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Deux ans après le triomphe de l’exposition « Toutankhamon », les pharaons reviennent à la Villette ! Cette fois-ci, c’est Ramsès II, le guerrier et bâtisseur incarné par Yul Brynner dans les Dix Commandements, qui s’installe à la Grande Halle. Des temples d’Abou Simbel à l’ancienne capitale Pi-Ramsès (actuel Qantir), les constructions portant le nom sont légion. Sa tombe, découverte dans la Vallée des rois, fut pillée dès l’Antiquité : seule subsiste sa momie, retrouvée par hasard dans une cachette ! Pour accompagner ce pharaon qui régna soixante-six ans (de –1279 à –1213) sur son empire, les organisateurs de l’exposition ont fait appel à d’autres rois moins célèbres, venus avec leurs trésors : masques en or, sarcophages, offrandes funéraires, objets d’apparat… De nombreuses pièces sortent d’Égypte pour la première fois. Films, expérience 3D et dispositifs scénographiques viennent compléter cette plongée dans la vie et les croyances des anciens Égyptiens. Les amateurs de grand spectacle, façon péplum, s’y rendront avec plaisir ! PM
Cercueil intérieur reconstruit en cartonnage du pharaon Sheshonq II, mort vers –887
© World Heritage Exhibitions
Ramsès & l'or des Pharaons
Du 7 avril 2023 au 10 septembre 2023
La Villette • Avenue Jean Jaurès • Paris
lavillette.com
Elle en aura pétrifié plus d’un de son terrifiant regard, avec sa chevelure envahie de serpents et ses cris atroces glaçant les sangs. Seul le valeureux Persée, muni de son casque d’invisibilité, aura raison de Méduse, unique mortelle du redoutable trio de sœurs Gorgone, lui tranchant la tête et emportant dans sa besace le gorgoneion. C’est ce masque de Méduse qui sera à l’origine d’une iconographie d’une incroyable richesse depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, où certains mouvements féministes se revendiquent de cette figure tout aussi tragique – elle a été violée par Poséidon – que violente, devenue symbole du matriarcat. Peintures, photographies, films et jeux vidéo explorent les méandres de ce mythe inoxydable. SF
Damien Hirst, The Severed Head of Medusa, 2008
© Damien Hirst and Science Ltd. All rights reserved, Adagp, Paris, 2022 / photo Prudence Cuming Associates Ltd
Sous le regard de Méduse – De la Grèce archaïque aux arts numériques
Du 13 mai 2023 au 17 septembre 2023
Musée des Beaux-Arts de Caen • Le Château • 14000 Caen
mba.caen.fr
Il est né dans le grand bain de la peinture et ne pouvait y échapper. Fils (adultérin) de Jacopo Bellini, peintre à l’atelier florissant dont l’art était encore tout pétri de culture byzantine, frère de Gentile Bellini, immense portraitiste et décorateur recherché, Giovanni Bellini (vers 1430–1516) deviendra l’un des maîtres du colorito et le grand rénovateur de la peinture vénitienne avec sa touche fluide conférant lyrisme et poésie à ses paysages. Il fut parmi les premiers à utiliser la technique de l’huile développée par les Flamands, qu’il expérimenta probablement au contact d’Antonello da Messina qui séjourna dans la cité des Doges entre 1474 et 1476. Génie évident, par sa quête permanente de l’harmonie, sa volonté de produire une peinture presque magique, poétique, atmosphérique, par son amour viscéral de la nature, Giovanni Bellini bénéficia d’un vaste atelier, et fit aussi beaucoup travailler les autres – dont ses élèves, la comète Giorgione ou Titien. En une cinquantaine d’œuvres, l’exceptionnelle exposition retrace le parcours et les influences du peintre, notamment celle de son beau-frère Andrea Mantegna, auquel une récente exposition londonienne (pilotée par le même spécialiste) l’avait magistralement confronté. SF
