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GUIDE

20 expos éblouissantes à voir cet été partout en France

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Naples à Paris, Ingres à Chantilly, les trésors de l’Angleterre médiévale à l’Hôtel de la Marine ou l’orientalisme à Pont-Aven… Un air de voyages et de rencontres souffle sur les expositions de l’été ! Beaux Arts vous sélectionne 20 expos pour faire briller votre été sous les mille feux de l’art !

Harry Gruyaert, le coloriste au BAL

Fin d’une époque. Le dernier laboratoire qui réalisait des tirages Cibachrome à Paris a fermé en janvier dernier. L’exposition d’Harry Gruyaert au BAL n’en devient que plus mémorable, puisqu’elle réunit ses images Cibachrome des années 1970–1980 : des merveilles de couleurs portées à pleine maturation, du velours pour les yeux.

À partir des années 1990, le photographe est passé progressivement au numérique, et ce sont ses tirages jet d’encre qu’il a pris l’habitude d’exposer, comme à l’occasion de sa rétrospective à la Maison européenne de la photographie en 2015. Retour donc sur les premières décennies de celui qui admire les œuvres de Saul Leiter et William Eggleston et qui a trouvé dans les expérimentations chromatiques de ces maîtres la confirmation que le monde était fait pour être raconté en couleurs. N.W.

Harry Gruyaert, URSS, Moscou
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Harry Gruyaert, URSS, Moscou, 1989

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Cibachrome • © Harry Gruyaert / Magnum Photos

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Harry Gruyaert - La part des choses

Du 15 juin 2023 au 24 septembre 2023

www.le-bal.fr

Et Matisse retrouva la fougue créatrice à Nice

Ce magnifique hommage à Matisse, qui a été présenté ce printemps au musée de l’Orangerie, met les pleins feux sur les années 1930, l’une de ses décennies les plus créatives. Explorant notamment son dialogue avec la revue mythique Cahiers d’art, l’exposition est enrichie de prêts exceptionnels par rapport à sa version parisienne, venus de Baltimore ou de Philadelphie. Le tout dans la magnifique villa des Arènes, à deux pas de la dernière résidence de l’artiste à l’hôtel Regina. E.L.

Henri Matisse, Grand nu couché (Nu rose)
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Henri Matisse, Grand nu couché (Nu rose), 1935

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Huile sur toile • 66,4 × 93,3 cm • Coll. The Baltimore Museum of Art • © Succession Henri Matisse, 2023 © The Baltimore Museum of Art / Photo Mitro Hood

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Matisse années 30. À travers Cahiers d'art

Du 23 juin 2023 au 24 septembre 2023

www.musee-matisse-nice.org

Des chefs-d’œuvre napolitains au Louvre

Guido Reni, Atalante et Hippomène
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Guido Reni, Atalante et Hippomène, 1620–1625

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Huile sur toile • 191 × 264 cm • Coll. musée et Real Bosco de Capodimonte, Naples • © Museo e Real Bosco di Capodimonte & courtesy Ministère de la Culture (MIC) / Photo Luciano Romano

C’est une petite révolution pour la Grande Galerie du Louvre qui bouleverse son accrochage et ses habitudes pour faire place aux chefs-d’œuvre du musée de Capodimonte, avec des prêts d’exception de tableaux signés Bellini, Caravage, Masaccio, Ribera, Titien. La salle de l’Horloge accueillera, de son côté, des dessins de Michel-Ange
et Raphaël en les confrontant aux collections du Louvre. Et la salle de la chapelle, des œuvres retraçant l’histoire de cette collection formée par trois dynasties, les Farnèse, les Bourbons et les Bonaparte-Murat.

Pendant ce temps, le musée napolitain poursuit de grands travaux de rénovation, avec de nouveaux espaces pour les expositions temporaires, des réserves supplémentaires. Et la promesse d’accorder plus de place à l’art contemporain, après la donation, en décembre 2021, de la collection Lia et Marcello Rumma (axée sur l’Arte Povera et la Transavanguardia des années 1960, 1970 et 1980), dans la Palazzina dei Principi, le palais qui fait face à la Reggia di Capodimonte. D.B.

