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Caillebotte, Wesselmann, surréalisme… Que valent vraiment les grandes expos du moment ?

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Caillebotte à Orsay, Wesselmann à la fondation Vuitton ou le surréalisme à Beaubourg ? Qu’est-ce qui mérite vraiment d’être vu dans les prochaines semaines ? À Paris, nous avons fait le tour des grandes expositions qui viennent d’ouvrir dans les musées. Art ancien, moderne, contemporain… Voici nos critiques !

De Gustave Caillebotte, star du musée d’Orsay, aux chefs-d’œuvre de la collection Borghèse (Caravage, Raphaël, Titien…) venue de Rome à Paris : sur quoi jetterez-vous votre dévolu ? Arte povera à la Bourse de Commerce ? Tom Wesselmann chez Vuitton ?

Ancien, moderne, contemporain… La rédaction de Beaux Arts a couru d’une exposition temporaire à l’autre pour vous donner son avis d’expert. Voici nos recommandations de ce qu’il faut absolument voir en ce moment dans la capitale… ou pas !

« Chefs-d’œuvre de la galerie Borghèse » au musée Jacquemart-André

Vue de l’exposition « Chefs-d’œuvre de la Galerie Borghèse », musée Jacquemart André, Paris
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Vue de l’exposition « Chefs-d’œuvre de la Galerie Borghèse », musée Jacquemart André, Paris

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Au centre, Jacopo Zucchi, « Amour et Psyché », 1589

© Nicolas Héron

Le pitch :

Les travaux de rénovation en cours dans la galerie Borghèse de Rome, qui abrite de sublimes trésors de la Renaissance et du XVIIe siècle amassés par le cardinal collectionneur Scipion Borghèse (1577–1633), se sont transformés en une formidable opportunité pour la France : le prêt par cette prestigieuse institution d’une quarantaine de ses chefs-d’œuvre italiens, actuellement réunis dans une exposition au musée Jacquemart-André !

Ce qu’on a aimé :

Il est exceptionnel de pouvoir admirer une telle concentration de joyaux. Le parcours (qui nous renseigne au passage sur les méthodes de voyou de ce cardinal collectionneur !) est une succession d’émerveillements, du baroque Garçon à la corbeille de fruits de Caravage (vers 1593) à la gracieuse Léda et le cygne de Léonard de Vinci (1503–1510) en passant par La Dame à la licorne de Raphaël (1505–1506), et de superbes peintures de Botticelli et Titien. On se délecte de la mise en regard, dans la dernière salle, de deux beaux Ghirlandaio avec la Léda de Léonard et la Fornarina de Raphaël (1518–1519), et de pépites peu connues en France, comme l’érotique Amour et Psyché de Jacopo Zucchi (1589), un portrait de Lorenzo Lotto contenant une petite vanité cachée, et (aussi par Lotto) un petit Jésus très humain, qui tente de s’extirper des bras de la Vierge pour s’emparer d’une appétissante grenade !

Dommage :

Les récents travaux de rénovation qui ont nécessité la fermeture pendant un an du beau musée Jacquemart-André n’ont pas réglé les principaux problèmes récurrents liés au confort de visite. Ainsi, l’enchaînement de salles dédié aux expositions temporaires est (tout autant que les antiques vestiaires) beaucoup trop court, exigu et tortueux, ce qui gâche toujours un peu le plaisir, tout comme la scénographie qui frôle le mauvais goût avec un papier peint suggérant le décor du palais Borghèse. De tels chefs-d’œuvre méritent mieux ! J.B.