Giovanni Bellini, Christ mort soutenu par deux anges, vers 1475
© Staatliche Museen zu Berlin, Gemäldegalerie / Photo Christoph Schmidt – CC BY-NC-SA 4.0
Giovanni Bellini. Influences croisées
Du 3 mars 2023 au 17 juillet 2023
www.musee-jacquemart-andre.com
Musée Jacquemart-André • 158, boulevard Haussmann • 75008 Paris
www.musee-jacquemart-andre.com
Célèbre pour ses peintures et dessins de Bellini, Botticelli, Caravage, Guido Reni, Gentileschi ou encore Titien, le musée Capodimonte, à Naples, ferme ses portes pour rénovation. Le Louvre en profite pour accueillir quelques-uns de ces chefs-d’œuvre au cœur même de ses collections. Parmi les invités prestigieux, Masaccio, artiste clé des débuts de la Renaissance florentine mais absent du Louvre, sera représenté par sa Crucifixion (vers 1426), une tentative expérimentale de perspective en contre-plongée. Quant à Parmigianino et Titien, leurs troublantes Antea (1524–1527) et Danaé viendront provoquer les suaves figures de Corrège conservées au Louvre. Mais le clou du spectacle sera probablement le face-à-face entre les deux Caravage, la Flagellation du Christ, joyau de Capodimonte, et la Mort de la Vierge, acquis par Louis XIV en 1671. DB
Titien, Danaé, 1544–1545
Coll. Museo e Real Bosco di Capodimonte, Naples / Per gentile concessione del MIC-Ministero della Cultura, Museo e Real Bosco di Capodimonte
Naples à Paris – Le Louvre invite le musée de Capodimonte
Du 7 juin 2023 au 8 janvier 2024
Musée du Louvre • Rue de Rivoli • 75001 Paris
www.louvre.fr
À ma gauche, Manet, peintre visionnaire qui cassa les règles de l’académisme et ouvrit la voie des modernités à venir, auteur de deux nus féminins parmi les plus scandaleux de l’histoire de l’art, Olympia et le Déjeuner sur l’herbe. À ma droite, Edgar Degas, fer de lance des impressionnistes, virtuose du pastel qui marqua les esprits avec ses cadrages cinématographiques avant l’heure et un sens du mouvement vertigineux. Le musée d’Orsay les réunit dans une confrontation de haut vol, soulignant, au-delà de l’impressionnisme, leur approche révolutionnaire de la peinture, mais plus encore leurs dissonances et leurs tempéraments opposés, la rivalité profonde qui compromit leur amitié naissante. Un véritable choc des titans pictural avec en guest stars la Modiste, l’Enfant à l’épée, Nana de Manet face aux Repasseuses, à la femme nue au Tub ou au couple inquiétant d’Intérieur de Degas. DB
À gauche : Edgar Degas, « Portrait de famille », entre 1858 et 1869 ; à droite : Édouard Manet, « Le Balcon », 1868-1869
© RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Photo Hervé Lewandowski/presse. © RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Photo Adrien Didierjean/presse
Manet / Degas
Du 28 mars 2023 au 23 juillet 2023
Musée d'Orsay • Esplanade Valéry Giscard d'Estaing • 75007 Paris
www.musee-orsay.fr
Elle a interprété Racine, Shakespeare et Edmond Rostand sur les planches de la Comédie-Française et des plus grands théâtres du monde, et c’est pour elle que Jean Cocteau inventa l’expression de « monstre sacré ». Surnommée « la divine » par la presse et « la voix d’or » par Victor Hugo, Sarah Bernhardt (1844–1923) revient en pleine lumière au Petit Palais. L’établissement parisien déroule le fil de sa carrière triomphale, à travers ses costumes de scène, photographies, affiches et objets personnels, mais aussi les portraits d’elle exécutés par des peintres (notamment celui de son ami Georges Clairin que possède le musée) et les sculptures qu’elle réalisa. Proche d’artistes et illustrateurs tels Gustave Doré, Alfons Mucha ou Louise Abbéma, d’auteurs comme Sacha Guitry, elle fut elle-même écrivaine et sculptrice. Les multiples facettes de cette personnalité indomptable, adulée de son vivant, sont révélées au grand jour dans un parcours foisonnant. DB