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Naples à Paris – Le Louvre invite le musée de Capodimonte

Du 7 juin 2023 au 8 janvier 2024

Chefs-d’œuvre de l’Angleterre médiévale à l’Hôtel de la Marine

La châsse de Saint Thomas Becket
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La châsse de Saint Thomas Becket, 1180–1190

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Cuivre doré, émail et bois • 29,5 × 34,4 × 12,4 cm • Coll. Victoria and Albert Museum, Londres • © Victoria and Albert Museum, Londres

À quoi pensait Charles III lorsqu’il fut couronné d’un joyau de deux kilos d’or massif ? Au poids de l’histoire ? À ceux et celles qui se succédèrent sur le trône de la monarchie britannique depuis plus de mille ans ? Un morceau de cette histoire, celle du temps où la Grande-Bretagne entretenait des liens si étroits avec l’Europe continentale qu’elle donna naissance à une culture artistique internationale, se dévoile à Paris.

Dans les espaces qui lui sont dévolus dans l’Hôtel de la Marine, la Collection Al Thani réunit des chefs-d’œuvre médiévaux provenant du Victoria and Albert Museum de Londres, l’un des plus importants musées d’arts décoratifs. Ces objets racontent les liens entretenus avec la France – si importants qu’au Moyen Âge tardif la cour d’Angleterre parlait français –, mais aussi les Flandres, la Sicile et l’Espagne. Un phénomène favorisé par les unions dynastiques avec des reines étrangères et le débarquement, sur le sol de sa majesté, d’artisans, artistes et musiciens de toutes nationalités. God save the artists! D.B.

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Trésors de la Collection Al Thani

Du 18 novembre 2021 au 19 janvier 2038

www.hotel-de-la-marine.paris

Les mille visages de Sophie Taeuber-Arp à Clamart

Sophie Taeuber, Sans Titre
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Sophie Taeuber, Sans Titre, vers 1916

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Broderie • © Fondation Arp, Clamart / M. Nguyen

Elle aussi fut longtemps oubliée, comme nombre de ses congénères restées à l’ombre d’un grand homme… Mais, quatre-vingts ans après sa mort, Sophie Taeuber-Arp (1889–1943) est enfin regardée comme elle le mérite : la fondation Arp de Clamart, où la Suissesse a vécu et travaillé de 1929 à 1939 auprès de son époux, le fameux sculpteur Jean Arp, met les pleins feux sur elle cet été.

Dans leur maison-atelier, qu’elle dessina elle-même, lieu longtemps en sommeil qui cherche aujourd’hui à s’ouvrir à un plus large public, se déploie l’infinie étendue de son talent. « Plastique, multiple, unique », dit le titre de l’exposition ? Multiple, surtout : pionnière du dadaïsme, figure de l’art concret, elle se fit à la fois peintre, designeuse, tisserande, danseuse, architecte. Des motifs solaires valsent dans ses textiles et aquarelles. Et dans ses célèbres portraits photographiques, où elle se joue de ses iconiques têtes Dada, se lit une malice déconcertante d’avant-garde. E.L.

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Sophie Taeuber-Arp. Plastique, multiple, unique.

Du 15 avril 2023 au 10 décembre 2023

À Chaumont, des jardins en or

Sophie Blanc, Mémoires d’enfance (détail)
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Sophie Blanc, Mémoires d’enfance (détail), 2023

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Végétaux, feuilles d’or, inox, bois et verre • © Sophie Blanc / Photo Eric Sander

Faire d’un pistil un joyau, d’une graine un diadème, faire couronne d’un cœur de pavot… Sophie Blanc accomplit ce miracle au sein du Domaine de Chaumont-sur-Loire. Cette experte de la dorure à la feuille, devenue artiste, a composé pour la nouvelle Saison d’art au château un cabinet d’œuvres précieuses, sur un principe simple : quelques spécimens de la nature se retrouvent couverts d’une fine pluie d’or, et métamorphosés. Une merveille qui, miracle, échappe au kitsch grâce à un agencement tout en finesse sur fond noir. Les hélices de tilleul forment vagues, les pâquerettes filent en sinusoïdes. Quant à la monnaie- du-pape, elle n’a jamais aussi bien porté son nom ! E.L.