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Chefs-d’œuvre de la Galerie Borghèse

Du 6 septembre 2024 au 9 février 2025

www.musee-jacquemart-andre.com

« Gustave Caillebotte. Peindre les hommes » au musée d’Orsay

Vue de l’exposition « Caillebotte. Peindre les hommes », musée d’Orsay. Au centre « Rue de Paris, temps de pluie », 1877
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Vue de l’exposition « Caillebotte. Peindre les hommes », musée d’Orsay. Au centre « Rue de Paris, temps de pluie », 1877

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© Photo Musée D’Orsay / Allison Bellido

Le pitch :

À l’occasion du 130e anniversaire de la mort de Gustave Caillebotte (1848–1894), le musée d’Orsay scrute la peinture de cette figure majeure de l’impressionnisme, dont il fut l’un des plus importants promoteurs avec sa collection léguée à l’État et visible ici même. En réunissant 70 œuvres environ (tableaux, pastels, dessins, photos…), les commissaires de l’expo ont opté pour l’angle original des hommes et figures masculines, quatre fois plus représentés dans son œuvre que les femmes.

Ce qu’on a aimé :

Envisager l’œuvre d’un peintre du XIXe en embrassant les réflexions très actuelles des gender studies s’avère périlleux… Mais l’entreprise du musée d’Orsay est plus que réussie ! Des hommes au balcon, des hommes au salon, des bourgeois qui posent, des ouvriers qui travaillent, une galerie de célibataires endurcis : homme parmi les hommes, Caillebotte a peint son monde, allant des Raboteurs au Pont de l’Europe, ses chefs-d’œuvre. Voir le grand format Rue de Paris, par temps de pluie (1877), prêté par l’Art Institute de Chicago vaut à lui seul le déplacement au musée d’Orsay. Cette seconde moitié du XIXe siècle est subtilement brossée en photo, costumes d’époque, cartographie, et pointe une bourgeoisie corsetée par les injonctions à la virilité (tu seras un homme, mon fils !). La fin du parcours, qui fait place aux baignades et aux régates sur la Seine, est lumineuse. On y voit la palette du réaliste se libérer, sa touche devient impressionniste.

Dommage :

Orsay n’évite pas tous les pièges ! Certains historiens de l’art américains, indiquent les cartels, croient déceler une homosexualité latente ou refoulée dans les nus masculins de Caillebotte, lequel vivait néanmoins à la fin de sa vie avec une femme. La demoiselle, Charlotte Berthier, à qui le peintre léguera une confortable rente et sa maison de Gennevilliers – sans que rien ne l’y oblige –, apparaît alanguie dans le plus simple appareil sur un canapé, entre deux hommes affairés à leur toilette. Vous regarderez car, contrairement aux chercheurs, on n’a rien trouvé… M.B.

Gustave Caillebotte. Peindre les hommes

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Billetterie Beaux Arts présentée par Come to Paris.

« Surréalisme » au Centre Pompidou

Vue de l’exposition « Surréalisme » au centre Pompidou
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Vue de l’exposition « Surréalisme » au centre Pompidou, 2024

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© C.G. Pompidou / J. Rodriguez Garcia / © Adagp, Paris 2024

Le pitch :

Vous l’avez certainement déjà entendue depuis la rentrée, cette petite musique d’anniversaire : le surréalisme, né en 1924 avec la publication de son manifeste écrit par André Breton, fête cette année son centenaire avec un cortège d’événements – expos, publications, documentaire… Point d’orgue des célébrations : une grande exposition au Centre Pompidou. En guise d’entrée en matière, la voix d’André Breton, reconstituée par intelligence artificielle, surgit dans une grande salle où trône en majesté le manuscrit original de 1924, trésor des collections de la BnF… S’ensuit un parcours tentaculaire construit autour de thématiques chères aux surréalistes, qui rassemble quelque 500 œuvres (arts plastiques, littérature, cinéma…) retraçant plus de quatre décennies de création, et ce par-delà les simples frontières de la France. Absolument vertigineux.

Ce qu’on a aimé :

Voilà plus de 20 ans qu’il n’y avait pas eu au Centre Pompidou de manifestation d’envergure consacrée au surréalisme (la dernière grande exposition, « La Révolution surréaliste », s’est tenue en 2002 !). Or, durant ces deux décennies, le regard porté sur ce moment clé de l’histoire de l’art du XXe siècle a considérablement évolué : sa géographie est aujourd’hui profondément remodelée – le mouvement ayant essaimé bien au-delà des frontières de la France et de la Belgique –, et les femmes, longtemps restées dans l’ombre de Breton et de sa bande, ont enfin trouvé la place qu’elles méritent. Ces nouvelles perspectives sont au cœur du parcours qui offre une stimulante mise à jour de nos connaissances sur le sujet. On serait même tenté d’ajouter un « s » final au titre de l’exposition, tant celle-ci démontre avec brio la diversité des approches artistiques de celles et ceux qui ont pris part à cette grande aventure collective, ayant traversé les frontières géographiques, tout comme celles du genre.