Félix Nadar, Sarah Bernhardt drapée de blanc, 1864
© BNF
Sarah Bernhardt. Et la femme créa la star
Du 14 avril 2023 au 27 août 2023
Petit Palais • Avenue Winston Churchill • 75008 Paris
www.petitpalais.paris.fr
« Vous êtes des nôtres ! » s’exclama son ami le peintre Edgar Degas en découvrant ses dessins. Suzanne Valadon (1865–1938) rêvait d’épouser une carrière d’acrobate de cirque mais devint à 15 ans la muse des artistes de Montmartre, Renoir, Toulouse-Lautrec et Puvis de Chavannes, avant de s’imposer comme peintre. Elle fut parmi les premières femmes admises au Salon de la Société nationale des beaux-arts et connut le succès avec ses portraits étranges, ses nus féminins sans concession, ses natures mortes à la disharmonie équilibrée. Mère à 18 ans, elle eut avec son fils, l’artiste Maurice Utrillo, et son mari Andre Utter (ami de ce dernier), une relation passionnelle, digne d’un roman. Le Centre Pompidou-Metz se plonge dans le destin hors du commun de la créatrice à travers une rétrospective évoquant le contexte foisonnant de la Belle Époque et de l’entre-deux-guerres. DB
Suzanne Valadon, Adam et Ève, 1909
© Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Photo Jacqueline Hyde/presse
Suzanne Valadon. Un monde à soi
Du 15 avril 2023 au 11 septembre 2023
Centre Pompidou-Metz • 1 Parvis des Droits de l'Homme • 57020 Metz
www.centrepompidou-metz.fr
Elles s’appellent Meret Oppenheim, Toyen, Mimi Parent, Edith Rimmington, Dora Maar, Lee Miller, Lise Deharme, Leonor Fini, Valentine Hugo, Suzanne Van Damme, Marianne Van Hirtum et elles ont participé au grand chamboulement surréaliste qui changea la face de l’art moderne. Le musée de Montmartre les réunit dans un parcours fait de constellations éclatées, formées au gré des rencontres, amitiés et ralliements, parfois éphémères, au mouvement d’André Breton. Peintures, photographies, sculptures, poèmes, œuvres cinématographiques, de la France au Mexique, de Prague à l’Amérique, le surréalisme au féminin ne connaît ni limite ni frontière. Certaines d’entre elles ont ébloui « Le Lait des rêves », l’exposition internationale de la dernière biennale de Venise qui a battu des records de fréquentation. DB
Jane Graverol, Le Sacre de printemps, 1960
© RAW (Rediscovering Art by Women) / ADAGP, Paris, 2022
Échappées belles – Le surréalisme au féminin
Du 31 mars 2023 au 10 septembre 2023
Musée de Montmartre • 12 Rue Cortot • 75018 Paris
www.museedemontmartre.fr
Jackpot assuré pour le musée Granet : David Hockney attire les foules. D’autant plus que la Tate Gallery de Londres se défait de toutes les œuvres de sa collection. Sur plus de 700 m2, le plus grand peintre britannique vivant brosse pour nous plus de cinquante ans de carrière. De ses dessins à main levée à ses récentes balades bucoliques sur iPad en passant par ses panoramas hypnotiques du Grand Canyon, le peintre de 85 ans se livre en tête à Tate. EL
David Hockney, A Bigger « Card Players », 2015
Galerie Lelong & co, Paris / © David Hockney
David Hockney. Collection de la Tate
Du 28 janvier 2023 au 28 mai 2023
www.museegranet-aixenprovence.fr
