cluny 2023

Cuivre, quartz • Coll. Dommuseum, Hildesheim • © musée de Cluny, musée national du Moyen-âge

Le pitch : Le musée de Cluny consacre une exposition à la féérie d’un matériau naturel qui a fait rêver le monde entier : le cristal de roche, issu de rares cristaux de quartz transparent.

Ce qu’on a aimé : Sculptures, bijoux, vaisselle raffinée, objets religieux, plaques gravées… Du Paléolithique à l’art contemporain, le parcours révèle de façon étincelante combien la pureté de ce quartz translucide lui a valu d’être choisi, de tous temps et aux quatre coins du monde, pour des ouvrages précieux, intemporels et souvent mystiques. On apprécie particulièrement la section consacrée aux artefacts antiques, sertie de rares pépites, ainsi que la très belle salle (sous la voûte du frigidarium de Cluny) consacrée aux objets chrétiens du Moyen Âge. Sans oublier les surprenants reliquaires européens qui incorporent d’anciennes créations proche-orientales, et un chef-d’œuvre de la Renaissance, ciselé par Giovanni Bernardi.

Dommage : La magie s’atténue un peu dans les dernières salles consacrées aux XIXe, XXe et XXIe siècles, très rapidement survolés. Mais rien de très surprenant de la part du musée national du Moyen Âge ! J.B.

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Voyage dans le cristal

Du 26 septembre 2023 au 14 janvier 2024

www.musee-moyenage.fr

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« Nicolas de Staël » au musée d’Art moderne

Vue de l’exposition « Nicolas de Staël » au Musée d’Art Moderne de Paris
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Vue de l’exposition « Nicolas de Staël » au Musée d’Art Moderne de Paris, 2023

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© MAM Paris Musées / Pierre Antoine

Le pitch : Vingt ans après la rétrospective que lui avait consacré le Centre Pompidou, Nicolas de Staël est de retour cette fois au musée d’Art moderne, qui entend bien pour l’occasion mettre de côté le mythe de l’artiste maudit. À travers plus de 200 œuvres, le parcours revient sur la trajectoire éclair et intense de ce peintre en perpétuelle expérimentation, qui a tout sacrifié pour son art – y compris sa vie.

Ce qu’on a aimé : Le musée d’Art moderne voulait prendre ses distances avec le « mythe de Staël », c’est réussi. Le parcours chronologique, qui présente aussi de nombreux dessins et croquis, met l’accent sur le processus créatif du peintre, qui n’a eu de cesse d’expérimenter et ce parfois sur des périodes très courtes (un an à peine). L’exposition s’adresse aussi à ceux qui pensaient tout connaître du peintre : 70 des 200 œuvres de cette rétrospective n’avaient jamais été montrées au public !

Dommage : À trop vouloir se défaire du mythe qui entoure de Staël, l’exposition apparaît quelque peu « désincarnée ». On cherche désespérément dans cet accrochage, certes réussi mais à la scénographie un peu austère, le tempérament impétueux et la sensibilité exacerbée du peintre… I.B.

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Nicolas de Staël

Du 15 septembre 2023 au 21 janvier 2024

www.mam.paris.fr

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« Naples à Paris » au musée du Louvre

Vue de l’exposition « Naples à Paris » au musée du Louvre. Le Caravage et des figures du Christ dans la Grande Galerie
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Vue de l’exposition « Naples à Paris » au musée du Louvre. Le Caravage et des figures du Christ dans la Grande Galerie, 2023

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© Musée du Louvre / Audrey Viger

Le pitch : Actuellement en travaux, le musée Capodimonte à Naples noue un partenariat exceptionnel avec le musée du Louvre en lui prêtant une soixantaine de ses chefs-d’œuvre, dont trente-trois tableaux signés de Titien, Masaccio, Giovanni Bellini, Le Parmesan ou Artemisia Gentileschi. L’accrochage n’est pas concentré dans l’espace des expositions temporaires du Louvre (fermé pour travaux) mais réparti dans l’ensemble du musée, y compris la Grande Galerie.