Dommage :

Trop, c’est trop – et à vouloir trop montrer, on en vient à regretter l’essentiel : des repères ! S’il n’est pas (très) familier avec le surréalisme, le visiteur se trouve rapidement perdu dans ce parcours tentaculaire. Une fois passé la salle consacrée au manifeste, il est comme livré à lui-même dans un océan d’œuvres et de concepts. Pour les mordus de surréalisme, l’expérience est tout aussi frustrante : trop dense, on ressort du musée avec l’impression d’avoir raté plein de choses. Ne reste qu’une solution : y retourner ! I.B.

Surréalisme

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Billetterie Beaux Arts présentée par Come to Paris.

« Figures du fou – du Moyen Âge aux romantiques » au musée du Louvre

Vue de l’exposition “Figures du fou” au Louvre
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Vue de l’exposition “Figures du fou” au Louvre

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© 2024 Musée du Louvre / Audrey Viger

Le pitch :

Le musée du Louvre s’est emparé d’un thème dément : les « figures du fou » dans l’art, du Moyen Âge aux romantiques du XIXe siècle. Si le fou (à commencer par le fou du roi et son chapeau à grelots, autorisé à toutes les insolences pour faire rire) a tant fasciné les peintres au fil des siècles, c’est parce qu’il possède un pouvoir cathartique : incarnant en toute liberté les travers du monde, il autorise une émancipation totale des règles établies, parfois jusqu’à l’absurde – une source donc, pour les artistes, de sujets divertissants et d’images étonnantes !

Ce qu’on a aimé :

Le parcours fait la part belle aux figures du fou de la Renaissance, ère de liberté qui constitue un véritable âge d’or pour ce sujet. On apprécie particulièrement une salle mettant en regard des sculptures et des peintures surprenantes, dont un incroyable portrait de fou rieur d’un maître anonyme du XVIe siècle, et celle rassemblant des chefs-d’œuvre de Jérôme Bosch (1450–1516), comme La Nef des fous et L’Escamoteur, au côté du Concert dans l’œuf (longtemps pris pour un Bosch) et des Proverbes flamands de Brueghel l’Ancien (1559), représentation délicieuse d’un monde sens dessus dessous. Plusieurs surprises délirantes émaillent cette visite savante, comme un casque à visage de fou offert à Henri VIII, et de grimaçantes chimères en pierre conçues pour Notre-Dame de Paris au XIXe siècle.

Dommage :

Pour un tel sujet, on aurait aimé une scénographie plus fantaisiste et moins vieillotte. On regrette également un traitement assez incomplet et décevant (en comparaison avec les salles dédiées à la Renaissance) du thème au XIXe siècle, époque clé dans l’histoire de la folie. Le fascinant tableau du peintre polonais Jan Matejko (1838–1893), montrant un bouffon accablé, clôt la visite : comme l’expression d’un regret face à cette fin un peu abrupte… J.B.

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Figures du fou. Du Moyen Âge aux Romantiques

Jusqu’au 3 février 2025

presse.louvre.fr

« Pop Forever, Tom Wesselmann &… » à la fondation Louis Vuitton

Vue de l’exposition “Pop Forever & Tom Wesselmann & …” à la fondation Louis Vuitton
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Vue de l’exposition “Pop Forever & Tom Wesselmann & …” à la fondation Louis Vuitton

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© Fondation Louis Vuitton / Marc Domage / © Adagp, Paris 2024

Le pitch :

À la fois rétrospective de Tom Wesselmann (1931–2004) et plongée dans le grand bain du pop art, la nouvelle proposition de la fondation Vuitton réunit, au côté de l’artiste américain, 35 créateurs venus de tous horizons, d’Andy Warhol, Evelyne Axell et Martial Raysse à Yayoi Kusama, Ai Weiwei, Jeff Koons et David Hammons.