Musée Granet • Place Saint-Jean de Malte • 13080 Aix-en-Provence
www.museegranet-aixenprovence.fr
Elle avait tout pour devenir une figure incontournable de l’histoire de la sculpture : le succès de son vivant, une personnalité forte, une capacité à se renouveler notamment par le biais des matériaux, un entourage de merveilleux critiques littéraires (Francis Ponge, Jean Paulhan, Dominique Rolin…). Et surtout une œuvre forte, autant humaniste qu’animiste, « sorte de chaînon manquant entre Rodin et César », comme l’affirme Ariane Coulondre, commissaire de l’exposition du Centre Pompidou. Seulement voilà, morte à seulement 57 ans d’un cancer, Germaine Richier a été progressivement oubliée, occultée par l’ombre de Giacometti, qu’elle admirait : le galeriste Aimé Maeght, voulant éviter d’avoir deux sculpteurs dans son écurie, avait préféré l’artiste suisse. Voilà enfin l’heure de la redécouverte avec cette magistrale double exposition, à Paris et Montpellier, dans laquelle ses figures animales, ses êtres hybrides mais aussi la puissante Ouragane affronteront les forces telluriques de la critique. SF
Germaine Richier, La Mandoline ou La Cigale1119, 1954–1955
Photo Christie’s Images / Bridgeman Images
Germaine Richier
Du 1 mars 2023 au 12 juin 2023
Centre Georges Pompidou • Place Georges Pompidou • 75004 Paris
www.centrepompidou.fr
La nouvelle saison de la Bourse de Commerce s’annonce tumultueuse : intitulée « Avant l’orage », elle rappelle combien le « dérèglement du temps est devenu notre ici et maintenant », résume Emma Lavigne. La directrice de la Collection Pinault a retenu une série d’œuvres « maison », pour « composer un cycle menant du crépuscule à une possible lumière, d’écosystèmes en territoires en friche, de cocons d’algues en forêts de filaments. Stupéfiant voyage de Pierre Huyghe près de Fukushima, parabole écolo de la pionnière Diana Thater qui a pénétré un théâtre désaffecté de Tchernobyl, visions alchimiques de Hicham Berrada, symphonie de petites toiles de Lucas Arruda… Cet accrochage thématique est ponctué d’un projet de Danh Vo, avec un projet évoquant la nature qui cerne son atelier dans la campagne berlinoise. Tacita Dean lui succèdera au printemps. Elle aussi revient de Fukushima, et dessine à partir de ce voyage, et en écho à la fresque du bâtiment de la Bourse de Commerce, un immense paysage à la craie. Où elle rappelle qu’au Japon, les saisons ne se comptent pas en cycle de quatre, mais de 72. EL
Pierre Huyghe, Untitled (Human Mask), 2014
Courtesy Pinault Collection / Courtesy Pierre Huyghe et Galerie Marian Goodman, New York, Londres, Paris ; Hauser & Wirth, Zürich, Los Angeles, Londres ; Esther Schipper, Berlin, Paris, Séoul, et Anna Lena Films / ADAGP, Paris, 2022 / © Pierre Huyghe
Avant l’orage
Du 8 février 2023 au 11 septembre 2023
Bourse de Commerce - Pinault Collection • 2 Rue de Viarmes • 75001 Paris
www.boursedecommerce.fr
« Je peins comme Jean-Michel. Je pense que les peintures que nous faisons ensemble sont meilleures quand on ne sait pas qui a fait quoi » (Andy Warhol). Le bref duo formé par Andy Warhol, géant du pop art et chef d’orchestre de la Factory, et Jean-Michel Basquiat, jeune génie touche-à-tout, aura été étincelant. Provoquée en 1982 par l’intermédiaire de leur marchand commun Bruno Bischofberger, leur rencontre tient de l’alchimie. Basquiat est impétueux, animé d’une énergie que recherche Warhol. Naissent alors une amitié et une collaboration intense entre les deux artistes qui produiront plus d’une centaine