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Festival international des jardins 2024

Du 24 avril 2024 au 3 novembre 2024

À Nantes l’art de l’hyperréalisme nous met à nu

John DeAndrea, Amber Reclining (détail)
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John DeAndrea, Amber Reclining (détail), 2015

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Bronze polychrome et cheveux naturels • 97 × 178 × 40,7 cm • Coll. Museum Voorlinden, Wassenaar, Pays-Bas • © Museum Voorlinden, Wassenaar, Pays-Bas

Une jeune femme nue allongée sur le ventre, l’air perdu dans ses pensées, offre sa blondeur et ses taches de rousseur au spectateur interdit. À côté, un homme aux yeux écarquillés se soulève dans les airs comme en lévitation, des acrobates sans visage tentent de former une grappe humaine instable. Plus loin, une vendeuse de marché aux puces coiffée d’un bob lit le journal, entourée de bouquins et de tableaux de petits maîtres, paisiblement installée dans une chaise pliante…

Plus vraies que nature, les sculptures de l’hyperréalisme semblent ignorer notre présence, quand la leur ne peut laisser personne indifférent. Attirants, fascinants, troublants, ils nous mettent parfois mal à l’aise, ces semblables de silicone, résine et fibre de verre, enfantés par des créateurs démiurges capables de restituer dans ses moindres détails la réalité physique du corps humain : grain de peau, chair de poule, cils et fossettes, rides et rictus, poils de mollet et cuticule des ongles, rien ne manque ! Un face-à-face sans concession, plein d’humour et de mélancolie, avec cet autre si loin si proche, miroir de nous-mêmes. D.B.

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Hypersensible

Du 7 avril 2023 au 3 septembre 2023
Un regard sur la sculpture hyperréaliste proposé par le musée d'Arts de Nantes, seule collection publique française à conserver une sculpture de Duane Hanson, maître du genre.

Le jeu de l’art et du hasard à Deauville !

Cornelis De Vos, Joueurs et courtisanes sous une tente
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Cornelis De Vos, Joueurs et courtisanes sous une tente, vers 1630–1635

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Huile sur toile • 137,5 × 185,6 cm • Coll. du Musée de Picardie, Amiens • © Musée de Picardie, Amiens / Hugo Maertens

Les paris sont ouverts à Deauville… Le temps d’un été, l’esprit du jeu qui anime traditionnellement le casino gagne aussi les Franciscaines, nouvel espace culturel de la ville. On n’y gagne pas d’espèces sonnantes et trébuchantes, mais la roue de la fortune est bien convoquée dans chaque salle, avec des cartes hindoues ou aztèques, des tables de jeu et des dés de toutes les époques, des machines à sous et des roulettes d’artistes. Ces objets ludiques dialoguent avec des extraits de films, des photographies, des peintures, des installations, dans une scénographie inspirée. N.W.

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Faites vos jeux !

Du 24 juin 2023 au 17 septembre 2023

lesfranciscaines.fr

L’orientalisme au féminin à Pont-Aven

Marie Caire-Tonoir, Femme de Biskra
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Marie Caire-Tonoir, Femme de Biskra, 1900

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Huile sur toile • 52,5 × 56,8 cm • Coll. musée du Quai Branly – Jacques Chirac, Paris • ©RMN-GP, musée du quai Branly, Paris / Daniel Arnaudet

Dès la fin du XIXe siècle, les femmes artistes osent enfin s’aventurer loin de leur foyer, comme l’évoque le musée de Pont-Aven en réveillant le souvenir d’une trentaine d’entre elles. Formées aux Beaux-Arts ou au sein d’académies privées, elles parviennent à obtenir des bourses de voyage, se font passer commande par les compagnies maritimes ou les expositions universelles. La Société des peintres orientalistes français, à laquelle certaines appartiennent, comme Marie Caire-Tonoir ou Andrée Karpelès, encourage leur élan vers l’Égypte ou l’Algérie.

À partir des années 1920, d’autres terres de « la plus grande France », comme on appelait alors les colonies, les attirent. Pas plus que leurs homologues masculins, elles ne questionnent la « mission civilisatrice » de la France, parvenant cependant davantage à s’approcher des populations, notamment les femmes. Parmi les artistes présentées, Lucie Cousturier est la seule à s’être engagée contre le système colonial, après sa rencontre avec des tirailleurs africains. Mais les Européennes ne sont pas les seules à être atteintes du virus de l’aventure. Après leurs études à Paris, les Chinoises Fan Tchunpi et Pan Yuliang arpentent l’Europe : c’est l’une des belles découvertes de cette exposition. E.L.