Ce qu’on a aimé : La qualité des œuvres choisies pour ce partenariat ! Impossible de ne pas être ému de voir de près les portraits du Parmesan (le regard du Portrait d’une jeune femme dite « Antea » nous hantera longtemps), la féroce composition d’Artemisia Gentileschi Judith décapitant Holopherne ou encore l’absolue finesse sculpturale du biscuit de Filippo Tagliolini, La Chute des Géants. Le musée du Louvre prend soin de préciser en quoi ces choix, certes éphémères, complètent à merveille les manques de sa collection, et tissent des liens précieux avec les œuvres déjà présentées dans son parcours. De quoi mieux comprendre les enjeux d’une collection publique.

Dommage : Accrochées dans la Grande Galerie, les œuvres de l’exposition temporaire souffrent de l’affluence habituelle du musée du Louvre, puisqu’elles sont ici à deux pas de la Joconde et de sa foule compacte. Aussi, les deux ailes sont mine de rien relativement éloignées ; il faudra marcher beaucoup, et s’épuiser un peu parmi les hordes de touristes, pour découvrir en entier ce parcours d’œuvres exceptionnel. Qui en vaut certes la chandelle. M.C.L.

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Naples à Paris – Le Louvre invite le musée de Capodimonte

Du 7 juin 2023 au 8 janvier 2024

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« Chéri Samba, dans la collection Jean Pigozzi » au musée Maillol

Vue de l’exposition Chéri Samba, dans la collection Pigozzi, au musée Maillol
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Vue de l’exposition Chéri Samba, dans la collection Pigozzi, au musée Maillol, 2023

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© Tempora / © N. Lobet – PRYZM

Le pitch : Né en 1956 au Congo, Chéri Samba est le peintre africain le plus célèbre de sa génération, révélé à Paris en 1989 dans l’exposition culte du Centre Pompidou « Magiciens de la terre ». Pour sa première rétrospective, couvrant quarante ans de carrière, le musée Maillol rassemble cinquante tableaux issus de la collection Jean Pigozzi, la plus importante en matière d’art contemporain africain au monde, constituée depuis plus de trente ans.

Ce qu’on a aimé : Un parcours clair qui sillonne les thématiques chères à Chéri Samba telles que l’autoportrait, l’histoire de l’art, la géopolitique et l’environnement. Très mordant, son style satirique est unique ! On aime la peinture lisible, très actuelle, et le symbolisme accessible des grands formats colorés et pailletés de cet artiste autodidacte. Le dialogue autour de la femme, instauré avec les œuvres d’Aristide Maillol, est aussi réussi.

Dommage : Que dire ? Si vous ne connaissez pas la peinture populaire de Kinshasa, c’est le moment de prendre votre billet ! M.B.

Chéri Samba, dans la collection Jean Pigozzi

Je prends mon billet !

Billetterie Beaux Arts présentée par Come to Paris.

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« Anselm Kiefer. La photographie au commencement » au LaM de Villeneuve-d’Ascq

Anselm Kiefer, Se déplace sans cesse calmement (Pour J. J.)
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Anselm Kiefer, Se déplace sans cesse calmement (Pour J. J.), 2023

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à voir à l’exposition « Anselm Kiefer – La photographie au commencement » au LaM 2023

Verre, acier, photographie sur plomb et technique mixte • 385 × 145 × 145 cm • © Anselm Kiefer / Photo Georges Poncet

Le pitch : L’immense artiste allemand présenté sous un prisme inédit, tel est le cadeau que s’offre le LaM pour son quarantième anniversaire. Les commissaires Jean de Loisy et Grégoire Prangé ont choisi de tirer le fil de la photographie chez Anselm Kiefer, celle-ci étant mine de rien présente depuis ses débuts (lorsqu’il se photographiait en train de faire le salut nazi dans différents sites européens pour sa série des « Occupations ») mais aussi dans son quotidien, l’artiste prenant chaque jour des dizaines de photographies. Installations, livres, vitrines : toujours retouchée, toujours sculpturale, la photo apparaît chez lui comme le moyen efficace de convoquer et re-convoquer ses obsessions et ses propres travaux, dans une conversation éternellement recommencée.