de tableaux, jusqu’à la rupture, en 1985, Basquiat se sentant vampirisé. Une large partie de cette production « à quatre mains » est présentée ce printemps dans un show magistral à la fondation Louis Vuitton. La Philharmonie explore quant à elle le rapport viscéral de Basquiat à la musique. Musicien lui-même, notamment au sein du groupe expérimental Gray qu’il abandonne pour se consacrer à sa peinture, détenteur d’une collection de plus de 3 000 albums, Jean-Michel Basquiat fut un grand mélomane, amateur d’opéra autant que de no wave, de jazz autant que du hip hop naissant. Sa peinture, habitée d’une dimension performative, en est hantée, peuplée de références, de signes mais aussi de sons. SdB & SF
Jean-Michel Basquiat, Anybody Speaking Words, 1982
Coll. particulière, Suisse / © Estate of Jean-Michel Basquiat / Artestar, New York / Photo Fotoearte
Basquiat x Warhol. À quatre mains
Du 5 avril 2023 au 28 août 2023
Fondation Louis Vuitton • 8 avenue du Mahatma Gandhi • 75116 Paris
www.fondationlouisvuitton.fr
Basquiat Soundtracks
Du 6 avril 2023 au 30 juillet 2023
Cité de la musique - Philharmonie de Paris • 221, avenue Jean Jaurès • 75019 Paris
philharmoniedeparis.fr
À la vue de ses peintures minérales à la feuille d’or ou d’argent, inspirées de la puissance des paysages norvégiens, les mots d’Anna-Eva Bergman résonnent : « Une peinture doit être vivante – lumineuse –, contenir sa vie intérieure. […] Elle doit avoir une dimension classique – une paix et une force qui obligent le spectateur à ressentir le silence intérieur que l’on ressent quand on rentre dans une cathédrale. » Auteur d’une œuvre insaisissable et ésotérique d’une grande modernité, qu’elle nomme elle-même « un monde pictural symbolique », Anna Eva Bergman fut trop longtemps occultée par son époux Hans Hartung. Voilà venu le temps de la redécouvrir dans toute sa dimension. Solaire. SdB
Anna-Eva Bergman, N° 71–1970 Pierre de Castille 1, 1970
Coll. Fondation Hartung-Bergman, Antibes/ ADAGP, Paris, 2023 / Photo Fondation Hartung-Bergman / © Anna-Eva Bergman
Anna-Eva Bergman
Du 31 mars 2023 au 16 juillet 2023
MAM - Musée d'Art moderne de Paris • 11 Avenue du Président Wilson • 75116 Paris
www.mam.paris.fr
Les voix des songlines aborigènes australiens font vibrer le quai Branly. Transmis de génération en génération, mouvants, multiples et polymorphes, les songlines (littéralement « chants des pistes ») perpétuent la mémoire des peuples aborigènes australiens. Contes oraux, récits peints ou sonores, performances cérémonielles, chants, ils résonnent au sein des espaces du Quai Branly. L’établissement parisien réunit quelque 200 pièces de 100 artistes des communautés aborigènes au fil d’une histoire mythique où sept sœurs sont poursuivies par un puissant sorcier… DB
Mulyatingki Marney, Minyipuru, 2015
© Agency 2020 / ADAGP, Paris, 2022 / Photo National Museum of Australia / © Mulyatingki Marney
Songlines. Chant des pistes du désert australien
Du 4 avril 2023 au 2 juillet 2023
Musée du quai Branly - Jacques Chirac • 37, quai Branly • 75007 Paris
www.quaibranly.fr