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Artistes voyageuses. L'appel des lointains. 1880-1944

Du 24 juin 2023 au 5 novembre 2023

museepontaven.fr

La perfection selon Ingres au château de Chantilly

Jean-Auguste-Dominique Ingres, Portrait de Mme Duvaucey
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Jean-Auguste-Dominique Ingres, Portrait de Mme Duvaucey, 1807

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Huile sur toile • 76 × 59 cm • Coll. musée Condé, Chantilly • ©RMN-Grand Palais – Domaine de Chantilly / Adrien Didierjean

« Il n’y a que Monsieur Ingres qui peut faire ce travail. Il était l’ami de mon fils et mon fils l’aimait beaucoup ! » En juillet 1842, dans une lettre à un proche, Ingres rapporte ces propos, non sans émotion. Il a été désigné par le roi Louis-Philippe pour dessiner les cartons des vitraux de la chapelle Saint-Ferdinand, construite en souvenir du prince royal Ferdinand-Philippe d’Orléans : le fils aîné du roi a été tué, à seulement 31 ans, lors d’un accident de calèche. Avant même qu’Ingres ne peigne, en 1842, son grand portrait, le prince lui avait commandé dès 1833 une peinture d’histoire, Stratonice ou la Maladie d’Antiochus, que l’artiste tarda à livrer, et avait acquis aussi son Œdipe explique l’énigme du sphinx (1808). Il était alors l’un des grands mécènes du peintre.

Malgré la tragédie, la famille d’Orléans restera fidèle au maître : la reine, le roi mais aussi leurs fils, le duc de Montpensier et surtout Henri d’Orléans, duc d’Aumale – celui qui reçut en legs de son grand-oncle le château de Chantilly –, continuèrent à lui passer commande. Voilà donc Ingres un peu chez lui au Domaine de Chantilly, dans cette grande exposition à la croisée de la rétrospective et de l’histoire familiale. S.F.

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Ingres. L'artiste et ses princes

Du 3 juin 2023 au 1 octobre 2023

chateaudechantilly.fr

Suzanne Valadon, féminin singulier à Pompidou-Metz

Suzanne Valadon, Catherine nue allongée sur une peau de panthère
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Suzanne Valadon, Catherine nue allongée sur une peau de panthère, 1923

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Huile sur toile • 64,6 × 91,8 cm • © Lucien Arkas Collection / Photo Hadiye Cangokce

Elle aurait pu être petite lingère comme sa mère. Ou trapéziste dans un cirque, n’était la chute qui faillit lui coûter la vie. Déjouant le destin qu’on lui avait assigné, Marie-Clémentine Valadon (1865–1938) sera peintre. Indépendante, tenace, elle prend pour prénom Suzanne, d’après le chapitre biblique de « Suzanne et les vieillards » évoquant une femme au bain convoitée par deux ancêtres, elle, la « Maria » qui servait de modèle à Toulouse- Lautrec, Renoir ou Puvis de Chavannes… Bref, tous ceux qui comptaient sur la butte Montmartre dans les années 1880, conviés en écho dans cette grande exposition au Centre Pompidou-Metz, la première depuis près de soixante ans. M.B.

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Suzanne Valadon. Un monde à soi

Du 15 avril 2023 au 11 septembre 2023

www.centrepompidou-metz.fr

Reims, forever moderne et contemporain

Julien Salaud, Pommery Étoile
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Julien Salaud, Pommery Étoile, 2023

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Vis, fils de cotons et lumière noire • dimensions variables • © ADAGP, Paris 2023 / Photo Mathilde Giron