Ce qu’on a aimé : Après les formats monumentaux du Grand Palais éphémère, après les livres de la Bibliothèque nationale de France, après son flamboyant solo au Centre Pompidou, Anselm Kiefer réussit encore une fois à séduire. Inédit, ce focus sur la place de la photographie dans son œuvre en révèle une portée intime, lié à son histoire familiale puisque c’est en revêtant le costume de la Wehrmacht de son propre père qu’il prend ses premiers autoportraits, la main levée défiant les résidus du nazisme. Immédiatement puissant, l’accrochage ne déçoit jamais, et témoigne à la fois de la diversité des explorations plastiques du maître que de l’unité de ses recherches. Passionnant et superbe.

Dommage : Rien à reprocher à cette exposition, qui profite des espaces plus ou moins étroits du LaM pour inciter à un rapport de proximité avec l’œuvre de Kiefer ; les fans seront conquis. M.C.L.

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Anselm Kiefer - La photographie au commencement

Du 6 octobre 2023 au 3 mars 2024

www.musee-lam.fr

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« Noir et blanc : Une esthétique de la photographie » à la BnF

Vue de l’exposition Noir & Blanc : une esthétique de la photographie
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Vue de l’exposition Noir & Blanc : une esthétique de la photographie, 2023

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© Hervé Boutet / Photo Synthèse / BnF

Le pitch : Nadar, Man Ray, Willy Ronis, Diane Arbus, Robert Frank, Valérie Belin : voilà seulement une poignée des illustres noms de la photographie exposés sur les cimaises de la Bibliothèque nationale de France, qui retrace avec quelque 300 tirages l’histoire de la photographie en noir et blanc. Jeux d’ombres et de lumière, de formes et de matières : sur les cimaises se dévoilent les infinies nuances de cette esthétique singulière, qui a inspiré aux photographes du monde entier des images éternelles.

Ce qu’on a aimé : L’accrochage sans faute, qui propose des focus thématiques pertinents, mettant ainsi en lumière toute la diversité des approches esthétiques du noir et blanc en photographie. Sans oublier l’exceptionnelle qualité des tirages exposés, qui proviennent de la prodigieuse collection de photographies de la Bibliothèque nationale de France.

Dommage : C’est un sans-faute pour cette exposition, qui, initialement montée en pleine pandémie de Covid-19 au Grand Palais, n’avait pas pu ouvrir ses portes… Ne ratez pas cette seconde chance ! I.B.

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Noir et blanc – Une esthétique de la photographie - BNF

Du 17 octobre 2023 au 21 janvier 2024

www.bnf.fr

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« Le Paris de la modernité » au Petit Palais

Vue de l’exposition Le Paris de la modernité 1905-1925. Tarsila do Amaral, Amedeo Modigliani et Chaïm Soutine
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Vue de l’exposition Le Paris de la modernité 1905–1925. Tarsila do Amaral, Amedeo Modigliani et Chaïm Soutine, 2023

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© Paris Musées / Petit Palais / Gautier Deblonde

Le pitch : Dans le sillage de « Paris romantique, 1815–1848 » et « Paris 1900, la Ville spectacle », le Petit Palais poursuit son exploration de l’histoire artistique et culturelle de la capitale avec « Le Paris de la modernité, 1905–1925 ». Riche de 400 œuvres, cet ambitieux parcours revient sur deux décennies marquées par l’avènement des avant-gardes et de considérables progrès techniques (automobile, aviation, cinéma…), mais aussi profondément meurtries par le traumatisme de la Grande Guerre.

Ce qu’on a aimé : Peinture, mode, photographie, danse, architecture, industrie…, le Petit Palais orchestre ici un réjouissant dialogue entre les arts à la façon d’un plaisant voyage dans le temps. Mention spéciale pour l’époustouflant aéroplane présenté au cœur du parcours.

Dommage : Le Petit Palais promettait une exposition « ambitieuse, inédite et trépidante ». Pour l’« inédit » et le « trépidant », on repassera ! On cherche encore, dans ce parcours on ne peut plus académique à la scénographie austère, la joyeuse impertinence des avant-gardes…  I.B.

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Le Paris de la modernité (1905-1925)

Du 14 novembre 2023 au 14 avril 2024

www.petitpalais.paris.fr

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