Ce qu’on a aimé :

Ses nus féminins entre Vénus universelles et pin-up des années 1970, ses bouches gigantesques parées de rouge à lèvres laissant échapper des volutes de fumée, ses natures mortes flashy incluant des fragments de réel, ses installations théâtrales XXL… Les vastes espaces de la fondation permettent aux œuvres de se déployer dans toute leur ampleur de façon jubilatoire et de découvrir une autre figure du pop art, aussi inventive et explosive, même si moins connue que Warhol ou Lichtenstein.

Dommage :

À trop vouloir contextualiser l’artiste, faire de lui un héritier des collages dada ou relativiser le caractère décalé de ses icônes du rêve américain par des contrepoints contemporains plus politiquement corrects, le parcours se dilue un peu et perd de sa force. D.B.

Pop forever. Tom Wesselmann &...

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« Arte povera » à la Bourse de Commerce

Vue de l’exposition « Arte Povera » à la Bourse du Commerce
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Vue de l’exposition « Arte Povera » à la Bourse du Commerce, 2024

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Photo Pinault Collection

Le pitch :

Cap sur l’Italie des années 1960 avec cette vaste rétrospective de l’arte povera ! La Bourse de Commerce réunit 250 œuvres (dont 50 sont issues de la collection Pinault) pour faire le portrait à la fois collectif et individuel de ce mouvement majeur de l’histoire de l’art du XXe siècle. Collectif, dans la Rotonde, où la commissaire Carolyn Christov-Bakargiev réunit treize œuvres des treize artistes de l’exposition (parmi lesquels des noms très connus comme Jannis Kounellis ou Giuseppe Penone, mais aussi des figures plus discrètes comme Emilio Prini). Individuel, dans toutes les autres salles, où chaque artiste a le droit à sa mini-rétrospective.

Ce qu’on a aimé :

L’ambition historique et muséale de cette exposition, qui acte la force de frappe de la Bourse de Commerce. L’idée des treize portraits est futée, car elle donne voix à toutes les facettes d’un mouvement extrêmement libre et fertile. On aime aussi beaucoup la place laissée aux inspirations pré-arte povera, dans les vitrines du rez-de-chaussée, à ses ramifications (cinéma, littérature…) et à ses héritiers contemporains (Pierre Huyghe, Jimmie Durham). Le portrait est total, et très vivant avec ses photographies d’archives.

Dommage :

Difficile de trouver un défaut à ce parcours, ni même à son catalogue, particulièrement détaillé et complet – si ce n’est le tarif d’entrée (15 €) ou le prix du livre (49 €), tous les deux élevés ? M.C.-L.

Arte Povera

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« Tarsila do Amaral. Peindre le Brésil moderne » au musée du Luxembourg

Vue de l’exposition “Tarsila do Amaral. Peindre Le Brésil Moderne” au musée du Luxembourg
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Vue de l’exposition “Tarsila do Amaral. Peindre Le Brésil Moderne” au musée du Luxembourg

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Photo Didier Plowy pour Le GrandPalais Rmn, 2024

Le pitch :

Son nom ne vous dit sans doute rien et c’est bien normal. En France, Tarsila do Amaral (1886–1973) est presque une inconnue alors même qu’elle a joué un rôle de premier plan sur la scène des avant-gardes parisiennes dans les années 1920. Le musée du Luxembourg nous fait donc découvrir le parcours singulier de celle qui s’est formée auprès de Fernand Léger et d’Albert Gleizes avant de mener dans son pays natal, le Brésil, une véritable révolution artistique en s’imposant comme la figure de proue d’un mouvement au nom énigmatique : l’art anthropophage…

Ce qu’on a aimé :

Il était temps ! 50 ans après sa disparition, voilà que Tarsila do Amaral est enfin couronnée d’une rétrospective en France… Une première. L’exposition montre toute l’étendue de la carrière de l’artiste, de ses débuts aux relents impressionnistes à ses coups d’éclats modernistes en passant par son grand virage esthétique teinté de réalisme socialiste. On y découvre une artiste aux multiples facettes qui, au-delà de son rôle dans la définition d’une identité artistique brésilienne, n’a eu de cesse de se réinventer jusqu’à son dernier souffle.