Voilà déjà vingt ans que le Domaine Pommery a fait le pari fou d’inviter l’art contemporain en son sein. Pas moins de « 388 artistes venus de 120 pays y ont exposé leurs œuvres, dont 250 produites in situ et 90 acquises », rappelle Fabrice Bousteau, directeur de Beaux Arts Magazine et grand ordonnateur de l’événement. L’art a toujours fait partie de l’histoire du Domaine, un joli assemblage hérité de Mme Pommery, grand mécène qui liait l’art et l’architecture au champagne. Poursuivant cette démarche inscrite dans l’ADN de la maison, « Forever » invite en trois temps à rêver, à méditer et à s’extraire du tumulte du monde, pour se perdre dans les méandres de l’histoire du lieu et de notre mémoire. À 30 mètres sous terre, dans les fameuses crayères, des œuvres poétiques et oniriques font appel à nos souvenirs et mettent nos sens en ébullition. Un cri du cœur : l’art forever ! S.D.B.

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Expérience Pommery #17. Forever

Du 25 mai 2023 au 28 décembre 2023

www.champagnepommery.com

Max Ernst, l’expérimentateur flamboyant d’Aix-en-Provence

Max Ernst, Le jardin de la France
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Max Ernst, Le jardin de la France, 1962

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Huile sur toile • 114 × 168 cm • Coll. Centre Pompidou, Paris • © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Photo Jean-Claude Planchet © ADAGP, Paris 2023

« Je ne sais si jamais poète a été plus pénétré de ces vérités fondamentales que Max Ernst, écrivait Paul Éluard au sujet du cher ami. À travers ses collages, ses frottages, ses tableaux, s’exerce sans cesse la volonté de confondre formes, événements, couleurs, sensations, sentiments, le futile et le grave, le fugitif et le permanent, l’ancien et le nouveau, la contemplation et l’action, les hommes et les objets, le temps et la durée, l’élément et le tout, nuits, rêves et lumières. »

Cent vingt œuvres sont rassemblées, irradiantes. Ses collages, irruption de l’irrationnel dans l’imagerie des magazines 1900, ses frottages, technique qu’il invente en hallucinant sur un simple parquet, ses forêts de pierre aussi, les plus belles des énigmes surréalistes, ou encore ses volcans, inspirés de son exil dans le désert de l’Arizona. E.L.

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Max Ernst. Mondes magiques, mondes libérés

Du 4 mai 2023 au 8 octobre 2023

www.caumont-centredart.com

Le paradis perdu est une île… celle de Porquerolles

Darren Almond, Fullmoon@Sarranier
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Darren Almond, Fullmoon@Sarranier, 2022

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Tirage photo des Île de Porquerolles • © Coproduction Fondation Carmignac et l’artiste

Une déambulation dans un rêve éveillé, une promenade libre dans la création moderne et contemporaine, un voyage initiatique dont vous seriez le héros. La nouvelle proposition de la fondation Carmignac, arrimée depuis 2018 sur l’île de Porquerolles, est tout cela à la fois. Explorant le thème de l’insularité dans sa propension à stimuler l’imaginaire, le parcours se vit comme un voyage. Aucun chemin n’est tracé d’avance dans cette exposition qui célèbre la liberté de la création. Où l’on peut embarquer à bord de la pirogue peinte par Peter Doig et dériver au fil de l’eau, avant de jeter l’ancre un soir de pleine lune sur les rives de l’île telles que les a photographiées Darren Almond. D.B.

Ana Mendieta, en fusion à Montpellier

Ana Mendieta, Untitled : Silueta Series, Mexico
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Ana Mendieta, Untitled : Silueta Series, Mexico, 1976

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Photographie en couleur • © 2023 The Estate of Ana Mendieta Collection, LLC & Galerie Lelong & Co./ ADAGP, Paris 2023

« Je me suis jetée dans les éléments qui m’ont produite en utilisant la terre comme un tableau et mon âme comme mon instrument. » Émotion tellurique que de découvrir dans toute sa richesse l’œuvre, et l’âme, d’Ana Mendieta. Jamais, en France, l’artiste américano-cubaine née en 1948 n’avait fait l’objet d’un éclairage aussi intense. Dans la terre, elle s’est jetée à corps perdu, en des performances intimes dont se souviennent des films, des photos et les éléments, peut-être, avec lesquels elle entrait dans un dialogue si intime.