Auteur d’une icône du design, Isamu Noguchi (1904–1988) ne saurait être réduit à ses fameuses lampes Akari, composées de papier japonais et bambou : comme le rappelle cette rétrospective rare, le New-Yorkais, fils d’un poète japonais, fut aussi un immense sculpteur. Élève de Brancusi dans le Paris des années 1920, Il se nourrit de mille sources, des jardins zen aux observatoires astronomiques indiens. Empruntant aux maîtres anciens autant qu’à l’avant-garde technologique, il oscille du portrait à l’envolée abstraite, du mobilier à l’aire de jeu. Car c’est avant tout l’espace qu’il sculptait, plutôt que la pierre ou le bois. L’exposition dévoile aussi son engagement, notamment contre le racisme qui caractérisait les États-Unis des années 1930, et auprès des populations japonaises internées par les Américains : il les rejoignit volontairement pour tenter d’améliorer leurs conditions de vie. Tellement plus qu’une lampe, une lumière. EL
Isamu Noguchi, Martha Graham avec « Spider Dress » et « Serpent » réalisés pour « Cave of the Heart », 1946
© The Isamu Noguchi Foundation and Garden Museum / ADAGP, Paris, 2022 / Photo Cris Alexander
Isamu Noguchi
Du 17 mars 2023 au 2 juillet 2023
LaM • 1, allée du Musée • 59650 Villeneuve-d'Ascq
www.musee-lam.fr
Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir Lewis Hine comme prof de lycée… Du pionnier de la photographie sociale, Paul Strand (1890–1976) perpétuera les valeurs et le regard engagé. À 26 ans, il voit déjà ses travaux publiés par Alfred Stieglitz, grand passeur de l’art moderne européen à New York, dans la mythique revue Camera Work. Il expérimente à tout-va le platine et l’or, et use d’une fausse lentille qui lui permet de cadrer ni vu ni connu ses sujets à 90°. Une ruse qui donnera naissance à certains de ses clichés les plus célèbres, à commencer par Blind Woman. En associant l’humanisme de la pratique documentaire à la simplification formelle du modernisme, ce portrait d’une marchande ambulante aveugle se fait l’icône de la nouvelle photographie américaine. Il sera l’un des chefs-d’œuvre sélectionnés par le MoMA pour la rétrospective Strand en 1945 : la toute première jamais consacrée à un photographe. C’est donc à un monument du XXe siècle, père de la straight photography mais aussi du cinéma d’avant-garde, que s’attaque la fondation Henri Cartier-Bresson en exposant notamment un ensemble de 130 images acquis par la Fundación Mapfre. Un événement. NN
Paul Strand, Blind Woman, New York, 1916
Paul Strand
Du 28 février 2023 au 28 mai 2023
Fondation Henri Cartier-Bresson • 79 Rue des Archives • 75003 Paris
www.henricartierbresson.org
Né à Paris en 1928 de parents juifs émigrés de Russie, Elliott Erwitt grandit en France et en Italie avant de s’établir aux États-Unis, où il sera remarqué par Robert Capa. Intégrant l’agence Magnum à 25 ans (qu’il finira par présider durant trois mandats), il travaillera pour les plus grands magazines américains. Portraitiste de célébrités (de Marilyn Monroe à Che Guevara), il est tout aussi légendaire pour ses photos de chihuahuas emmitouflés ou caniches à brushing. Mais jamais il n’oubliera Paris dont il fera un livre, et le cadre pittoresque de clichés tendres et cocasses. Rétrospective complète au musée Maillol ! NN
Elliott Erwitt, New York City, USA, 1974
© Elliott Erwitt / Magnum Photos
Elliott Erwitt
Du 23 mars 2023 au 24 septembre 2023
Musée Maillol • 59-61 Rue de Grenelle • 75007 Paris
www.museemaillol.com
Le portrait qu’a fait de lui Velázquez l’a rendu célèbre, mais il aura fallu attendre quelques siècles avant que Juan de Pareja (vers 1606–1670) sorte véritablement de l’ombre. Le Met, qui possède le tableau, retrace la carrière et la vie de ce peintre afro-hispanique entré en qualité d’esclave dans l’atelier de Velázquez. Passé assistant du maestro, qui l’affranchira, il deviendra artiste à part entière. L’institution new-yorkaise réunit pour la première fois les tableaux connus de Pareja, des portraits et des scènes religieuses à la composition complexe, plus fidèle au colorito vénitien qu’à la palette sobre de l’auteur des Ménines. L’occasion aussi pour le musée d’aborder le sort des populations noires et morisques (musulmans convertis au catholicisme) dans l’Espagne du Siècle d’or, à travers notamment des portraits de Zurbarán, Murillo et Velázquez. DB