Dommage :

On regrette d’abord l’absence d’un chef-d’œuvre, Abaporu, qui en 1928 a donné naissance au Manifeste anthropophage, rédigé par Oswald de Andrade, figure majeure du modernisme brésilien et compagnon de l’artiste. L’exposition manque aussi cruellement d’éléments contextualisant l’état de la scène culturelle et artistique au Brésil dans la première moitié du XXe siècle. Les informations concernant les personnages clés, les dates et les faits sont disséminés au fil de l’exposition dans des cartels pas toujours lisibles… I.B.

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Tarsila do Amaral. Peindre le Brésil moderne

Du 9 octobre 2024 au 2 février 2025

« Zombis. La mort n’est pas une fin ? » au musée du quai Branly-Jacques Chirac

Vue de l’exposition « Zombis. La mort n’est pas une fin ? » au musée du Quai Branly – Jacques Chirac
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Vue de l’exposition « Zombis. La mort n’est pas une fin ? » au musée du Quai Branly – Jacques Chirac, 2024

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© musée du quai Branly – Jacques Chirac / Photo Léo Delafontaine

Le pitch :

Oubliez Walking Dead et L’Armée des morts ! Loin de la hype des morts-vivants dans nos séries TV et films, le musée du quai Branly-Jacques Chirac convoque le mythe haïtien des zombis, ces « non-morts » condamnés à ne pas trouver le repos éternel. Entre pouvoirs, savoirs et fictions, c’est une plongée parmi des croyances, où la mort n’est pas une fin.

Ce qu’on a aimé :

Entre un temple et une parcelle de cimetière, avec sa tombe ornée d’objets vénérés, la scénographie, plutôt immersive (sans éviter les vitrines), nous met directement en contact avec les amulettes, statuettes, costumes, peintures, entrant dans les rituels qui intercèdent avec les esprits. On nous explique bien les origines du zombi, lequel remonte au XVIIIe siècle dans la zone frontalière entre la République du Congo, le Gabon et l’Angola, où il désigne l’esprit d’un mort. Puis, comment la légende est passée dans les Caraïbes par les bateaux d’esclaves, qui la chantaient, la dansaient, la racontaient, de génération en génération, jusqu’à nos jours. Les plus délicats passeront vite sur les rites de zombification qui font froid dans le dos !

Dommage :

Entre la religion vaudoue, les influences chrétiennes, les liens avec la traite des esclaves, les similitudes et les différences avec les pratiques au Bénin, les sociétés secrètes… Les nombreux thèmes perdront le néophyte. L’exposition ne consacre qu’un espace seulement au cinéma, ayant volontairement voulu s’éloigner du folklore hollywoodien. Certes, mais aborder ce pan de la culture (mondialisée) avec des affiches et des bandes-annonces de films, n’est-ce pas un peu bâclé ? M.B.

Zombis. La mort n’est pas une fin ?

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« L’intime, de la chambre aux réseaux sociaux » au musée des Arts décoratifs

Vue de l’exposition “L’Intime, de la chambre aux réseaux sociaux”, musée des Arts décoratifs, Paris
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Vue de l’exposition “L’Intime, de la chambre aux réseaux sociaux”, musée des Arts décoratifs, Paris

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© Christophe Delliere

Le pitch :

Comment définir l’intime ? Du XVIIIe siècle à aujourd’hui, le musée des Arts décoratifs explore cette notion mouvante sous toutes ses coutures. Lié au domestique et au repos, à l’hygiène corporelle et la mise en beauté, ou encore à la sexualité, la sphère de l’intime se redéfinit sans cesse aujourd’hui avec les réseaux sociaux et les outils de surveillance. Peintures, photographies, objets du quotidien, d’arts décoratifs ou de design… Au total, 470 œuvres racontent cette constante évolution.