Niché dans le sable, bercé par une rivière, assailli par l’océan, embrasé de feux d’artifice, son corps, en réel ou en creux, a donné naissance à sa fameuse série Siluetas, réalisée de 1973 à 1980. Mais le MO.CO. dévoile aussi des œuvres jamais vues, films ou clichés récemment redécouverts par sa famille, qui gère son héritage depuis sa mort violente en 1985. Se dessine ainsi une œuvre qu’on croyait bien connaître, mais qui s’enflamme ici de sa part d’obscurité, au fil d’environnements recomposés pour la première fois. E.L.

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Ana Mendieta. Aux commencements

Du 3 juin 2023 au 10 septembre 2023

www.moco.art

L’apocalypse aux portes de Valence

Pierre Henri de Valenciennes, Éruption du Vésuve arrivée le 24 août de l’an 79 de J.C. sous le règne de Titus
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Pierre Henri de Valenciennes, Éruption du Vésuve arrivée le 24 août de l’an 79 de J.C. sous le règne de Titus, 1813

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Huile sur toile • 147,5 × 195,5 cm • Coll. Mairie de Toulouse, Musée des Augustins • © Mairie de Toulouse, Musée des Augustins / Photo Daniel Martin

Et si un « univers sans l’homme » bientôt advenait ? Tirés d’un texte de Charles Baudelaire, ces mots résonnent aujourd’hui avec fracas. Mais dès le siècle des Lumières, les artistes ont senti poindre la menace. Le terrible séisme qui ravage Lisbonne en 1755 ébranle les consciences anthropocentrées : naufrages, ruines, éruptions volcaniques, les peintres préromantiques mettent en scène stupeur et chaos.

Convoqués par l’historien de l’art Thomas Schlesser (qui a rédigé un brillant essai sur le sujet, dont le titre s’inspire aussi des mots du poète), leurs successeurs continuent à évoquer l’hypothèse d’une terre d’où nous serions désormais absents. Heureusement, souligne le commissaire, « les artistes œuvrent à nous arracher aux paralysies (et au conformisme) du sentiment apocalyptique ». À nous faire accepter, enfin, de perdre de vue que l’homme est le centre de l’univers. Des fleurs de Joan Mitchell aux espaces sous-marins de Gilles Aillaud, ils tentent malgré tout de chanter, avec le poète René Char : « La vie aime la conscience qu’on a d’elle. » E.L.

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L'Univers sans l'homme

Du 13 mai 2023 au 17 septembre 2023

Henri-Edmond Cross, fada du Midi

Henri Edmond Cross, Paysage provençal
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Henri Edmond Cross, Paysage provençal, 1898

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Huile sur toile • 81 × 60 cm • Coll. Wallraf-Richartz-Museum & Fondation Corboud, Cologne • © Rheinisches Bildarchiv Köln

Le mistral qui « souffle en tempête ». Le ciel « implacablement bleu ». La lumière « adorable »… Né dans la grisaille du Nord, à Douai, en 1856, Henri-Edmond Cross eut un réel coup de foudre pour le Midi. Et plus précisément le Var et Cabasson, près de Bormes-les-Mimosas, où il s’installe en 1891 avec son épouse Irma Clare, dont le grand portrait vient de faire sensation au Salon des indépendants. À l’instar de son ami Paul Signac, Cross adopte la musique du néo-impressionnisme, divisant sa touche en notes de couleurs pures, selon la partition optique théorisée par le chimiste Michel-Eugène Chevreul.

À l’œil du spectateur de faire fusionner les pigments ! Sans mélanger les couleurs sur la palette, Cross plonge son pinceau dans la Méditerranée, source intarissable d’inspiration. De plages en calanques, la mer, les rochers, les pins, caressés par le soleil, étincellent dans ce parcours où l’on voit Cross se libérer progressivement de tout réalisme, s’amusant avec la lumière comme un enfant joue sur le sable. M.B.

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Henri-Edmond Cross, dans la lumière du Var

Du 10 juillet 2023 au 14 novembre 2023

À Montpellier, le monde fabuleux de Germaine Richier

Agnès Varda, Germaine Richier dans son atelier parisien
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Agnès Varda, Germaine Richier dans son atelier parisien, mars 1956

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Photographie • © Succession Agnès Varda – fonds Agnès Varda déposé à l’Institut pour la Photographie © ADAGP, Paris 2023

Ses silhouettes fragiles et décharnées entretiennent une parenté certaine avec celles d’Alberto Giacometti. Pourtant, les deux artistes ont eu une trajectoire bien différente. Lui est aujourd’hui honoré dans le monde entier quand elle a été largement oubliée, malgré une reconnaissance précoce (elle fut la première femme à être exposée au musée National d’art moderne de son vivant), éclipsée par sa mort trop jeune, à seulement 57 ans.