Diego Velázquez, Juan de Pareja, 1650
Coll. et © Metropolitan Museum of Art, New York
Juan de Pareja, Afro-Hispanic Painter
Du 3 avril 2023 au 16 juillet 2023
The Metropolitan Museum of Art • 1000 5th Avenue • 10028 New York
www.metmuseum.org
Inspirée aussi bien par la théosophie et l’hindouisme que par l’imagerie scientifique, Hilma af Klint (1862–1944) a créé entre 1906 et 1915 une série de 193 tableaux à la géométrie mystique, destinés à un temple en spirale dont elle avait élaboré les plans. Révélée au public en 1984, l’œuvre fit de l’artiste suédoise la concurrente directe de Kandinsky pour prétendre au titre d’auteur(e) de la première peinture abstraite. Mais c’est avec un autre pionnier de l’abstraction que ses œuvres dialoguent aujourd’hui à la Tate Modern. Comme elle, Piet Mondrian (1912–1972) a débuté en tant que paysagiste, avant que sa passion pour la science, la philosophie et la spiritualité ne lui fassent explorer de nouvelles voies, loin de la représentation du réel. Réunies à Londres, leurs œuvres se répondent, créant un monde à part, qui semble animé par des forces supérieures. DB
À gauche : Hilma af Klint, « The Ten Largest, Group IV, No. 3, Youth », 1907 ; à droite : Piet Mondrian, « Composition en couleur A », 1917
Coll. et © Kröller-Müller Museum, Otterlo. Courtesy The Hilma af Klint Foundation
Hilma af Klint & Piet Mondrian: Forms of Life
Du 20 avril 2023 au 3 septembre 2023
Tate Modern • Bankside • SE1 9TG
www.tate.org.uk
Célébrant le génie lumineux de Johannes Vermeer (1632–1675), le Rijksmuseum d’Amsterdam réunit 28 des 34 œuvres connues de l’artiste. La Jeune Fille à la perle du Mauritshuis de La Haye, la Dentellière du Louvre ou la Liseuse à la fenêtre de la Gemäldegalerie Alte Meister de Dresde viendront rejoindre les quatre peintures qu’il possède déjà. Parmi les prêts exceptionnels, signalons les trois tableaux de la Frick Collection, fermée pour travaux de rénovation, qui voyagent pour la première fois hors de New York. L’événement a été l’occasion de mener de nouveaux examens scientifiques sur les œuvres, soumises aux rayons X macro et à la réflectographie infrarouge. Les analyses de la Laitière ont ainsi révélé la présence de deux objets effacés, un porte-pichet et un brasero. Cela confirme la tendance du peintre à supprimer le superflu pour ne garder que l’essentiel. Les scanners ont aussi décelé un croquis sous-jacent, ligne noire épaisse esquissée à la hâte pour donner les grandes lignes de la scène : une découverte éclairante qui va à l’encontre de l’idée que Vermeer travaillait toujours avec une extrême précision. DB
Johannes Vermeer, Le Géographe, 1669
Huile sur toile • 51,6 × 45,4 cm • Coll. Städel Museum, Frankfurt am Main • © Photo Städel Museum, Frankfurt am Main
Vermeer
Du 10 février 2023 au 4 juin 2023
Rijksmuseum • 1, Museumstraat • 1071 XX Amsterdam
www.rijksmuseum.nl
Retrouvez plus d'expositions dans le numéro 463 de janvier
Image à la Une : Jean-Michel Basquiat, Dog Bite / Ax to Grind, 1983. Coll. Museum Boijmans Van Beuningen, Rotterdam / © Estate of Jean-Michel Basquiat / Artestar, New York
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