Ce qu’on a aimé :

D’Édouard Vuillard à Nan Goldin, en passant par René Magritte, Vilhelm Hammershøi, Zanele Muholi ou Henri Cartier-Bresson : la très grande variété des œuvres présentées dans la première partie de l’exposition nous ravit. Elles sont intelligemment mêlées aux pièces de mobilier (miroir, lit, coiffeuse) et aux objets divers (rouge à lèvres, poudriers, parfums, sex toys) qui recréent à la perfection l’atmosphère secrète d’une chambre. En fin de parcours, on découvre avec enthousiasme la salle consacrée aux journaux intimes, riche des émouvantes collections de l’Association pour l’autobiographie et le patrimoine autobiographique. Mention spéciale pour la bibliothèque constituée des ouvrages littéraires, sociologiques ou historiques qui ont permis la conception de l’exposition. Les visiteurs sont invités à la photographier pour prolonger la réflexion de l’exposition avec cette passionnante bibliographie.

Dommage :

La thématique des réseaux sociaux est trop peu développée à notre goût, alors qu’elle constitue la promesse de l’exposition. Donner la parole à plusieurs influenceurs sur le sujet de l’intimité était certes une bonne idée, mais on aurait aimé plus de dialogue entre ces témoignages et le reste de l’accrochage. J.C.

L'intime, de la chambre aux réseaux sociaux

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« Olga de Amaral » à la fondation Cartier

Vue de l’exposition d’Olga de Amaral à la Fondation Cartier
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Vue de l’exposition d’Olga de Amaral à la Fondation Cartier

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Brumas, 2014–2018

Lin, gesso, acrylique, papier japonais et bois • © Marc Domage

Le pitch :

Connaissez-vous le fiber art ? Cette mouvance majeure de l’art contemporain, illustrée entre autres par Sheila Hicks (qu’on aura pu voir au Centre Pompidou en 2018) ou Magdalena Abakanowicz, et qui fait du fil le matériau de sculptures monumentales, trouve en Olga de Amaral (née en 1932) (à ne pas confondre avec sa paronyme précédemment citée, Tarsila do Amaral) une époustouflante représentante. La Colombienne de 92 ans se découvre en près de 80 œuvres à la fondation Cartier, datées des années 1960 à aujourd’hui. Un portrait phénoménal, l’un des plus saisissants de l’agenda parisien en matière d’art contemporain.

Ce qu’on a aimé :

L’extraordinaire variété des œuvres, d’abord. On y voit des tentures monumentales, composées de milliers de languettes tissées qui forment comme des nuanciers subtils de couleurs d’automne. Des installations de fils peints qui flottent dans les airs, jouant d’impressions cinétiques. Des totems couverts d’or qui forment des présences abstraites et divines élevées à la façon de menhirs dans la dernière salle. Des formats plus modestes aussi, dont on prend un plaisir fou à se rapprocher pour détailler la finesse des tressages, leurs couleurs de plumes d’oiseaux, leur discipline brute. Le tout dans une scénographie tout en rondeurs signée de l’architecte franco-libanaise Lina Ghotmeh, qui parvient à ménager des espaces de spiritualité et de sensualité absolues. Un superbe dialogue entre deux grandes artistes.

Dommage :

Encore ! On veut en voir d’autres, des expositions de cette ambition autour d’artistes aussi majeures et méconnues du public français. Celle-ci, la première de cette envergure en Europe, arrive un peu tard dans la carrière d’Olga de Amaral. Elle semble aussi presque un peu à l’étroit dans les quatre salles de la fondation Cartier, qui doit avoir hâte de déménager dans l’ancien Louvre des Antiquaires revu et corrigé par Jean Nouvel ! M.C.-L.

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Olga de Amaral

Du 12 octobre 2024 au 16 mars 2025

www.fondationcartier.com

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