L’injustice sera-t-elle enfin réparée après cette grande rétrospective, présentée l’hiver dernier au Centre Pompidou avant cette escale estivale à Montpellier ? Son œuvre est constituée d’une cohorte de figures à l’esthétique étrange, hybridant la figure humaine et les éléments naturels glanés ici et là (branches, écorces, os, insectes…). « On ne fait jamais que ce que l’on a en soi, on fait toujours les mêmes sculptures avec seulement quelques transformations », confessait l’inclassable artiste. S.F.

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Germaine Richier

Du 12 juillet 2023 au 5 novembre 2023

museefabre.montpellier3m.fr

Dans les eaux troubles de Kapwani Kiwanga à Bordeaux

Kapwani Kiwanga, Pink-Blue
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Kapwani Kiwanga, Pink-Blue, 2017

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Peinture et néon • dimensions variables • Courtesy de l’artiste & Galerie Poggi, Paris ; Galerie Tanja Wagner, Berlin ; Goodman Gallery, Johannesburg et Londres / Photo Toni Hafkenscheid

Il existerait un Capc sous le Capc ? Une structure jumelle et fantôme, destinée à gérer les crues de la Garonne toute proche, et dont on avait oublié l’existence. L’artiste Kapwani Kiwanga l’a découverte récemment, avec l’équipe du musée bordelais, et cela a influé, forcément, sur son projet d’exposition dans la nef, premier point d’acmé du 50e anniversaire de l’institution.

Pas question que le public arpente cette citerne souterraine, bien sûr. Mais d’eau, il sera bel et bien question dans la vaste exposition de celle qui représentera le Canada à la prochaine biennale de Venise en 2024. Une eau qui sourd des murs, telle la mémoire retrouvée du bâtiment. Comment faire monumental sans imposer un geste d’autorité ? Comment évoquer de graves questions sans perdre en poésie ? Une nouvelle fois, Kapwani Kiwanga relève le pari ! E.L

 

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Kapwani Kiwanga - Retenue

Du 30 juin 2023 au 7 janvier 2024

Ode au paysage et à ses maîtres au Louvre-Lens

Katsushika Hokusai, L’aube à Isawa (province de Kai), série « Trente-six vues du Mont Fuji »
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Katsushika Hokusai, L’aube à Isawa (province de Kai), série « Trente-six vues du Mont Fuji », 1830 – 1832

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Estampe • Coll. Musée national des arts asiatiques – Guimet • © RMN-Grand Palais (MNAAG, Paris) / Photo Richard Lambert

En manque de nature ? La recommandation pourrait surprendre, mais c’est au Louvre-Lens, écrin architectural entièrement tourné vers son parc de 20 hectares, que vous prendrez un bon bol d’oxygène. Cela fait un moment que la nature a repris ses droits du côté des terrils (à Haillicourt, on cultive même de la vigne). Et, comme tout coule de source, le Louvre-Lens offre cet été une jolie incursion dans l’histoire de la peinture du paysage. Mais qu’est-ce qu’un « paysage » ?

En 172 vues époustouflantes, incluant photographies et vidéos, du petit dessin au vaste panorama, le parcours débroussaille cette épineuse question en offrant une promenade de la Renaissance à nos jours. L’accrochage vaut surtout pour la réunion de maîtres du genre, à l’instar de Claude Monet, Canaletto, Hiroshige, Delacroix, Camille Corot, Joan Mitchell ou Georgia O’Keeffe… La terre gèle, les eaux rugissent, les arbres poussent, les fleurs s’épanouissent, les ciels rougeoient. Qu’il soit ornemental, symbolique, religieux ou scientifique, le paysage est de nature changeante. M.B

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Paysages

Du 29 mars 2023 au 24 décembre 2022

www.louvrelens.fr

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